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N° 115 - Août 2018

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Collectivits Locales

Un projet réaliste et réalisable

Alger ville intelligente

Par Farid HOUALI



L’objectif de la Smart City d’Alger est d’optimiser la gestion de la ville, dans le but d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens. Cela nécessite une implication directe des différentes parties prenantes dans la ville, y compris, et sans se limiter, les services de transport, d’énergie, d’urbanisme, d’eau, de sécurité, de santé et de logistique, entre autres. Le thème commun dans son ensemble est, selon ses concepteurs, d’optimiser la façon avec laquelle les technologies de l’information sont utilisées et exploitées, avec comme but d’augmenter les services offerts aux citoyens de la ville. Les technologies de l’information seraient au cœur de la conception de la Smart City et comprendraient les aspects liés à l’acquisition de données (capteurs, etc.), à la transmission de données (réseaux sans fil, etc.), à la gestion des données (stockage, cloud, grandes données, etc.), et à l’optimisation des activités de la ville (intelligence artificielle, analyse, etc.), appliquée aux différents composants de la Smart City. L’aspect fondamental de la conception de la Smart City est de tirer parti des bases de données de la ville, d’optimiser le partage des données entre les différents départements de la ville, ainsi qu’avec les citoyens de la ville. Cela en ayant comme but une augmentation de la qualité de vie dans la ville, tout en optimisant les aspects de gestion opérationnelle, la durabilité et l’efficacité. En tirant parti des nombreuses initiatives de Smart Cities dans le monde, ainsi que de son analyse spécifique par rapport à ses propres objectifs, priorités et contraintes, Alger est en train de définir son plan d’exécution Smart City, en mettant l’accent sur son propre programme optimal pour ses citoyens. En effet, la capitale algérienne s’est engagée dans un projet ambitieux visant à transformer progressivement, à l’horizon 2035, cette ville en une Smart City. « C’est un projet réaliste et réalisable vue la qualité des startups dont dispose la capitale», soutiennent des experts. « Une année après le lancement de ce projet, il y a beaucoup de choses qui ont été faites, notamment la création de nouvelles startups qui travaillent sur les technologies les plus avancées au monde. «Je peux témoigner, moi qui accompagne des startups au niveau d’une vingtaine de pays à travers le monde, que les startups algériennes avec lesquelles je travaille sont au niveau des startups les plus avancées à l’échelle mondiale et elles proposent des solutions réelles », a assuré à ce propos, Riad Hartani, expert international en intelligence informatique et conseiller stratégique de la wilaya pour le projet «Alger, ville intelligente» lors de son intervention à la conférence internationale sur les villes intelligentes, les technologies globales et l’investissement, tenue les 27 et 28 juin dernier au Centre international de conférence (CIC) et ouverte par le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Plus de 4000 participants d’envergure nationale et internationale dans les domaines des technologies modernes et des startups ainsi que des leaders dans l’investissement des villes intelligentes ont pris part à cet événement. Pour sa part, Mme Fatiha Slimani, conseillère à la wilaya d’Alger et responsable du projet «Alger smart city», affirmait que cette manifestation se trouve une opportunité pour opérer une «remise à niveau de notre part, de l’ensemble des acteurs de l’écosystème, soit au niveau des administrations ou à celui des opérateurs économiques». « Ces experts sont en contact en ce moment même avec de nombreux jeunes qui sont au Parc Dounia », a-t-elle ajouté. Selon elle, ce qui importe le plus aujourd’hui, c’est le contact avec les Algériens «en garantissant qu’il y ait un transfert de savoir-faire en matière de nouvelles technologies» souhaitant que ce type d’initiative soit étendu au reste des wilayas, et pour cause, «la mondialisation nous impose d’être dans la tendance du développement, dans le cas contraire nous resterons éternellement à la traine.» Parlant du projet «Alger smart city», Fatiha Slimani a estimé que c’est grâce à cet échange d’avis et de perception des choses lors de rencontres comme celle-là qu’on peut parler de «contamination positive». «Des Algériens d’ici et d’ailleurs, des experts de l’étranger, des sommités internationales côtoient la jeunesse algérienne.» Elle a souligné que le quotidien des Algérois a déjà connu des changements, résultant de l’organisation de la première conférence des start-ups et la seconde qui s’est déroulée, il n’y a pas longtemps à l’hôtel El Aurassi (Alger). Fatiha Slimani fera ainsi remarquer qu’un écosystème particulier et une communauté nouvelle voulant apporter un plus au développement national ont commencé à se créer. «Il faut dire que ces nouvelles perspectives dissuadent de nombreux jeunes à quitter leur pays», soutient-elle. Lors d’une rencontre sur les «Smart cities» organisée à Londres, le maire d’Alger-Centre, Abdelhakim Bettache avait souligné que le projet Alger ville intelligente incluait, par exemple, le lancement de prestations innovantes telles que le self-service au sein de l’administration à travers des bornes automatisées de distribution de documents administratifs et les prestations à distance utilisant les procédés de certification et de signature électroniques. Il s’agira en outre de mettre en service le projet e-commune. Pour ce faire, un premier grand fab lab (laboratoire expérimental) ainsi qu’un centre d’innovation technologique, répondant aux normes internationales et destinés aux startups et aux étudiants porteurs de solutions innovantes, ont été lancés lors de la conférence.

