Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 109 - Nov 2017

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Travaux publics

Cap sur les ports de plaisance

Direction des infrastructures maritimes et portuaires

Par Smail ROUHA



De par sa situation méditerranéenne stratégique, l’Algérie offre de larges possibilités d’échanges intercontinentaux rapides entre l’Europe et l’Afrique, et ce grâce à l’ampleur de ces infrastructures offrant la possibilité de répondre aux exigences modernes de transport maritime, notamment en matière de tirant d’eau et de capacités d’accueil. En effet, le littoral algérien représente, avec le grand Sud, un des plus beaux patrimoines et une richesse naturelle inestimable pour notre pays. D’ailleurs, la loi consacre non seulement la sauvegarde de ces lieux, mais également leur valorisation dans un cadre de développement durable, afin de ne pas hypothéquer l’héritage à transmettre aux générations futures. Ces tâches sont confiées à plusieurs département ministériels, au regard de différents textes législatifs et règlementaires. D’autant, souligne Mme Nasssima Boubezari, directrice des infrastructures maritimes et portuaires au ministère des Travaux publics et des Transports, « le sous secteur maritime, et notamment les infrastructures maritimes et portuaires, constituent le plus grand défi et l’une des préoccupations majeures du ministère des Travaux publics et des Transports. Sa place dans l’économie nationale n’est pas du tout négligeable». De ce fait, cette direction est chargée de la mise en œuvre de la stratégie axée sur la réalisation, dans une première phase de huit ports de plaisance, répondant aux normes internationaux, et six autres en phase ultime, la réalisation du port-centre de Cherchell qui sera un port de transbordement à même d’asseoir l’Algérie dans la dynamique des autoroutes maritimes disposant d’atouts de par sa position géostratégique en plus des infrastructures routières et autoroutières existant lui permettant l’accès à l’hinterland subsaharien. Dans ce cadre, la stratégie initiée s’est fixé les extensions des ports d’Oran, de Ghazaouet, de Mostaganem, de Béjaia, de Skikda, d’Annaba, et de Djen-Djen. Ce dernier, situé dans la wilaya de Jijel, constitue un nœud de développement stratégique en raison de l’importance de ses infrastructures, au même titre que d’autres équipements structurants lui permettant de répondre convenablement à sa vocation. Il aura à absorber les excès de trafic d’autres ports algériens (Alger, Annaba, Skikda, Bejaia, ...) dont la majorité souffre de congestion payant de lourdes factures aux navires en rade pendant plusieurs jours. A cet effet, et vu la situation actuelle du réseau routier existant de la wilaya de Jijel qui est inadapté pour assurer le trafic intense généré par la conteneurisation, le secteur des travaux publics a jugé nécessaire la réalisation d’une pénétrante autoroutière, raccordant le port de Djen-Djen, à l’autoroute Est-ouest sur un linéaire de 100 km conçue en 2x2 voies conforme au standing international. Cette liaison stratégique s’inscrit aussi dans une continuité d’itinéraire avec la route transsaharienne, qui constitue le principal vecteur d’échanges euro-africain. Ces réalisations nécessitent un entretien et une maintenance à même d’optimiser et de pérenniser ces infrastructures. A ce sujet, Mme Nassima Boubezari révèle que sa direction a tracé un programme relatif au confortement des jetées, au rempiétement de certains quais endommagés et au dragage des bassins et chéneaux d’accès. Comme il est question de la restauration et de la mise à niveau des 26 phares, tous, plus que centenaire, dans le but de les intégrer dans le patrimoine national culturel.

