Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 124 - Nov 2019

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Travaux publics

Le groupe des challenges

GITRAMA

Par Yahia MAOUCHI



L’effectif du Groupe d’infrastructures de travaux maritimes (Gitrama) s’élève aujourd’hui à plus de 14 000 travailleurs, dont 70% ont moins de 40 ans. Un effectif réparti sur les trois filières d’activités du Groupe qui correspondant à ses différents cœurs de métier, les travaux maritimes, les travaux d’ouvrages d’art ainsi que les travaux routiers, autoroutiers et aéroportuaires, mais aussi la signalisation routière, les travaux hydrauliques et des services. Ce groupe, créé le 27 juin 2016, a hérité de 21 filiales : 4 maritimes, 11 routières et 5 filiales d’ouvrages d’art qui réalisent les ponts et 1 filiale de signalisation routière (horizontale et verticale), l’ENPS. Par la suite, le groupe a mené des opérations de fusion-absorption pour passer de 21 à 18 filiales. « De nouveaux défis économiques s’imposent à notre pays et à l’ensemble des acteurs, notamment ceux de notre secteur. Et il va de soi que nos entreprises, en leur qualité d’outil de réalisation national, doivent s’affirmer davantage dans le développement du pays. Le rôle que nous devons jouer en tant que groupe, ayant capitalisé une expérience appréciable et un savoir-faire inestimable, n’est plus à démontrer, surtout après la consolidation de nos moyens de réalisations tant humains que matériels », a déclaré à El Djazair.com, Boualem Akhrouf, Président-directeur général du groupe Gitrama, en marge de l’inauguration de la 16e édition du Salon international des travaux publics (SITP). Par ailleurs, selon notre interlocuteur, l’année 2018 a été celle des grands enjeux et défis, particulièrement pour la filière des travaux maritimes, avec l’inscription de grandes opérations dont la réalisation du port Centre de Hamdania et le lancement prochainement des travaux de réalisation de port de Cherchell. « C’est dire qu’avec ces projets nous pensons recruter plus d’un millier de personnes pour répondre aux besoins en encadrement, en maîtrise et en ouvriers spécialisés dans le maritime », avoue M. Akhrouf. Dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur précise qu’en plus du mégaprojet du port de Cherchell, son groupe est en train de réaliser des projets routiers, notamment au niveau du Sud. « Nous avons également plusieurs entreprises qui travaillent au niveau des frontières, telles que la Sonatro, l’EPTP Alger qui sont à l’extrême Sud. Et en matière d’ouvrage d’art, nous avons un projet à réaliser au niveau de la Chifa, la RN1, où l’ouvrage le plus complexe a été confié à la Société publique des ponts et des travaux d’arts (Sapta). Nous sommes à la pointe de la technologie en matière d’ouvrage d’art avec des entreprises publiques qui comptent plus de quatre années d’expérience en matière d’ouvrage d’art. Et maintenant avec Midtram nous sommes chargés des travaux d’aménagement des Sablettes d’Alger, que nous allons bientôt achever. Nous sommes également en train de réaliser un terminal à conteneur au niveau du port d’Oran, et de renforcer toute la digue du grand port pétrolier de Bethioua, qui a été conçue dans les années 1980 », dévoile notre P-DG.

La formation, fer de lance du groupe
 Ainsi pour mener à bon port tous ces projets, les responsables de Gitrama ne lésinent pas sur la formation de sa ressource humaine. « Un groupe qui n’assure pas de formation à son personnel sera indubitablement dépris. La formation est notre arme de bataille. Nous œuvrons dans un secteur qui exige une certaine technicité et une mise à niveau de la ressource humaine, la formation occupe naturellement une place importante. Notre intérêt pour ce volet est évident et se traduit par la création d’une Ecole des métiers des travaux publics. Nous nous attelons également à développer étroitement des relations avec l’Ecole supérieure des travaux publics (ENSTP), l’université et les centres d’apprentissage. Le but étant, entre autres, de qualifier les ingénieurs et les cadres du groupe et des filiales au domaine de la recherche scientifique, éventuellement aux côtés des autres groupes et partenaires désireux de s’associer à notre vision », affirme le premier responsable de Gitrama. S’agissant des compétences managériales, des formations, dira M. Akhrouf, sont dispensées pour outiller les cadres, pour mieux appréhender les nouveaux changements, à l’exemple de l’émergence des contrats de partenariat publics-publics et publics-privés (PPP), qui nécessitent aussi bien des compétences de financement, de conception organisationnelle, logistiques, que stratégiques ou commerciales. Interrogé sur ce qu’il attend de sa deuxième participation au grand salon international des travaux public, notre interlocuteur précise qu’il vise un échange de technologies entre les entreprises participantes.« Nous attendons des échanges avec des entreprises au vu de  la participation de beaucoup d’entreprises nationales et étrangères. Nous attendons qu’il y ait d’abord un échange d’expériences entre nous, notamment en matière de technologie, pour qu’on puisse l’utiliser chez nous en Algérie, sachant que les entreprises étrangères participantes à cet événement sont des leaders mondiaux dans le domaine des travaux publics. Alors ce sera une aubaine, un espace pour toutes les entreprises activant dans le domaine des travaux publics. Mais il faut souligner une chose, même nous en Algérie, nous avons acquis beaucoup d’expériences en matière des travaux publics, notamment la réalisation des routes, d’ouvrage d’art et du maritime», relève-t-il.

