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N° 105 - Mai 2017

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Travaux publics

« Nous voulons offrir aux usagers de l’autoroute un niveau de service et de sécurité exemplaire»

Ali Khelifaoui, directeur général de l’Algérienne des autoroutes

Entretien réalisé Par Smail ROUHA



El-Djazair.com : Mr Khelifaoui, en tant que Directeur Général de l’Algérienne des autoroutes (ADA), née de la fusion de l’Algérienne de gestion des autoroutes et de l’Agence nationale des autoroutes (A.D.A.), voulez-vous expliquer à nos lecteurs le pourquoi de cette fusion ?

Ali KHELIFAOUI : Comme vous le savez, toute organisation a un objectif bien défini. Et cette restructuration des deux établissements, ANA et AGA, en un seul établissement, l’ADA, s’articule exclusivement sur une recherche de rationalité des moyens d’efficience et d’efficacité. Aussi, l’objectif recherché à travers cette fusion est d’offrir à l’usager un niveau de service et de sécurité exemplaire, à l’instar de ce qui se fait de par le monde. L’ADA est dotée, au même titre que les deux anciens établissements, d’un statut d’EPIC (Entreprise Publique à Caractère Industriel et commercial) et a pour missions le développement des études autoroutières, la réalisation des équipements des infrastructures autoroutières et bien entendu, la gestion, l’exploitation, l’entretien et la maintenance de ces infrastructures. Pour ce faire, il est prévu un redéploiement judicieux et étudié des effectifs des deux établissements (ANA et AGA) qui nous permettra de mettre à profit l’expérience et le savoir-faire capitalisées par ces deux corps de métiers avec une mutualisation des moyens humains et matériels des deux établissements constituants l’Algérienne des autoroutes.

El-Djazair.com : Quels sont les objectifs de l’ADA?

Ali Khelifaoui : Présentement l’ADA s’attelle au parachèvement des actions engagées par les deux établissements à l’instar de la finalisation du dernier tronçon de 84km de l’autoroute Est-Ouest, et la réalisation et la finalisation des différentes pénétrantes engagées au titre de 2014 et 2015 à l’instar des pénétrantes de Jijel, Bejaia, Tizi-Ouzou, soit en tout 13 pénétrantes sur 900 kilomètres. S’ajoutent à cela deux axes importants, à savoir la transformation de la RN 1, appelée aussi la route transsaharienne, en axe autoroutier et la 4e Rocade qui relie Khemis Miliana à Bordj Bou-Arréridj pour soulager la section autoroutière du grand Alger. Bien entendu, nous nous attelons à développer, en parallèle, un portefeuille d’études conséquents qui nous permettra de mieux appréhender l’avenir.      

El-Djazair.com : Le Schéma Directeur Routier National 2005‐2025, inscrit dans le schéma national d’aménagement du territoire, a pour finalité la nécessité de disposer à moyen et long termes d’un réseau adapté, dont les principaux axes structurants sont constitués par quatre catégories de routes, sans omettre l’axe stratégique africain, la Transsaharienne, qui est considérée comme vitale. Quels sont le rôle et l’apport de votre organisme dans ce schéma directeur ?

Ali Khelifaoui :  Conformément à son statut, l’ADA est chargée d’assurer la maitrise d’ouvrage délégué au profit du ministère des Travaux publics et des Transports à qui revient la mise en en place de la stratégie de développement du secteur. De ce fait, l’ADA a pour mission la concrétisation de ce programme inscrit dans le programme national de développement. Aussi l’ADA contribuera à la mise en œuvre du Schéma National D’aménagement Du Territoire qui nous permettra une meilleure accessibilité, une meilleure répartition spatiale avec des effets induits sur le développement par les investissements consentis et l’effet d’entrainement sur les autres secteurs d’activité. Tels sont les principaux objectifs du Schéma National de Développement.
 
El-Djazair.com : Justement, du fait que le secteur des travaux publics constitue aujourd’hui une composante primordiale dans l’activité économique et sociale et qu’il remplit des fonctions stratégiques dans le processus de développement national et la promotion de l’investissement créateur de richesse et d’emploi. Quel est l’apport de la route dans ce développement d’autant que les experts soutiennent que la route de développement passe par le développement de la route ?

Ali Khelifaoui : L’un des objectifs assignés par le Schéma Directeur De Développement Des Infrastructures Routières et Autoroutières 2005/2025 est de doter l’Algérie d’une armature urbaine, à même, d’avoir une meilleure occupation spatiale et permettre aux pouvoirs publics d’asseoir une vraie politique d’aménagement du territoire. Dans sa nouvelle perspective, elle aidera à optimiser ses infrastructures, à faciliter son intégration avec d’autres modes de transport et à développer les techniques d’exploitation et d’entretien de son réseau, en offrant aux usagers un patrimoine conforme aux standards internationaux, en matière de sécurité et de services, tout en minimisant son impact sur l’environnement et en assurant un développement durable et une mobilité permanente. D’ailleurs, l’objectif assigné à l’ADA est le parachèvement de l’autoroute Est-ouest et la réalisation des différentes pénétrantes afin de connecter les différents ports nationaux et les grandes agglomérations à l’autoroute Est-ouest. Le deuxième axe est de permettre le développement et la réalisation de l’Autoroute des hauts-plateaux qui sera elle-même connectée à l’Autoroute Est-ouest via des liaisons. A cela il y a lieu d’ajouter le développement des pénétrantes Nord-Sud à l’instar de la RN1, ou si vous voulez la Transsaharienne, qui est en phase de transformation en axe autoroutier. Ce qui nous permettra d’avoir une occupation plus judicieuse et un développement socioéconomique

El-Djazair.com : Dans ce registre, vous accordez une plus grande importance à la RN1, la pénétrante Ahnif-Bejaia et la pénétrante vers le port d’Oran. Pourquoi ?