189 milliards de dinars pour le développement des infrastructures
Certes, l’embellie financière de ces quinze dernières années a permis la réalisation de vingt ports et abris de pêche en plus des extensions des capacités des ouvrages portuaires, la maintenance et les prolongement des ouvrages de protection (jetées) au niveau de l’ensemble des ports existants, ceci n’a pas empêché les pouvoirs publics de mettre en place une stratégie visant à concrétiser la réalisation dans de protection (jetées) au niveau de l’ensemble des ports existants. D’autant, et les chiffres l’attestent, que 95% du commerce extérieur, dont 98% en matière d’hydrocarbures, transitent par voie maritime. L’importance de ce type de trafic n’est rendu possible que grâce au patrimoine portuaire existant, constitué de quarante-huit ports en service, le long d’une façade de 1.280 km. « La politique engagée par les pouvoirs publics pour le développement des infrastructures maritimes s’est traduite par la mise en œuvre d’importants programmes d’investissements durant la période allant de 1999 à ce jour », souligne Mme Boubezari qui précise que « plus de 189 milliards de dinars ont été consacrés au développement des infrastructures maritimes, durant la période allant de 1999 à 2016 ». Un budget réparti comme suit :
24 milliards dinars de 1999 à 2004 ;
65 milliards dinars de 2005 à 2009 ;
97 milliards dinars de 2010 à 2014 ;
3,5 milliards dinars de 2015 à 2016.
Il faut savoir que le Programme quinquennal 2005-2009 totalise 58 projets répartis comme suit :
16 projets dans le cadre de l’extension de capacités, de confortement et de rempiétement des infrastructures ;
07 projets de réalisation de ports et d’abris de pêche ;
09 projets d’extension, d’aménagement de ports de pêche ;
21 projets de protection de sites de rivage ;
05 projets de dragage.
Tandis que le Programme quinquennal 2010-2014 totalise 56 projets répartis comme suit :
Seize projets dans le cadre de l’extension de capacités, de confortement et de rempiétement des infrastructures au niveau de 9 ports (Oran, Ténès, Béjaïa, Skikda, Chetaïbi, Mostaganem, Arzew, Djen-Djen et Béthioua), répartis comme suit : Oran (Terminal à conteneurs), Ténès (jetées), Béni-Haoua (digue de déviation d’Oued Ouatar), Bejaïa (2 quais, jetées), Skikda (jetée principale, enracinement de la jetée principale), Djen-Djen (digues ouest et nord-ouest), Chetaibi (jetée), Mostaganem (Quai et jetée/4e tranche), Arzew (galerie de la jetée, Poste P2), Alger (jetée Kheir-Eddine), Béthioua (Brise-lames).
Quatre projets de réalisation de ports et d’abris de pêche (Sidna Youchaâ à Tlemcen, Béni K’Sila à Béjaïa, Oued-Z’Hor à Skikda et Madagh à Ain-Témouchent)
Cinq projets d’extension, d’aménagement de ports de pêche (Rais-Hamidou, Cherchell, Presqu’île de l’ancien port d’El-Kala, Honaine, et travaux liés à        l’aménagement du nouveau port d’El Kala)
Dix-neuf projets de protection de sites de rivage
Dix projets de dragage et deux projets de protection de ports contre l’ensablement (Annaba, Nouveau port de Skikda, Khemisti, Béni-Haoua, Ténès (1re et 2e tranches), Sidi-Lakhdar, Bouzedjar et Béni-Saf, El-Djamila, Sidi-Fredj, épi de protection du port de Tigzirt, protection du port de Cap-Djinet).

Évolution du patrimoine portuaire
Si l’Algérie dispose aujourd’hui d’une façade de maritime de 1280 km jalonnée de 11 ports de commerce mixtes, il n’en a pas été ainsi de tout temps. En effet, à l’indépendance l’Algérie ne disposait que de 11 ports mixtes (Ghazaouet, Oran, Arzew, Mostaganem, Ténès, Alger, Dellys, Béjaïa, Jijel, Skikda Ancien Port, Annaba), de 9 ports et abris de pêche (Ancien port d’El Kala, Chetaibi, Collo, Tamentfoust, Tipasa, Cherchell, Béni-Saf, Rais-Hamidou, El-Marsa (ex. Jean Bart), et d’un port de plaisance à Sidi Fredj (Alger). Soit un patrimoine de 21 ports existants à la date de l’indépendance. Néanmoins, les investissements consentis ont permis, entre 1962 et 1998, la réalisation de 8 ports :
2 ports spécialisés en hydrocarbures : Béthioua, Nouveau port de Skikda ;
1 port de Commerce : Djen-Djen ;
05 ports et abris de pêche : Stora (Skikda), Ziama Mansouriah (Jijel), Honaine (Tlemcen), Azeffoun (Tizi-Ouzou), El-Djamila (Alger)
Cependant le plus grand investissement a été consenti à partir de 1999 ayant permis la réalisation de 20 ports :
Dix-neuf ports et abris de pêche : Bouharoun (Tipasa) , El Marsa (Skikda), Gouraya (Tipasa), Bouzedjar (Ain-Témouchent), Zemmouri El-Bahri (Boumerdes), Tigzirt (Tizi-Ouzou), Boudis (Jijel), Béni-Haoua (Chlef), Khemisti (Tipaza), Petit-Port (Mostaganem), Cap-Djinet (Boumerdes), El-Marsa (Chlef), Marsa Ben-M’Hidi (Tlemcen), Salamandre (Mostaganem), Kristel (Oran), Sidi-Abderrahmane (Chlef), El-Aouana (Jijel), Tala Guilef (Béjaïa), Nouveau port d’El Kala (El Tarf), Oued Z’hor (Skikda).
Soit un total de 48 ports à fin 2016 auxquels devraient s’ajouter 3 autres ports et abris de pêche en cours de réalisation à Sidna Youchaâ (Tlemcen), Madagh (Ain Témouchent), Béni K’Sila (Béjaïa), pour atteindre à fin 2017, le chiffre de 51 ports.
Ainsi, à la réception de ces projets, le patrimoine portuaire algérien devrait s’élever à 48 ports (11 ports mixtes, 2 ports à hydrocarbures, 1 port de plaisance et 34 ports et abris de pêche).