S’ouvrir sur l’Afrique
En plus de la réalisation des grands projets en Algérie, le groupe Gitrama veut s’orienter vers l’Afrique. « Notre objectif essentiel dans un environnement de plus en plus marqué par la concurrence, est l’amélioration continue du management pour lequel des actions concrètes et cohérentes ont été définies, dans la perspective de bâtir, avec nos partenaires une nouvelle économie performante hors hydrocarbures en s’orientant vers l’Afrique. Notre ressource humaine et nos outils de production sont aujourd’hui concernés par les enjeux de croissance et de performance de l’Algérie et se doivent de capitaliser leur savoir-faire et leur métier pour assumer leur rôle dans la réalisation des grands projets structurants d’aménagement, d’entretien et de maintenance du secteur des travaux publics. Ils se doivent également de s’ouvrir sur le monde, notamment l’Afrique, option désormais affichée par les filiales du portefeuille de Gitrama », prône-t-il.
Rappelons qu’au cours de l’inauguration de la 16e édition du Salon international des travaux publics (Sitp) par Abdelghani Zaâlane, ministre des Travaux publics et des Transports, en présence de plusieurs membres du gouvernement, plusieurs conventions-cadres dans le domaine de la formation professionnelle ont été signées entre des groupes d’infrastructure de travaux publics et des Ecoles supérieures nationales, pour une coopération technique, scientifique et pédagogique. Ainsi, la première convention cadre a été signée entre le groupe d’infrastructure de travaux publics maritimes (Gitrama) et le groupe d’infrastructure de travaux routiers et d’ouvrages d’Art (Gitra). En vertu de cette convention, les cadres et les employés des 18 filiales du groupe Gitra bénéficieront des formations au niveau de l’Ecole des métiers de l’entreprise publique Sonatro, filiale du groupe Gitrama. Concernant la deuxième, troisième et quatrième conventions, elles ont été signées entre Gitrama et respectivement l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique (ENSH), l’Ecole nationale supérieure des sciences de la mer et de l’aménagement du littoral (Enssmal) et l’Ecole nationale supérieure de la marine (ENSM). En vertu de ces conventions, les étudiants des trois écoles suivront des formations dans les différents départements du groupe Gitrama et ses filiales. En outre, un mémorandum d’entente a été signé entre les entreprises publiques ENGOA et EVSM, filiales du groupe Gitra et la Société China Railway Construction Corporation (CRCCI) pour la création d’une société mixte dans le domaine des travaux publics. A ces conventions et mémorandum, s’ajoute une convention cadre signée entre le groupe Gitra et l’Ecole nationale supérieure des travaux publics (ENSTP). Il a été également procédé à la signature d’un accord de coopération entre l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif) et l’Université de M’Hamed-Bougara (Boumerdes). La dernière convention a été signée entre l’Organisme de contrôle technique des travaux publics (CTTP) et l’Ecole nationale supérieure des travaux publics (ENSTP). Enfin, Abdelghani Zaâlane, ministre des Travaux publics et des transports, a souhaité qu’au SITP soit réalisé «un espace de concrétisation de projets de partenariat efficients, ouvrant la voie à un développement économique à travers la création de postes d’emploi, et la création de la richesse», deux facteurs nécessaires « qui seront à l’avantage de l’économie par l’amélioration du taux de croissance, pour améliorer le profit et le bien-être de la population». En permettant aux acteurs économiques de tisser des relations de coopération et en saisissant ainsi les différentes opportunités d’investissement, le SITP est devenu au fil des années un cadre idéal d’échange d’expériences et d’expertises, selon M. Zaâlane, confiant quant aux «formes de coopération qui continueront de se développer dans l’intérêt de tous». Pour cette 16e édition, 307 exposants étaient présents, dont 233 entreprises locales et 74 firmes venues de neuf pays, l’Espagne étant invitée d’honneur. Dans une conférence de presse M. Zaâlane s’est dit content de la forte participation, tant nationale qu’étrangère, précisant que «le secteur des travaux publics a connu un saut qualitatif majeur depuis 1999». Hisser ce secteur au rang des choix stratégiques pour le développement de l’infrastructure « a pour objectif de consolider les acquis de notre pays», a-t-il ajouté. A cet effet, le ministre a mis en exergue «la concrétisation de projets faramineux tels que la réalisation de plus de 23.000 km de routes communales et interwilayales, plus de 5.000 km d’ouvrages d’art, plus de 4200 km de voie ferrée, en plus de doter six villes du pays de moyens de transports modernes (tramway et métro) ». « C’est une épopée de réalisations » se targue-t-il.

Y. M.



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