Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 121 - Juin 2019

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Télécomunications

Le discours de la méthode

Abdenacer Sayah, directeur général d’Algérie Poste

Par Smail ROUHA



Il est des gestionnaires qui se taillent une réputation dans le monde des affaires et de l’entreprise selon leur style de management et/ou la manière récurrente dont ils ont géré des situations plus ou moins difficiles. Cette réputation se traduit par des sobriquets, certes réducteurs et rarement flatteurs, mais indélébiles comme «le bulldozer» pour un fonceur, «le pompier de service» pour le « redresseur » d’entreprise... Un qualificatif qui sied à merveille à Abdenacer Sayah, directeur général de l’opérateur public Algérie-Poste, et, néanmoins, directeur de la Poste au ministère de la Poste et des technologies de l’information et de la communication, qui a progressivement acquis la réputation de «M. redressement». Major de sa promotion, cet ingénieur en télécommunication de l’Inttic d’Oran, spécialiste de commutation numérique, est un pur produit de la formation algérienne. Ayant fait plus tard ses classes et ses preuves de senior manager à l’International, en Suède, au Danemark et en Afrique de l’Est, Abdenacer Sayah est devenu ensuite expert international en télécoms numériques. A ce titre, il est l’un des concepteurs essentiels de la mise en place du réseau numérique en Algérie. Chef de projet réseau numérique au grand centre Larbi Ben M’Hidi à Alger, chef du Centre national du support logiciel et maintenance, il exercera de 1997 à 2005 chez des opérateurs et équipementiers à l’étranger. Retour en 2006 au pays pour être conseiller technique chez Mobilis puis directeur de la stratégie et de la planification, et enfin directeur des ventes à un moment où l’opérateur national enregistre un bon prodigieux de plus de 35% de son chiffre d’affaires. En 2008, retour à la maison mère Algérie-Télécom : conseiller technique, chef de la division commerciale et marketing, ensuite patron du Pôle internet Djaweb Business & Services. En janvier 2010, Abdenacer Sayah, alors membre du Conseil d’administration, est désigné, après le décès de l’ancien directeur général Mohamed Hamadi, à la tête d’Algérie-Poste. Et, avant sa nomination en 2012, DG de l’opérateur historique, il est désigné en 2011 membre du Conseil d’administration d’Arabsat.
Avec plus d’un quart de siècle d’expérience dans les télécoms, la téléphonie, le numérique et l’Internet, Abdenacer Sayah est un homme facile d’accès ou, plutôt, il s’applique à en donner l’air, son bureau n’est jamais fermé, même quand il reçoit. L’homme sait écouter, même si on décèle chez lui l’imperceptible impatience d’aller à l’essentiel. Une expérience qui lui a permis de se forger un profil de «redresseur de sociétés». D’ailleurs, il sera en février 2015 chargé de la gestion par intérim de la Direction générale d’Algérie-Poste. Un secteur qu’il connaît très bien puisqu’il était auparavant directeur du développement postal et des services financiers et a connu plusieurs patrons d’Algérie-Poste, étant lui-même le sixième directeur de l’entreprise en l’espace de sept ans !

Observer, négocier et dominer le sujet
Peut-on se sentir bien dans la peau d’un «redresseur de sociétés en déconfiture», avec tout ce que cela suppose comme sous-entendus ? Pour Abdenacer Sayah, «les qualités qu’il faut ne sont ni plus ni moins que celles d’un bon gestionnaire. Bien sûr, il faut savoir travailler avec le moins d’états d’âme possible, mais il ne faut pas s’y tromper : redresser doit se faire dans les règles. Et cela doit aussi, contrairement à ce qui est supposé, se faire dans le respect des droits des travailleurs». Sa méthode ? « Pousser les employeurs le plus loin possible, mais sans aller trop loin» car la raison est la seule autorité en matière de vérité mais reste inefficace si elle ne s’exerce pas selon les règles. En effet, on ne soigne pas la gangrène avec du coton, et si on est chirurgien, une fois le mal diagnostiqué avec certitude, s’il faut amputer, il n’y a pas une minute à perdre ! » Quant à ses qualités, Abdenacer Sayah n’aime pas en parler, même s’il laisse comprendre qu’il « faut toujours commencer par ce qu’il faut éviter : montrer de la faiblesse. Le reste est une question de flair et de bon sens qui relève du bréviaire de tous les bons décideurs. Il s’agit de posséder les talents de qui sait observer, négocier, ne pas se laisser déborder...» En effet, toute science naissante n’a aucune chance d’être reçue par la plus grande partie des esprits, tant que ceux-ci n’ont pas été réformés.

  S. R.



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