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N° 111 - Jan 2019

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Travaux publics

Meditram, l’expérience qui fait la différence

45 ans dans les travaux maritimes

Par Farid HOUALI



La politique nationale d’aménagement des infrastructures maritimes s’est fixé comme objectif d’assurer un développement harmonieux de l’ensemble des zones littorales insuffisamment équilibrée en matière de réalisation de ports stratégiques, de plaisance et de pêche. Ce déficit résulte essentiellement de l’insuffisance de moyens spécifiques à même de répondre aux appels d’offres destinés à sélectionner les entreprises du secteur. Face à ce vide persistant en moyens nationaux de réalisation, les pouvoirs publics ont décidé d’investir dans la création de l’ex-Société nationale des travaux maritimes (Sonatram) en 1972. Une entité économique chargée de la prise en charge des programmes définis par le gouvernement afin d’exploiter les opportunités offertes par les 1200 km de côtes algériennes. C’est en 1997 que la Méditerranéenne des travaux maritimes (Meditram) prend le relais, lors de la première restructuration du secteur des travaux publics. Ainsi, l’entreprise comptabilise, rappelle son directeur général NourdineHebboul, près de 45 ans d’expérience dans le domaine des travaux maritimes, conception et réalisation d’ouvrages sur l’ensemble du littoral algérien, ce qui lui a valu le titre de leader national. Prévue en 2015, la restructuration effective de la Société de gestion des participations de l’Etat-Tavaux Publics Sintra (SGP-TP Sintra) en trois grands groupes industriels est intervenue finalement en juin dernier. En application de la résolution du Conseil des participations de l’Etat prise le 28 mars 2015, il a été ainsi décidé de la création de trois groupes à partir de 51 entreprises du portefeuille de l’actuelle société de gestion des participations (SGP-TP Sintra). Il s’agit d’un groupe «Travaux» dénommé Gitra, comprenant 21 filiales, un groupe travaux dénommé Gitrama, comprenant 21 filiales dont Meditram. « Cette restructuration a pour objectif de faire face à la concurrence étrangère particulièrement dans les travaux maritimes dans une conjoncture économique difficile marquée par le recul des revenus pétroliers », a soutenu le DG de Meditram dont le domaine d’intervention se résume à la réalisation des infrastructures portuaires et maritimes (digues, jetées, quais moles, aménagement des nouveaux plans d’eau), des travaux d’entretien et de grosses réparations ainsi que les travaux de dragage (études d’exécution). « Meditram intervient aussi dans le domaine de la conception des ouvrages portuaires, celle-ci relève essentiellement du Laboratoire d’études maritimes (LEM) qui joue le rôle de bureau d’engineering pour le compte des directions locales des travaux publics , des entreprises portuaires, ministères, etc…», a encore soutenu Nourdine Hebboul. L’activité de Meditram de façon plus large se présente comme suit : travaux de réparation et de confortement, réfection et mise en état des ouvrages portuaires (digues, quais), travaux sous-marins (colmatage des cavernes),travaux de dragage et de déroctage, dragage d’entretien des ports (dégagement des sables et vases d’apport), déroctage (ou dragage de fonds durs ou rocheux) pour l’augmentation des fonds des bassins et quais des ports.Meditarm intervient également dans ce qui est appelé les travaux neufs. Il s’agit notamment de la construction de digues, jetées, quais, môles, de l’aménagement de nouveaux plans d’eau, extension et protection d’ouvrages existants (digues et quais). C’est donc une entreprise qui progresse depuis sa création au début des années 1970 et qui continue d’occuper une place importante en matière de réalisation d’infrastructures maritimes en Algérie.

