Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 116 - Oct 2018

Go

Collectivits Locales

Une nouvelle dynamique impulsée à la faveur d’une nouvelle feuille de route

Tourisme dans la wilaya d’Annaba

Par Farid HOUALI



Le secteur du tourisme connait ces dernières années à Annaba une dynamique sans précédent  avec plusieurs projets de relance et d’initiatives innovantes de valorisation des potentialités touristiques locales en associant tous les acteurs en vue de transformer la wilaya en région d’attraction touristique.
Dans le cadre du programme d’investissement public, le secteur a bénéficié de 15 opérations pour  un montant total de 1.269.750.000,00 DA, selon Mokdad Tabet,  directeur local du tourisme et de l’artisanat qui  rappelle que l’exécution de ce programme a permis de réaliser le nouveau siège de la direction, le schéma directeur de l’aménagement touristique de la wilaya (SDAT), le plan promotionnel et les panneaux de signalisation touristique, ainsi qu’un ensemble d’études d’aménagement de ZET de plages.
Ainsi, le nombre d’établissements hôteliers qui n’était que de 37 en 1999 est passé à 45 en 2017, soit une évolution de l’ordre de 21,61 %.
Les capacités actuelles d’accueil de la wilaya qui sont de 4.737 lits offerts par ces 45 établissements hôteliers dont 7 classés se renforceront à court terme de 2.500 lits grâce aux nouveaux projets et opérations de réhabilitation et extension en cours. La majorité des projets affichant un « taux appréciable » d’avancement des travaux est située dans la ville d’Annaba tandis que 18 projets d’hôtels, de résidences touristiques, de chalets et de complexes sont domiciliés dans les zones d’expansion touristique de Seraïdi et Chetaïbi.
Cette stratégie de développement touristique commence à porter ses fruits avec la réouverture après la restauration et la réhabilitation de l’hôtel d’Orient sis au Cours de la Révolution en plein cœur de la ville d’Annaba qui reconquiert ainsi un de ses joyaux architecturaux avec des services orientés vers la promotion du tourisme urbain et d’affaires. Cette orientation est confirmée avec aussi la réouverture de l’hôtel El Hoggar sur la place Saint-Georges au terme d’une opération de réhabilitation. Une opération similaire a été lancée à l’hôtel international Seybouse, premier établissement hôtelier moderne ouvert dans la Coquette en 1975 avec une capacité de 518 lits. Lancée en septembre 2017, la requalification de cet hôtel relevant de l’Entreprise de gestion touristique d’Annaba permettra de l’élever au rang d’établissement 5 étoiles offrant des services de haut standing, d’espaces de détente, de loisirs, de shopping et d’affaires de haute classe, assurent des responsables locaux. Il sera également procédé à la réhabilitation de l’hôtel El Mountazah de Seraïdi construit en 1971 avec une capacité d’accueil de 202 lits. L’établissement qui allie vues magnifiques sur les forêts de l’Edough et plage au sable doré d’oued Bagrat sera transformé en complexe touristique 4 étoiles avec des services ciblant en premier les familles et les sélections sportives. « Dans le cadre des préparations et l’encadrement des saisons estivales, les différents services de l’état ont mobilisé, pendant la période de 1999 à 2017, un montant global de 1.132.863.856,00 DA, destiné à l’aménagement des plages et à l’amélioration des conditions d’accueil des estivants », relève encore Mokdad Tabet, directeur local du tourisme et de l’artisanat.

Cinq nouvelles zones d’expansion touristique
Région côtière, Annaba s’oriente vers le développement du tourisme balnéaire avec la délimitation de cinq zones d’expansion touristique à Chetaïbi, la baie occidentale et la corniche d’Annaba, Oued Bagrat, et Sidi Salem avec une superficie totale de 72 hectares dont la superficie totale des terrains (hors ZET) attribuée en concession est de 14,42 ha alors que 79 projets ont déjà été approuvés. Une fois opérationnels, ces projets permettront la création de 3413 emplois directs.
Le plus important projet lancé sur le littoral de Chetaïbi est le projet annoncé «ami de l’environnement» du camp familial (3 étoiles) dont la réception est prévue pour l’été 2018 avec des chalets de 880 lits, des services multiples incluant notamment des jeux aquatiques et des restaurants classés. Dans ce cadre, les investisseurs porteurs de projets d’écotourisme sont encouragés à implanter à Séraïdi des villages touristiques qui favorisent la promotion du tourisme de montagne et attirent les amoureux de la nature. Annaba s’oriente ainsi vers les développements d’activités attractives de touristes avec l’apparition de plusieurs clubs dont celui des parapentistes et Seraïdi Adventures qui attirent de nombreux jeunes du pays et de l’étranger par les meetings et tournois organisés sur les monts de l’Edough. Cette dynamique suscite l’intérêt des jeunes affiliés aux diverses associations sportives et culturelles qui multiplient les tournois et initiatives de randonnées et de circuits de tourisme culturel vers les vestiges de Bouna et de la ville romaine. Les 55 nouvelles agences du tourisme ayant vu le jour depuis 1999 jusqu’en 2017 s’occuperont du reste.

Plusieurs monuments du site Hippone réhabilités
Les travaux engagés dans le cadre de l’opération d’urgence lancée en 2015 sur le site archéologique de la ville romaine d’Hippone à Annaba ont permis de réhabiliter et de protéger plusieurs «précieux» monuments du site. Ces actions ont concerné les thermes du Nord, le théâtre, le forum et certains vestiges d’habitations de l’antique cité romaine, déclare Mokdad Tabet qui souligne que ces actions ont porté sur le nettoiement des monuments, l’enlèvement de terres, le désherbage, l’entretien des réseaux et l’aménagement de nouvelles pistes pour les visiteurs du site. L’opération a porté également sur le renforcement de la sécurité du site de 26 hectares par l’installation de points de contrôle et l’affectation de brigades de sécurité et de surveillance de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC). Il convient de noter dans le même contexte que le musée d’Hippone, ouvert au public en 2006, a bénéficié d’une opération d’envergure de réhabilitation. Par les magnifiques mosaïques qui y sont exposées, le musée d’Hippone (Annaba) est indubitablement l’un des plus riches d’Algérie. Les mosaïques romaines, pour ne citer que ce précieux pan du patrimoine qu’il renferme, y sont d’un prodigieux intérêt. « De tous les documents livrés au cours des fouilles qui avaient commencé au début du siècle dernier, elles sont parmi les plus expressives qui restituent l’ambiance de l’environnement culturel d’Hippone dans ses dimensions plurielles : physique, naturelle, culturelle, artistique… Elles atteignent la perfection dans cet art difficile qui connut son apogée aux IIIe- IVe siècles et ne fut jamais égalé depuis. La beauté de la composition et la finesse d’exécution n’excluent pas la valeur documentaire de la plupart des scènes exposées », souligne à ce propos l’Office national du tourisme sur son site officiel.

Un lieu de conciliation du passé avec le présent
Le musée d’Hippone ne serait assurément pas le seul endroit à visiter. En effet, les sites archéologiques sont légion à Annaba. Ils témoignent du passage de civilisations qui se sont succédé depuis la nuit des temps et une « virée » au monument le plus visité de la ville, la Basilique Saint-Augustin est inévitable. La basilique est dédiée à saint Augustin (354-430), l’enfant de Numidie devenu évêque d’Hippone. Ce n’est pas un saint comme les autres. S’il est né à Souk-Ahras en 354 et fut évêque d’Hippone où il décédera en 430, il a longtemps été considéré par l’élite du pays comme un suppôt de l’impérialisme romain. C’est en 2001 qu’il est « officiellement » réhabilité par le Président Abdelaziz Bouteflika qui lui consacre alors un colloque international. Surplombant du haut d’un promontoire les vestiges de l’antique Hippone, le port, la baie et la plaine d’Annaba, la basilique Saint-Augustin, que les habitants de la ville ont toujours appelée «Lalla Bouna», est l’un des édifices-phares de La Coquette (Annaba). Construite entre 1881 et 1900 au moyen de matériaux tirés exclusivement du sol algérien, elle a été sévèrement mise à mal par les outrages du temps. Cet imposant édifice dont l’architecture s’inspire des styles mauresque et byzantin, reçoit annuellement la visite de près de 20.000 touristes et pèlerins chrétiens. Á l’intérieur, on y pourrait notamment contempler une relique de saint Augustin – son cubitus – ramené de Pavie (Italie) où il est enterré.
F. H.



Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

Tourisme, culture et histoire
Par maître Serge Pautot, .

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Wilaya De Annaba

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF