Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 120 - Avril 2019

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Formation professionnelle

Une mine d’or pour les jeunes

La formation professionnelle

Par Yahia MAOUCHI



Erigé en ministère en 1982, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels n’a connu de stabilité institutionnelle qu’à partir de l’année 2002, où il redevient un département ministériel à part entière affecté de nouvelles attributions relatives à l’enseignement professionnel. En effet, le secteur qui était géré dans les années 1970 par une sous-Direction au sein du ministère du Travail et des Affaires sociales, totalisait 40 établissements de formation. Il a connu un accroissement considérable à partir des années 1980 jusqu’à atteindre aujourd’hui un appareil fort de plus de 1200 établissements. Ainsi, l’importance stratégique de la formation et de l’enseignement professionnels pour l’accompagnement du développement économique et social du pays a poussé les pouvoirs publics à mettre l’accent sur la dimension du secteur, en lui donnant toute la priorité nécessaire, affichée par le programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Dans ce cadre, plusieurs objectifs sont fixés par la politique nationale de formation et d’enseignement professionnels pour le développement de la formation, notamment dans le respect du principe de l’égal accès de toutes les catégories sociales à la qualification. Parallèlement à l’évolution physique de l’appareil de formation, le programme de réforme du secteur a permis d’améliorer qualitativement les prestations de formation à travers plusieurs actions, à savoir le pilotage de la formation par la demande pour adapter la formation aux besoins du secteur économique et aux exigences du marché de l’emploi, la diversification des offres et modes de formation, l’introduction d’une nouvelle ingénierie pédagogique et l’introduction de l’enseignement professionnel. Celui-ci s’inscrit dans la démarche globale de mise en œuvre de la réforme du système national d’éducation et de formation engagée en 2001. Ilest organisé en deux cycles de trois années pour le 1er cycle, et de deux années pour le deuxième. Le premier cycle, sanctionné par le Brevet d’enseignement professionnel (BEP), a les mêmes avantages que le baccalauréat, en termes de reconnaissance et de droits et avantages et de classement dans la grille nationale des salaires. Le deuxième cycle, sanctionné par le Brevet d’enseignement professionnel supérieur (BEPS), est classé à la catégorie 10. Il a fait l’objet d’une réorganisation validée, lors d’un Conseil Interministériel, tenu le 27 mars 2017. Cette nouvelle architecture s’est traduite par la promulgation du décret exécutif, n°17-212 du 20 juillet 2017, fixant les modalités de création des diplômes sanctionnant les cycles d’enseignement professionnel (BEP et BEPS). La mise en œuvre de la nouvelle architecture du cursus d’enseignement professionnel a eu lieu à l’occasion de la rentrée de septembre 2017. Le schéma directeur du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels prévoit l’accueil de 30 à 40 % des effectifs dans le cadre de la régulation des flux de l’Education nationale. En effet, la stratégie du secteur s’appuie sur le partenariat avec le secteur économique. Pour preuve, la création du centre de plasturgie à Beni Mered (Blida), avec le CEIMI (Club des entrepreneurs et industriels de la Mitidja). Dans la même lignée, plusieurs autres projets ont vu le jour, a l’instar du Centre d’excellence de l’énergie électricité et automatisme avec Schneider à Rouiba, le Centre d’excellence des nouvelles technologies de l’information et de la communication et la téléphonie a Bou Ismail (Tipasa), le Centre d’excellence des métiers du bâtiment et des travaux publics avec le groupe Cosider à El-Harrach, le Centre dédié aux métiers de la construction des voitures à Tlelat et Es-Senia, à Oran, ainsi que l’ INSFP de l’agriculture Nadri Benyoucef de Bougara dans la wilaya de Blida spécialisé dans la formation aux métiers agricoles.

