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Le Président Tebboune annonce la restructuration totale du système national de santé

La révolution sanitaire


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20 Mai 2020 | 10:02
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- La révolution sanitaire

Auteur : Rafik BITOUT


Le président Tebboune a promis une refonte profonde du système de santé de sorte à le rendre efficace et performant. Le chef de l’Etat s’est également engagé à améliorer les conditions de travail des praticiens de santé, à réviser leur grille de salaire…

La santé aux petits soins. Conjoncture oblige. La première sortie officielle sur le terrain du Président Abdelmadjid Tebboune a été réservée au secteur de la santé. Une visite ayant pour objectif de s’enquérir du suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus (Covid-19) et de la prise en charge des personnes atteintes. Depuis l’apparition du coronavirus, l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens pour répondre à son devoir de protection de la santé des concitoyens. Comme en témoigne les moyens humains, matériels et financiers mobilisés pour un secteur ayant démontré, au cours de cette dure épreuve, un sens du dévouement et un sacrifice dont la nation sera redevable pour longtemps. D’ailleurs, cette première sortie sur terrain a été une occasion pour le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune d’annoncer des mesures de restructuration totale du système national de santé ainsi que l’amélioration des conditions de travail des professionnels du secteur. Une sortie qui a permis au Président Tebboune de se rendre au centre hospitalo-universitaire de Beni-Messous, puis au dépôt de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), situé à Dar El-Beïda, à Alger, avant de présider une réunion avec les membres de l’instance de veille et de suivi de la propagation du Covid-19. Des mesures saluées par l’ensemble du personnel du secteur, notamment la révision du système de santé et sa restructuration globale à travers la création d’une agence nationale de la sécurité sanitaire, outre l’amélioration des conditions de travail des professionnels de la santé et la valorisation de leurs efforts dans la lutte contre le Covid-19, la suppression du service civil pour le corps médical et la bonification d’une année dans le calcul de la retraite pour le personnel de santé engagé dans la lutte contre la pandémie. En somme, c’est une véritable révolution sanitaire que le Président Abdelmadjid Tebboune entend entamer du fait que de nombreuses infrastructures de santé, publiques et privées, sont sous-utilisées, fonctionnant très partiellement, mal réparties sur le territoire national, gérées de manière archaïque et n’obéissant à aucune logique de santé publique. D’autant que tout système de santé fonctionnel doit reposer, inéluctablement, sur des principes directeurs ayant la perception globale de la santé (qui s’appuie sur la biologie humaine, l’environnement, les habitudes de vie et l’organisation des soins), tel que défini par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) : «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.» Il s’agit donc d’un concept large, influencé par de nombreux déterminants indépendants : facteurs génétiques (hérédité), biologiques (vieillissement), socioculturels (ressources, activité professionnelle et logement), comportementaux liés au mode de vie (nutrition, activités physiques, tabagisme et toxicomanie), environnementaux (danger biologique, chimique et physique) et accessibilité à des services de santé de qualité pour tous.

Une agence nationale de la sécurité sanitaire
Dans ce sens, le Président Tebboune a fait état de la création «très prochainement» d’une agence nationale de la sécurité sanitaire avec pour mission principale la «restructuration totale» du secteur de la santé. Cette agence sera dotée d’un pouvoir de décision et de prospection, a souligné le chef de l’Etat, ajoutant que «l’Administration centrale et le gouvernement n’auront qu’à appliquer ses décisions». «Il s’agit d’une haute autorité aux prérogatives de veille, d’orientation et de structuration de ce département sensible», a souligné le Pr Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, dans une intervention sur les ondes de la Radio nationale. «Cette agence vient à point nommé et nous serons à l’écoute de cet organe qui sera comme un guide et un observatoire pour le ministère. Elle sera dotée d’une autonomie totale et placée sous l’autorité du chef de l’Etat, qui en désignera les personnalités scientifiques consensuelles qui la composeront», a-t-il expliqué. Outre le Conseil national économique et social (CNES) et les cadres du corps médical, les compétences nationales résidant à l’étranger seront également sollicitées dans le cadre des missions de cette agence qui vise une «restructuration totale» du secteur de la santé en vue de l’adapter aux exigences du XXIe siècle, a précisé le chef de l’Etat.

