Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

Go

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Une institution et un think tank Ă  la vision futuriste

Université Ferhat Abbas de Sétif

Par Ahmed BOUDRAA



Que dire de l’université Ferhat-Abbas, connue également sous l’appellation de l’université Sétif 1, sinon que son staff dirigeant, à sa tête le recteur Abdelmadjid Djenane, ses vice-recteurs et, par extension, le personnel enseignant, ont une vision de la pédagogie et de la recherche scientifique résolument tournée vers une modernité assumée et décomplexée. En ce sens, que l’institution, qu’ils se disent consensuellement avoir l’honneur et le  privilège de diriger, devrait avoir pour cap de sortir des sentiers battus en dépassant, dans les faits, une pédagogie exclusivement théorique et  quasi inopérante pour entrer de plain-pied dans une pédagogie agissante, ayant prise sur le réel. Une pédagogie loin de se contenter uniquement de théorie, mais astreinte à transformer un statu quo social pour le moins assoupi, en collant au plus près à l’environnement socio-économique du pays. Inutile de dire que le processus semble avoir déjà été enclenché. Et ce ne sont pas des paroles en l’air. La preuve ? Selon le dernier classement des universités qui vient d’être publié par SC Imago Institutional Ranking, l’université Ferhat Abbas Sétif 1 occupe désormais la première place à l’échelle nationale, la 27e à l’échelle africaine et la 629e au niveau mondial. Depuis 2009, l’université a gagné pratiquement 200 places à l’échelle internationale, passant de la 812e à la 629e. Et le staff dirigeant ne compte pas en rester là et dormir sur ses lauriers que nombre d’universités nationales les plus en vue lui envient. C’est le top 10 des universités africaines et l’entrée dans le club des 500 mondiales qui sont désormais en ligne de mire. Tel est l’enjeu de l’Université Ferhat-Abbas pour les trois prochaines années. Pas mal pour une institution qui a vu le jour en avril 1978 avec seulement 247 étudiants et un statut de centre universitaire et qui, depuis cette période, fut un centre de rayonnement sur toute une région et une pépinière ayant permis le lancement  d’autres universités telles que celle de Bejaia, de Bordj Bou Arreridj, de M’sila, celle de Sétif 2 (Lamine-Debaghine) créée en 2011, dédiée aux sciences humaines et ce, depuis le lancement du chantier de cette dernière jusqu’à sa mise en fonction, et l’école nationale supérieure d’El Euma avec ses 4 000 places pédagogiques. Tous ces établissements de l’enseignement supérieur ont été, à une période ou à une autre de leur existence, tributaire de l’université Ferhat-Abbas en matière de personnels enseignant et administratif et ce de manière directe ou indirecte puisqu’elle fut le réceptacle d’étudiants venus de ces wilayas pour y accomplir leurs cursus universitaires. Mais que de chemin parcouru depuis la création de ce que fut alors un noyau universitaire ayant vu le jour à la même période que les centres universitaires de Tlemcen et de Sidi Bel Abbès à l’ouest, de Blida et Tizi Ouzou au centre et de Sétif et Batna à l’est en passant respectivement d’un statut de centre universitaire à celui d’institut national d’enseignement supérieur (INES) pour, enfin, gagner ses galons d’université, à part entière, en 1989. La période trouble qu’a connue le pays durant les années 1990 a sans conteste mis un bémol à l’essor de l’université, laquelle a vite fait de rebondir avec la première loi de l’orientation de l’enseignement et de la recherche promulguée en 1998, l’enrichissement des filières, l’arrivée et l’adoption du système LMD, l’édification du nouveau campus qui ont été autant d’éléments catalyseurs propres à conférer à l’université Ferhat Abbas une vitesse de croisière en constante évolution depuis.

Formation et recherche
Aux dernières statistiques, c’est-à-dire celles se rapportant à l’année universitaire 2015-2016, 31184 étudiants sont inscrits en graduation alors que les étudiants suivant les formations de 3e cycle dépassent le nombre de 2 000 inscrits. Ces effectifs sont encadrés par quelque 1414 enseignants dont le quart est de rang magistral. L’université Ferhat-Abbas assure 45 formations de licences, 82 options Masters et plusieurs formations doctorales, en plus des sciences médicales (médecine, pharmacie et chirurgie dentaire). Les spécialités LMD couvrent six domaines tels que les sciences fondamentales, science de la nature et de la vie, technologie, STU et sciences économiques, commerciales et sciences de gestion. Plus de 5 000 diplômes sont délivrés annuellement, alors que les soutenances de doctorat se chiffrent par dizaines. Dans le domaine de la recherche, l’UFAS1 abrite une quarantaine de laboratoires et une unité de recherche. L’essentiel de leurs activités s’articule autour des sciences fondamentales et de la technologie (sciences des matériaux, électronique…).

