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N° 117 - Nov 2018

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Cap sur l’entreprenariat à l’université

Cérémonie du cinquantenaire de la création de l’université d’Oran

Par Yahia MAOUCHI



Afin de consolider la coopération entre les universités et les entreprises, et permettre ainsi aux jeunes diplômés de se rapprocher du monde du travail, le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a su se composer en pôle du savoir par excellence, contribuant ainsi à la formation de millions d’étudiants. Cet effort est le fruit du dévouement de toute la communauté universitaire ; cadres, enseignants et travailleurs qui œuvrent tous ensemble pour relever le défi de la modernité et permettre à l’université d’accéder au rang du monde développé.
Il est admis que la croissance économique est tributaire de manière globale des entreprises créées par les besoins de la société, et ayant comme finalité la réalisation de profits, de valeurs ajoutées tangibles. Seulement, la création d’une entreprise et la mise au point de ses différentes activités doivent être basées sur des approches prouvées et pratiquées, en premier lieu, dans les universités pour se développer par la suite. Par conséquent, la relation entre ces deux institutions demeure complexe et fait l’objet de plusieurs appréciations parfois non équilibrées de par le contexte économique dans lequel ils évoluent, soulignait le professeur Kamel Chaoui du département de mécanique de l’Université Badji-Mokhtar d’Annaba. Ainsi, plusieurs études et analyses publiées indiquent que nos universités sont peu engagées dans le système socioéconomique du pays et les efforts consentis sont prioritairement destinés à régler des dysfonctionnements internes. Cette situation a donné lieu à une inertie de la part des étudiants et des enseignants ; relation encore affaiblie par des difficultés de communication pour les disciplines utilisant des langues d’enseignement étrangères, selon le même chercheur. Pour y remédier, le Professeur Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a appelé depuis l’Université Ahmed-Ben-Bella d’Oran, toutes les institutions universitaires algériennes à jouer un rôle important dans l’établissement d’un lien permanent et direct entre l’entreprise et l’université. « L’université doit répondre aux besoins en matière de spécialités dédiées aux secteurs producteurs de richesses, tels que le secteur de l’industrie automobile, tout en révisant notamment la nomenclature des spécialités qu’elle assure pour la communauté estudiantine » prône le ministre à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la création de l’Université d’Oran, la première université postindépendance à l’échelle nationale, un certain 20 décembre 1967.

Un acteur local de développement
Dans le même ordre d’idées, le premier responsable du secteur a indiqué que les universités doivent constituer une partie intégrante du développement local et ce, grâce au concours des autorités locales, en premier lieu, la société civile et le secteur économique et industriel, en second lieu. « L’université, en tant qu’acteur local de développement, doit promouvoir des actions liées à l’entrepreneuriat », a soutenu le ministre, ajoutant qu’« il est impératif d’introduire l’entreprenariat à l’université à côté de l’enseignement et de la recherche dans le cadre d’une interaction avec l’environnement social, économique et culturel». À ce propos, le ministre a préconisé d’ouvrir de nouveaux horizons de coopération entre le pôle universitaire oranais et le secteur socioéconomique de la région, sachant que la wilaya d’Oran qui, dit-il, en plus d’être un pôle industriel, est en train de se transformer en un pôle d’excellence de l’industrie automobile. Il a exhorté, dans ce sens, à revoir les contenus de la formation et de l’enseignement, à leur adaptation surtout pour apporter des solutions réelles aux problèmes socio-économiques. « L’université ne doit pas évoluer en vase clos, mais s’ouvrir davantage à son environnement socio-économique », a insisté le ministre qui a mis en exergue les résultats réalisés depuis l’indépendance, notamment sur le plan quantitatif. En effet, l’université Ahmed Ben-Bella d’Oran ainsi que les autres établissements universitaires de la wilaya d’Oran constituent aujourd’hui un pôle exceptionnel pour l’industrie mécanique naissante de la région et tout le tissu industriel électronique et autre qui l’accompagne, a indiqué le ministre qui a préconisé qu’avec « ses complexes pétrochimiques, ses usines de montage de voitures ainsi que son potentiel agricole d’arrière pays, l’université à Oran est tenue de concevoir des formations et des parcours pédagogiques spécifiques à ces domaines industriels pour contribuer activement à l’amélioration du rendement et du développement des petites et moyennes entreprises de la région» . Il convient de souligner que l’université d’Oran est le premier pôle du savoir fondé, par le président Houari Boumediene, après l’indépendance. Dans son allocution, à l’occasion de ce cinquantenaire, Mouloud Cherifi, wali d’Oran, a souligné le grand potentiel de la wilaya en matière d’enseignement supérieur, qui, a-t-il annoncé, va se renforcer davantage dès la prochaine rentrée universitaire avec la réception de la nouvelle faculté des sciences médicales, de deux bibliothèques à Es-Senia et à Belgaïd et avec l’extension de 4.000 autres places pédagogiques de la nouvelle faculté des langues étrangères à Belgaïd. Pour sa part, le professeur Abdelbaki Benziane, nouveau recteur de l’Université Ahmed-Ben-Bella, a abordé les défis futurs auxquels il doit faire face en présentant les grandes lignes de la nouvelle feuille de route qu’il a présentée au ministère lors de sa désignation, le 7 décembre, à la tête de l’université.

