Accueil Ressources en eau L’eau coule à flot

Malgré le manque de pluviométrie

L’eau coule à flot


Eldjazair129-026

20 Mai 2020 | 10:59
shadow

- L’eau coule à flot

Auteur : Farid HOUALI


Le programme d’action du gouvernement relatif au secteur à moyen terme (2024) et à long terme (2030) est basé essentiellement sur la mobilisation de ressources en eau, à partir du système de dessalement, pour couvrir les besoins en eau potable des populations du nord, en sus du raccordement des barrages, la mobilisation de leur ressources et la réutilisation des eaux traitées.

Comme les autres pays voisins du bassin méditerranéen, l’Algérie est particulièrement affectée par la récurrence des cycles de sécheresse qui ont aggravé la désertification, la dégradation des sols et le stress hydrique. La pluviométrie a chuté de 30% au cours des dernières décennies.
Le réchauffement dans le bassin méditerranéen est plus rapide de 20% que la moyenne mondiale. Les effets de ce changement climatique se font ressentir dans notre pays à travers des saisons de pluie plus courtes, de fortes canicules, une recrudescence des inondations, une diminution des apports dans plusieurs bassins versants et une réduction importante du niveau des nappes phréatiques. Faudrait-il s’en inquiéter ? « Malgré le stress hydrique que connaît le pays, le ministre a estimé que les réserves du pays sont «largement suffisantes» pour permettre aux algériens de passer un été convenable», promet le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki qui s’appuyait dans ses assurances sur les dernières pluies de ce mois d’avril et de mars écoulé.
Le ministre a avancé que les eaux stockées au niveau des barrages, évaluées à quatre (4) milliards de mètres cubes, ainsi que les stations de dessalement implantées sur le long du littoral et les forages répartis à l’échelle nationale, qui produisent 2,5 milliards de mètres cubes, permettront de faire face aux besoins de la population du moins pour l’année 2020. «Outre l’alimentation en eau potable, ces quantités conséquentes permettront même l’irrigation des grands périmètres qui s’alimentent des grands barrages», a-t-il assuré.
Il a souligné par ailleurs, que l’Algérie compte avoir une vision à moyen et long terme lui permettant de s’adapter au changement climatique afin qu’elle puisse gérer les éventuelles situations de stresse hydriques.
«Nous devons faire une évaluation pour avoir une vision prospective afin d’anticiper les mesures en cas où la sécheresse persiste après ces dernières pluies», a-t-il dit, en précisant que ce travail de prospection se fera au terme du mois d’avril par un comite ministériel avec l’appui de l’agence nationale des ressources hydriques et l’agence nationale de la gestion intégrée des ressources en eau.
Sur instruction du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la priorité sera accordée aux « projets de rattrapage « pour satisfaire, dans l’immédiat, les besoins des citoyens dans le secteur des ressources en eau, relevait le ministre quelques jours auparavant estimant que cela n’empêche pas de poursuivre les grands projets qui visent à améliorer les prestations assurées au citoyen à long terme.
Ces projets concernent particulièrement les citoyens résidant sur la bande frontalière et les régions rurales, montagneuses, enclavées et ceux qui n’ont pas accès aux prestations du secteur. En dépit de la conjoncture économique, le secteur des Ressources en eau continuera en effet de bénéficier de l’appui de l’État, du fait de son impact direct sur la qualité de vie des citoyens et de son rôle dans l’accompagnement du développement socioéconomique du pays. D’ailleurs plus de dix (10) projets structurants visant à améliorer le service de l’alimentation en eau potable dans des communes souffrant de restrictions seront réceptionnés en 2020 et ce au profit de près de 3,2 millions d’habitants selon le ministère des Ressources en eau.
Concernant le recours à l’eau de mer comme première ressource, il est prévu de réaliser à l’horizon 2030, de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer pour couvrir les besoins des villes côtières et les villes intérieures à 100 km des côtes.
Dans ce sens, le ministre des Ressources en Eau, a indiqué que la production d’eau désalinisée approvisionne 17% de la quantité d’eau potable, à travers 11 stations de dessalement, d’une capacité de production de 770 millions M3 par an, couvrant ainsi les besoins de plus de 7 millions d’habitants. Arezki Berraki a évoqué, dans le même contexte, qu’actuellement quatre nouvelles stations de dessalement sont en cours de réalisation avec une capacité totale de 770.000 M3/J, soit celles d’Alger, d’Echatt (El-Tarf), de Guerbes (Skikda) et de Bejaïa.
Le ministre a en outre rappelé l’existence de l’eau souterraine dans le désert, comme seconde ressource, dont les réserves sont non-renouvelables, affirmant que cette réserve constitue un réservoir d’eau inestima ble, lequel sera exploité et transféré vers les hauts-plateaux et les villes intérieures. Le secteur peut en exploiter six milliards de M3 par an, a-t-il soutenu.
L’Algérie s’intéresse à l’adoption d’une stratégie de raccordement entre barrages dont certains enregistrent chaque année un surplus, qui sera transféré vers les hauts-plateaux et les régions qui rencontrent des difficultés à s’approvisionner en eau potable, afin de compenser le déficit structurel d’alimentation en eau.
D’autre part, le ministère des ressources en Eau encourage la production des stations de traitement des eaux usées pour répondre à l’irrigation agricole, l’approvisionnement des chantiers (1 million d’unités de logements), le nettoyage des lieux publics et des routes, ainsi que l’irrigation des stades et des jardins publics, sans oublier l’extinction des feux de forêts en été, et ce grâce aux structures de traitement des eaux usées, dont la capacité de production s’élève à 900 millions de m3 par an.

Nécessité de réduire le taux de fuites
Les systèmes d’alimentation en eau potable des villes d’Algérie connaissent des problèmes de déperditions liées pour l’essentiel à la vétusté des réseaux et à diverses contraintes d’exploitation.
Les données du ministère des Ressources en Eau font état de près de 30% de pertes physiques sur les réseaux et les installations à l’échelle nationale.
Pour remédier à cette situation et pour améliorer durablement la qualité de service, le secteur des ressources en eau a mis en œuvre un programme de réhabilitation des systèmes d’AEP des villes comprenant diverses actions et mesures telles que, le renouvellement progressif des conduites d’adduction et de distribution, le renouvellement progressif des conduites d’adduction et de distribution et l’extension des réseaux sur la base de schémas directeurs, la rénovation des ouvrages et installations (stations de pompage, stations de traitement, réservoirs et châteaux d’eau) ainsi que la mise en place de dispositifs de télégestion et de télé contrôle permettant une meilleure maîtrise de l’exploitation technique des systèmes et l’amélioration de la fonction commerciale des opérateurs, incluant la gestion des abonnés ainsi que les opérations de Toutes les opérations qui sont en cours, projetées ou financées, tendent à ce que d’ici 2030 le taux de fuites soit ramené à 18 %. Á court terme, l’objectif est de réduire le taux de fuites de 7% avant fin 2020.
Dans une déclaration à la presse en marge d’une rencontre nationale des cadres centraux et locaux du secteur et des directeurs des entreprises en charge du service public des eaux, Arezki Berraki a précisé que les fuites enregistrées dans les villes engendraient la perte d’importantes quantités d’eau potable (eaux de barrages, eaux souterraines ou eau de mer dessalée).
La solution optimale pour réduire ces fuites réside dans l’utilisation des nouvelles technologies, et l’association des citoyens dans le service public, estime le ministre qui a annoncé le lancement d’une nouvelle application mobile « City Leaks ».
Le citoyen peut déclarer par le biais de cette application, toute fuite d’eau dans n’importe quelle région du pays, en envoyant une photo par Internet. Les équipes d’intervention les plus proches des lieux se déplaceront pour réparer immédiatement la fuite, a expliqué le ministre.
L’application qui sera lancée dans une quinzaine de jours permettra au citoyen de suivre les opérations de réparation des fuites déclarées, a-t-il précisé.
Dans le même cadre, le ministre a annoncé le lancement, sous dizaine, du « guichet électronique unique » affirmant que ce dispositif figurait parmi les engagements du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune pour lutter contre la bureaucratie et rapprocher l’administration du citoyen.
Ce guichet électronique unique permettra au citoyen de formuler ses demandes relatives au secteur des ressources en eau via Internet, qu’il s’agisse des autorisations de forage des puits, de prospection, de raccordement au réseau d’Alimentation en eau potable (AEP) ou autres prestations », a-t-il indiqué.
Le citoyen pourra aussi suivre le traitement de son dossier via ce guichet électronique qui permettra également de suivre le traitement des dossiers au niveau central pour garantir une optimisation des prestations au profit des citoyens.
F. H.



Articles de la même rubrique