Suppression du service civil pour les médecins
Autre bonne nouvelle prise par le président de la République, la suppression du service civil pour les médecins et la prise de mesures incitatives à leur profit pour les inciter à travailler dans les wilayas du Sud et la validation d’une année de service, lors du calcul de la retraite, pour chaque bimestre passé par le personnel soignant dans la lutte contre le Covid-19. Cette mesure d’abrogation du service civil vient en réponse aux revendications des médecins résidents exprimées depuis 2008 et qui oblige tout médecin ayant achevé six ans de spécialisation dans les hôpitaux à exercer entre deux et quatre ans dans les zones reculées du pays. Entre autres mesures, le président de la République a évoqué des facilitations accordées aux bacheliers résidant dans les wilayas du sud pour poursuivre des études en médecine avec une moyenne égale ou supérieure à 14/20, pour peu qu’ils s’engagent à exercer dans leurs wilayas respectives pour une durée minimale de cinq ans, avant de pouvoir travailler dans d’autres régions. En cas de manquement à cet engagement, ils se verront interdits d’exercer la profession dans d’autres régions et leur diplôme retiré. Par ailleurs, il est question de mesures incitatives financières, dont la perception d’un double salaire pour ceux qui voudraient volontiers exercer dans le Sud.

Une situation maîtrisée
Par ailleurs, le président de la République a assuré que l’Algérie «maîtrise la situation» concernant la pandémie du coronavirus, saluant la volonté et les efforts des différentes parties engagées dans la lutte et la prévention contre le Covid-19.
«Nous maîtrisons la situation et nous faisons face à cette pandémie grâce à la foi, à la volonté et à la conjugaison des efforts de l’ensemble des parties», a-t-il déclaré. Mettant en exergue «l’élan de solidarité du peuple algérien en cette conjoncture difficile que traverse le pays», le Président Tebboune a qualifié cet élan d’ «un nouveau départ» pour l’Algérie. D’ailleurs, le Président Tebboune a salué les initiatives prises par des jeunes pour la production d’équipements de prévention contre la pandémie du Covid-19, soulignant l’impératif d’organiser cet élan de solidarité et de le mettre à profit à l’avenir pour investir dans ce domaine. Lors de sa rencontre avec le Comité scientifique de suivi de l’épidémie du nouveau coronavirus, au siège du ministre de la Santé, le président de la République s’est dit optimiste et prévoit une «sortie du tunnel» vers la fin avril. Il a indiqué qu’un grand nombre de patients avaient quitté l’hôpital, grâce au traitement à la chloroquine. A ce titre, les responsables de la PCH ont affirmé que l’Algérie « œuvre à augmenter sa production à un million de boîtes une fois la matière première commandée d’Inde réceptionnée», faisant savoir que l’Algérie «est l’un des premiers pays à bénéficier de la matière première et dispose d’un stock suffisant».
D’ailleurs, le président de la République a insisté sur la nécessité d’acheminer les équipements médicaux et les moyens de protection contre le coronavirus à l’ensemble du territoire national. «Il faut faire parvenir le matériel médical et les moyens de prévention à chaque parcelle du territoire national, notamment dans les zones les plus éloignées et le Grand Sud, a-t-il déclaré, ajoutant que «même si ces régions n’ont pas enregistré un nombre important de cas confirmés au coronavirus, la précaution et la prévention doivent tout de même être de mise».

Hommage aux blouses blanches
A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a rendu hommage aux médecins ainsi qu’aux personnels de la santé. «A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, j’adresse mes salutations de considération et de reconnaissance à nos médecins et à l’ensemble des personnels de la santé pour leurs sacrifices ainsi qu’à notre peuple pour sa solidarité qui a ébahi le monde comme ce fut le cas pour le Hirak béni. Que l’Algérie reste debout. Honneur et gloire à nos vaillants chouhada», a écrit le président Tebboune sur les réseaux sociaux.


S. H.



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