Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

Go

Travaux publics

Au service du développement des infrastructures routières, ferroviaires et aéroportuaires

Société algérienne d’étude d’infrastructure

Par Farid HOUALI



Au début des années 1970, l’Algérie était en pleine restructuration et organisation de tous les secteurs pour donner un nouvel essor à l’économie nationale et orienter le pays vers un avenir serein et prometteur. Dans le domaine des infrastructures la réflexion a porté sur la création d’un outil pouvant répondre aux besoins nationaux en matière d’ingénierie. Cette option retenue, le choix a été tout de suite porté sur un bureau d’études ouest allemand en l’occurrence Dorsch Consult, connu à l’époque pour son apport sérieux et rigoureux dans quelques prestations en Algérie et sa renommée en Europe. Cela dit, la Cadat avait été désignée pour la réalisation d’une société mixte de droit algérien pour une durée de 15 années, et ce fut la création en octobre 1974 de la Société algérienne d’études d’infrastructures (Saeti).Comme il a été déjà signalé, le choix allemand était très judicieux connaissant la valeur de la technologie allemande et qu’il n’est pas nécessaire de présenter. Le choix porté sur un BET ouest allemand, société capitaliste, a été fait alors que l’Algérie était dans un système à économie dirigée pour ne pas dire socialiste ! Ce qui prouve que les intérêts de l’Algérie ont toujours été au-delà de tous les systèmes et autres idéologies. La Saeti devait donc répondre aux besoins nationaux en matière d’ingénierie dans un programme de construction et de développement inscrit. Le partenariat avec les Allemands a été renouvelé pour une seconde période de 15 années mais sur le terrain il s’est arrêté en 1992. Entre temps, le BET allemand aussi a été livré au marché international puisque même EGIS- France avait racheté ce BET et s’est intéressé à Saeti, mais sans conclusions objectives, et ont même revendu le BET à son propriétaire d’origine qui l’a cédé à un nouveau groupe allemand. Les nouveaux propriétaires se sont intéressés sérieusement à Saeti et ont voulu en faire le fer de lance pour s’attaquer aux projets africains sachant l’introduction et l’intégration de la Saeti dans la région. A partir de 2004, le capital de la société était ouvert à la privatisation. Dorsch, ayant le droit de préemption, était favori pour le rachat de Saeti à 100%. Depuis le départ des Allemands, Saeti a survécu grâce au transfert de technologie acquise par le biais du partenariat. Des dizaines de projets ont été réalisés même durant la période la plus difficile qu’a traversée le pays économiquement. Il se trouve que la société a connu, à partir de 2006, une crise importante de départs massifs d’ingénieurs expérimentés vers d’autres entreprises ou en retraite. Cette situation a fait réagir les dirigeants de l’entreprise pour adopter de nouvelles stratégies et une organisation spécifique surtout que les pouvoirs publics venaient de lancer le plan quinquennal 2005/2009 pour lequel Saeti était partie prenante dans la réalisation de plusieurs projets. En effet, le secteur des travaux publics connaît une effervescence sans pareille ces dernières années au vu du nombre de projets lancés à travers l’ensemble du territoire national. De nombreuses entreprises nationales et étrangères s’impliquent dans leur réalisation et une part appréciable du marché va aux entreprises publiques. Dans ce cadre, plusieurs infrastructures de base de dimension importante sont réalisées, d’autres sont en cours, pour le compte du ministère des Transports et des Travaux publics qui intervient en qualité de maître d’ouvrage, par les entreprises relevant de son secteur. L’étude, le contrôle et le suivi sont confiés à la Société algérienne d’étude des infrastructures, spécialisée dans les études techniques, économiques et d’environnement. Outil incontournable grâce à son expertise et à son expérience acquises au plan national et continental, elle contrôle et suit la réalisation des projets d’infrastructures de transports routiers, ferroviaires, aéroportuaires. « C’est ainsi que des jeunes ingénieurs fraîchement sortis des écoles ont été recrutés, formés et encadrés par les quelques cadres restants pour en faire un noyau solide autour des projets à réaliser. Cela a coûté son prix bien sûr, mais la société a relevé le défi dans la concrétisation des projets techniques », assure à ce propos son directeur général Omar Kadri que nous avons rencontré en décembre dernier dans son bureau. A juste titre, la Saeti, connue pour son instabilité sociale dans le passé, affirme encore son premier responsable, « a pu aller de l’avant et assurer une stabilité qui lui a permis de préserver son personnel par des rémunérations intéressantes, des avantages réels dans la gestion des carrières et surtout de l’équité et de la considération ». Le patron de la Saeti, dans le même contexte, rappelle qu’un important programme d’investissement est accordé par l’Etat aux entreprises du secteur des travaux publics, pour l’acquisition de nouveaux équipements, la formation de la ressource humaine et la mise à niveau de l’activité de façon générale. La Saeti,  assure son premier responsable, consacre chaque année un budget de formation dans lequel sont inscrits des formations de mise à niveau, des recyclages et des formations de spécialisation. « Faire des études techniques n’est pas un métier facile. Il faut de l’expérience sur le terrain, c’est ce que n’apporte pas la théorie seule et c’est là, qu’intervient la formation en interne avec l’encadrement des anciens et des experts appelés à certaines occasions pour apporter leurs savoir-faire », note notre interlocuteur.
 