L’évolution chiffrée du secteur
Les infrastructures de formation professionnelle ont connu durant la période 1962/2007 un accroissement de 428 structures, soit près dix fois le nombre existant en 1962, elles sont passées ainsi de 15.000 à 160.000 postes de formation. Ces capacités ont été renforcées à la faveur de la promulgation de la loi n° 81.07 du 27 juin 1981 relative à l’apprentissage, à travers un potentiel de placement des apprentis en milieu professionnel évalué à l’époque à plus de 40.000 postes d’apprentissage. Quant aux capacités d’internat, elles ont évolué de 26.200 lits, soit plus de 15 fois les capacités de 1962. D’autre part, les effectifs stagiaires et apprentis sont passés de 15.000 en 1962 à 269 750 en 1999, soit plus de 17 fois les effectifs enregistrés en 1962. Pour la période 1999/2007, les effectifs ont atteint le chiffre de 235.691, soit 87,37 %. Les apprentis représentent un accroissement de plus de 40%, grâce notamment à la promulgation de la loi n° 81.07 du 27/6/1981 relative à l’apprentissage alors que les stagiaires de la formation résidentielle ont augmenté de 81,50 % durant la même période. Par ailleurs, sur le plan infrastructures, un effort considérable a été consenti par le secteur en vue de l’accroissement des capacités d’accueil au profit des jeunes. Ainsi, les infrastructures de formation sont passées de 671 en 1999 à 1 234 en 2017, soit une augmentation de 563 établissements représentant 84 %, et à 1295 en 2018, soit 61 structures de formation nouvelle en une année. Il en va de même pour les capacités d’accueil qui ont évolué de 160 000 postes pédagogiques en 1999 à 309 050 postes pédagogiques en 2017, soit un accroissement de 140 050 postes de formation, représentant 93 % dans le secteur public. L’effort du secteur privé s’est concrétisé par l’augmentation du nombre de places pédagogiques de 19 565 postes durant la période 1999- 2017, passant d’une capacité de 28 600 à 48 165 postes pédagogiques, soit un taux d’évolution de 68,40%. Les capacités d’hébergement des établissements publics de formation et d’enseignement professionnels sont passées de 28 700 places en 1999 à 66 480 places d’internat en 2017, soit une augmentation de 37 780 places, représentant un taux d’accroissement de plus de 131 %. Par ailleurs, dans le cadre de l’humanisation du secteur, diverses actions ont été réalisées pour permettre l’amélioration des conditions de vie, de formation et d’épanouissement des stagiaires dans les établissements de formation et d’enseignement professionnels. D’autre part, les effectifs stagiaires en formation sont passés de 269 750 en 1999 à plus de 500 000 en 2017, soit une évolution de 86,44 %. La formation par apprentissage qui représente 246 369 apprentis en 2017, a enregistré une progression de 143 369 apprentis, par rapport à l’effectif 1999 qui était de 103 000, soit un taux d’accroissement de 139 %.
Cette évolution s’explique notamment par l’accroissement des capacités d’accueils, la diversification des modes et types de formations ainsi que par la mise en place de différents dispositifs pour la prise en charge des différentes catégories de la population. Un grand nombre de sortants de la formation professionnelle a créé sa propre activité à travers les dispositifs d’appui à l’emploi. Il est en outre enregistré un taux d’insertion appréciable des diplômés, notamment de l’apprentissage.

Pour une meilleure insertion des jeunes
Ainsi, la formation professionnelle est devenue aujourd’hui une deuxième chance pour les jeunes d’être recrutés et une garantie de disposer d’un métier qui leur permet d’assurer un avenir. Et pour concentrer les jeunes formés sur la qualité de la formation, le ministère de tutelle attribut désormais un présalaire au profit des jeunes stagiaires, toutes formations confondues. Cette aide incitative mensuelle, nouvellement introduite le long du cycle de formation, a porté ses fruits. L’octroi de cette bourse permet au stagiaire de percevoir un présalaire pendant les premiers six mois de la formation, dont le montant augmente en fonction du nombre des semestres. L’Etat n’a jamais lésiné sur les moyens pour développer ce secteur et assurer une autre alternative aux jeunes chômeurs. Ainsi grâce aux importants investissements consentis par l’État, le secteur s’est considérablement développé ces dernières années, avec 1.234 établissements publics d’une capacité d’accueil de 250.000 places pédagogiques en résidentiel et 46.000 places d’internat, en plus d’un réseau d’ingénierie, de 23 branches de formation professionnelle et d’un réseau de 715 établissements privés agréés. Ainsi, la formation aux métiers est devenue un processus partagé avec les différents secteurs socio-économiques en tant qu’acteurs à part entière, en amont à la définition des besoins de la formation et en aval à l’insertion professionnelle des diplômes, en passant par l’élaboration des programmes de formation et l’encadrement des formations pratiques en milieu professionnel. Conscient de l’importance de partenariat dans l’amélioration de la qualité de la formation, devenue l’affaire de tous, le département de Mohamed Mebarki a choisi d’asseoir sa politique d’amélioration du système de formation sur une stratégie de partenariat et de collaboration avec l’entreprise et les différents secteurs d’activité économique, pour faciliter l’employabilité des formés et répondre aux besoins en ressources humaines. Ainsi, pour favoriser cette politique de partenariat, il a été mis en place un conseil de partenariat au niveau national et une commission de partenariat de wilaya au niveau local, placés sous l’autorité directe des walis. A cet effet, le Conseil de partenariat concrétisera la fonction essentielle de concertation et d’échange avec le secteur socioéconomique. Il représente également un instrument d’écoute permanent aux préoccupations du secteur économique, en matière de qualifications professionnelles, qui contribue au renforcement de la concertation et du dialogue avec l’environnement économique afin d’adapter l’offre de formation aux besoins en qualifications des différentes branches d’activité économique. En outre, cette nouvelle composante contribuera à l’élaboration et à la définition de la politique nationale de formation et d’enseignement professionnels, par des avis et recommandations sur la stratégie nationale du secteur, sur les programmes d’action, sur les besoins en formations et les questions relatives au système national de formation. Ces plans de formation de la ressource humaine sont inscrits en tant qu’axes prioritaires stratégiques, dans le programme du Président Abdelaziz Bouteflika qui accorde un intérêt particulier à la formation de la jeunesse et au renforcement des compétences des travailleurs, pour leur permettre d’être à jour des avancées professionnelles, pour préserver l’outil national de production et créer et maintenir les emplois. En somme, la formation de la ressource humaine est devenue aujourd’hui une nécessité dans un contexte marqué par une évolution rapide des technologies de l’information et de la communication, et les outils de production. A cet effet, il est nécessaire de dispenser une formation de qualité, pour obtenir une main-d’œuvre hautement qualifiée.