Le plus haut phare naturel du monde se trouve en Algérie
Ayant mission de service public, consistant en la mise en place et l’entretien des aides à la navigation maritime (phares, feux de ports, feux d’écueils et bouées) ainsi que la conception, l’étude et la construction des établissements de signalisation maritime et la modernisation des instruments et systèmes utilisés, l’Office national de la signalisation maritime compte 244 établissements (26 phares, 176 feux de ports, 5 feux de jalonnement, 9 feux d’écueils, 2 feux auxiliaires, et 26 bouées de balisage.). D’ailleurs, le phare de Bengut à Bordj Fnar (Dellys) est en passe de devenir un musée maritime. Du fait que le plus haut phare naturel du monde se situe sur la côte algérienne : le phare du cap Carbon à Bejaïa, son exploitation à des fins touristiques n’est pas exclue. D’autant plus que le secteur du tourisme peut être une véritable ressource économique hors hydrocarbure.

Huit nouveaux ports de plaisance prévus à l’horizon 2020
En dépit du fait que l’Algérie compte 48 ports dont 34 ports et abris de pêche, un port de plaisance, ce nombre reste insuffisant au vu de l’immensité du littoral algérien, puisque «l’idéal aurait été d’avoir un port de plaisance dans chaque wilaya côtière», soutient Nassima Boubezari. D’ailleurs pas moins de huit sont actuellement à l’étude. Selon Mme Nassima Boubezari, «l’échéance pour la réalisation totale de ces ports de plaisance à travers le territoire national se situe entre 36 et 40 mois pour chaque port. En d’autres termes, nous disposerons, vers 2020, de pas moins de huit nouveaux ports de plaisance». Parmi eux nous citerons l’éventuelle reconversion du port de pêche d’El-Aouana dans la wilaya de Jijel, le port de pêche de Tala Ghilef dans la wilaya de Béjaia et probablement le port de pêche de Marsat Ben M’Hidi dans la wilaya de Tlemcen.   

Le port centre de Cherchell, futur hub du fret maritime
Le futur grand port commercial implanté dans la localité côtière d’El-Hamdania à Cherchell (wilaya de Tipasa) s’étendra sur une superficie de plus de 1 000 hectares. Il disposera d’une zone logistique, comme il sera doté de 3 360 mètres linéaires de quai pouvant accueillir des navires de gros tonnage. L’infrastructure comptera 23 quais, avec un débit annuel de 6,5 millions d’EVP et reliera les réseaux ferroviaires et routiers d’Algérie, devenant un centre de transbordement régional et national. Le nouveau port permettra de connecter l’Algérie avec l’Asie du Sud-est, l’Amérique, l’Afrique, et de faire face à la hausse du volume de trafic maritime prévu avec l’entrée de nouveaux armateurs de renommée mondiale. Cette vocation du futur port lui permettra, entre autres, d’acheminer les marchandises vers l’Afrique après son raccordement aux axes autoroutiers. Le port devrait augmenter les capacités portuaires actuelles de la région centre qui ne seront pas en mesure de faire face à la croissance du trafic prévu à l’horizon 2050. Selon les prévisions du secteur des transports, le volume du trafic dans cette région du pays devrait atteindre, à cette échéance, 35 millions de tonnes de marchandises/an et deux millions de conteneurs de 20 pieds annuellement contre 30% de ce volume traité actuellement par les ports d’Alger et de Ténès, soit près de 10,5 millions de tonnes actuellement. Une fois ce port réalisé, il est prévu de transférer progressivement certaines activités du port d’Alger vers cette nouvelle place portuaire.
  S. R.



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