Ali Khelfaoui : En termes d’objectifs, c’est une question de priorité. Car le port d’Oran, au vu de son importance économique, connait une certaine saturation. Aussi avons-nous priorisé cette pénétrante pour le désengorger de la même manière que pour le port de Bejaia. D’ailleurs, la pénétrante traverse des zones industrielles et d’activités importantes. Concernant la RN1, elle aura un impact national et régional du fait que la Transsaharienne va d’Alger à Lagos. Ce qui nous permettra d’avoir une porte sur l’Afrique.

El-Djazair.com : Quel est le délai fixé pour ces trois projets?

Ali Khelifaoui : En termes d’échéances, nous nous fixons 2017/2018 pour mettre en service des sections homogènes pour ne pas attendre la finalisation de ces projets. A titre d’exemple, le tronçon Ahnif-Akbou sur 42 km devrait être mis en service ce mois de février. 
 
El-Djazair.com : L’Algérie dispose aujourd’hui, de plus de 123.000 km de routes, dont 96.000 km revêtues, de 1.100 km d’autoroutes livrés à la circulation, de 10.102 ouvrages d’arts, de 14 tunnels totalisant un linéaire de 25 km, de 47 ports et de 36 aéroports ouverts à la circulation aérienne. Qu’en est-il de la préservation et de la maintenance de cet important patrimoine infrastructurel ? 

Ali Khelifaoui : Vous savez, la stratégie sectorielle, au risque de me répéter, s’articule sur deux axes : préservation et modernisation du patrimoine routier et autoroutier existant, et la réalisation des projets structurants qui permettra la mise en place d’une politique d’aménagement du territoire, tout en répondant aux exigences économiques du pays. Concernant la deuxième action, nous sommes très conscients du développement de ce patrimoine. Aussi avons nous mis une stratégie pour son entretien et sa pérennité. Dans cette logique, nous avons engagé pour l’axe autoroutier Est-ouest des actions pour équiper cet axe afin de se doter d’un système d’exploitation moderne qui nous permettra d’optimiser la dépense, le temps d’intervention et d’offrir un niveau de service de qualité à l’usager. Dans ce système, le péage est un segment qui nous permettra d’avoir des ressources pérennes à même de mieux prendre en charge la mission d’exploitation autoroutière. Mais à moyen terme, on ne pourra échapper à cette éventualité.
 
El-Djazair.com : Outre le péage, l’autoroute devrait être équipée d’un vaste réseau de caméras de surveillance qui serviront à détecter tout éventuel incident ainsi que des stations météorologiques, des stations de pesage de véhicules lourds et de panneaux chargés d’informer régulièrement et en temps réel les usagers durant leur trajet. Où en sont ces projets ?

Ali Khelifaoui : Concernant les équipements, nous nous attelons à la réalisation de 40 aires de repos, et 43 aires de services dont 20 sont opérationnelles partiellement car nous avons donné la priorité à la distribution de carburant et quelques services, mais une fois finalisées, elles offriront un plus large éventail de services. Nous avons 22 centres d’entretien et d’exploitation répartis d’une manière judicieuse le long de l’Autoroute Est-ouest. Chaque centre gère un tronçon autoroutier «district» de 50 à 60 km environ. Au niveau des aires de services, il y la mutualisation des différentes services concernés par la problématique de la sécurité à savoir en premier l’ADA, gestionnaire de cet axe, la Gendarmerie nationale, la Protection civile. A cela s’ajoutent 55 gares d’accès qui permettront de contrôler, de surveiller les entrants et sortants de l’autoroute. En outre nous réalisons 1352 km de fibre optique et 1412 Postes d’Appel d’Urgence (PAU) espacés de 2 km chacun. Il est également question d’installer 1300 caméras de surveillance mobiles dôme, notamment des caméras de détection automatique d’incidents qui seront implantés au niveau des ouvrages spécifiques, tunnels, viaducs,.. Il y aura également une centaine de PMV (Panneaux à messages variables). Tous ces équipements seront rattachés aux centres d’entretien et d’exploitation. Par ailleurs, il est prévu 63 stations de météorologie. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’office national de météorologie afin de mutualiser ces équipements et de bénéficier de l’assistance de l’Office à même de mieux planifier la viabilité hivernale du fait que chaque section est vulnérable à un phénomène naturel (verglas, neige, intempéries…). Ce système nous permettra d’appréhender en amont tout incident et d’élaborer un plan judicieux Bien entendu, nous ajouterons des stations de comptages pour évaluer le trafic routier. En finalité, ces équipements seront accompagnés par la mise en place d’une Radio FM dédiée à l’exploitation de l’autoroute.

El-Djazair.com : Concernant la pérennité de cette infrastructure, où en est le projet du contrôle de tonnage ?

Ali Khelifaoui : Pour la problématique du tonnage, il y a tout un travail qui est en phase de finalisation. Notre département associé avec d’autres départements ministériels travaillent pour mettre en place tout un système de contrôle d’autant que nous, en tant qu’exploitant, sommes victimes de cette surcharge. Aussi il faut une action pluridisciplinaire. C’est un phénomène à traiter en amont, notamment au niveau de la source (ports, unités de production, carrière, etc…).
 S. R.



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