Une formation adaptée aux besoins du marché de l’emploi
L’adéquation formation/besoins économiques est plus que jamais un objectif à atteindre. La stratégie du gouvernement est basée sur la recherche permanente pour adapter le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels au marché de l’emploi en fournissant des spécialités professionnelles pour satisfaire aux besoins des entreprises économiques en main-d’œuvre qualifiée.Ainsi, pour faire face à une situation difficile pour l’économie du pays, le département de Mohamed Mebarki a axé sa politique sur une diversification des modes de formation pour mieux adapter l’offre de formation aux nouvelles conditions du marché. Dans ce cadre, il est privilégié la mise en œuvre du partenariat avec les opérateurs économiques, une plus grande ouverture sur l’environnement en donnant un intérêt particulier aux métiers pour lesquels il y a une demande, notamment ceux du bâtiment, de l’industrie, de l’agro-industrie, du tourisme, etc. Dans ce contexte, la rentrée professionnelle de la session de septembre 2018 s’est caractérisée par une diversification de l’offre de formation qui s’est traduite par la programmation de 478 spécialités, dont 54 nouvelles couvrant les 23 branches professionnelles, sanctionnées par des diplômes d’Etat. Ainsi, le gouvernement veut doter le secteur d’un système permettant à chaque citoyen d’apprendre et de ne pas avoir l’impression d’être laissé de côté et valoriser cette formation. Il s’agit là d’un rôle social pour les établissements, qui doivent non seulement insérer professionnellement leurs jeunes diplômés, mais aussi permettre aux demandeurs d’acquérir les compétences nécessaires pour trouver du travail. L’intérêt aux filières de formation professionnelle prioritaires a augmenté de façon graduelle ces dernières années. À titre illustratif, les spécialités relevant du domaine de l’industrie représentent 25,40% de l’offre globale, alors qu’elle ne dépassait pas les 22,7% en septembre 2017, quant à la filière hôtellerie, tourisme et artisanat, elle représente 15,69% de l’offre, alors qu’elle représentait seulement 10,3% aux cours de la même session en 2017. La filière du BTP connaît également une évolution appréciable au regard des besoins en main-d’œuvre qualifiée exprimés par le secteur de l’habitat, de l’urbanisme et de la ville.Elle représente 12,41% de l’offre globale, et il en est de même pour les filières de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire qui représentent 9,31%. En outre, les différents dispositifs mis en place par le secteur (formation qualifiante initiale, alphabétisation qualification, femme au foyer, passerelle, formation conventionnée, cours du soir) continuent à s’adresser aux différentes catégories de la société et offrent plus de 118.000 postes de formation. Pour la même session, 17.500 postes de formation sont également offerts pour les catégories particulières (handicapés physiques et personnes en milieu carcéral). Lors de la cérémonie de lancement de la rentrée professionnelle de la session de septembre 2018, M. Mebarki a évoqué la mise en œuvre et l’approfondissement de la nomenclature des branches professionnelles et des spécialités édition 2018.