Une maîtrise avérée
Certifiée depuis février 2008 par Moody International du Système de management qualité ISO 9001 version 2008 et recertifiée par AIB Vinçotte International, la Saeti n’a rien à envier aux autres grands bureaux d’engineering. Sa maîtrise du sujet a convaincu ses nombreux clients dont les principaux sont les ministères des Transports et des Travaux publics, de la Défense nationale et de l’Energie en sus d’autres commandes à l’international qu’elle a honorées avec succès, notamment au Rwanda, en Mauritanie, au Niger, au Mali, au Sénégal, au Tchad, en Tunisie et au Togo. Les ingénieurs de la Saeti ont ainsi réalisé d’importantes études dans divers points du pays et dans plusieurs secteurs d’activité. Leurs premiers chantiers ont consisté en l’étude pour la réalisation de liaisons routières liant les zones industrielles au réseau national. L’on a également vu l’empreinte de la Saeti dans des réalisations entrées dans la postérité, à l’image de la route transsaharienne. Son dynamisme l’a mise en première ligne dans les études de faisabilité et de définition des couloirs de l’autoroute Est-ouest. L’on retiendra également l’étude de la rocade des hauts-plateaux (lot Ouest sur 305 km entre Tiaret et les frontières marocaines), plusieurs pénétrantes à l’autoroute Est-ouest au niveau de Tenès, Mascara, Tiaret, Saida, Mostaganem,Tissemsilt, Béjaia et Relizane et aussi les deux rocades d’Ager ainsi que la voie expresse Zéralda-Cherchell. D’autre part, la Saeti assure le contrôle du tronçon de l’autoroute Chiffa-Médéa de la RN 1, pour le compte du ministère des Transports et des Travaux publics. L’organisme est également partie prenante dans le contrôle de la réalisation du dédoublement de la voie ferrée Tlelet-Tlemcen, Bouguezoul-Tissemsilt, Bouguezoul-Djelfa, Bejaïa-Beni Mansour, Touggourt-Hassi Messaoud et Mechria-El- Bayadh. En outre, Saeti contribue à la réalisation du grand port du Centre puisqu’elle effectue actuellement les études de la liaison autoroutière entre le grand port du Centre situé non loin de Cherchell à l’autoroute Est-ouest sur 40 kilomètres. Saeti  a comme partenaires étrangers en Algérie dans la réalisation de ses projets en particulier EGIS (France), Dorsh group (Allemagne) Getinsa et TEC 4 (Espagne), CSCEC (Chine), Dong Meyong (Corée du Sud),TPF Planége et Coba (Portugal). Et le plus grand projet du point de vue financier, auquel prend part la Saeti selon son premier responsable, reste le projet de contrôle et suivi de la réalisation des travaux de la Ville Nouvelle Hassi Messaoud. A l’étranger, elle a comme partenaires Alpha Consult (Mauritanie), Art&Genie (Niger), 2M(Mali), ACI Sénégal, Icres, GAI et Inger (Togo),  Techniquement parlant, le challenge de la Saeti reste les voies ferrées réalisées pour le compte du département des Transports, en collaboration avec l’Anesrif. En matière de contrôle et suivi des travaux de réalisation, Saeti est pratiquement sur tous les grands projets et sur tout le territoire national.  Le domaine des aérodromes est assez particulier. Pratiquement, seule Saeti dispose des compétences pour la prise en charge de ce type d’infrastructures. Plus de 80% des infrastructures aéroportuaires ont été conçues par les ingénieurs de Saeti. Au plan international, l’expertise de Saeti est reconnue. Le bureau est short listé par les différents bailleurs de fonds qui financent des projets en Afrique. L’expérience à l’ international lui a permis de tisser des liens solides avec des partenaires locaux et les administrations. Cela pour dire que le domaine de compétence de la Saeti englobe un large spectre, notamment les infrastructures de transport où l’on peut citer les études d’infrastructures de transport, à l’image des routes, autoroutes, aérodromes, ouvrages d’art et chemins de fer. A ce spectre déjà large de compétence, il faut ajouter les études d’impact sur l’environnement, la préparation des dossiers d’appels d’offres, l’assistance au maître de l’ouvrage, les missions d’ingénieurs-conseils et d’expertises techniques, ainsi que les missions de suivi de chantiers, d’assistance et de contrôle technique des travaux. Autant de domaines où la Saeti affiche des ambitions et des compétences avérées. Un savoir-faire qui place l’entreprise en bonne position dans l’ensemble des grands projets initiés par les pouvoirs publics dans le cadre des investissements publics. Ce résultat positif est perçu dans son chiffre d’affaires, en constante progression, passant de 687 millions de dinars en 2011 à 776 millions de dinars en 2012. En 2016, l’on parle d’un peu plus d’un milliard et demi (voir entretien avec Omar Kadri, DG de la Saeti). L’Algérie, étant un chantier à ciel ouverts, la Saeti, pour être au bon moment et au bon endroit, est répartie en directions régionales lui permettant un déploiement efficace. « Si besoin est exprimé, des unités sont mises en place en un laps de temps sur chantier même » explique Omar Kadri.
 
