Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 111 - Jan 2019

Go

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Un label au service de l’excellence

ÉCOLE POLYTECHNIQUE MAURICE-AUDIN D’ORAN

Par Farid HOUALI



Créée en décembre 1970, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, fruit d’une collaboration entre l’Algérie et l’Unesco, l’ENSEP (École normale supérieure d’enseignement polytechnique) d’Oran a la vocation de former les professeurs qualifiés de l’Enseignement secondaire technique. L’ENSET d’Oran a, de ce fait, indirectement contribué au développement industriel du pays, sa création ayant coïncidé avec le programme d’industrialisation de l’Algérie. Lors de sa création en 1970, l’ENSEP d’Oran était chargée de former les premiers professeurs d’enseignement secondaire technique dans les filières de mécanique, d’électronique et d’électrotechnique en parallèle avec les formations de licence d’enseignement en sciences exactes  (mathématiques, physique, chimie) et en collaboration avec l’Université d’Oran Es-Senia.  Durant la période 1970-1975, l’école fut, dans la région ouest, le premier établissement à assurer la formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs pour le compte de l’Université des sciences et techniques d’Oran (USTO) qui était en construction à l’époque. Devenue en août 1984, ENSET d’Oran (École normale supérieure d’enseignement technique), l’école a connu une modification tout dernièrement en devenant Ecole normale supérieure d’enseignement technologique conformément au décret exécutif n° 08-210 du 14 juillet 2008 avec une nouveauté dans l’élargissement de ses missions de formation pour les autres secteurs du pays. Enfin, en 1986, une expérience a été lancée dans la filière informatique à la demande du ministère de l’Education nationale. Cette dernière n’a concerné qu’une  promotion avant son extinction. Quant à la formation post-graduée, en plus des formations de magister dans les spécialités d’électronique, d’électrotechnique, de chimie des eaux et environnement, de génie mécanique, l’ENSET d’Oran s’est lancée depuis la rentrée  universitaire 1999/2000 dans des formations de didactique des sciences et techniques,  d’ingénierie de formation, de génie civil, de physique, de chimie, de langue française sur objectif spécifique, et en 2006, de management de la technologie et de l’innovation. A cela, il faut ajouter les DPGS (Diplôme de post-graduation spécialisée) en sciences des risques, en fabrication mécanique et récemment, en maintenance et sécurité industrielle, en analyse instrumentale et sécurité laboratoire et en Internet pour le développement de la formation à distance. A partir de la rentrée universitaire 2007/2008, sous une nouvelle dénomination, École normale supérieure d’enseignement technologique d’Oran (ENSET d’Oran), avec modification du statut, par décret n° 08 -210 du 14 juillet 2008, a été habilitée à délivrer le doctorat et l’habilitation universitaire dans les spécialités de physique, génie mécanique et génie électrique. En 2012, l’école se redéploye en École nationale polytechnique d’Oran (ENP d’Oran) par décret exécutif n°12-376 du 29 octobre 2012 et assurera, dans le futur, la formation d’Ingénieurs des grandes écoles dans les filières technologiques.  En effet, après quarante-deux ans de bons et loyaux services (1970/2012), l’École normale supérieure de l’enseignement technologique d’Oran tire sa révérence et donne naissance à l’École nationale polytechnique d’Oran, tel un phénix qui renaît de ses cendres. « Loin d’être une situation de tabula rasa, la naissance de l’ENP d’Oran s’appuie sur un héritage pédagogique, scientifique et de coopération internationale considérable, axé, en premier lieu, sur la formation au service de l’Éducation nationale, et dans un second temps, pour l’Enseignement supérieur », souligne dans un édito, son premier responsable, le Pr Abdelbaki Benziane. Ce legs ne saurait être des lauriers sur lesquels l’ENP d’Oran se reposerait, mais un atout pour pérenniser les acquis, assumer de nouvelles missions, innover d’autres actions et relever des défis à la mesure de son potentiel humain et logistique. Après avoir été, en tant qu’ENSET d’Oran, à la base de la construction de l’élite pourvoyeuse de valeurs et de connaissances, l’actuelle ENP d’Oran baptisée en avril 2017, au nom du martyr Maurice Audin, jeune mathématicien et militant anticolonialiste ayant épousé la cause nationale, assassiné par  les parachutistes du tristement célèbre général Massu, sera au cœur du développement de l’environnement socio-économique en contribuant à la formation de celle qui emploiera ses compétences, savoir-faire, savoir-être et esprit de créativité au service des entreprises en tant qu’institutions génératrices de richesse collective et de bien-être commun.  L’attestent d’ailleurs les chiffres nous ayant été communiqués par Abdelmalek Lakhdar,  directeur adjoint des enseignements, des diplômes et de la formation continue, selon qui, le nombre des étudiants sortants de l’ENPO qui a pour mission d’assurer la formation supérieure, la recherche scientifique et le développement technologique à travers la formation d’ingénieur et master dans 11 spécialités des sciences et technologies, depuis sa création en 1970, s’élève à 9077 étudiants normaliens dont les sept derniers, courant l’année scolaire 2016/2017. Toujours selon le même responsable qui nous reçoit dans son bureau,  274 diplômes d’ingéniorat ainsi que 160 000 diplômes de master ont été remis depuis 2012 à ce jour, soit depuis la conversion de l’ENSET à l’actuelle ENPO Maurice Audin. Quant au nombre  d’inscrits pour l’année en cours, il est de 1246 étudiants toutes spécialités confondues dont l’encadrement pédagogique est assurés par 159 enseignants entre professeurs, maîtres de conférences et maîtres assistants ainsi que 217 agents d’encadrement  administratifs techniques et de service (ATS). Notre rencontre avec le directeur adjoint des enseignements, des diplômes et de la formation continue est également une occasion d’aborder d’une manière globale les inscriptions et affectation des nouveaux bacheliers (2017) à son établissement affirmant dans ce sens que pour la troisième année consécutive, l’ENPO d’Oran inscrit en première année des classes préparatoires en sciences et technologies (CPST) les nouveaux bacheliers 2017 conformément à la circulaire n° 02 du 6 juin 2017 et des recommandations du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du 04 juillet 2017. Ainsi, nous apprenons que l’effectif total des affectés à l’ENP d’Oran en CPST, Code C 08 est de 399 bacheliers affectés à l’ENP d’Oran dont 02 ont obtenu un avis favorable pour leur transfert, ce qui porte le total réel des affectés à 397 inscrits. « Cet effectif correspond bien au quota en places pédagogiques offertes par l’école, fixé au nombre de 400 places », soutient Abdelmalek Lakhdar,  relevant que la filière C08 a été demandée par 968 bacheliers dont 264 en premier choix, 357 en 2e  choix et 302 en 3e  choix et 45 en 4e choix. Aussi, faut-il le noter, la série  Mathématiques prend la première position avec 139 bacheliers affectés correspondant à près de 35 %. Elle est suivie par la série  Techniques mathématiques avec 131 affectés soit prés de 33 % et enfin la série Sciences expérimentales qui se retrouve en troisième position avec 129 affectés, soit 32 % des 399 bacheliers affectés à l’école. Les séries M et TM (priorité 1) représentent un effectif de 270 représentants près de 68 % des bacheliers inscrits auprès de l’ENP d’Oran. Cette tendance peut s’expliquer par l’engouement des bacheliers de la série M et TM à la formation d’ingénieur au titre de cette année. « L’ENP d’Oran, avec toutes ses composantes, pédagogiques, scientifiques et administratives, est pleinement engagée à assumer ses missions non sans l’appui de ses partenaires historiques que sont les universités algériennes et étrangères, mais aussi avec des partenaires nouveaux et indispensables que sont les entreprises et les grandes écoles dans notre pays et ailleurs », s’accordaient à dire dans ce sens ses cadres, enseignants, chercheurs et étudiants que nous avons rencontrés en ce novembre 2017.  

