Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 124 - Nov 2019

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Télécomunications

La réorganisation du secteur pour un meilleur service

Ministčre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication

Par Tahar MANSOUR



De tout temps, le secteur de la poste et des communications a été le cheval de bataille des gouvernants pour apporter un plus au citoyen et lui faciliter les relations avec tous ceux qui l’intéressent. La poste, synonyme depuis sa création de relais entre les personnes, entre les groupes, entre les institutions et même entre les gouvernements, continue d’assurer ce service malgré l’avancement des technologies et la modernisation des moyens de communication. Même si, actuellement, nous avons tendance à utiliser beaucoup plus le SMS, le mail ou le téléphone, l’utilité de la poste et des services multiples qu’elle nous propose n’est plus à démontrer. En Algérie, malgré tous les aspects négatifs que nous pourrons citer, les services postaux nous rendent d’immenses services et nous font gagner beaucoup de temps en nous permettant de retirer de l’argent partout à travers le territoire national, de recevoir notre courrier papier et nos colis en un temps assez court en plus du paiement des différentes redevances pour le téléphone, Sonelgaz, etc. Algérie-Poste est peut-être pointée du doigt pour moult insuffisances mais est aussi défendue par la ministre de la Poste et des TIC, Mme Houda-Imane Faraoun qui rappelle les avancées réalisées par cette institution de service public. C’est aussi le même constat pour Algérie Télécom à qui il est aussi reproché de ne pas faire face de manière efficiente à la demande en connexion ADSL surtout. Pour les deux grandes entreprises, il s’agit surtout de répondre à un service public de plus en plus exigeant, surtout que l’Etat est décidé de répondre à la demande des citoyens et a mis tout ce qu’il a pu pour cela.

Volonté d’ouverture du secteur
De prime abord et en faisant le constat du secteur après six mois à sa tête, la ministre des PTIC, Mme Faraoun, a tenu à rappeler que lors de la promulgation de la loi 2000/03, il y avait une volonté très forte d’ouverture du secteur. « La loi 2000/03 contient des textes très rares un peu partout dans le monde, et surtout dans des pays comme l’Algérie et, jusqu’en 2005, nous étions leader africain en matière de TIC», a-t-elle précisé. Malheureusement, la mauvaise interprétation de certains textes et le climat délétère des affaires à cette époque ont étouffé toutes velléités d’investissements, publics ou privés, en matière de TIC. Malgré cela, nous constatons que l’Algérie a consenti beaucoup d’efforts financiers, que ce soit dans le cadre des différents programmes quinquennaux du président de la République ou dans les autorisations annuelles du Premier ministre, et les avancées réalisées sont visibles actuellement. « Même si nous pouvons dire que le secteur n’est pas au top, la différence est là », a rappelé la ministre. Elle n’a pas manqué non plus de revenir au temps où avoir une puce de téléphone portable était vraiment un exploit et posséder un téléphone haut de gamme était un rêve. En plus, et il y a à peine quelques années, avoir l’Internet à la maison n’était même pas envisagé. Ceci pour dire qu’il y a quand même une avancée formidable des TIC dans notre pays grâce aux efforts fournis par l’Etat et, affirme-t-elle, « sur les trois millions de citoyens connectés à Internet, il y a actuellement à peine le quart qui se plaignent ». Il faut en effet revenir un peu en arrière pour voir que l’Algérie était partie de rien, voire du négatif, pour arriver à cette situation qui, sans être vraiment au sommet, est quand même excellente : « Il faut aussi valoriser et reconnaitre ce qui existe et, surtout, le préserver, a ajouté Mme Faraoun. D’ailleurs, aujourd’hui, nous avons plus de lignes téléphoniques actives que d’habitants, avec plus de 43 millions de puces pour les quarante millions d’habitants que compte l’Algérie. C’est dire l’engouement qu’ont les Algériens pour le téléphone mobile. » Concernant la téléphonie fixe, il y a lieu de constater qu’elle est en train d’agoniser, sauf pour l’internet. En effet, presque personne ne demande aujourd’hui une ligne de téléphonie fixe, sauf pour avoir une connexion Internet.

La fuite des cerveaux
C’est le constat plutôt amer qui est fait par la ministre : en effet, la fine fleur, les meilleurs sortants des grandes universités, les spécialistes des TIC, partent à l’étranger, alors que ceux qui restent, une minorité, partent généralement chez le privé, ce qui est, en soi, meilleur puisqu’ils restent en Algérie. C’est le gros problème d’Algérie Télécom qui n’arrive pas à pourvoir les postes techniques nécessitant un personnel hautement performant et possédant la maitrise technologique voulue. Même la ressource humaine nécessitant une mise à jour et un recyclage continus ne trouve pas les spécialistes pour cela et  « c’est pour cette raison, essentiellement, que le secteur n’arrive pas à décoller convenablement», a expliqué Mme Faraoun.

Le lourd héritage d’Algérie-Poste
Pour Algérie-Poste, le constat est aussi plutôt défavorable jusque-là puisque cette institution souffre d’un héritage très lourd : elle doit faire face à une demande qui explose à cause du nouvel aménagement du territoire qui fait qu’il y a constamment de nouvelles villes, de nouveaux quartiers qui émergent et, assurant un service public, AP doit répondre à la demande et ouvrir de nouveaux bureaux mais elle n’arrive pas à faire assez de bénéfices, tout en maintenant un niveau de service acceptable. Pour la ministre : « Algérie Poste fait face à la situation suivante : on est en train de brader ses services à moindres coûts, et on lui demande de s’étendre encore plus et de proposer des services encore plus modernes et plus performants », a encore affirmé la ministre des PTIC.

L’investissement utile
Investir dans des secteurs porteurs comme la banque postale, le courrier rapide, par exemple, est préconisé par Mme Faraoun pour permettre à AP de faire des bénéfices substantiels et de parvenir ainsi à faire face à un plus grand déploiement, à l’amélioration du service public et d’augmenter ses ressources financières et, de là, la paie de ses employés. Il y a lieu donc de moderniser Algérie Poste mais en pariant aussi sur les services numériques qui peuvent lui apporter une plus-value importante ; mais cela doit se faire dans un cadre de réflexion concertée et d’expertise. Dans tous les cas, AP doit tout tenter pour augmenter ses ressources financières en proposant des services payant au prix réel, en améliorant le réseau de distribution, en instituant un service de vente et d’achat en ligne. « Il y a beaucoup de moyens pour AP de se faire de l’argent mais il y a un travail de fond à faire pour revoir le système d’information d’AP et l’adapter aux nouvelles technologies exigées pour le paiement en ligne », estime la ministre des PTIC.

Une nouvelle plateforme informatique
Afin de réaliser la mutation d’AP, des travaux ont déjà été engagés pour une refonte de sa gestion, voire la création d’une nouvelle structure informatique qui permettrait le passage à la vente en ligne, pour le portefeuille, le porte-monnaie électronique, donner plus de possibilité avec la carte magnétique postale pour l’utiliser dans un magasin, acheter avec du carburant ou dans d’autres domaines. D’ailleurs, selon la ministre des PTIC, il y a eu des essais pour cela dans certains cas, mais il faudrait surtout qu’il y ait un changement fondamental dans la gestion d’Algérie-Poste. En outre, une maturation est nécessaire pour la création de la banque postale qui devrait hisser AP à un niveau de sécurisation des fonds optimale et à une gestion plus commerciale de ses services. En opérant tous ces changements, la Poste pourrait devenir une source de diversification économique pour le pays.

 T. M.



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