De nouveaux horizons et perspectives
Depuis 2010, la Saeti a connu un boom dans son plan de charge. Celui-ci n’a jamais été égalé dans le passé et la grande difficulté est de trouver du personnel qualifié surtout pour les chantiers se trouvant dans des zones éloignées et sachant aussi les conditions d’éligibilité du personnel décidées par les différents maîtres d’ouvrages. Aujourd’hui, il est très difficile de mettre en place des cadres de valeur et même lorsqu’on les déniche il faut adopter une rémunération intéressante qui sort du cadre conventionnel pour parer au déficit et mobiliser du personnel conformément au marché. Le challenge national relevé, la Saeti aspire à exporter davantage son savoir-faire, selon le directeur général, Omar Kadri. Dans ce contexte, il y a lieu de préciser que la Saeti – seule entreprise du domaine à exercer son expertise à l’étranger après être entrée sur le marché international dès 1988 – a déjà décroché d’importants marchés au niveau continental tandis que d’autres sont en cours de consultation en RD Congo, au Burkina Fasso, au Sénégal, au Mali et au Bénin. Au vu de son expérience et de son savoir-faire, il n’est pas exclu de voir une intensification de l’action de la Saeti à l’étranger, en Afrique prioritairement où le besoin en infrastructures de base est important. L’objectif de la Saeti, confie son directeur général, est de prospecter tous les horizons susceptibles d’apporter un plus en matière d’expérience et d’expertise aux ingénieurs et aux techniciens de l’entreprise. Outre cette option tournée vers les réalisations de grandes infrastructures où la SAETI a son empreinte en Algérie, son champ d’action s’étend aux études géologiques, géotechniques, hydrauliques, hydrologiques et topographiques. « Avec un déploiement territorial aussi vaste dépassant parfois les frontières du pays, notre bureau d’études se targue de disposer d’un autre atout aussi majeur défini dans la compétence de ses équipes d’ingénieurs et de spécialistes, dans leur souplesse d’intervention, leur disponibilité, et leur motivation », soutient Omar Kadri.  C’est surtout au regard de ces atouts, de ces prédispositions et de cette qualité reconnue à ses prestations, que le bureau d’études tend en effet à s’affirmer comme un acteur privilégié et fiable du marché d’études d’infrastructures se rapportant au secteur des travaux publics d’autant que la Saeti est déjà engagée dans le programme de l’actuel quinquennat, puisque bon nombre de ses projets se termineront durant cette période. Aussi, présentement, l’approche est différente et les stratégies de l’entreprise ont changé pour aller vers l’amélioration et cela en réalisant des partenariats stratégiques avec des BET de renommée internationale pouvant s’inscrire dans les objectifs de la Saeti pour son développement tout en apportant savoir-faire, échanges de technologies et de formation sur des projets communs à même d’assurer la bonne santé, la stabilité et la pérennité de la société. A cet effet, il convient de faire mention des principales directions opérationnelles de Saeti qui veillent à la réalisation du programme. Sous le contrôle et la responsabilité du directeur de l’engineering il existe la direction des Routes chargée de la réalisation des autoroutes, des routes et du chemin de fer avec à l’amont une direction des études générales pour tous les aspects environnement, géotechnique, hydraulique, géologique, transport... La direction des ouvrages d’art est chargée, quant à elle, de réaliser tous les ouvrages d’art prévus sur le tracé choisi. La direction des aérodromes est une direction particulière et est chargée des études d’aérodromes et de bases aériennes. Saeti est le seul organisme algérien qui détient cet outil. La direction opérationnelle de la topographie vient en support à toutes les autres directions opérationnelles. Quant aux directions de soutien technique et de soutien, elles sont, selon les explications nous ayant été fournies par Omar Kadri, très proches de l’opérationnel avec des relations horizontales permettant une meilleure fluidité de l’information et prise en charge des besoins en moyens humains, financiers et matériels.

F. H.



Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Cybercriminalité
Par Dr. Djalila RAHALI.

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF