Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 119 - Fev 2019

Go

Formation professionnelle

Un pas vers l’avenir

Centre d’excellence de formation aux métiers de l’énergie et de l’électricité de Rouiba

Par Farid HOUALI



Sis dans la commune de Rouiba à l’Est d’Alger, le Centre d’excellence de formation aux métiers de l’énergie et de l’électricité de Rouiba (Cemer) est entouré de trois zones industrielles couvrant pas moins de 500 entreprises activant dans le domaine des métiers de l’électricité et de l’énergie. « C’est dans ce cadre que notre établissement inscrit sa démarche afin de répondre favorablement à toute demande émanant des organisme employeurs relevant du secteur économique et en particulier dans le domaine des métiers de l’électricité et de l’énergie », nous assure d’emblée son premier responsable Yazid Merghoub.
En effet, la feuille de route du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels est, justement, de former la ressource humaine qualifiée et nécessaire à l’entreprise économique et, de façon plus générale, au développement socioéconomique du pays. Cette action constitue l’une des priorités du gouvernement, dans le cadre de son plan d’action 2015-2019.
Et toutes les actions du secteur (menées jusque-là) traduisent parfaitement la politique du gouvernement en matière d’adaptation de la conduite de l’économie nationale aux exigences de l’environnement international, en particulier du développement universel des techniques et de la technologie. Á cet effet, des centres spécialisés et dédiés à la formation d’excellence, en partenariat avec des entreprises économiques pionnières dans leurs domaines d’activités, ont été créés à travers le pays pour la formation dans des activités économiques émergentes. « Cette orientation de développement de la formation et des spécialités de formation est dictée par l’essor économique qui requiert le renforcement des relations entre le secteur de la formation et les entreprises économiques », soulignait Mohamed Mebarki, ministre de de la Formation et de l’Enseignement professionnels lors d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Laghouat. « La création de centres d’excellence est une nouvelle démarche de partenariat adoptée par le secteur dans le but de faire adhérer le secteur économique public et privé dans les différentes étapes du processus de formation professionnelle », rappelle Yazid Merghoub. Pour le cas, du centre qu’il dirige depuis trois ans, soit depuis l’entame des premiers « cours » en février 2016, son directeur affirme qu’il a été créé (comme tous les autres centres d’excellence) dans le but de former une main d’œuvre de haute performance technique.
Pour ce faire, le Centre propose à chaque rentrée « professionnelle » à 24 stagiaires (87 actuellement) des formations techniques de près de trois ans dans le domaine de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables et dans tous les métiers en lien avec de l’électricité.
Dans le détail, comme nous l’explique Mme Rima Hammiche, ces formations de deux ans et demi portent sur 12 à 20 heures de technique par semaines dispensée dans trois laboratoires dont un dédié exclusivement aux stagiaires de la première année afin de « les familiariser » aux métiers de l’électricité.
Quant aux stages pratiques, ils sont répartis en trois périodes de formation en milieu professionnel et industriel. Le premier est de trois à quatre semaines. Le deuxième s’effectue en intégrant une équipe afin d’évaluer ses compétences alors que le troisième et dernier permet aux stagiaires de préparer chacun son projet de fin de formation. Le tout se fait en étroite collaboration avec les entreprises activant dans le bassin économique de Rouiba, liées bien entendu avec des conventions avec le Centre, toujours selon les explications de Mme Hammiche. « Ces entreprises se sont d’ailleurs engagées à recruter parmi nos stagiaires une fois le diplôme acquis», se félicite-t-elle.