Près de 500 spécialités proposées
La nouvelle édition compte 23 branches professionnelles, avec l’introduction d’une nouvelle branche (art, culture et patrimoine), et la restructuration de quatre branches de l’édition 2012. Elle renferme, également, 478 spécialités, dont 110 visent l’obtention d’un certificat de qualification professionnelle, et avec l’introduction de 54 spécialités nouvelles. Ces offres, en termes de formation, visent selon la stratégie mise en place par le gouvernement, à donner des possibilités aux jeunes qui n’ont pas eu la chance de terminer leur cycle d’enseignement obligatoire pour leur permettre d’obtenir un diplôme et une qualification. D’autre part, l’encadrement pédagogique est assuré par un effectif de 28.000 enseignants formateurs sur un total de plus de 67.700 employés du secteur. A noter que pas moins de 400.000 nouveaux stagiaires ont rejoint, lors de la rentrée professionnelle de la session de septembre, le chemin des différents centres et établissements de la formation professionnelle répartis à travers le pays. Ainsi, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels a connu d’importantes étapes qui lui ont permis de retrouver sa place au sein du système éducatif national et de répondre aux besoins du développement socio-économique du pays. En plus de son rôle important sur les plans économique et social, dans le cadre de la stratégie nationale visant à développer l’éducation et l’enseignement et à renforcer les acquis des réformes structurelles, le secteur de la formation professionnelle s’illustre par sa capacité à former une ressource humaine nécessaire au fonctionnement de l’appareil économique et à aller au diapason des besoins socio-économiques. D’autre part, pour mieux encadrer les 400.000 nouveaux postes pédagogiques, dont 12.000 en mode d’apprentissage, répartis sur 1.295 établissements de formation à travers le territoire national, le département de M. Mebarki est en train de recruter plus de 2.000 formateurs. Ces derniers auront à encadrer les nouvelles spécialités et structures de la formation professionnelle au niveau national. Ces nouveaux postes seront répartis sur 40 établissements de formation nouveaux dont 13 instituts, 24 CFPA et 3 instituts d’enseignement professionnel. En somme, l’Etat déploie de grands efforts pour assurer le fonctionnement des établissements de formation, relever leur rendement, améliorer la qualité de formation, moderniser les équipements, recruter des encadreurs et lever le gel sur les projets en application des instructions du président de la République. Le département de M. Mebarki vise, à travers cette mobilisation de ces moyens matériels et pédagogiques, à réussir les réformes qualitatives dans le secteur qui vise la création des conditions qui permettraient aux jeunes de suivre une formation de qualité et de haut niveau, à travers la modernisation de la pédagogie et les programmes de la formation, le développement de la fonction de l’ingénierie dans la formation, le renforcement des mécanismes de l’orientation et la formation des formateurs. A cet effet, il est nécessaire de maintenir la cadence de travail dans le sens qui vise le renforcement et l’élévation du niveau des cadres formateurs du secteur et de leur mise à niveau en permanence en tenant compte des mutations que connaît le monde de la formation et de l’enseignement professionnels dans le monde en général. La réforme qui vient d’être initiée dans le secteur a été corroborée par l’impératif d’intégrer le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels au monde économique et à la sphère de l’emploi en optant pour des politiques de partenariat avec les opérateurs économiques et les entreprises nationales dans la perspective de donner plus d’efficacité à la formation de la ressource humaine et de la doter d’une qualification de qualité pour qu’elle puisse apporter sa contribution concrète au service de l’économie nationale. Cette réforme consolide l’approche visant le maintien et la promotion de la formation à travers l’apprentissage, considéré comme pierre d’achoppement de la politique de formation de la tutelle. Rappelons enfin que le secteur s’est attelé depuis 1999 à la mise en place et au développement des TIC aussi bien au niveau pédagogique qu’au niveau de la gestion administrative et financière, à travers la réalisation d’infrastructures (data center), le réseautage (interconnexion des établissements), l’introduction de spécialités liées au TIC et la formation de ressources humaines. A cet effet, la toile Télécom du secteur permet la disponibilité de connexions internet haut débit dans l’ensemble des établissements. Ainsi, les TIC sont dispensées dans 39 spécialités réparties entre l’informatique, les arts et industries graphiques, l’audiovisuel et les métiers de la téléphonie. Ces formations sont sanctionnées par des diplômes d’Etat ou des certifications internationales (Cisco et Microsoft). Le nombre de diplômés dans les spécialités liées aux TIC est passé de 4 505 en 1999 à 21 962 en 2017, soit une augmentation de 17 457, représentant un taux d’évolution de 387 %. Pour la rentrée de septembre 2018, 23.100 stagiaires ont été enregistrés juste en formation diplômante.

Y. M.



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