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N° 117 - Nov 2018

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Collectivits Locales

Un nouveau CHU en perspective

Pour améliorer la prise en charge des patients

Par Hamid Bellagha



Dans la perspective d’améliorer la prise en charge des besoins de l’Est du pays et d’optimiser les ressources humaines, un second centre hospitalo-universitaire à l’échelle de la wilaya d’Annaba devrait voir le jour, conformément à la feuille de route tracée à court et moyen terme par le secteur de la santé de la wilaya d’Annaba. «La concrétisation d’un point de la feuille de route du secteur de la santé est tributaire de l’inscription du projet de réalisation d’un nouvel hôpital de 300 lits prévu dans la région d’El-Bouni (Boukhadra3) qui viendra renforcer les projets structurants devant être réceptionnés à partir du premier trimestre 2019 dans la commune d’El-Bouni, à l’instar d’un hôpital de chirurgie cardiaque (120 lits) et d’un service d’urgences chirurgicales de 250 lits», révèle le Dr. Mohamed-Nacer Damèche, directeur local de la santé et de la population, en marge d’une journée d’étude organisée à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé. Une journée marquée par un hommage rendu aux différents directeurs de la santé et de la population (DSP) qui se sont succédé depuis 1962 à Annaba. Ainsi, la réception de ces projets structurants augmentera les capacités du secteur hospitalier de la wilaya de près de 700 lits, ce qui habilite le secteur à abriter un nouveau CHU devant contribuer, d’une part, à valoriser le service destiné aux malades et, d’autre part, à hisser le niveau des formations assurées. Pour ce faire, le secteur de la santé se base sur l’approche du travail collectif et de concertation impliquant tous les intervenants concernés et mettant le malade au centre de tous les intérêts. Dans le même ordre d’idées, d’autres projets en souffrance seront relancés, parmi lesquels figurent dix polycliniques, afin  d’atteindre la moyenne nationale en termes de prise en charge des malades. En outre, une opération de réhabilitation et de modernisation des structures médicales existantes, prévoyant notamment la réalisation de deux blocs opératoires, à l’établissement public hospitalier de Ain Berda et à celui de Chetaibi, est au programme. D’ailleurs, la wilaya a octroyé une aide financière aux douze communes pour leur permettre de réhabiliter les structures de santé de proximité. « Plus de 7 millions de dinars ont été injectés dans le secteur de la santé à Annaba, spécifiera le DSP, sans compter les 200 milliards consacrés au CHU. » La modernisation et la numérisation du secteur sont aussi une des clés du développement de la qualité des soins dans la wilaya d’Annaba. « Aujourd’hui nous sommes sur le dossier zéro papier. On tend vers la suppression totale du papier, de l’ordonnance aux radios classiques, puisque nous envisageons, dans un proche avenir, de connecter tous les corps de santé, médecins et gestionnaires, entre eux pour une meilleure protection et circulation de l’information médicale administrative. Cela nous fera gagner beaucoup d’argent, de temps, tout en permettant une meilleure transparence », précisera le Dr Mohamed-Nacer Damèche.

Ibn Rochd fait des émules
 Conscient de la question sanitaire à Annaba, le docteur Mohamed-Nacer Damèche reste clairvoyant quant à la lourde tâche de son secteur, aussi bien au niveau de la wilaya qu’à Guelma, Souk-Ahras, ou Tébessa. Un coup d’œil aux histogrammes présentés nous renseigne sur l’ascension fulgurante dans le domaine de la santé, quantitativement ou qualitativement. C’est ainsi que le ratio praticiens généralistes/habitants qui était en 1999 de un pour 492, s’est considérablement amélioré puisqu’il est passé à un PG/292. Bien entendu PG englobe les médecins, les chirurgiens-dentistes, les pharmaciens et les résidents. Le même constat peut être établi pour les praticiens spécialistes pour lesquels les chiffres passeront de un pour 3086 à un pour 582 habitants. La même progression peut être signalée pour le paramédical et les officines pharmaceutiques. Nous noterons aussi que le personnel du secteur de la santé est passé de 4332 à 11038 pour la même période. Pour les infrastructures sanitaires, l’antique Hippone peut se prévaloir d’avoir fait des pas de géant, car il est loin le temps où la santé à Annaba était synonyme uniquement du CHU Ibn-Rochd. Car de 1999 à 2017, les infrastructures se sont multipliées, les cliniques privées passant de 04 à 14, les lits d’hôpitaux, publics et privés, de 1797 à 2378, les centres d’hémodialyses de la seule qui existait, étatique, à laquelle sont venues s’ajouter six autres du secteur privé, les polycliniques de 10 à 21, et les salles de soins de 53 à 73. Il faut dire qu’à Annabal’alchimie entre l’humain et les infrastructures a bien pris, et la symbiose public/privé n’est pas un vain mot. Quant aux scanners et autres IRM, « ils sont répartis de manière judicieuse sur plusieurs infrastructures sanitaires, toujours dans le souci de nous rapprocher du malade avec un maximum de moyens techniques », nous dira encore le docteur Damèche. Pour cela, il y a eu une floraison de plusieurs polycliniques qui ont été créées en fonction du déplacement de la population du chef-lieu de wilaya vers les nouveaux centres urbains. Nous pouvons nommer entre autres les polycliniques de H’djar Eddis, Sidi Salem Oued El Aneb ou El Eulma, en plus d’un hôpital de 120 lits à El Hadjar. « Toutes ces structures de santé ont été réalisées mais aussi équipées avec les machines et les produits les plus performants. Les maîtres mots sont la proximité et la qualité», nous expliquera notre interlocuteur. L’exemple le plus probant reste le joyau d’Annaba en matière de santé le Centre anticancer (CAC).

Le Centre anticancer
Le Centre anticancer (CAC) Abdelaziz Al Saoud d’Annaba, dont le service de radiothérapie a ouvert en août 2015 a été inauguré le 9 mars 2016. Cet établissement de 150 lits a fait l’objet d’un financement de 2 milliards de dinars de la part du Fonds saoudien d’investissement et comporte, outre la radiothérapie dans lequel sont installés 2 accélérateurs de particules et un scanner de dosimétrie, un service de médecine nucléaire, une unité d’oncologie médicale et un laboratoire de biologie moléculaire. Equipé de matériels de dernière génération, il reste à la disposition de plus de 4,5 millions de personnes qui peuplent Annaba et les wilayas limitrophes citées plus haut. Le CAC est appelé à assurer aussi la formation du personnel médical et paramédical en postuniversitaire. En effet, il serait dérisoire de croire que le CAC avec ses équipements sophistiqués, notamment les 3 accélérateurs dont un de dernière technologie, est un diagnostic final. Pour une meilleure thérapie axée sur une exploitation rationnelle et sans risque des effectifs ainsi qu’une bonne maintenance de ces équipements, un suivi adéquat est plus qu’indispensable. Ce qui permettra aux cancéreux d’être traités selon les standards internationaux.
Sur un autre plan, et du fait que le secteur public a affiché ses limites, le DSP d’Annaba se dira favorable à l’introduction du privé pour la réalisation d’infrastructures sanitaires plus efficaces, comme les EHP, dans lesquels ce même privé investissait rarement. A Annaba notre interlocuteur, et à travers les directives de la tutelle et du wali de la wilaya, est disposé à aider et à accompagner le privé dans des investissements réservés par le passé au seul secteur public. Accompagnant les vœux par des actes concrets, 30 ha ont été réservés aux privés pour la réalisation de moult infrastructures sanitaires, 20 dossiers sont déjà à l’étude, au niveau de la nouvelle ville Draâ Errich, un nouveau pôle santé qui ne pourra que placer la wilaya d’Annaba sur un sommet d’excellence.

H .B.



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