Dans l’univers de l’excellence
En termes d’infrastructures, l’ENP d’Oran déployée sur une superficie de 34.245 m², dont plus de 14.000 m² bâti, que nous avons sillonnée de bloc en bloc accompagnés notamment par  Boubakeur Benahmed directeur adjoint  de la formation doctorale, de la recherche scientifique et du développement technologique, de l’innovation et de la promotion de l’entreprenariat, est  répartie en 10 blocs dont 9 réservés à la pédagogie et à la recherche Le 10e  abrite les locaux de l’administration centrale. A l’ensemble viennent s’ajouter une infirmerie, une cafétéria, une salle de sport, un atelier pour le service d’entretien et de maintenance de l’école, un bloc réservé aux logements de fonction où se trouve également une crèche et enfin un stade de football au gazon naturel. L’école  abrite également deux ateliers pédagogiques, le premier dans le département de génie mécanique et le second dans le département de génie civil. L’ex-ENSET d’Oran a bénéficié en 2004 de la construction d’une Bibliothèque (R + 2) abritant en plus une médiathèque et un cyberespace, venu compléter la salle de téléenseignement et la régie vidéo. Au total, l’école dispose des infrastructures pédagogiques suivantes :
03 amphithéâtres d’une capacité de 120 places
43 salles de cours d’une capacité variant chacune de 40 à 112 places
26 salles de travaux pratiques d’une capacité variant chacune de 10 à 30 places
07 salles d’informatique d’une capacité variant chacune de 15 à 30 postes
01 salle de dessin de 15 places
01 laboratoire de langues d’une capacité de 30
01 salle de visioconférence d’une capacité de 100 places,
01 salle de téléenseignement d’une capacité de 20 postes,
01 salle de conférences d’une capacité de 200 places,
01 salle de conférences d’une capacité de 50 places,
01 salle de lecture d’une capacité de 150 places,
01 salle de consultation d’une capacité de 30 places,
01 médiathèque d’une capacité de 45 places,
01 cyberespace d’une capacité de 45 postes.
La bibliothèque de l’ENPO, qui porte le nom de feu Talahite Bekhlouf, premier directeur de l’ENSET de septembre 1971 à septembre 1988, a été renforcée par l’acquisition, en septembre 2003, d’une nouvelle structure et d’un nouvel équipement. Elle comprend, selon les explications nous ayant été fournies sur place, un magasin de stockage d’une capacité de 13992 titres avec 37008 ouvrages, une salle de lecture de 100 places, une  salle de consultation des ouvrages et périodiques pouvant accueillir 20 chercheurs, une salle de conférence de 200 places, une salle multimédia de 40 places. Quant à son personnel, il est entièrement spécialisé. Il s’agit notamment de 10 attachés de recherche et d’un agent technique et divisés en 2 équipes qui assurent un fonctionnement continu de la Bibliothèque de 8h à 19h. « La recherche bibliographique est en libre accès dans toute l’école grâce au service intranet », nous assure Mme Fatiha Laoufi-Rezgui, directrice adjointe chargée des systèmes d’information  et de communication et des relations extérieures. En plus des potentialités humaines d’encadrement pédagogique existantes, l’école dispose d’importantes infrastructures pédagogiques, administratives et sportives. Elle est également dotée d’équipements scientifiques et techniques pour le fonctionnement des différents départements pédagogiques. Depuis une dizaine d’années, l’ENSET s’est dotée d’un Centre des systèmes et réseau d’information et de communication de téléenseignement et de l’enseignement à distance dont l’ambition est de mettre à la disposition de la communauté universitaire de l’Ecole, des moyens et des services à la mesure de leurs préoccupations tant sur le plan informatique que celui du calcul, d’assurer une formation de qualité en informatique, de contribuer au suivi de l’informatisation des différents services de l’Ecole, d’assister les utilisateurs en difficulté, etc. Le Centre de calcul se trouve au 2e  étage de la Bibliothèque de l’ENSET. Il dispose d’un personnel qualifié composé de trois ingénieurs d’Etat en Informatique assurant sa bonne marche.