L’université algérienne se porte bien
Par ailleurs, et pour répondre à ceux qui sombrent dans le négativisme, le ministre a affirmé que l’université algérienne va bien malgré des insuffisances. «L’université algérienne va bien, contrairement à ce qui se dit et s’écrit ici et là. Il faut faire confiance à l’intelligence algérienne », a-t-il souligné, faisant observer que contrairement à ceux qui dressent un tableau noir, l’université algérienne est mieux lotie par rapport à d’autres universités dans le monde. Le Pr Hadjar a considéré, dans son allocution que l’université serait en position 2 000 sur un classement mondial de 27 000 universités. Le ministre  a expliqué, au passage, que « les critères de classement des universités ne sont pas les mêmes et se font surtout par rapport aux moyens financiers et d’autres marqueurs d’évaluation, citant, à titre d’exemple, qu’ailleurs, l’étudiant paie l’équivalent de 5.000 dollars US pour pouvoir suivre ses études universitaires, alors qu’en Algérie tout est pris en charge par l’Etat. Tous ces paramètres sont pris en considération dans le classement des universités ».
Rappelons par ailleurs que le président de la République Abdelaziz Bouteflika accorde toujours un intérêt particulier au secteur de la recherche scientifique, en ce sens que la renaissance de la connaissance et des compétences est le piédestal du développement. A cet effet, la cadence de la réforme au sein du secteur a connu une accélération depuis 1999, grâce à la mise en œuvre du programme du chef de l’Etat, ayant permis la réalisation de 53 institutions universitaires qui s’ajoutent aux centres et écoles et instituts supérieurs, ce qui totalise un réseau universitaire national de 106 unités.

Un centre de rayonnement africain
A l’échelle locale, il est à savoir qu’Oran compte 8 institutions universitaires dont 3 pôles universitaires et 5 écoles supérieures, un siège pour les droits de l’homme à l’Unesco, deux institutions pour la recherche et deux autres militaires placées sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et enfin, une communauté estudiantine estimée à 80.000 étudiants, sachant que l’Algérie compte aujourd’hui plus de 1,6 million d’étudiants. L’université d’Oran, rappelle-t-on, a été scindée en 2014 en deux entités distinctes Oran1 et Oran 2. L’Université d’Oran1 est un pôle scientifique et des milliers d’étudiants dans diverses disciplines en sortent chaque année. A l’origine, l’université d’Oran1 était une faculté de médecine en 1961, qui a fini par se constituer en une université classique où coexistent toutes les disciplines. Les sciences sociales et humaines, les lettres et les langues avec les sciences exactes, les sciences médicales, la biologie, la biotechnologie et la technologie dans le système classique et les domaines sciences et techniques, sciences de la matière, mathématiques et informatique, sciences de la nature et de la vie, sciences de la terre et de l’univers, sciences sociales, sciences économiques, droit et lettres et langues étrangères dans le nouveau système de formation LMD. Enfin, il convient de rappeler que ce cinquantième anniversaire de la création de la première université de l’Algérie indépendante a également été une occasion d’honorer le doyen des recteurs algériens, le Professeur Hassen Lazreg, premier recteur de l’université d’Oran, et de rendre hommage à tous les recteurs qui se sont succédé à la tête de l’université depuis 1967.

Y. M.



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