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N° 103 - Fev 2017

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Télécomunications

Mu par la passion du travail et l’amour du pays

Mohamed Habib, directeur général à Mobilis

Par Leila BOUKLI

C’est dans un nouveau siège flambant neuf, sis au quartier d’affaires de Bab Ezzouar que nous reçoit souriant le nouveau directeur général de Mobilis, Mohamed Habib, entouré d’Abdelghani Mecheti, conseiller chargé des relations publiques et relations presses, pour nous parler de son parcours et des nouvelles orientations des pouvoirs publics pour un mode de gouvernance différent. Avec pour objectif de combattre le fatalisme qui ferait qu’une entreprise publique et forcément improductive, défaillante et ne mettant pas le client au centre des préoccupations. Il a fallu entreprendre un travail de longue haleine : moderniser les mentalités. Il s’y attelle, fort de l’expérience et du savoir-faire, acquis dans différentes multinationales où la notion de pays ou nation n’existe pas et où seule la notion de marché prime. En somme, faire qu’à terme Mobilis soit un modèle d’entreprise publique centré sur la performance et l’excellence.
Né à Alger en 1972, l’ainé de la famille HABIB fut prénommé Mohamed pour ne pas faillir à la tradition musulmane. Il grandit entouré de l’affection d’une mère enseignante et d’un père cadre, aujourd’hui à la retraite dont le dernier poste aura été celui de CES auprès du regretté Kasdi Merbah, alors ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire. Mohamed Habib entame des études primaires à la Colonne Voirol, puis moyennes à Saint Joseph d’El-Biar, jusqu’au secondaire au lycée Amara Rachid d’où il ressort avec un baccalauréat série mathématiques. Mohamed s’inscrit ensuite à l’université de Bab Ezzouar pour l’obtention d’un ingéniorat en génie mécanique. Militant, il fonde à 19 ans une association nationale indépendante « Alliance pour le renouveau étudiant », dont il sera jusqu’à la fin de ses études président, fondateur. Toujours souriant, le nouveau directeur général du premier opérateur du mobile en Algérie, qu’est Mobilis, se souvient : « Cette association m’a permis de mettre ma première cravate et mon premier blazer parce que je devais rencontrer les ministres de l’Enseignement supérieur dont les professeurs Djillali Liabes, un grand qui m’a marqué, et Ahmed Djebbar. Ce dernier aura été le premier organisateur de la conférence sur la diaspora technologique à l’étranger. C’est ainsi que jeune étudiant, j’ai pu côtoyer impressionné de grands chercheurs algériens évoluant dans les plus grands laboratoires du monde. Cela m’a stimulé, ajoutera-t-il. C’est alors que j’ai compris que les plus brillants personnages étaient les plus modestes et les plus altruistes. C’était en 1993. » En 1995, Mohamed Habib, encore étudiant, organise avec M. Benbouzid , ministre de l’Enseignement supérieur à l’époque, les« premiers états généraux de l’université algérienne ». Son parcours professionnel, il l’entame avec le groupe coréen Daewoo, au Premier Salon automobile où il découvre la culture du travail et du mérite. « Depuis j’en ai fait un sacerdoce. M. Park, le patron coréen, me marquera par sa simplicité, son abnégation et sa force de travail. Je garderais au plus profond de moi pour toujours une part de cette culture de perfectionnisme, d’amour de l’entreprise qui emploie et de son pays », révèle cet adepte du perfectionnisme. D’ailleurs, il est nommé, à 25 ans, le plus jeune directeur de l’Hôtel Hilton, propriété alors du groupe Daewoo.
« A 29 ans, j’ai été P-DG d’une société algéro-italienne de montage d’autobus, Iveco puis je rejoins, un peu plus tard, le groupe EEPAD pour le lancement de l’ADSL en Algérie et là débute mon véritable parcours technologique », nous dit ce gestionnaire ayant un goût prononcé pour le résultat. « Le fait d’avoir travaillé dans l’hôtellerie de luxe nous apprend le sens du détail et avant toutes choses la satisfaction permanente du client. Plongé dans le domaine des technologies, j’en fais usage et amène dans mes nouvelles fonctions un gain de temps appréciable et un apport considérable à l’amélioration des processus de qualité. Il faut améliorer les choses et mettre en place des procédures qui dépassent les hommes », explique Mohamed Habib.
En 2007, nous le retrouvons à Cisco, une société américaine, leader dans le domaine de la technologie. Il est directeur des grands comptes. « J’avais à charge les plus grands clients algériens du groupe. » Son passage au niveau de cette entreprise d’informatique américaine lui permet d’apprendre  les process et surtout le travail dans un environnement multiculturel. Son plus grand challenge au niveau de cette entreprise aura été de concilier son algérianité à l’universalisme qu’exige une multinationale. « Dans une multinationale, fera-t-il remarquer, il n’y a pas de notion de pays, ni de nation, mais des marchés. Je n’arrivais pas à expliquer pourquoi, souvent des projets technologiques en Algérie prenaient plus de temps à être réalisés que dans d’autres pays similaires au nôtre, notamment dans les pays voisins. »
En 2015, Mohamed Habib reçoit une proposition d’une autre multinationale américaine pour diriger ses bureaux d’Alger. Une proposition qu‘il décline pour rejoindre Algérie Telecom en tant que directeur général adjoint. « Je n’y suis pas allé pour un poste, ni pour un salaire mais très sincèrement pour apporter un plus à une entreprise stratégique pour le pays. Aujourd’hui, lorsque les technologies avancent, c’est tout le pays qui avance. Après sept mois d’activité à Algérie Télécom, Madame Houda Imen Faraoun, ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication,  m’appelle, un 3 décembre 2015 pour me charger d’assurer l’intérim de la direction générale de Mobilis », rappelle Mohamed Habib dont la première inquiétude a été de remobiliser les 5.000 employés de l’entreprise pour que l’image de marque de Mobilis projetée à l’international  se concrétise à l’intérieur. « Afin de combattre le fatalisme qui ferait qu’une entreprise publique soit forcément improductive, défaillante et ne mette pas le client au centre des préoccupations, il a fallu entreprendre un travail de longue haleine : moderniser les mentalités. Dans ce sens, nous avons commencé à sensibiliser les collaborateurs à travers des groupements périodiques, en ouvrant différents chantiers centrés sur la promotion de la compétence interne à travers la formation et le recyclage des 5.000 employés. La mise en place d’un référentiel compétence, le lancement et la réorganisation de l’Entreprise – qui n’a connu, soit dit en passant, aucun changement depuis 2006 –, pour la mener vers une culture d’entreprise axée sur le mérite et la qualité de service. Etant l’opérateur historique du mobile en Algérie, Mobilis se doit de reprendre sa place de leader sur le marché tant sur le plan du nombre d’abonnés que sur le plan des résultats financiers », précise Mohamed Habib qui ajoute qu’« aujourd’hui, les orientations des pouvoirs publics amènent Mobilis à améliorer, en mode de gouvernance, la productivité de ses employés et sa rentabilité financière. L’argument d’une entreprise publique n’étant plus d’actualité pour justifier d’éventuelles défaillances ou de laisser aller ».
Pour mémoire, Mobilis a été créé en 2004 à la suite de la restructuration du secteur des PTT à la lumière de la loi 2000/03 libéralisant le secteur des télécommunications.
En 2015, Mobilis est le troisième en chiffre d’affaire et le deuxième en nombre d’abonnés par rapport aux autres opérateurs mobiles. Une classement amélioré dès les six premiers mois de l’année 2016 puisque Mobilis, à fin juin 2016, se classe premier en matière de chiffre d’affaires et premier en termes de nombre d’abonnés avec une croissance à 2 chiffres de l’ordre de 20%.
L’objectif maintenant est de se maintenir à cette position tout en améliorant la qualité de service du réseau ainsi que celle de sa relation avec le client.
« A terme, nous devons  faire de Mobilis un modèle d’entreprise publique centré sur la performance et l’excellence », conclut Mohamed Habib.
L. B.

Mobilis premier du marché en termes de chiffre d’affaires et du nombre total d’abonnés.

Mobilis a abordé l’année 2016 avec une forte croissance à deux chiffres de ces indicateurs économiques et financiers.
En effet, le premier semestre 2016 a connu une augmentation de 20% de son chiffre d’affaire par rapport au premier semestre 2015, s’établissant à 57,2 milliards de dinars soit 519 millions de dollars avec un nombre d’abonnés global de 16,5 millions dépassant pour la première fois depuis sa création en 2004 les autres opérateurs mobiles.
Le résultat brut d’exploitation avant amortissements et impôts(EBITDA) a connu une croissance de 30% s’établissant à 21,3 milliards de dinars.
Pour le deuxième trimestre 2016, le chiffre d’affaire de Mobilis s’est établi à 30,4 milliards de dinars, soit 275,6 millions de dollars (1 USDA=110,2051 DA au 30 juin 2016). Ce résultat place incontestablement Mobilis à la tête des trois opérateurs mobiles du marché avec 9% de plus que le deuxième classé.
Ces forts taux de croissance à deux chiffres que seul Mobilis réalise, sont la résultante de plusieurs paramètres, à savoir :
la généralisation dès janvier 2016 des offres 3G sur les 48 wilayas du pays, faisant en sorte que 58% des abonnés Mobilis sont désormais en 3G ;
le maintien de la tarification à la seconde contrairement aux 2 autres opérateurs mobiles ;
le lancement de l’offre WIN post-payée, qui a multiplié par 5 le nombre d’abonnés post-payés par rapport à 2015 ;
la mise en place de la stratégie de commercialisation de terminaux « Made in Bladi » associée à des offres Mobilis en adéquation avec la politique des pouvoirs publics pour encourager la production nationale. Ces packs de téléphones de fabrication locale ont atteint des ventes de 5.000 unités/jour.
Mobilis en tant qu’opérateur historique s’est fixé le cap vers l’amélioration de son large réseau de télécommunications à travers le territoire national, l’amélioration de l’accueil de ses clients à travers ses agences et la réorganisation de ses structures pour une meilleure efficacité et motivation de ses employés.
Enfin Mobilis avec un mois d’avance a réceptionné les 42 sites 2G/3G éloignés du pays dans le cadre du service universel et est fin prêt pour le lancement de la 4G, une fois notifié, par les services de l’autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT).
Pour plus d’information: Site: www. Mobilis.dz 



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