L’université, c’est aussi la recherche
Dans une allocution prononcée devant la famille universitaire à l’université Kasdi-Merbah de Ouargla où il avait présidé l’ouverture officielle de l’année universitaire 2010-2011, le Président Abdelaziz Bouteflika avait appelé les enseignants et les chercheurs à œuvrer au développement des capacités scientifiques et de recherche, à la modernisation des programmes pédagogiques et à l’adaptation des méthodes d’enseignement, afin de hisser l’enseignement au niveau des grandes universités dans le monde. Car  de par son statut, l’université,définie en 1891 par un philosophe américain comme étant «une association d’hommes dotée et privilégiée par l’État, faisant en sorte que le peuple puisse recevoir une formation intellectuelle et que les problèmes théoriques qui surgissent au cours du développement de la civilisation puissent être résolus », devrait « inéluctablement » contribuer au développement économique ». L’ENP d’Oran a l’avantage d’avoir la soif et l’énergie d’une jeune école et de bénéficier de l’expérience de sa mère « ENSET d’Oran ». Elle est organisée actuellement en sept départements pédagogiques :
le département de génie mécanique,
le département de génie électrique,
le département de génie civil,
le département de physique- chimie
le département de mathématiques-informatique.
le département de management,
le département des langues.
« Chaque département est doté d’équipements et de structures nécessaires et adéquats au bon déroulement des enseignements tels que les amphithéâtres, salles de cours, salles de travaux dirigés, laboratoires pour travaux pratiques, salles de micro-ordinateurs, bureaux pour enseignants et d’autres salles polyvalentes », assure Mme Fatiha Laoufi-Rezgui,. Toujours selon les explications de la même responsable, chaque département possède des laboratoires pédagogiques au service de la formation assurée dans ce dernier. Ainsi, le département de génie mécanique possède 5 laboratoires pédagogiques, le département de génie électrique qui abrite les formations d’électronique et d’électrotechnique possède 11 laboratoires pédagogiques, le département de génie civil en possède 5 et en fin le département de Physique-Chimie 9. D’ailleurs notre passage à l’ENPO est une occasion d’avoir d’amples explications quant au fonctionnement, objectifs et missions d’un certain nombre de laboratoires de recherches, qui faudrait-il le souligner, font la fierté de l’École. Il convient à ce titre de rappeler à titre illustratif que des  élèves ingénieurs de l’Ecole nationale polytechnique Maurice-Audin d’Oran du laboratoire de fabrication FabLab précisément  ont développé  un nouveau concept de poubelles intelligentes. « Ce nouveau concept permet de faciliter aux services publics et aux entreprises de nettoyage la collecte et l’élimination des déchets », selon les explications nous ayant été fournies sur place par Mme Meriem Benmeziane ingénieure principal universitaire et responsable du FabLab.  Les poubelles intelligentes sont équipées d’un panneau solaire et d’un système de localisation et de commande à distance. Elles sont dotées de plusieurs fonctionnalités de pointe, à savoir un système de compactage qui permet de réduire considérablement le volume des déchets, outre un procédé pour l’élimination des odeurs. Grâce à ce nouveau système, la jeune entreprise Clean Touch offre la possibilité d’automatiser la gestion de déchets urbains à court réduit. La principale finalité concerne l’amélioration de la situation environnementale des grandes villes, ainsi que l’évolution de la perception des citoyens vis-à-vis des espaces publics.  Autre conception phare des étudiants de FabLab : le détecteur intelligent du gaz « Save me ». Présenté lors du 8e Salon des énergies renouvelables (ERA), qui s’est déroulé au Centre des conventions d’Oran du 23 au 25 octobre dernier, cet équipement a été conçu de façon à couper l’alimentation de gaz et à lancer simultanément une alarme. Le « plus » de cette invention consiste dans le système permettant d’envoyer un message d’alerte sur le téléphone portable. Ce produit a obtenu le prix du meilleur produit de l’année 2017 primé lors de la 6e compétition annuelle des jeunes entrepreneurs qui s’était tenue début octobre dernier. Ce n’est pas tout. Mme Meriem Benmeziane a par ailleurs fait part de cinq autres projets qui sont en phase d’études toujours au niveau du FabLab. Cela dit, contrairement à une idée reçue, l’étudiant algérien n’a jamais été en déphasage par rapport à ce qui se fait de par le monde. Bien au contraire, quand les moyens sont mis à sa disposition, comme ce fut le cas à l’ENPO, cet étudiant ne peut être qu’un modèle. Une idée amplement soutenue par Amina Babou, étudiante en 5e année génie électrique future ingénieure d’État en automatique. Originaire d’Alger, elle a rejoint l’ENPO après deux années dites préparatoires à Tlemcen. Et le choix de l’ENPO, assure-t-elle n’est pas fortuit. « C’est une école précédée par sa réputation », assure-t-elle. C’est aussi, à ses dires, une école « référence » notamment en matière d’enseignants y exerçant ainsi qu’en moyens et équipements de recherche. « Aussi, grâce aux orientations de son directeur, l’école est ouverte 24/24. Ce qui nous garantit la disponibilité l’encadrement y compris en dehors des heures de service », soutient Amina Babou qui « aspire » aller le plus loin dans son domaine une fois son doctorat obtenu. Comme l’étudiante Amina Babou, au sein de l’ENPO, on n’est jamais las d’aller à la « conquête » du savoir, comme l’attestent les dires de Mme Zohra Bentifour, chef du département   de management et responsable de la formation ingénieur entreprendre. En effet, dès 2012, l’ENP d’Oran a introduit une nouvelle formation transversale en Innovation dénommée: Filière Ingénieur Entreprendre ou appelée «Filière Innovation Entreprendre» (FIE) destinée aux élèves ingénieurs, et ce en collaboration avec l’INSA de Lyon dans le cadre du programme FSP 2008-24 «Appui aux écoles supérieures algériennes et à la création d’une école supérieure de technologie». Cette formation vise, selon notre interlocutrice,  à répondre aux exigences actuelles pour former les jeunes porteurs d’idées à l’entrepreneuriat. « La FIE permet de former des ingénieurs à innover et à entreprendre, à partir d’idées innovantes, en les rendant aptes à imaginer les risques propres à l’entreprise », soutient Mme Bentifour. La formation FIE permet, également de créer un espace interactif entre les étudiants porteurs de projets et les chefs d’entreprises ainsi que le réseau d’appui à la création d’entreprise (pépinière d’entreprise, ANSEJ, FGAR et différentes directions). La FIE est un pré-incubateur car elle permet la promotion de l’esprit entrepreneurial et la création d’entreprise en s’appuyant sur des projets vivants et reposant sur une pédagogie. Dans le même contexte, CreatiVum est un laboratoire d’idées pluridisciplinaire, ouvert à toutes et à tous, qui rassemble étudiants, enseignants, administrateurs et techniciens de tous les établissements. Fondé en novembre 2016 par Salim Hammar, enseignant-chercheur à l’ENP d’Oran que nous avons rencontré dans le cadre de ce reportage,  CreatiVum est co-fondé par les étudiants Sidi Ali Mebarek Abdelhak, Tahraoui Adnane, Mounia Hachlaf, Abderrahmane Saidane et Oussama Zahi. « CreatiVum représente un espace neutre pour le partage et la réalisation d’idées créatives. Son objectif premier est la promotion d’une créativité positive et éthique centrée sur l’humain. C’est un espace d’apprentissage qui ne veille pas au développement de compétences mais à l’éveil des potentiels », nous explique Salim Hammar selon qui, toute la dynamique de cet organisme tourne autour d’un seul leitmotiv : « Donnez du sens à votre présence, soyez créatifs.» CreatiVum n’est ni un club ni une association. C’est un organisme vivant.

Une ouverture sur le monde économique
« L’ouverture de l’ex-ENSET d’Oran sur l’environnement industriel est due en grande partie au caractère technologique de l’établissement », se félicite le Pr Ali Benammar, enseignant et ex-directeur du Laboratoire de recherche en technologie de fabrication mécanique (LA RTFM ENP Oran). Ce même laboratoire qui dispose en son sein, d’un système d’aide à la décision pour le paramétrage de  la coupe des métaux, a pour missions essentielles,  le traitement thermique et caractérisation mécanique des matériaux, la maintenance et fiabilité des systèmes industriels, la modélisation numérique et simulation du phénomène de transfert de chaleur par des effets thermiques, la modélisation énergétique des procédés mécaniques, installations, systèmes et structures et modélisation et simulation en génie mécanique. Le LARTFM ENP Oran assure également les travaux de développement, d’amélioration de process et d’expertises de procédures et méthodes technologiques, les  formations qualifiantes pour le perfectionnement du personnel de l’entreprise dans différents domaines d’activités du laboratoire (API, CAO, métrologie, matériaux, productique, …) et formations diplômantes de DPGS en management des risques et la sécurité industrielle, pour les cadres d’entreprise. En effet, l’école a apporté grâce à ses laboratoires de recherche des réponses aux entreprises et institutions à travers des prestations qu’il s’agisse de savoir-faire, d’assistance technique, de fabrication de pièces ou tout simplement de mise à disposition d’appareillages performants. Cette implication dans le monde industriel a été renforcée depuis le lancement à compter de la rentrée universitaire 2001/2002 de la filière PEST « Management Industriel », venue initier une nouvelle approche de la relation management technologique. « Cette démarche d’ouverture a été concrétisée par un ensemble de conventions signées par un bon nombre d’entreprises et institutions. Il s’agit particulièrement de Somiz, Contrôle technique de la construction (CTC Ouest), le Commandement des Forces navales (CNF), CPMC (Béni Saf) sur les effets de la Pouzzolane naturelle, ALFON, Sonatarch Aval, SEOR, Ecole de Construction aéronautique (ECA), Société du verre (ALVER) d’Oran, Centre de développement des énergies renouvelables (CDER-Alger), Chambre de commerce et de l’Industrie de l’Oranie, ADC Electronique, ALKAD Works », soutient le Pr Ali Benammar, relevant que depuis 2012 à 2017, le laboratoire dont il était le premier responsable  a réalisé à lui seul, un chiffre d’affaires d’un peu plus de 8 millions de dinars.  S’agissant des objectifs recherchés, il s’agit notamment de la création d’un fonds de ressources numériques, d’un outil  informatique pour la conception et la fabrication mécanique, de l’informatisation des systèmes de productions et  la modélisation, d’une didactique et  apport multimédia pour l’apprentissage, le soutien à la formation en graduation, post-graduation et PGS et des publications et échanges au niveau national et international. Pas trop loin de là, un autre laboratoire, celui  d’automatique et d’analyse des Systèmes (LAAS) est considéré comme une référence dans son domaine d’intervention, à savoir la commande des machines électriques, les systèmes éoliens et les conversions électromagnétiques dans l’énergie  éolienne, le développement des analyses du contrôle non destructif dans l’industrie, la marine et l’aéronautique et l’application des algorithmes génétiques et colonies de fourmis pour la minimisation des coûts de production d’énergie électrique.