Dans l’environnement de l’excellence
Pour garantir un environnement d’apprentissage de qualité, un matériel hautement sophistiqué est mis à la disposition des apprentis dans le cadre de la convention signée entre le ministère de la Formation professionnelle, le ministère de l’éducation nationale (MEN) France  et la fondation  Schneider Electric. Cela a permis au Centre de dispenser des formations de qualité qui n’ont rien à envier à ce qui se fait dans le domaine, y compris en France d’autant que le MEN france et schneider electric s’impliquent dans la formation des enseignants, l’élaboration de référentiels de formation et de supports pédagogiques ainsi que dans l’équipement des laboratoires techniques. Quant à l’encadrement, il est assuré par sept professeurs techniques assité par M. Carton un expert du MEN france. Dotés d’une longue expérience dans le domaine de l’électricité et de la maintenance industrielle, ces enseignants ont eu le droit à une formation en France  sur les nouvelles méthodes d’enseignement sur un plateau technique tournant dans des lycées professionnels. D’ailleurs, le jour de notre entrevue avec le directeur, une équipe d’enseignants est partie en France pour « des stages de perfectionnement».
Il convient de noter par ailleurs qu’outre le bloc administratif, le Cemer dispose de dix salles de cours, d’une salle de visioconférence, d’un labo de langue, d’une bibliothèque, d’une salle d’informatique, de six salles pour TP et TD et d’un atelier formateurs. « Pour répondre aux besoins du secteur industriel, il était impératif de former des jeunes en ciblant tous les domaines. Ces jeunes doivent être opérationnels et efficaces dès leur fin de formation. La qualité et l’efficacité de la formation nécessitent des moyens didactiques intégrant les nouvelles technologies, formateurs qualifiés et moyens pédagogiques adéquats », insiste à ce propos Yazid Merghoub estimant que la formation est axée sur tout ce qui est lié à la pratique pour que le stagiaire puisse être injecté directement dans le monde du travail. « Comme déjà souligné, notre objectif principal est que le stagiaire, après avoir décroché son diplôme, soit hautement qualifié et compétent, à telle enseigne que n’importe quelle entreprise voudra le recruter, y compris Schneider», ajoute encore le premier responsable du Cemer.

Jusqu’au moindre détail
Le Centre d’excellence des métiers de l’électricité de Rouiba (Cemer) par abréviation est un centre national. Autrement dit, les stagiaires en quête de connaissances dans le domaine des énergies y viennent de toutes les wilayas du pays. Cependant, pour bénéficier de cette formation, des critères de choix ont été fixés aux apprentis. En effet, le candidat doit obligatoirement avoir un niveau de terminale dans les trois séries suivantes : maths, sciences et maths techniques pour qu’il puisse déposer sa candidature.
Ensuite, l’évaluation des candidats à la formation en BTS (Brevet de technicien supérieur) efficacité énergétique et automatisme industriel se fait sur la base de sa moyenne générale obtenue en terminale, de la moyenne des matières essentielles comprenant les maths et la physique, ainsi que de la motivation et de l’intérêt que porte le candidat pour la formation. Parmi ces derniers, il n’est pas rare de croiser des universitaires. « Certains d’entre nos stagiaires ont même obtenu des masters », note Yazid Merghoub qui se félicité du « regain d’intérêt » des jeunes Algériens pour la formation professionnelleLes données de la tutelle selon lesquelles l’intérêt pour les filières de formation considérées prioritaires a augmenté de façon graduelle ces dernières années le prouvent. Ainsi, les spécialités de l’industrie représentent 25,40% de l’offre globale en 2018, alors qu’elle ne dépassait pas 22,7% pour la session de septembre 2017. La filière hôtellerie, tourisme et artisanat représente, quant à elle, 15,69% de l’offre globale et le BTP 12,41%. Les nouvelles règles sur l’apprentissage permettront, d’autre part, et conformément aux objectifs fixés, d’atteindre, en 2019, la formation en apprentissage de 60% des inscrits à un diplôme. Au Cemer, ces derniers n’ont pas de soucis quant à la prise en charge. Elle est assurée en tous points de vue. Rien n’est en effet laissé au hasard. Dans cet immense « bâtiment », deux ailes son dédiées exclusivement à certains (es) stagiaires, qui pour une raison ou une autre, sont dans l’impossibilité de faire des allers-retours quotidiens entre le lieu de résidence et le Centre. C’est le cas notamment des stagiaires rencontrées sur place. « C’est également valable pour certains stagiaires qui viennent de certaines communes d’Alger et de Boumerdès. Il a été décidé de faire bénéficier ces derniers d’une prise en charge complète, y compris en matière d’hébergement. Ainsi, rien ne viendrait perturber leur cursus », nous explique à ce propos, Kenza Ouarti, agent d’internat. Lequel internat peut accueillir 80 lits. En matière de restauration, 210 repas sont servis quotidiennement. C’est dire qu’au Cemer, on ne fait pas les choses à moitié.

F. H.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Laboratoire ADE Tizi-Ouzou
Par Farid HOUALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF