Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 127 - Mars 2020

Go

Politique

« Iltemps de passer à l’acte »

Lamine Osmani, président du parti SawtEchaab

Par Farid HOUALI



El-Djazaïr.com : L’Algérie connait depuis bientôt une année un mouvement de contestation sans précédent. Même l’élection d’un nouveau président de la République (le 12 décembre dernier) en la personne d’Abdelmadjid Tebboune n’aura rien changé à la situation politique du pays. Cela est dû à quoi selon vous ?

Lamine Osmani :Les Algériens se montrent impatients. C’est légitime mais il est nécessaire de temporiser. La première période d’évaluation intervient après 100 jours de l’investiture du président de la République. Laissons le temps faire les choses. On verra par la suite.

 

El-Djazaïr.com : Quelle sont, selon vous, les mesures d’urgences à prendre afin notamment de rétablir la confianceentre les Algériens et l’Etat ?

Lamine Osmani :Au sein de notre parti, nous sommes pragmatiques. Sans détour aucun, je dirais qu’il est temps d’en finir avec les discours réplétifs et creux et de passer à l’acte. L’Algérien a démontré qu’il en a assez entendu dire. Il veut voir faire.Il se pose un véritable problème de gestion en Algérie. Ainsi,il est inévitablement question de changements à tous les niveaux. Á commencer par le respect de la loi par tous.L’Etat de droit et d’institutions est la locomotive d’un mouvement politique pourvoyeurd’idées et de solutions politiques et économiques escomptées. L’Algérie nouvelle sera construite par de nouvelles idées politiques, économiques et sociales dans le respect des spécificités de notre société.Aussi, permettre au peuple d’exercer son droit légitime à choisir ses gouvernants et à leur renouveler sa confiance en toute souveraineté, tant il est vrai que nul n’a le droit de limiter la liberté du peuple dans l’expression de sa volonté. Ce ne serait pas facile vu le mauvais cumul de toutes ces dernières années mais, nous n’avons guère le choix. Nous sommes à la croisée des chemins.

 

El-Djazaïr.com : Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a accordé, récemment, une entrevue à des responsables de médias nationaux publics et privés au cours de laquelle il a évoqué plusieurs questions nationales et internationales. Qu’en pensez-vous ?

Lamine Osmani :C’est un fait nouveauqu’il fautreconnaitre. En Algérie, on a tout le temps eu un problème de communication. Parfois, elle est inexistante.Je pense que c’est le début de la consécration du droit de savoir. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune avait déjà choisi ses canaux de communication afin d’éviter toute amalgame, sous-entendus et spéculation.

 

El-Djazaïr.com : Lors de cette même rencontre, le président de la République a réaffirmé son engagement à opérer une révision profonde de la Constitution d’autant que le comité d’experts chargé de l’élaboration de propositions sur cette révision a été installé dernièrement. Croyez-vous vraiment que la Constitution actuelle ait montré ses limites ?

Lamine Osmani :Á SawtEchaab, nous réaffirmons que ce n’est pas un choix politique mais une nécessité absolue exprimée à maintes fois.L’actuelle Constitution a été amendée sur mesure au point de faire de l’Algérie un royaume avec des prérogatives du président de la République qui n’en finissent pas.Seulement, après sa révision, il est judicieux de se poser la question de l’application de ses articles sur le terrain. Attendons pour voir.

 

El-Djazaïr.com : Pour le président de la République, « la reconstruction de l’économie est une entreprise de longue haleine ». Pensez-vous que notre économie puisserelever les défis ?

Lamine Osmani : L’Algérie dispose d’énormes potentialités dans tous les domaines. On peut réussir pourvu qu’il y ait une véritable volonté pour ce faire. Comme souligné auparavant, c’est avant tout un problème de gestion. Il ne faut pas se mentir. Pour y remédier, il faut associer des professionnels à la prise de décisions. L’économie n’a jamais été des prérogatives des administrateurs, mais d’économistes.

 

El-Djazaïr.com : L’exploitation du gaz de schiste refait surface. Quelle est la position de votre parti quant à cette question ?

Lamine Osmani :C’est un faux débat. C’est aux techniciens et autres spécialistes de nous éclairer de la faisabilité ou non de son exploitation et non aux politiciens.

 

El-Djazaïr.com : Les observateurs s’accordent tous à dire que la diplomatie algérienne est de retour sur la scène internationale. Sa prise en mains du dossier libyen en est la preuve. Est-ce un « réveil » conjoncturel selon vous, ou c’est l’Algérie qui retrouve la place qui est sienne ?

Lamine Osmani : Je ne pense pas que ce soit un éveil conjoncturel. La diplomatie algérienne a, à travers son Histoire démontré qu’elle peut véritablement résoudre des conflits. Rappelons que l’Algérie a joué les premiers rôles de la médiation entre le Shah Pahlavi d’Iran en 1974 et le président irakien Saddam Hussein, et a contribué largement, sous l’égide de la Ligue arabe, à l’arrêt de la guerre civile au Liban grâce à l’accord de Taef. Au début des années 2000, un accord de paix a été signé entre l’Ethiopie et l’Erythrée. L’Algérie vient d’entamerun marathon diplomatique pour proposer de nouvelles initiatives politiques en vue d'une solution à la crise libyenne, alors que les bruits de botte en Libye font craindre un embrasement de toute la région. Á l’occasion, au sein de SawtEchaab, nous nous inscrivons dans la lignée de la voie diplomatique de l’Algérie et réaffirmons notre soutien indéfectible à la cause palestinienne et à celle du Sahara occidental, la dernière colonie d’Afrique.

 

El-Djazaïr.com : Toute formation politique a ses « principes fondamentaux ». Qu’en est-il pour SawtEchaab ?

Lamine Osmani :L’instauration d’un Etat de droit permettra une distribution équitable des richesses du pays. Aussi, nous avons besoin d’un dialogue sérieux et responsable privilégiant l’intérêt suprême du pays de préserver les acquis pour lesquels se sont sacrifiés des millions d’Algériens

 

 

 

 

 



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L’Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Police des frontières
Par Yahia MAOUCHI.

La normalisation
par smail ROUHA.