Le LTE : un labo au service de l’environnement
C’est en intégrant la dimension environnementale et sécuritaire ainsi que la logique du développement durable que le Laboratoire des technologies de l’environnement (LTE) réalise toutes ses missions. « Pour nous l’environnement et la sécurité constituent d’abord une préoccupation constante tout au long de la vie d’un projet », nous affirme d’emblée le Pr Hassiba Bouabdesselam, directrice du laboratoire LTE, responsable assurance qualité ENPO, responsable formation doctorale management du risque et responsable de la formation Ingénierie du dessalement des eaux au sein de l’ENPO.  C’est aussi un ensemble de métiers spécifiques pour lesquels LTE a développé des compétences fortes, afin de contribuer à la protection des milieux naturels et au respect de la qualité de vie dans son contexte sécuritaire. Pour répondre à ces exigences, LTE dispose, selon sa première responsable,  d’équipes pluridisciplinaires adaptées au contexte technique, social et environnemental et sécuritaire de chaque projet. Ces équipes en nombre de quatre regroupent plus qu’une vingtaine de chercheurs travaillant sur différents axes de recherches dont les carburants alternatifs, la combustion et propulsion, la synthèse macromoléculaire hétérocyclique et les procédés de traitement des pollutions et gestion des risques accidentels en milieu industriel. Le laboratoire LTE dispose, également  de moyens d’analyse des eaux, de la dispersion atmosphérique et d’un banc d’essai moteur.
« Le laboratoire LTE est riche avec sa production scientifique de haut niveau et très diversifiée par ses publications internationales de renommée et la participation de ses chercheurs dans des rencontres et congrès internationaux », se réjouit Pr Hassiba Bouabdesselam, notant que durant ces  trois dernières années, il y a eu les soutenances de huit thèses de doctorat, plus d’une vingtaine de publications internationales, ainsi que plus d’une dizaine de participations à des congrès internationaux. En résumé Pr Hassiba Bouabdesselam assure que «la devise du LTE est de moins polluer en produisant mieux. C’est un défi auquel se trouve conviée l’industrie et qui doit s’intégrer dans l’optimisation des procédés industriels », dit-elle.  C’est dans ce contexte que LTE apporte des solutions fondées sur l’innovation, la qualité, l’écoute de l’entreprise et les collectivités locales, la protection de l’environnement et la sécurité des biens et des personnes. C’est pourquoi, le LTE propose des services dans  les études réglementaires qui jalonnent la vie d’un projet, études d’impact sur l’environnement, étude de dangers, audit environnemental, étude d’hygiène et sécurité, plan de prévention du risque, système de gestion environnementale et audit sécurité. Aussi, le LTE peut former un personnel compétent capable de gérer durablement les contraintes et objectifs environnementaux et sécuritaires identifiés lors de l’étude par la conception de modules de formation et de sensibilisation et l’animation des formations et des sensibilisations.
F. H.
* Ce reportage a été réalisé avant la nomination du Pr Abdelbaki Benziane au poste de recteur  de l’Université Ahmed-Ben-Bella d’Oran.



Articles de la même rubrique

Du même auteur

Par Farid HOUALI

Les plus lus

L'Algérie avant tout
AMMAR KHELIFA.

Le Pr Abderrahamane Abene
Par Farid HOUALI.

La transformation numérique
Par Dr Ali Kahlane,.

Jeux méditérranéens 2021
Par Smail ROUHA.

Un renfort de qualité
Par Farid HOUALI.

Sûreté de la wilaya de Sétif
De nos envoyés spéciaux Farid HOUALI et Abdessamed K..

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF