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N° 107 - Août 2017

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Recherche scientifique

« On ne peut être juge et partie »

Dr. Mostepha Yahi, directeur du Centre de recherche scientifique et technique en soudage et contrĂ´le

Entretien réalisé par Smail ROUHA



El-Djazaïr.com : Quel est l’impact du centre sur le développement de la recherche scientifique et le développement technologique ?

Dr. Mostepaha Yahi : Nous travaillons sur le développement technologique. La recherche académique est du ressort des universités. La recherche technologique a trait aux projets de recherche, aux activités des thématiques élaborées au niveau de la division de recherche. La problématique est tirée de la réalité du terrain, à partir de problèmes soulevés au niveau de l’industrie. Nos experts, chercheurs et ingénieurs traitent des problèmes en amont et, parfois, en aval rencontrés par les industriels, nos partenaires à travers des dossiers de recherche soumis aux divisions de recherche qui travaillent sur le développement technologique. De ce fait, c’est une recherche appliquée. C’est diffèrent d’une recherche académique. Le développement technologique se fait au niveau des structures de recherche et de valorisation, des ateliers constitués de laboratoire et les plateformes technologiques.  Un    atelier   est   un    ensemble de laboratoire de recherche technologique et de service technologique versés dans le développement technologique. Nos canaux assurent l’interface et le lien entre la division de recherche et les chercheurs de notre établissement et aussi avec le secteur socioéconomique et notamment l’industrie nationale. Notre point fort est notre accréditation. Lorsqu’on fait une prestation, elle est normalisée. Par notre accréditation, nous avons une reconnaissance sur deux plans : la gestion et le management, ainsi que la technicité, le savoir-faire. Nous sommes labélisés de par notre accréditation 17025. Notre deuxième point fort est notre filiale, le CSC-Expertise Spa, la seule aussi bien au niveau de l’Enseignement supérieur que sur le plan étatique, qui exerce dans le domaine de technique et d’assemblage, tout ce qui est CND. Le CSC-Expertise fournit également des prestations comme la formation qualifiante, les expertises et le soudage. En outre, le CSC Expertise est accréditée 17020, soit une reconnaissance en technicité et management. C’est un label. De ce fait, nous sommes soumis chaque année à un audit externe. Par ailleurs, la filiale, créée en 2009, possède 150 experts et ingénieurs. C’est un pourvoyeur d’emplois ; pour preuve tous les ingénieurs et techniciens inscrits à l’Anem de Tipasa ont été recrutés par le CSC-Expertise pour lesquels un process de mise à niveau a été lancé.

El-Djazaïr.com : Voulez-vous expliciter la formation qualifiante ?

Dr. Mostepaha Yahi :  Nous avons adopté cette formule de formation qualifiante de perfectionnement, parce que nous ne sommes pas habilités à assurer des formations académiques qui sont du ressort de l’université. La formation qualifiante permet aux ingénieurs la maîtrise technique avancée dans certains domaines ainsi que leur mise à niveau  puisque nouvellement diplômés. Une fois l’ingénieur recruté au sein de cette structure, il est affecté à l’inspection des chantiers de nos partenaires qui sont dans les hydrocarbures, l’hydraulique... etc. En clair, tout ce qui a trait à la canalisation, à l’installation électrique, au  contrôle de soudure. Ce qui a permis à la filiale de voir, depuis 2009, son chiffre d’affaires évolué. Ce qui prouve qu’elle a un cahier des charges important en dépit de la concurrence des entreprises internationales. Un cahier des charges important est une preuve de l’efficacité, du sérieux et de la compétitivité de la filiale qui est normalisée. En perspective, nous comptons créer d’autres filiales du fait qu’on ne peut pas être juge et partie car une entreprise ne peut être normalisée en même temps en soudage et contrôle.
Aussi, même si nous faisons le soudage, nous n’avons pas une filiale spécialisée au vu du lourd proces. En outre, d’autres plateformes sont en perspective, notamment à Annaba spécialisée dans le revêtement par projection thermique et traitement de surface, et viendront s’ajouter à celle celle  déjà implantée à Bou-Ismail et fonctionnelle. Une  plateforme  technologique œuvre dans trois axes ; la formation des ingénieurs ou la qualification par la mise à niveau, c’est un incubateur pour les universitaires en fin de cycle, et c’est une interface entre le monde scientifique et celui de l’industrie.

El-Djazaïr.com : Quels sont exactement les projets du Centre ?  

Dr. Mostepaha Yahi : La plateforme de Bou-Ismail contient deux services, l’un pour le prototypage et la mécatronique, et l’autre pour la caractérisation. Le  centre  abrite également un projet structurant, la réalisation d’un drone, projet ayant démarré en 2010 et en cours d’évaluation car nécessitant une technologie très complexe. Mais je peux vous dire que l’étude, la conception et la réalisation sont du « made in Algeria», particulièrement « made in C.S.C. », excepté le moteur. Nous comptons d’ores et déjà nous lancer dans la seconde version. Nous avons également d’autres projets dans le développement technologiques qui sont en cours au niveau de nos ateliers. Pour cette année, nous avons breveté une étude pour la réalisation d’une machine de soudage, dotée de système embarqué, par friction malaxage. Nous avons aussi d’anciens projets qui ont été brevetés. Tous ces projets sont réalisés pour être utilisés dans le secteur socioéconomique.

El-Djazaïr.com : Qu’en est-il du partenariat?

Dr. Mostepaha Yahi : Nous en avons beaucoup. Je peux vous définir deux genres de partenariat. En premier lieu, il ya les partenaires académiques qui sont les universités, les centres de recherche, les institutions d’enseignement et de formation militaires  où nos experts contribuent dans la formation et l’encadrement. C’est notre contribution dans la formation académique. En second lieu, nous avons des partenaires industriels, notamment stratégiques à l’instar de Sonatrach, Sonelgaz, le MDN, et des sociétés industrielles privées et publiques et des multinationales, françaises, italiennes, américaines. A l’international, on a dû surseoir à un marché en Libye en raison de la conjoncture actuelle mais nous avons un projet avec les Saoudiens en matière de mobilité d’experts et de formateurs.
S. R.



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