Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 105 - Mai 2017

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Travaux publics

Faites confiance au savoir-faire algérien

Laboratoire central des travaux publics

Par Farid HOUALI



Les mesures prises par les pouvoirs publics, à travers la consolidation de l’outil national public et les facilitations bancaires accordées à l’outil national privé, visent à créer un environnement économique favorable à même d’aider les sociétés nationales à améliorer leurs performances, à assimiler les innovations et à intégrer les savoir‐faire. C’est l’esprit même de la réorganisation des entreprises nationales publiques en groupes de taille critique visant notamment l’augmentation des parts de marché et leur préparation pour en acquérir d’autres à l’international plus particulièrement en Afrique. C’est ainsi que l’outil national d’étude et de réalisation contribue de manière significative à la croissance et à la création de richesse dans le pays. L’accroissement des parts de marché de ces entreprises demeure un des objectifs tracés par le secteur des travaux publics. Aussi et afin d’assurer un développement harmonieux du pays, le secteur des travaux publics veille à une répartition rationnelle et à une présence de l’outil d’études et de réalisation sur l’ensemble du territoire. « Les entreprises algériennes ont le savoir-faire et la technologie. Je veux les rassurer et leur dire que l’outil national sera prioritaire. En dehors des projets stratégiques, sensibles et relevant de la souveraineté nationale, tous les projets seront essentiellement financés par le partenariat public-privé, sauf si l’on n’a pas les capacités requises. Autant dire qu’il y a des marchés pour les entreprises algériennes », assurait dernièrement Boudjemaâ Talaï, ministre des Transports et des Travaux publics. Des mesures d’encouragement et de stimulation ont été en effet prises pour permettre aux entreprises de se déployer dans les régions du sud et des hauts plateaux. Filiale du groupe «Engineering et contrôle», dénommé Geica, comprenant 9 filiales, né de la dernière reconfiguration de la Société de gestion des participations de l’Etat-travaux publics Sintra (SGP-TP Sintra) en trois grands groupes industriels, le Laboratoire central des travaux publics (LCTP) est un organisme technique structuré de façon à répondre aux besoins du maître d’ouvrage, du maître d’œuvre, de l’administration et/ou de l’entreprise en charge des réalisations. « Le savoir-faire du Laboratoire national des travaux publics et bâtiment créé au lendemain de l’indépendance et notre capital expérience développé durant quatre décennies d’activités nous permettent de répondre à toutes attentes grâce notamment à notre dimension nationale forte d’un laboratoire central et de trois filiales qui couvrent l’ensemble du territoire national, au fonctionnement en réseau de nos laboratoires, ce qui permet de mobiliser tous les moyens matériels et humains afin de répondre aux programmes les plus ambitieux ainsi qu’à notre potentiel d’ingénieurs et de techniciens renforcés par des experts nationaux et internationaux et enfin grâce à l’engagement dans le système qualité », a assuré dans sa déclaration à El Djazaïr.com, son directeur général Farid Mezaâche.
Dans le détail, le LCTP a pour mission d’intervenir dans les domaines des travaux Publics et du bâtiment. Son champ d’action s’étend pratiquement à travers toute l’Algérie de par son implantation dans plusieurs wilayas, ce qui lui permet de répondre aux sollicitations de la clientèle sur la majeure partie du territoire national. Il a de ce fait à charge des études de contraintes géotechniques d’urbanisation qui portent sur le choix des sites, des programmes d’occupation des sols, des études de sols de fondations des ouvrages, ouvrages d’art, ouvrages hydrauliques et bâtiment. Tandis que la recherche et prospection de matériaux portent sur l’inventaire des ressources d’information géographiques (SIG), la recherche des zones d’emprunts et granulats répondant aux normes requise pour la fabrication des bétons d’ouvrages en construction. Quant à l’étude de stabilité, elle porte sur la stabilité des talus (mouvements de la terre), stabilité des pentes naturelles ainsi que les phénomènes hydrogéologiques et recherches de cavités souterraines. Aussi, et afin de garantir les prestations fournies à ses clients, le LCTP dispose d’un département métrologie équipé de moyens d’étalonnage et de vérification lui permettant de s’assurer de la fiabilité des essais réalisés. En outre, ce même département assure le contrôle de l’homologation des peintures routières pour le compte du ministère des Transports et Travaux publics. Cet ensemble de « missions » ne pouvait être assuré sans l’implication d’un personnel hautement qualifié. Ainsi, selon les explications nous ayant été fournies par le DG du LCTP, Farid Mezaâche (lui aussi technicien), pour bien mener ses missions, le LCTP dispose d’une pléiade d’ingénieurs et de techniciens spécialisés en travaux publics, en génie civil, en mécanique du sol, en géologie et géophysique, en hydrologie, en physico-chimie. Ces derniers représentent 75% des 770 employés du LCTP. « Au niveau des laboratoires, des essais sont effectués en géotechnique, produits noirs, en bétons et matériaux, en chimie appliquée et en peinture routière », assure notre interlocuteur. « Avec les temps, ces profils sont de plus en plus nombreux avec les différentes spécialités créées au sein de nos universités contrairement aux années 1980 durant lesquelles l’expérience prédominait dans les recrutements », se réjouit le DG du LCTP. Aussi un matériel, dernière génération, est mis à la disposition des ingénieurs et techniciens du LCTP. Toujours en termes de formation, le LCTP, selon les dires de son premier responsable, participe aux perfectionnements et à la formation des agents du secteur des travaux publics. Il accueille, de ce fait régulièrement, les étudiants et stagiaires des universités et des grandes écoles. Il s’agit notamment de l’USTHB, de l’Ecole nationale polytechnique ainsi que l’Ecole nationale des travaux publics.

Celui qui n’avance pas, recule
La vision stratégique adoptée et mise en œuvre par le LCTP s’inscrit dans le cadre du développement durable. Ainsi, le système de management qualité mis en place par les entreprises du groupe LCTP a permis à l’harmonisation des méthodes d’essais à travers tous les laboratoires. L’objectif est de compléter cette démarche qualité par l’accréditation progressive selon le référentiel ISO CEI 17025 des essais qu’il réalise. Dans le contexte des grandes mutations économiques, et leurs corollaires, engendrant un environnement concurrentiel grandissant, la mise en œuvre d’un système de mangement de la qualité constitue pour le laboratoire le meilleur moyen pour satisfaire les exigences de ses clients. Mais sans nul doute, « la fierté » du LCTP demeure le nouveau laboratoire de mécanique du sol que nous avons visité en compagnie du directeur de l’administration général (DAG) au sein du LCTP, Omar Bouteldja. Inauguré en 2015 par Abdelkader Ouali, alors ministre des Travaux publics, le nouveau laboratoire de mécanique du sol assure sur un espace de 140m² des essais au triaxial, des essais au cisaillement et des essais à l’odomètre. Cet investissement de prés de 500 000 euros, vient à point nommé élargir et renforcer la gamme des prestations diverses en matière d’études requises par des chantiers de plus en plus complexes tout en assurant une fiabilité optimale dans la conduite des essais. Une équipe de cinq techniciens supérieurs assurent la bonne marche des divers équipements de haute technologie de cette nouvelle installation flambant neuve du LCTP. Auparavant, en compagnie du même responsable nous faisons un « saut » à la salle des archives qui, selon les explications du DAG, « retrace tout le chemin parcouru par le LCTP (anciennement LNTPB) jusqu’à ce jour. » Des documents y sont soigneusement rangés. Pas trop loin de là, c’est la salle de lecture. Les ouvrages proposés portent tous sur le domaine des travaux publics. « Il faut être au diapason de ce qui se fait dans le domaine », assure notre accompagnateur, comme pour résumer toutes les mutations que connait ce secteur combien névralgique. Autre salle bien « remplie » de documents : la banque des données. Alimentée par toutes les études et travaux réalisés depuis plus 50 ans d’activités couplées aux moyens d’intervention du LCTP, elle permet de prendre part à tout projet nécessitant une bonne connaissance géologique et géotechnique du milieu.

Le LCTP partout
De par les missions dont il est à charge, le LCTP est pratiquement présent partout en Algérie par le biais de ses unités. En matière de contrôle et de suivi des travaux de réalisation, le LCTP est en effet sur tous les grands projets. Mais le fait d’armes du LCTP, demeure sans conteste, sa participation aux études de la Grande mosquée d’Alger. La rencontre avec Farid Mezaâche a été une occasion de revenir sur toute la polémique suscitée par la fiabilité du sol sur lequel est réalisée cette même mosquée. Interrogé à ce propos, le DG du LCTP, en tant qu’ingénieur dans le domaine, a affirmé que le site ne représente aucun risque. « Le mode des fondations proposé par le bureau d’étude allemand a pris en compte la nature du terrain mais et surtout de l’importance de l’ouvrage. Il n’y a aucun danger, ni sur les usagers, ni sur l’ouvrage lui-même. Le projet a été réfléchi et conçu en tenant compte du fait que la région est située dans une zone sismique très active », a-t-il souligné. « Il ne faut surtout pas également faire l’impasse sur la qualité de l’ouvrage. L’entreprise chinoise en charge de sa réalisation est une entreprise de renommée », ajoute notre interlocuteur. Avec un minaret de 270 m de hauteur et une capacité d’accueil de 120 000 personnes, Djamaâ El Djazaïr, qui s’étend sur 20 000 hectares, sera la troisième plus grande mosquée au monde après celles de La Mecque et de Médine.

Un enfant du LCTP
Depuis août 2016, Farid Mezaâche assure la direction générale du LCTP. Il a connu toutes les évolutions vécues par le LCTP, anciennement LTPC, un organisme qu’il rejoint en 1991 tout juste après avoir obtenu son ingéniorat en génie civile de l’USTHB en 1990. « J’ai aussi connu les moments les plus sombres vécus par notre société notamment durant ces années-là », se souvient-il. C’est ainsi que débute une carrière professionnelle riche de 26 longues années durant lesquelles notre directeur a connu toute les responsabilités, à commencer par son premier poste d’ingénieur chargé des études en 1991. Deux ans après, il est nommé chef d’antenne de M’Sila. En 1994, il est appelé sous les drapeaux. C’était à l’Ecole d’application du génie de Béjaïa, sise à quelque 7 km à la sortie est du chef-lieu de wilaya. L’instruction terminée, destination Sidi Bel Abbes, puis Tlemcen. « Une période qui m’a appris beaucoup de choses dont la discipline et la rigueur. En somme je suis fier d’avoir servi ma patrie. Ce n’était pas facile en ces années de braise mais l’Algérie avant toute autre considération », a estimé le DG du LCTP. A son retour au LCTP, il est nommé chef de département de laboratoire en 1997 jusqu’en 2010, année durant laquelle il est nommé directeur général des laboratoires puis en 2015, il est appelé à prendre en main les destinées de la Division technique. Tout au long de sa carrière, il prend part surtout à toutes les études de l’autoroute Est-ouest. « Un projet, d’une grande envergure. Même les Occidentaux ne croyaient pas que l’Algérie allait se lancer dans un tel projet. C’est un fait. C’est une réalité. Dix ans après, les distances sont réduites », s’est-il félicité. Étant du domaine des travaux publics, le fait d’avoir connu toutes les évolutions de son organisme a permis à Farid Mezaâche d’avoir « une idée précise » du monde des travaux publics et de la gestion par la suite. « Comme tout gestionnaire, notre but principal est d’assurer la pérennité de notre entreprise. Le LCTP a une réputation à défendre et cela ne peut se faire que par l’implication de tout le monde, chacun à son niveau », a-t-il affirmé. « C’est même un impératif. Disons que les pouvoirs publics ont mis le paquet pour la mise à niveau, de tous points de vue du LCTP, donc au jour d’aujourd’hui, on est appelé à s’investir davantage », a-t-il soutenu. Pour preuve, le LCTP dispose d’un matériel de standards internationaux. Pour lui, l’acquisition de ce matériel doit être bénéfique et rentable. En d’autres termes, le LCTP compte aller chercher des partenariats à même de répondre à la demande quelle que soit sa complexité en matière d’assistance et de contrôle. « De ce fait, on mettra fin au recours aux laboratoires étrangers. Pour nous, il est également inscrit dans notre agenda la prospection de nouveau marchés, notamment africains. A partir de là, de nouveaux postes de travail seront créés et le LCTP aura ainsi pris part au développement de l’Algérie », conclut le directeur général du Laboratoire central des travaux publics.

F. H.



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