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N° 116 - Oct 2018

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Collectivits Locales

Annaba, capitale de l’acier

Par Smail ROUHA



A l’instar de toutes les grandes villes du monde, Annaba, la Coquette et sa wilaya se redessinent, et de grands espaces de son territoire se transforment, les modes de vie évoluent, de nouvelles demandes émergent appelant à la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie évolutive de développement adaptées aux nouveaux défis. Cette démarche prospective,  initiée par Mohamed Salamani, wali d’Annaba, a permis de conduire un travail profond de diagnostic de la situation économique et urbaine de la wilaya et une réflexion concertée, qui ont exprimé une vision des enjeux de l’avenir du territoire de la wilaya. Cette vision constitue l’ancrage du projet de modernisation porté par Annaba. Un projet vivant et mobilisateur de tous les acteurs qui font la ville à même de renforcer l’attractivité et la dynamique de création des richesses et d’emplois au service d’une qualité de vie durable. Au delà de l’objectif d’inscription  d’Annaba dans l’espace des métropoles méditerranéennes et à l’échelle des enjeux internationaux, la modernisation d’Annaba se veut une manière de se faire innovatrice et vivante pour améliorer la qualité de vie dans la ville et les agglomérations du territoire de la wilaya, accroitre l’attractivité de la wilaya pour attirer de nouveaux talents, créateurs d’entreprises, habitants, conforter l’image de « La Coquette » et développer la fierté de ses habitants, créer des richesses et de l’emploi à travers des activités innovantes, la production de compétences en lien avec l’université, le tourisme, la santé… et veiller à une cohésion sociale et territoriale à travers l’accès au logement, à l’emploi, à la culture et aux loisirs. Une vision à même de redonner à Annaba son rang de métropole internationale à travers l’exploitation de sa longue côte, la préservation de son identité historique et le renforcement de son énergie économique. En somme une  ville du futur, mais un futur où le passé est restructuré, travaillé comme une terre glaise entre les mains d’un démiurge pour apporter ce plus, cette esthétique qui ont fait la beauté et la célébrité de certaines villes du bassin méditerranéen où des bâtisses ont rejoint le panthéon des grandes réalisations humaines, à l’instar de la Cathédrale de Saint-Augustin. Réputée dans un passé récent pour être le point de chute de tous les maux sociaux, de toutes les pratiques mafieuses, ainsi que de la petite et grande délinquance, la wilaya d’Annaba est bien partie pour se hisser au rang de pôle d’excellence du point de vue économique et surtout touristique. Avec la réception des nouveaux projets mis en chantier, la Coquette devrait se voir propulsée au rang de ville moderne, économiquement prospère et attractive. En effet, la wilaya d’Annaba, aux atouts touristiques considérables, est parvenue à impulser une dynamique de développement tous azimuts, fondée sur une approche intégrée, cohérente et multisectorielle. Néanmoins, cette wilaya a su associer son nom, du fait de la présence du complexe sidérurgique d’El Hadjar, à l’industrie lourde en Algérie. Outre le défi résolument engagé de réhabiliter le fleuron de l’industrie sidérurgique nationale, à la suite de la réappropriation par l’Etat de l’ensemble des actions du complexe d’El Hadjar, et un investissement d’un milliard de dollars pour porter sa production à plus de 2 millions tonnes/an d’acier liquide dès 2017, le tissu industriel de la wilaya d’Annaba s’est consolidé par de nouvelles usines à l’instar du complexe Fertial d’engrais phosphatés et azotés qui offrent des possibilités multiformes de sous-traitance, d’Asmidal, Groupe industriel engrais et produits phytosanitaires, le Wood Group Somias, société britannique de droit algérien spécialisée dans la maintenance industrielle, ou de Cital, assemblage et maintenance de tramways. Ces unités reflètent l’orientation stratégique prônée par les pouvoirs publics visant à favoriser l’émergence d’un pôle industriel orienté vers les activités sidérurgiques et ferroviaires, et la dynamisation des petites activités industrielles de sous-traitance de sorte à augmenter le taux d’intégration. S’étalant sur 800 hectares, le complexe sidérurgique d’El Hadjar, avec ses deux hauts fourneaux, ses trois aciéries et ses laminoirs à chaud, à froid et à fil et rond, est le fruit de cet effort de développement, à l’instar d’autres réalisations et des projets structurants en cours d’exécution ou en voie de lancement. Avec l’émergence de ce fleuron de l’industrie nationale, les autres secteurs allaient être entraînés dans la même dynamique qui va passer à un autre palier avec la création du pôle universitaire qu’attendait cette région qui brillait déjà par les performances d’une agriculture prospère et un potentiel touristique des plus enviables. « Véritable fleuron de l’industrie sidérurgique et métallurgique, la wilaya d’Annaba de par sa position géographique stratégique, s’attelle à diversifier et à promouvoir une véritable politique de développement dans divers secteurs d’activité, pour consolider les acquis, par l’implantation de 4 grandes zones industrielles, avec une extension de celle de Berrahal de 367 ha, et d’un parc industriel d’une superficie globale de 351 ha répartie en 408 lots. Et également 9 zones d’activités d’une superficie globale de 152 ha répartie en 350 lots », souligne Mohamed Salamani, wali d’Annaba.  L’investissement touristique intégré constitue l’autre orientation de la wilaya d’Annaba. La Coquette sera ainsi dotée d’un « couloir touristique » allant de la nouvelle aérogare jusqu’à la gare maritime projetée au port d’Annaba, qui devra contenir des aires de loisirs, de détente, de shopping et autres services divers de qualité professionnelle. D’autant que plusieurs facteurs plaident en faveur du développement de la wilaya, à l’instar de la nouvelle aérogare conforme aux standards internationaux, d’une nouvelle gare routière, d’une nouvelle gare maritime en perspective, l’extension du port, la modernisation du réseau ferroviaire, de prestigieuses chaînes hôtelières déjà installées, l’aménagement de la ZET, le renforcement des capacités d’accueil, la mise à niveau du parc hôtelier déjà existant, une smart city à Draâ Errich, l’extension du Cours de la Révolution.
 
Un important pôle industriel
S’étendant sur une superficie de plus de 1439 km², la wilaya d’Annaba  occupe une place de choix dans l’échiquier économique national. Pôle industrielle d’excellence, cette wilaya recèle d’importantes potentialités d’investissement à tous les niveaux. Dans son positionnement international en Méditerranée occidentale, la ville d’Annaba en tant que port est certes rattachée à son contexte national, mais reste sensible aux changements de conception dans les transports maritimes. Parmi ces changements majeurs, la création des autoroutes maritimes modifie décisivement la relation traditionnelle entre port et ville qui faisait des ports les plus importants par leur site et leurs aménagements, le siège d’une partie des dynamiques urbaines. Pour mettre Annaba au diapason des villes aussi prestigieuses que Barcelone, Marseille ou Doha, les autorités locales ont entrepris une reconversion de la zone portuaire vers la croisière et les loisirs, et traiter les avant-ports pour les orienter vers les activités tertiaires et de services supérieurs pour profiter de leur façade marine comme d’un atout paysager. Ville universitaire, Annaba est un pôle de services et d’activités productives qui est dotée d’une zone de transport multimodale à proximité immédiate de l’aéroport, organisant l’interconnexion de l’aérogare avec les divers modes de transport urbain et suburbain (téléphérique, bus) et régional (route, rail). Créée en 1975 à partir des infrastructures de l’Institut des mines et  métallurgie d’Annaba, l’université Badji-Mokhtar a connu un développement progressif avec l’ouverture de nouvelles filières chaque année. Actuellement, le challenge de l’université Badji-Mokhtar d’Annaba, qui compte aujourd’hui  près de 42.000 étudiants, est d’être la locomotive du développement en particulier, d’où la nécessité de créer une relation de complémentarité avec le tissu industriel. L’impact de l’université Badji Mokhtar d’Annaba sur le développement global et sur la vie économique, sociale et culturelle, de la wilaya d’Annaba n’est plus à quantifier, comme en témoignent les nombreuses conventions contractées avec les opérateurs socioéconomiques locaux et nationaux qui ont investi dans le savoir-faire en vue d’améliorer la qualité de leurs prestations de services. En outre, le groupe Sider et Emirat Dzayer Group (EDG) ont eu l’aval, le 28 mars dernier, du Conseil de participations de l’Etat (CPE) pour la création en partenariat d’une société mixte 49/51, dont le coût du projet est estimé à 1,16 milliard d’euros (plus de 162 milliards de dinars).
Financés à hauteur de 30% sur fonds propres et 70% par crédits bancaires à 3,5% d’intérêt, ce projet, dénommé Emirat Dzayer Steel (EDS), est installé au sein même du complexe Sider El Hadjar de Annaba. En matière d’emploi et de formation, ce partenariat permettra, selon sa fiche technique, le redéploiement de la totalité des effectifs de la société Sider tubes sans soudure (TSS), 400 agents actuellement, la création progressive de 1670 nouveaux postes de travail directs, répartis sur 5 ans, et autant de nouveaux emplois indirects.

Le Jardin citadin méditerranéen
Situé au niveau de la commune d’Oued ElAneb, à une trentaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya d’Annaba, ce nouveau pôle urbain intégré de Draâ Errich accueillera à moyen terme 200.000 âmes soit 12 317 unités dont 400 logements de type LPP et 6.817 logements par l’OPGI de types LSL. Il faut savoir que le parc immobilier, qui compte actuellement plus de 150000 est appelé à connaître un développement à la hauteur des attentes et des besoins en perpétuelle évolution. En plus de nouveau pôle urbain, la wilaya d’Annaba s’est dotée d’un Jardin citadin méditerranéen de Ras-El-Hamra. Inauguré par Mme Fatma Zohra Zerouati, ministre de l’Environnement, en présence de Mohamed Salamani et des autorités locales, cet espace côtier exceptionnel, s’étendant  sur une superficie de 65 hectares, sur les hauteurs du club équestre d’Ain-Achir, l’un des plus importants du pays, a été adopté en 2014 par une commission sectorielle de la wilaya. Sa gestion a été confiée à l’EPIC Anurb de wilaya chargée de l’aménagement urbain. Les responsables tablent sur une affluence, estimée entre 2.000 à 3.000 visiteurs/jour avec des pics de 4.500 visiteurs/jour durant la saison estivale. Le projet en question comprend un théâtre de verdure, un aquarium géant avec des poissons de la région Est du pays, de grands espaces en gazon et des massifs fleuris, un lac artificiel, des terrains de jeux sur terre battue (volley-ball, basket-ball, boule et quatre courts de tennis), des pistes cyclables et pédestres pour sportifs, aménagement de massifs fleuris et éclairages mixte. A cela il faut ajouter un autre ensemble d’équipements, à l’image des chalets en bois, des bancs, de kiosques de dégustation, de toilettes, un belvédère implantée en face de l’entrée et de nombreuses passerelles également en bois.

La fin de la pénurie d’eau
La région d’Annaba, tributaire de son voisinage géographique immédiat en matière de ressources hydriques, est confrontée à la vétusté d’une grande partie de son réseau de distribution et à l’insuffisance des capacités de stockage de l’eau potable. Aussi, un programme d’investissement d’urgence a été adopté à court terme à Annaba pour faire face à la pénurie d’eau potable liée à une baisse du niveau d’eau des deux barrages d’Echaffia et Meksa, principales sources d’approvisionnement en AEP de la population locale. Ce programme porte sur la requalification de 32 forages du champ de Boutheldja (wilaya d’El Tarf) pour la mobilisation, à court terme, de 35.000 m3/jour d’eau potable et le doublement sur 22 km de la canalisation Meksa-Lehnichet pour éliminer le problème des fuites qui dilapident 60 % du volume d’eau destinée à l’alimentation de la population. Le programme porte également sur la réhabilitation des deux stations de pompage de Meksa et Chaïba, le fonçage de nouveaux forages à travers la wilaya. Les besoins d’alimentation en eau potable de la population de la wilaya d’Annaba sont estimés à 160.000 m3/jour. Pour y faire face, une  nouvelle station de dessalement de l’eau de mer, destinée à alimenter en eau potable une large zone géographique de l’Est du pays, devrait voir le jour incessamment. Ce projet, inscrit en 2006, a été relancé sur instruction du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Cette station de dessalement de l’eau de mer de la commune d’El Chatt devra assurer, une fois opérationnelle, «une sécurité hydrique» pour les wilayas d’El Tarf, Annaba, Skikda et Guelma. Les capacités nominales de cette station de dessalement totalisent 300.000 m3/jour d’eau dont 80.000 m3 retenus pour El Tarf et 160.000 m3 pour la wilaya d’Annaba. Ce méga projet du secteur des ressources en eau s’étend sur une superficie de 16 hectares.

S. R.



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