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A l’issue d’une réunion du Conseil des ministres

Le Président Tebboune plaide pour une refonte du système économique


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20 Mai 2020 | 10:06
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- Le Président Tebboune plaide pour une refonte du système économique

Auteur : Yahia MAOUCHI


Le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune a appelé à sortir de la dépendance aux fluctuations du marché pétrolier, en se tournant davantage vers l’industrie pétrochimique, le développement du secteur de l’industrie, de l’agriculture et des énergies renouvelables. Le président de la République a souligné la nécessité d’édifier un Etat fort et équitable sans aucune ambiguïté entre la liberté et l’anarchie, garant d’une véritable démocratie, étant une revendication populaire irréversible, une démocratie accordant à tout un chacun la place qu’il mérite indépendamment de sa position sociale.

Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a appelé lors du Conseil des ministres à la prise de mesures pratiques pour accélérer la mise en place d’un nouveau modèle économique basé sur la diversification du développement et l’économie du savoir, en sus d’une nouvelle politique d’industrialisation orientée vers les industries petites, moyennes et émergentes, tout en soulignant l’importance d’accorder la priorité aux produits garantissant un taux d’intégration élevé. « Cette politique industrielle permettra de réduire la facture d’importation et de créer des postes d’emploi », a indiqué le président de la République. Intervenant à l’issue de l’exposé de Aït Ali Braham, ministre de l’Industrie et des Mines, sur l’état de son secteur, le président de la République a instruit de recenser toutes les ressources naturelles nationales non exploitées afin de « renforcer nos capacités d’exportation, de compenser la baisse des recettes hydrocarbures et de préserver cette richesse aux générations montantes », rappelle le président de la République. Et d’ajouter : « Nous avons des compétences algériennes et des ressources matérielles susceptibles de nous mettre à l’abri de l’instabilité des recettes pétrolières », appelant à mettre en valeur les ressources humaines afin de remporter le pari, de surmonter les séquelles de la pandémie Covid-19 et de jeter les fondements d’une véritable industrie nationale dans le cadre d’une véritable économie, dont les échéances et les objectifs sont bien définis. Commentant cet exposé, le président de la République a affirmé que l’évaluation doit s’appuyer sur la réalité pour pouvoir sortir avec une vision claire de ce que nous voulons réaliser. Malheureusement, a-t-il déploré, cette réalité montre que nous ne sommes pas parvenus, à ce jour, à produire localement à 100% un téléviseur ou un réfrigérateur alors que l’Algérie recèle des compétences scientifiques dans les divers domaines. Des compétences qui ont démontré leur potentiel dans notre lutte collective contre la propagation de la pandémie du coronavirus, a ajouté le Président Tebboune. Partant de la réforme des structures de gouvernance et de gestion directe de l’économie productive, le ministère a tracé une stratégie industrielle à travers la révision du cadre législatif relatif à la promotion de l’investissement et la réorganisation du secteur économique public relevant du ministère de l’Industrie et des Mines en vue de sa relance et sa séparation complètement du Trésor public en tant que principal pourvoyeur.

Diversifier les investissements dans le secteur des énergies renouvelables
Le Conseil a écouté, par la suite, un exposé de Mohamed Arkab, ministre de l’Energie sur cette crise inédite que connaissent les marchés mondiaux du pétrole en raison de la baisse de la demande due à la stagnation de l’économie mondiale suite à la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus et la production anarchique de certains pays producteurs, ce qui a eu pour effet une saturation des marchés et un effondrement des prix. Mohamed Arkab a rappelé qu’en vertu de l’accord du 12 avril courant de l’OPEP, relatif à la baisse de la production en trois étapes jusqu’à avril 2022, la part des exportations de l’Algérie va baisser, pour une première étape, de 241.000 barils/jour, puis de 816.000/barils/ jour à compter du 1er mai. Cette part augmentera à partir du 1er juillet jusqu’à 864.000 barils/jours avant d’atteindre le seuil de 912.000 barils/jours entre janvier 2021 et avril 2022. Intervenant à l’issue de l’exposé, le président de la République s’est demandé jusqu’à quand devrons-nous rester tributaire des fluctuations du marché mondial du pétrole, mettant l’accent sur « la nécessité de se tourner résolument et avec détermination vers l’industrie pétrochimique, le développement des secteurs de l’industrie et de l’agriculture et l’exploitation des ressources humaines sortant chaque année de nos universités afin de permettre aux jeunes de mettre en avant leur génie habituel ». Le Président Tebboune a insisté également sur la nécessité de s’orienter immédiatement vers l’investissement dans le secteur des énergies renouvelables pour l’exportation afin d’immuniser notre indépendance économique contre toute éventualité pouvant se produire sur le marché pétrolier. Dans le même contexte, le président de la République a appelé Sonatrach à élargir ses plans d’investissement dans les projets pétroliers à l’étranger afin d’améliorer les recettes de l’Etat.

La refonte du système de santé
A l’issue de l’exposé de Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière relatif à la stratégie adoptée dans le cadre de la lutte contre la pandémie, laquelle a permis de créer une plateforme électronique permettant le contrôle de la situation et le suivi de l’évolution de la pandémie, de la mobilité des patients, en sus de la disponibilité des lits et des équipements de prévention, de protection, de diagnostic et de traitement au niveau national, le président de la République s’est incliné devant la mémoire des victimes de la pandémie, avant de souhaiter prompt rétablissement aux patients. Dans le même sillage, le président de la République a exprimé sa satisfaction quant à l’amélioration relative en matière de lutte contre la propagation de la pandémie, appelant, à ce propos à faire montre de davantage de discipline, de vigilance et de patience. Evoquant l’importation des équipements médicaux, le Président Tebboune a ordonné la poursuite des actions programmées, en dépit de l’amélioration de la situation, pour parer à toute éventualité à l’avenir. Le président de la République a tenu à saisir cette occasion pour réitérer ses remerciements aux personnels de la santé, ainsi qu’à tous les secteurs ayant contribué à juguler le champ de contamination. « Le peuple algérien en entier vous est reconnaissant et est solidaire avec vous », a-t-il affirmé. Il a également remercié tous les départements ministériels ayant participé activement à la production des masques et autres moyens de protection. Rappelant que « la crise est souvent source de motivation », le Président Tebboune a mis en avant l’impératif de mettre à profit cette situation pour une révision du système sanitaire dans le fond et en détail pour cadrer notamment avec la croissance démographique estimé à un million d’habitants annuellement et asseoir un système de santé moderne garantissant au citoyen une prise en charge sanitaire décente. Il a appelé, dans ce sens, à la libération des initiatives et à la production des équipements médicaux localement non seulement pour atteindre l’autosuffisance mais pour l’exportation également, soulignant la disponibilité de l’Etat à mettre en place les incitations financières nécessaires à cet effet. Par ailleurs, le président de la République a mis en avant l’importance de renforcer le contrôle qualité sur les médicaments et les produits alimentaires importés en augmentant le nombre de laboratoires au niveau de tous les points d’accès sur le territoire national. Au terme de son intervention, M. Tebboune a condamné le comportement contraire à la morale de ceux qui utilisent la pandémie afin de semer la panique et le désespoir pour servir des intérêts douteux sans aucun lien avec les intérêts du peuple.

Place à l’innovation
Dans son exposé, Yacine Djeridene, ministre de la Micro-entreprise, des Startups et de l’Economie de la connaissance, a évoqué les contributions de jeunes innovants porteurs de projets et de startups dans la prévention et la lutte contre la pandémie Covid-19. Des contributions traduites par la mise au point de solutions, réalisables dans l’immédiat pouvant constituer un appui direct aux efforts de l’Etat face aux défis imposés, tant en matière d’équipements médicaux, qu’en moyens de protection, de prévention et de services de soutien, ou encore pour juguler les répercussions négatives suite au ralentissement de la cadence de l’activité économique. L’exposé a porté sur un échantillon d’innovations dans le domaine des équipements médicaux, de logiciels de numérisation du secteur de la Santé, des applications de dépistage et de diagnostic à distance, des plateformes d’enseignement à distance, du e-commerce et de dons sur internet. Il a mis en avant également la forte adhésion des secteurs public et privé, des différentes universités et centres de recherche et des compétences nationales à l’étranger, des potentialités à encourager pour amorcer une véritable dynamique à même de relancer l’économie. A ce sujet, le président de la République s’est félicité de toutes les initiatives jeunes, un des piliers de la relance industrielle de la nouvelle Algérie. Insistant sur la libération des énergies juvéniles, dont l’exploitation est urgente pour l’Etat, le président de la République a instruit la réactivation du Fonds de soutien aux micro-entreprises et startups, et l’élaboration de lois régissant les initiatives des jeunes dans des cadres clairs. De même qu’il a exhorté les startups à accorder actuellement davantage d’intérêt aux besoins des hôpitaux, mettant l’accent sur l’urgence de généraliser la numérisation au service de l’économie nationale. De même qu’il a appelé à la transparence dans la gestion pour une rupture avec l’opacité de fait habituelle afin que le citoyen puisse le constater dans son quotidien. En ce sens, il a enjoint la recherche, en coordination avec le ministère du Commerce, d’une formule flexible permettant de faciliter et d’accélérer le retrait du registre de commerce par les jeunes porteurs de projets.

L’instauration d’une véritable démocratie
Enfin, le président de la République a réitéré son engagement d’instaurer une véritable démocratie, rebondissant sur l’intervention de Belkacem Zeghmati, ministre de la Justice, qui a présenté un avant-projet de loi amendant le code pénal pour l’adapter aux nouvelles formes de criminalité qui représentent une menace pour la sécurité de l’Etat et l’unité même de la nation. Pour le président, le texte défendu par le garde des Sceaux de la République s’inscrit parfaitement, dans le cadre de ses engagements, notamment pour ce qui a trait à la moralisation de la société et de l’administration, et à la rupture définitive avec les pratiques ayant porté atteinte à l’image de l’Etat et à la probité de ses cadres, à condition que cela intervienne dans le cadre d’un Etat fort et équitable sans aucune ambiguïté entre la liberté et l’anarchie. « Nous sommes déterminés à édifier une véritable démocratie, étant une revendication populaire irréversible, une démocratie accordant à tout un chacun la place qu’il mérite indépendamment de sa position sociale », souligne le chef de l’Etat dans son commentaire. Et de faire observer que « pareille démocratie que nous ambitionnons de construire ensemble, n’arrange pas ceux qui ont répandu la corruption sur la terre en amassant des fortunes suspectes et bénéficié de privilèges indus en usant de différents moyens. La véritable démocratie ne saurait se construire que dans le cadre d’un Etat fort avec sa justice et sa cohésion nationale, et nous sommes déterminés à édifier cet Etat avec son référent Novembriste. » « L’Etat fragile ne peut donner lieu qu’à l’édification d’une pseudo-démocratie ouvrant les portes à l’anarchie et à la violation de la loi, à l’utilisation de l’Etat à des fins personnelles, et il me désole de dire que nous vivons une certaine anarchie affectant parfois les fondements de l’unité nationale et la conspiration avec certains réseaux étrangers hostiles au pays », conclut le président sur ce chapitre.

La criminalisation de la diffusion des fake-news
S’agissant du texte présenté par le ministre de la Justice, il vise notamment, selon le communiqué du Conseil des ministres « à criminaliser les actes qui se sont répandus ces dernières années au point de menacer la sécurité et la stabilité du pays, notamment la diffusion de fake-news pour porter atteinte à l’ordre et à la sécurité publics, l’atteinte à la sûreté de l’Etat et à l’unité nationale, la falsification en vue de l’obtention d’aides publiques financières, matérielles et en nature, ainsi que d’exonérations fiscales. » Il est également question « d’actes portant atteinte à la probité des examens et concours, de mise en danger d’autrui ou à son intégrité corporelle, d’un durcissement des peines pour les crimes d’outrage et d’agression contre la personne de l’imam, destruction ou profanation de lieux de culte publics, et enfin l’augmentation des limites, minimales et maximales, de l’amende relative à la violation des règlements émanant de l’administration », détaille le communiqué. De son côté, le ministère de l’Intérieur a recensé le nombre de familles qui vont devoir percevoir les aides de l’Etat. Ainsi, le communiqué du Conseil des ministres indique que le ministère de l’Intérieur a arrêté une liste de 2 millions de familles qui vont percevoir une prime de 10 000 DA. Il s’agit, en plus des familles démunies ou issues des zones d’ombre, de celles qui sont affectées par les répercussions de la crise sanitaire. Pour les aider, le gouvernement a prévu un budget de 22 milliards de dinars. Cela s’ajoute aux aides en denrées alimentaires fournies ces dernières semaines à plus de 388 000 familles, dont 47% sont établies dans la wilaya de Blida. Plus globalement, le chef de l’Etat s’est félicité de la solidarité des Algériens et a demandé à ériger les associations de bienfaisance au rang d’institutions d’utilité publique quelle que soit leur appartenance politique ou idéologique.
Y. M.



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