L’art du savoir faire
Compte tenu des marchés en cours de finalisation et des perspectives de développement de l’entreprise, l’effectif actuel est d’un peu plus de 1000 ingénieurs, agents d’entretiens, chauffeurs, cadres et autres personnels polyvalents. « Meditram met en œuvre la politique de l’entreprise en matière de gestion des ressources humaines notamment les moyens qualificatifs (gestion de l’emploi, recrutement formation,) nécessaires à une adaptation des ressources humaines aux finalités économiques de l’entreprise », selon son directeur général. Ainsi, Meditram, s’est constitué des moyens humains et matériels, une expérience et un savoir-faire très appréciable lui permettant d’avoir une renommée dans le secteur des travaux maritimes. Meditram s’est en effet engagée dans une démarche qui permettra d’insuffler à ses structures et à son collectif une dynamique en matière de management et de qualité.« Meditram prend conscience de la nécessité de planifier et de réaliser toutes les actions dans un temps donné et que la politique tient dans ses choix des contraintes surtout exogènes imposées et des opportunités offertes par son environnement et par les données organisationnelles. Meditram, dans toute son organisation doit répondre efficacement aux exigences du marché qui sont d’ordre multiple, technique, économique et social », a assuré à ce propos son premier responsable dont notre entretien coïncidait avec la vague de froid et d’intempéries qu’avaient connue les wilayas du Centre, de l’Est de l’Ouest du pays. D’ailleurs, Nourdine Hebboul assurait dans ce sens que toutes les dispositions avaient été prises afin que les chantiers, le matériel et les personnels soient à l’abri d’une quelconque mauvaise surprise. Preuve en est : depuis 1979 à ce jour, Meditram a pris à charge la réalisation d’une centaine de projets répartis sur le long du littoral algérien.A citer entre autres, le dragage du port, le renforcement de la jetée Mustapha au niveau du port d’Alger en 1980, la protection de l’autoroute de l’Est en 1981, dragage d’entretien port El Djamila, reconnaissances géotechniques et sous-marines Oued Kniss (Alger) en 1982. Dans la wilaya de Jijel, c’est également la même entreprise qui prend en charge la construction d’un quai pour la marine nationale et surélévation de la jetée Nord en 1982, l’aménagement d’un port de pêche dragage d’entretien au Port de Ziama-Mansouriah en 1985. La liste des « exploits » de Meditram est encore longue. Il convient notamment de rappeler dans ce contexte l’aménagement du port de pêche de Tigzirt (Tizi-Ouzou) en 2007 ainsi que la construction d’un port de pêche et de plaisance dans la même localité.

Alger dans toute sa…splendeur
Des années durant, les Algérois ont emprunté la côte d’Alger regardant de leurs véhicules la mer sans pouvoir y accéder. Une grande frustration pour les uns, un sentiment de regret pour les autres, que d’observer la baie… mais de loin ! A tel point que certains endroits comme les Sablettes, sur l’autoroute à l’entrée d’Alger, sont devenus un coin isolé regroupant malfrats et débauchés. Ce n’est qu’un lointain souvenir : cette bande côtière algéroise a retrouvé les siens. Meditram a été désignée pour l’exécution du projet des Sablettes en 2012 et une partie des ouvrages a déjà été livrée en 2014 alors que la totalité du projet pour lequel un montant de 19 milliards dinars est alloué le sera en décembre  2017, au plus tard en mars 2018, selon les dires du DG de Meditram. Sur le chantier des Sablettes, les ouvriers qui manipulent de nombreux engins dont des camions et des pelleteuses ainsi que des grues, activent dans un nuage de poussière afin de faire avancer les travaux d’aménagement en installant notamment d’énormes blocs de béton pour combler les 100 derniers mètres de ce qui sera la nouvelle jetée.Cela fait partie des travaux d’aménagement des Sablettes qui est un projet s’étendant de l’embouchure de Oued El Harrach jusqu’à la station de dessalement d’eau de mer d’El Hamma sur 4,5 km. Tout le projet « représente de nombreux avantages économiques et sociaux pour la wilaya d’Alger car la jetée sera accostable pour être utilisée dans les transports maritimes dès qu’elle sera livrée l’année prochaine pour que les bateaux puissent accoster », a soutenu Nourdine Hebboul. Sur place, Meditram a à charge aussi la réalisation de quatre restaurants éparpillés sur les 4,5 km dont deux sont achevés et livrés alors que les autres sont en cours de réalisation. Il est également question d’autres ouvrages dédiés à la détente des familles algéroises et des visiteurs, et ce, en extension des infrastructures déjà existantes dans le cadre de l’aménagement du littoral visant à moderniser la ville d’Alger.Pour l’heure, l’entreprise est en train de réaliser la deuxième jetée de 750 mètres linéaires qui sera accostable ainsi qu’une digue de 210 mètres pour créer une plage de 2 km sur le côté ouest. Même les critères de protection de l’environnement sont intégrés par le projet puisque les blocs de quai et les blocs cubiques rainurés utilisés pour la protection des ouvrages maritimes sont fabriqués dans une plateforme à Reghaïa (dans l’enceinte même du siège de l’entreprise) pour ne pas polluer le site si on installait une centrale à béton. Il y a 3 millions de tonnes de matériaux de carrière, tout-venant et enrochement qui sont utilisés jusqu’à présent pour diverses réalisations. Il y a été réalisé une piste cyclable, une piétonne et plusieurs transversales et une esplanade ainsi qu’une promenade en pavé de 3,5 km, une jetée de 420 mètres et un parking.S’agissant du projet de Bab El Oued, il représente un coût de 3 milliards dinars pour réaliser trois ouvrages maritimes et parvenir à la création de piscines et de bains naturels. Un brise-lame de 210 mètres linéaires est déjà achevé, ainsi l’épi Est de 220 mètres réalisé à 80% (à côté de la piscine Kettani). Les projets en cours de réalisation concernent aussi la protection du rivage, l’aménagement de ports, les épis et les jetées de protection ainsi que les rempiétements des quais. Des travaux de préparation de quais et de digues et ceux de protection des falaises et de création de quais sont aussi en cours dans d’autres régions de la wilaya comme à AïnTaya et Surcouf, Tamentfoust, Raïs Hamidou, Palm Beach et Zéralda.
 

F. .H.

Nourdine Hebboul, directeur général de Meditram à El Djazaïr.com

« Un grand intérêt est accordé à la poursuite de l’effort de production »

L’entreprise la Méditerranéenne des travaux publics (Meditram) n’est plus à présenter compte tenu de sa présence quasi-permanente dans le programme du développement et d’entretien du patrimoine portuaire et du littoral.Aussi à travers un gigantesque travail accompli ces dernières années dans le cadre du programme d’assainissement et de mise à niveau soutenu par les hautes autorités, l’entreprise a consolidé sa place de leader dans le domaine des travaux maritimes grâce notamment à la réalisation d’un plan de charge conséquent mais et aussi à l’acquisition d’un matériel de pointe. Dans cet entretien à El Djazaïr.com, Nourdine Hebboul, directeur général de Meditram, assure que l’entreprise de par ses moyens humains et matériels ne compte pas en rester là. Bien au contraire.   

 

El Djazaïr.com : Une question somme toute classique. Qui est Nourdine Hebboul ?

Nourdine Hebboul : Je suis ingénieur dans les travaux publics. J’ai obtenu mon diplôme en 1987 à l’Ecole nationale supérieure des travaux publics de Kouba. Mes débuts étaient à l’ex- Société nationale des travaux maritimes. Depuis 1989, après avoir bien entendu accompli mon service national entre Tindouf et Tiaret, je me suis spécialisé, dans le domaine des travaux maritimes. J’ai exercé également à la direction des travaux publics de la wilaya d’Alger pour rejoindre par la suite, en 2013 précisément, Meditram en tant que directeur des projets au sein de laquelle j’ai piloté la protection du rivage de Palm Beach ainsi que la protection de la plage de Club-des-Pins. Auparavant, j’avais chapeauté la réalisation du projet du terminal à conteneurs du port d’Alger en tant que chef de projet. 

El Djazaïr.com : Et vous êtes le nouveau directeur général de la Meditram depuis juillet 2016…

Nourdine Hebboul : Tout à fait. Ma nomination à ce poste intervient au lendemain de la restructuration effective de la Société de gestion des participations de l’Etat-Tavaux Publics Sintra (SGP-TP Sintra) en trois grands groupes industriels.

El Djazaïr.com : Etant du domaine des travaux publics, votre expérience vous a-t-elle  été bénéfique notamment dans la gestion de l’une des entreprises leaders dans ce domaine ?

NourdineHebboul : Sans aucun doute.Comme vous le savez, Meditram est une entreprise à charge de la réalisation de projets purement techniques. De ce fait, la maîtrise du domaine est indispensable. 

El Djazaïr.com : En votre qualité du premier responsable de Meditram, comment appréciez-vous le plan de charge de l’entreprise ?

Nourdine Hebboul : Je dirais que c’est un plan de charge conséquent. En d’autres termes, il est appréciable. Et c’est un plan de charge d’au moins deux ans et demi. On a deux projets qui se dessinent : il s’agit du projet portant sur la protection du port de Bettioua dans la wilaya d’Oran mais et aussi, du nouveau port Centre que l’entreprises compte réaliser aux côtés d’une entreprises chinoise. Ainsi, notre plan de charge sera de six à sept ans. C’est un mégaprojet. Il est considéré comme le plus grand port d’Afrique et du bassin méditerranéen en tonnage avec un trafic conteneurs de plus de 26 millions d’EVP. Le port d’El Hamdania sera aussi un pôle de développement industriel, relié aux réseaux ferroviaire et autoroutier. Le départage des travaux à réaliser n’a pas été encore effectué mais quoi qu’il en soit, avec son savoir-faire surtout, Meditram saura honorer ses engagements, comme elle l’a toujours fait.

El Djazaïr.com : Justement, dès qu’on songe aux travaux maritimes, on pense sans trop hésiter à Meditram. En quoi réside le secret de ce succès ?

Nourdine Hebboul : Il faudrait en premier lieu rappeler que c’est une entreprise qui a été créée justement pour répondre aux besoins en matière de réalisation des travaux maritimes. Donc, depuis sa création à ce jour, elle a acquis une expérience et un savoir-faire non négligeables. A cela s’ajoute son personnel dont la majorité est spécialisée dans le domaine. Meditram est également connue pour son matériel spécifique. Il s’agit en particulier des pontons grue dont le coût avoisine les 1,7 millions de dinars chacun , des remorqueurs et des chalands fendables. D’ailleurs, au début de ce mois de janvier 2017, l’entreprise a réceptionné un nouveau pontons grue précédé par la réception il y a de cela un mois d’un chaland. C’est dire que l’entreprise a beaucoup investi dans ce matériel. La somme est de 5 milliards de dinars pour être précis. Ceci pour les travaux maritimes. Pour les travaux de surface, l’entreprise dispose également de retro-chargeurs, de bulldozer, de grues mobiles et de camions grand tonnage.

El Djazaïr.com : Tout ce matériel dit spécifique doit être manœuvré par des personnels qualifiés…

NourdineHebboul : Oui bien sûr. A cet effet Meditram a mis en place un ambitieux programme de formation de ses personnels toutes catégories confondues.

El Djazaïr.com : Outre le projet des Sablettes, quels sont les autres projets dont est à charge de réaliser Meditram ?
 

Nourdine Hebboul : Il s’agit de l’extension du quai d’accostage du port d’Oran, la réalisation du port de Beni Ksila dans la wilaya de Béjaia, l’extension de la base navale de Jijel et l’aménagement du front de mer de Djendjen. Nous avons été également chargés de la mise en œuvre de la protection du rivage à Tipasa, de la création d’un port de pêche Madagh à Ain Témouchent, ainsi que du confortement du port de Cherchell. Et pour que l’entreprise soit présente sur l’ensemble de tous ces projets, elle est organisée, outre la direction générale sise à Alger, en trois directions régionales, à Jijel, Oran et une direction régionale à Alger.

El Djazaïr.com : Que peut-on dire de l’année 2016 qui vient de s’achever et de quoi serait faite l’année en cours pour Meditram?

Nourdine Hebboul : Sachez d’abord que le chiffre d’affaire annuel de l’entreprise ces quatre dernières années, est de 7 à 8 milliards de dinars. L’objectif pour le moment est de garder la même cadence pour les deux ans à venir soit 2017 et 2018. Avec les trois grands projets déjà cités, on compte majorer notre chiffre d’affaires d’au moins 50%. Pour l’année 2016, elle a été porteuse pour l’entreprise. Nous sommes satisfaits de ce qu’on a pu réaliser durant cette année-là. Nous avons été dans les délais s’agissant des réalisations des projets comme déjà souligné, nous avons renforcé nos moyens matériels par de nouvelles acquisitions.

El Djazaïr.com : Un dernier mot….

Nourdine Hebboul : rIl est du devoir de toute l’équipe dirigeante particulièrement de continuer à œuvrer sans relâche dans la perspective de mener à terme les engagements de l’entreprise afin de concrétiser durablement la stratégie arrêtée en matière de modernisation et de développement susceptible de consolider sensiblement la référence Meditram et de pouvoir en l’avenir, garantir une part de marchédans une rude conjoncture économique. Un grand intérêt est donc attaché à la poursuite de l’effort de production aux fins de maintenir et d’améliorer les objectifs assignés.
 F. H.



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