Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 108 - Oct 2017

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Recherche scientifique

Un virage vers les énergies propres

Les énergies renouvelables au cœur de la transition énergétique

Par Salim HOURA



La modernisation de l’Algérie est un vaste processus d’industrialisation et d’urbanisation. Cependant, cette modernisation a ses inconvénients : usage intensif des ressources naturelles, des consommations d’énergie démesurées, pollution des sols, de l’air et de l’eau.
Néanmoins, depuis le début des années 2010, le gouvernement algérien a multiplié les actions en faveur de l’environnement et du développement durable, manifestant une prise de conscience croissante face à cette crise écologique et énergétique. En effet, l’Algérie, qui tire 95 % de ses revenus extérieurs des exportations d’énergies fossiles, est très touchée par la faiblesse des cours du pétrole. Les revenus pétroliers ont baissé de 70 % ces deux dernières années. Pour faire face à ce choc, le Président Abdelaziz Bouteflika a déclaré « priorité nationale » le programme national de développement des énergies renouvelables défini en mai 2015. Reposant essentiellement sur le solaire et l’éolien, ce programme prévoit la mise en place de 22 gigawatts de capacité de production d’électricité d’origine renouvelable d’ici à 2030 afin de porter la part des énergies renouvelables à 27 % du mix électrique national. Les 300 milliards de mètres cubes de gaz économisés sur cette période seront destinés à l’exportation. L’option Energies renouvelables (EnR) choisie volontairement par l’Algérie, qui dispose en cela de gisements considérables en ressources d’énergies renouvelables, particulièrement le solaire et l’éolien et un peu moins de géothermie, d’hydraulique, de biomasse ou autres produits transformables, est à la fois « un choix économique délibéré», « une ambition industrielle », « un pari écologique » et « un pari sur l’avenir», rappelait le Premier ministre Abdelmalek Sellal, dans son intervention à la Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21, Paris 31 novembre-12 décembre 2015). Pour cela, il est urgent pour l’Algérie d’opérer une véritable révolution non seulement dans nos habitudes de consommer et de produire mais avant tout de mettre en place les instruments de promotion de ce secteur promu au rang de moteur de développement socio-économique où les ressources naturelles doivent constituer un segment de croissance et non des éléments de vulnérabilité, écrivait notre confrère Kaci Djerbib, dans une contribution intitulée « Energies renouvelables et efficacité énergétique Options majeures pour stimuler l’économie algérienne ». Tandis que le Pr. Noureddine Yassa, directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), plaidait pour une « mise en place d’une base industrielle du renouvelable (qui) peut contribuer à développer des compétences nécessaires pour d’abord adapter les technologies aux conditions locales et innover de nouvelles solutions permettant de répondre aux besoins locaux».

Le rapprochement des mondes  de la recherche scientifique et de l’entreprise
Dans le but de rapprocher les mondes de la recherche scientifique et de l’entreprise afin de favoriser et d’initier le développement de projets collaboratifs innovants sur un marché en pleine expansion, l’EPST/Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) a organisé, dans le cadre des journées sur la recherche scientifique appliquée, initiées par la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, des journées portes ouvertes à l’Unité de développement des équipements solaires (UDES) Bou Ismaïl. L’objectif est de mettre à la disposition des opérateurs économiques, des dizaines de projets économiques et sociaux exploitant les énergies renouvelables, en vue de leur concrétisation. Du fait que la transition énergétique aujourd’hui en Algérie nécessite, en premier lieu, la création des passerelles entre l’université et le secteur socioéconomique. Un moyen efficace pour tisser des liens entre les centres de recherches et le monde industriel.
En effet, ces journées visent à rapprocher le public des centres de recherches et à créer des passerelles entre les centres de recherches et l’entreprise pour éviter tout cloisonnement constituant un frein pour la réalisation des produits de recherche sur le terrain.
Lors de ces journées rehaussées par la présence de son excellence, Mme Tuula Svinhufvud, ambassadrice de Finlande et des représentants de l’ambassade d’Espagne en Algérie, de Mohamed Salah Seddiki, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de Hafid Aourag, directeur général de la Recherche scientifique et de Développement technologique, et des autorités civiles et militaires, un événement ayant vu la participation de professionnels des différents secteurs d’activité, socio-économiques et culturels, des chercheurs et étudiants et des représentants d’entreprises, concernés par le domaine des énergies renouvelables et qui peuvent contribuer aux efforts de leur développement de l’Algérie, Mohamed Salah Seddiki, dans son allocution,  a rappelé que l’Algérie possède un potentiel énorme en termes d’énergies renouvelables qu’on doit exploiter et intégrer le plus tôt possible dans les différents secteurs d’activités pour assurer notre sécurité énergétique et diversifier nos ressources en matière d’énergie dans un marché mondial non stable. Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique estime que ces portes ouvertes participent à la mise en lumière du niveau de développement technologique atteint par les chercheurs algériens du fait de l’importance dévolue aux énergie renouvelables dans l’économie algérienne, à l’avenir, selon les orientations du Président Abdelaziz Bouteflika. Tandis que le Pr Noureddine Yassaa a indiqué que ces journées visent à créer davantage de passerelles et de synergies entre la recherche académique et appliquée et les secteurs industriels et socio-économiques tout en rappelant que le dernier conseil des ministres a classé les énergies renouvelables comme « une priorité nationale », qui assure inéluctablement l’indépendance énergétique de notre pays et générera une dynamique de développement économique-industrielle. D’ailleurs, il a mis l’accent sur le potentiel énorme en matière d’énergies renouvelables, notamment « solaire, éolien, thermique, hydrogène et la biomasse », en évoquant la nouvelle mouture du Programme national de développement des énergies renouvelables et l’importance de l’accompagnement des différents secteurs socio-économiques.

Sept conventions signées
En marge de portes ouvertes organisées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, sept conventions-cadres ont été signées entre le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) et sept entreprises et organismes (nationaux et étrangers) activant dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et de l’environnement. Ces accords ont été signés par le professeur Noureddine Yassaa, directeur du CDER, avec les responsables de la Chambre algérienne de commerce et de l’industrie, de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie, de l’Agence nationale des déchets, du groupe Tonic emballage, de l ’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE), de General Electric International Algérie, et de l’Organisation non gouvernementale (ONG) R20 MED.
Dans le domaine de l’énergie, les conventions signées portent sur la promotion de nouveaux mécanismes pour une politique nationale de maîtrise des énergies propres, visant à terme leur intégration dans le réseau électrique national, alors qu’en matière d’environnement l’accord signé stipule l’exploitation des énergies renouvelables dans la gestion des déchets, ainsi que le développement de technologies propres au niveau des villes. L’accord signé dans le domaine industriel, porte, quant à lui, sur le renforcement de l’usage de l’énergie solaire (photovoltaïque), de l’énergie thermique, et de l’énergie éolienne, considérées désormais comme des priorités nationales en Algérie. Des conventions à même de renforcer les relations entre le CDER et le monde des affaires et de l’industrie, aux fins d’édifier une économie de substitution aux hydrocarbures.
  
S. H.



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