Le partenariat public-privé et les startups pour concrétiser les projets

Le Partenariat public-privé (PPP), mais également le recours aux startups sont des impératifs pour la concrétisation des projets innovateurs permettant la transformation des villes classiques en smart cities (villes intelligentes), affirmaient unanimement des participants au sommet international sur les villes intelligentes. «Pour construire une ville intelligente, l’Etat peut initier des projets, mais les investissements publics ne peuvent seuls les concrétiser. Faire appel au secteur privé qui peut également proposer des projets et les réaliser demeure indispensable. Or, la manière la plus rentable et avantageuse pour les deux parties demeure le partenariat public-privé permettant de développer ensemble des projets modernes et intelligents», a indiqué à l’APS, Christian Bardon, expert et opérateur dans le développement des villes intelligentes en marge d’un panel dédié à la gouvernance et au partenariat public-privé dans les villes intelligentes. Ce chef d’entreprise français, présent à travers plusieurs investissements dans des pays africains, a également expliqué que l’Etat peut être présent dans les villes intelligentes par les infrastructures de base (routes, réseaux etc.), mais «la grande part des projets initiés devrait revenir au secteur privé à travers des financements individuels ou des crédits accordés par l’Etat, car on peut réaliser des centaines de projets dans des périmètres restreints, donc, il doit y avoir une complémentarité entre les deux parties». Interrogé sur la façon d’attirer les investissements privés dans ce genre de projets, l’expert a insisté sur la «nécessité d’attribuer des avantages attractifs aux investisseurs», leur permettant d’avoir un retour sur investissement «plus rapide», et précisant que la présence de l’Etat ou du secteur public peut s’exprimer de «différentes manières et non pas uniquement à travers l’argent». «Les citoyens sont attirés par tout ce qui est moderne et innovant. Lorsque l’Etat veut réaliser des projets de ce genre, il lui suffit juste d’attribuer des locaux ou du foncier aux opérateurs privés pour concrétiser leurs investissements», a-t-il ajouté. Le même expert, a dans ce sens, affirmé que dans ce genre d’investissements «tout le monde est gagnant», soulignant qu’« il faudra juste trouver les bons créneaux et les idées de projets qui permettent de transformer une ville classique en une ville intelligente». Présente au même panel, Mathilde Conon, manager en charge de l’innovation et les PME au sein d’un établissement français public-privé dédié à l’innovation pour la smart city, a par ailleurs, insisté sur le rôle des startups et les PME dans les projets de développement des villes intelligentes. Estimant que les startups renferment souvent des «jeunes dynamiques et pleins d’ambitions», Mme Conon a expliqué que «ces jeunes n’ont pas besoin de beaucoup de moyens et d’investissements, car ils ont juste besoin d’exprimer leur talent et leur savoir faire, à travers des startups innovantes». «Ils proposent des solutions intelligentes à des obstacles quotidiens dans nos villes à travers les réseaux internet ou des applications de smartphones, donc, leur rôle dans les projets de transformation des villes classiques en villes intelligentes est incontournable», a-t-elle ajouté. La même responsable a affirmé que «les startups et les PME proposent des projets qui développent les services qui construiront la ville intelligente de demain», tout en leur donnant de «la visibilité qui leur permet de s’imposer sur le terrain».

Un laboratoire expérimental de la ville intelligente lancé à Alger 

Le laboratoire expérimental de la ville intelligente et le centre d’innovation technologique entrant dans le cadre du projet « Alger, Smart city » ont été lancés officiellement à l’occasion du sommet international des villes intelligentes dont les travaux ont débuté le 27 juin dans la capitale. Le laboratoire expérimental de la ville intelligente a pour ambition de fournir, en temps réel, un environnement où des solutions Smart City de pointe sont testées, avant d’être lancées, à grande échelle, dans la ville, a-t-on indiqué auprès des organisateurs. Il vise aussi à permettre aux sociétés technologiques mondiales leaders et les fournisseurs de solutions avancées de tester leurs solutions, interagir et travailler conjointement avec des startups, des entreprises et des laboratoires de recherche et développement. Il sera aussi un espace pour « tester et maîtriser des technologies innovantes, dans un environnement réglementaire optimal, ainsi que travailler pour un environnement de politique technologique permettant d’accélérer le déploiement des nouvelles technologies ». Ce laboratoire fournit également aux laboratoires de recherche et développement, universités, incubateurs, accélérateurs et startups « un environnement permettant d’accélérer la validation de leurs concepts et l’accès aux clients. Le centre d’innovation technologique a, quant à lui, pour objectif de fournir un environnement adéquat, où les différents acteurs de la chaîne de valeur technologique mondiale peuvent interagir et de fournir un lien entre les sociétés mondiales et locales qui permettrait à la fois l’innovation technologique et la chaîne de valeur de la créativité. Il s’agit aussi de fournir un lien entre les incubateurs mondiaux et locaux, les accélérateurs et les sociétés de capital-risque qui contribueraient au développement d’une culture d’innovation, de fournir un mentorat mondial, des conseils, du financement et les ingrédients nécessaires au succès de startups et enfin d’agir comme un pont entre les acteurs de la technologie locale et la communauté mondiale de la technologie et des affaires ».

F. H.



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