Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 106 - Juil 2017

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Culture

Une passionnée de cinéma

Chahinez Mohamadi, directrice du Centre algérien du développement du cinéma

Par Leila BOUKLI



Grande passionnée de lecture, Chahinez commence à lire très jeune, sous la tendre attention de son père. Cette passion bifurque très vite sur les grandes œuvres littéraires adaptées au cinéma. Ses films préférés pendant longtemps ont été les œuvres adaptées de grands classiques, au cinéma. Mis à part cela, rien ne la prédestinait à une carrière dans le cinéma puisqu’elle fait des études à la faculté des lettres et des langues, département de traduction, option arabe-français-anglais, pour s’inscrire ensuite pour deux années de master à l’Institut supérieur arabe de traduction - Option interprétation des conférences. Ses diplômes en poche, elle rejoint l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel, l’AARC et c’est là qu’elle rencontre réellement le monde du cinéma. Sa première expérience date de la première édition des Journées du film Méditerranéen à Alger. A l’époque, on avait fait appel à elle pour être l’interprète des réalisateurs anglophones de la Méditerranée. Une expérience qui lui a beaucoup donné. « Celui qui m’a vraiment marquée, avoue-t-elle, aura été Nuri Bilge Ceylan, le réalisateur turc venu présenter son long métrage de fiction intitulé Il était une fois en Anatolie. Une histoire qui aurait très bien pu se dérouler chez nous, être racontée par des cinéastes algériens, tant la similitude des situations et des sociétés est analogue. Nuri Bilde Ceylan a obtenu la Palme d’Or à Cannes en 2014 pour son film Winter Sleep. A mon sens, malgré ses 3h 17’ de durée, il garde le spectateur en haleine, jusqu’à la fin.»
Son premier poste à l’AARC a été le service de promotion du département Cinéma et audiovisuel, en tant que chargée d’études. « Je m’occupais principalement du dossier lié à la promotion et au rayonnement du cinéma algérien dans les pays anglophones.»
Ensuite, elle est installée comme chef de service Production toujours au département cinéma. C’est là qu’elle commence à gérer les différents dossiers de productions cinématographiques financés par le ministère de la Culture, entre autres Yemma de Djamila Sahraoui, Parfums d’Alger de Rachid Benhadj, La voie de l’ennemi de Rachid Bouchareb, Crépuscule des ombres, dernier film de Mohamed-Lakhdar Hamina. En janvier 2015, Chahinez quitte l’Agence et rejoint le Centre algérien du développement du cinéma en qualité de chef du département production où elle se charge du dossier des films produits dans le cadre de la manifestation « Constantine, capitale de la culture arabe 2015».
Elle sera nommée, en octobre 2015, directrice de ce même centre, sis à El Achour et qui compte quelque 35 personnes, ayant principalement des profils cinéma en production et en technique; elle avoue d’ailleurs que c’est grâce à cette équipe dynamique et dévouée que le centre a pu accomplir toutes les missions qui lui ont été confiées.
Il a pour principales missions :
la production et la coproduction des œuvres cinématographiques;
la création de studios de tournage et de laboratoires de postproduction ;
la récupération des droits des films algériens produits au moyen de fonds publics ;
la promotion du cinéma national en Algérie et à l’étranger.
C’est d’ailleurs dans ce cadre, nous apprend-elle, qu’a été soutenu lors de la 70e Edition du Festival de Cannes (17-28 mai 2017), le premier long métrage de fiction du jeune réalisateur Karim Moussaoui En attendant les hirondelles, présenté à la section « Un certain regard ». Ce film relate trois histoires de la société contemporaine, qui s’entremêlent. Un bel espoir pour toute cette génération émergente !
Une autre mission et non des moindres est celle de promouvoir l’Algérie comme destination de tournage. Pour mémoire, le premier Tarzan a été tourné au jardin d’Essai, en 1932 comme nombre d’autres coproductions algéro-étrangères. Actuellement en sortie nationale, un film sur Ibn Badis que campe l’acteur Youcef Sehairi, originaire de Laghouat. Saint Augustin, une coproduction algéro-tunisienne dont la projection sera programmée très prochainement à Alger a été achevé. Et en projet, très avancé, le long métrage de fiction Larbi Ben M’hidi, rôle campé par Khaled Benaissa. La sortie de ce  film réalisé par Bachir Derrais est prévue en 2017. Bon départ pour la productivité de ce centre dont l’objectif à long terme est de remettre sur pied l’industrie cinématographique et dont la réussite dépend du réajustement de certains maillons de la chaîne qui, aujourd’hui, hélas font défaut. Elle conclut en disant que l’on ne peut concevoir un cinéma algérien sans tenir compte de sa dimension universelle et en le plaçant dans un contexte qui prenne en compte l’industrie mondiale du cinéma.
Cette jeune femme, bourrée de talents, compte apporter sa pierre à l’édifice. Et malgré ses longues journées de travail y compris souvent le week-end, Chahinez Mohamadi trouvera le temps, nous n’en doutons pas un instant, de concrétiser l’un de ses projets actuellement en gestation, dans son esprit: s’inscrire à un doctorat d’Etat en traduction en rapport avec la langue et le cinéma.
C’est tout le mal que nous lui souhaitons !
L. B.



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