Les entités de recherche sont rassemblées en 3 « clusters »:
20 locaux (campus d’El Bez) abritent les laboratoires des sciences de la nature et de la vie, de la santé et de la biotechnologie ;
20 locaux (campus El Bez) sont destinés pour les laboratoires activant dans les sciences fondamentales ;
20 locaux (campus de Mabouda) sont réservés aux laboratoires de l’engineering ;
10 locaux (campus Mabouda) abritent l’unité de recherche matériaux émergents.
Les trois quarts des entités de recherche de l’établissement sont à caractère appliqué. La production scientifique de l’université de Sétif, en constante évolution, permet à l’université Sétif 1 d’occuper une place dans le peloton de tête des universités nationales. A noter qu’en plus des publications en sciences fondamentales, essentiellement en physique, la production scientifique en sciences appliquées est importante. Ces performances méritent d’avoir un prolongement dans l’environnement économique de la région. Et c’est la raison pour laquelle la recherche est placée au firmament des préoccupations du staff rectoral si l’on considère que l’employabilité des diplômés et par voie de conséquence le rehaussement de la qualité des entreprises qui en sont potentiellement les débouchés naturels, représentent, in fine, l’objectif recherché. A noter que l’université, cette année, a procédé à l’ouverture en son sein de 6 nouvelles spécialités en licence, se rattachant à l’énergétique, à la télécommunication, aux travaux publics, au système d’information, à la modélisation et aide à décision ainsi qu’à la production végétale. Trois autres spécialités ont été initiées au palier Master. Il s’agit de la physique du globe, de la chimie pharmaceutique et de l’aménagement hydro-agricole. Ce faisant, l’université Ferhat-Abbas totalise 133 offres de formations en licence-master en attendant que les étudiants ayant opté pour ces disciplines se hissent au niveau doctoral et s’y inscrivent éventuellement. Par ailleurs, l’université a reçu 8586 nouveaux bacheliers lors de la dernière rentrée universitaire dont un nombre important a opté pour les filières des sciences dans leurs différentes déclinaisons et celle de la technologie.

Une cellule d’accompagnement pédagogique et veille (Capev)
Conformément aux missions dévolues à l’université et définies par la loi d’orientation de l’enseignement supérieur, à savoir le développement économique, social et culturel à travers la formation de cadres et le transfert technologique vers son environnement, l’université Ferhat-Abbas a élaboré une stratégie de développement dont la mise en œuvre a été traduite par la création d’Organes fonctionnels d’accompagnement (OFA), basée particulièrement sur : la pluridisciplinarité des offres de formation, la mutualisation des moyens et la création des équipes mixtes de recherches. L’un des leviers de ce dispositif est la cellule d’accompagnement des enseignants et veille (Capev), créée en septembre dernier et dont l’objectif principal est la préparation des futurs cadres et chercheurs à une bonne acquisition de connaissances en pédagogie. En ce sens qu’elle vise à rendre possibles une action d’accompagnement professionnellement réussie, efficace et efficiente, l’intégration des différents savoirs à acquérir par l’enseignant pour réaliser ses tâches d’enseignement, une meilleure gestion des parcours de formation des enseignants, l’acquisition et le renforcement de la culture de qualité dans le processus de formation de ces derniers ainsi que la mise en œuvre des moyens à développer par les établissements en utilisant les moyens et ressources disponibles aux niveaux micro, méso et macro.

Un cap, une vision, une feuille de route
Comme tout établissement, l’université Ferhat Abbas s’enorgueillit, depuis environ deux années, d’avoir élaboré son propre projet que le staff actuel s’échine à peaufiner et à développer. Il ne s’agit plus de former pour former. L’objectif recherché est double, d’une part, l’employabilité des diplômés et d’autre part, la valorisation des résultats de la recherche. En un mot, assurer un impact et des retombées positives de cette même recherche pour les besoins de la société. Pour ce faire, il fallut toute une année pour dresser un diagnostic de l’environnement socio-économique de la région, non pas au sens administratif classique mais plutôt dans son acception territoriale large qui s’étend de la région de Hodna à celle de la Soummam, c’est-à-dire de Bejaia à M’sila en intégrant Bordj Bou Arreridj. La formation ainsi que les projets de recherches initiés à l’université Ferhat-Abbas tendent donc à prendre en ligne de compte les potentialités économiques et ressources locales que recèle ce vaste territoire sans négliger, évidemment, la coopération tous azimuts avec les autres universités. Inutile de dire que cette vision n’est pas le fruit d’une quelconque improvisation mais s’inspire du Schéma national de l’aménagement du territoire, émanation du ministère de tutelle qui l’édicte dans ses recommandations. Ce faisant, l’université Ferhat-Abbas, intègre dans son « logiciel » le fait qu’elle se situe géographiquement au carrefour de quatre pôles économiques d’excellence susceptibles de tirer profit de la formation qu’elle dispense en son sein et de la recherche utile élaborée par ses post-gradués et le staff dirigeant qui en fixe les orientations au gré d’un plan d’action discuté préalablement et des objectifs savamment ciblés avec des chefs d’entreprise et des capitaines d’industrie. Ce champ d’action vise : l’agroalimentaire à Bejaia, l’industrie mécanique à Constantine, la plasturgie à Sétif et l’électronique à Bordj Bou Arreridj, en plus du pôle agricole intégré qui colle à la région des hauts plateaux et même au-delà, et qui a trait aux céréales et à la filière lait. Cette stratégie d’ouverture s’est soldée par la signature de conventions cadre avec les chambres de commerce ainsi que des conventions avec des entreprises aussi bien privées que publiques de la région précédemment citée. L’amarrage de l’université Ferhat-Abbas avec l’environnement économique est ainsi conçu.

Science to business (S2B), une démarche inédite
C’est un concept qui vient des USA et qui a été suggéré par un membre de notre diaspora scientifique, l’éminent professeur Mellikchi, lors de son passage à Sétif. L’idée, appelée aussi les jeudis de la recherche, consiste à organiser des rencontres entre les chercheurs universitaires et les chefs d’entreprises, et qui se veulent une structure d’interface où tous les acteurs expriment leurs préoccupations afin de rapprocher les points de vue où l’intérêt mutuel prime dans un partenariat gagnant-gagnant. Un travail méthodique allant de l’identification de l’entreprise intéressée, l’envoi des canevas, la récupération de ces derniers et l’analyse de leurs contenus et de là commence la coopération, intercalée d’évaluations et de correctifs progressifs et réguliers. Bref, l’université Ferhat Abbas connaît depuis deux années une dynamique d’innovation insufflée par une équipe qui œuvre jusqu’à l’épuisement.
«C’est un véritable diagnostic qui est établi et à partir duquel les entreprises sont aidées à exprimer leurs besoins et permettre à l’université de les prendre en charge, dans le cadre de ses laboratoires mais aussi ses structures pédagogiques aussi bien en matière de formation qu’en matière de recherche. Il s’agit cette année, après les réunions collectives organisées en partenariat avec la chambre de commerce de Sétif, de rendre effective l’ouverture de l’université sur son environnement socio-économique. Nous avons dans ce contexte fait un grand pas au vu de la relation de confiance qui s’est instaurée entre les deux parties. Aussi s’agira-t-il de faire de l’innovation technologique et permettre à l’entreprise de faire face à la concurrence qui s’exerce sur elle, avec toujours la création d’une valeur ajoutée », souligne Abdelmadjid Djenane.

Un enseignement de qualité et une recherche utile
Tel est l’objectif qu’aspirent à mettre en œuvre les responsables, chercheurs et enseignants de l’université Ferhat-Abbas-Sétif 1. Le but est de rayonner sur l’espace économique par une concertation constante avec les chefs d’entreprises de cette wilaya à même d’impulser un souffle nouveau à la dynamique de production et d’intégration et partant, apporter la contribution de ses chercheurs à hisser ce tissu de production au niveau des standards internationaux.

Des infrastructures en adéquation
En plus de la formation, l’Université Ferhat-Abbas est l’une des plus actives dans le domaine de la recherche. D’ailleurs, l’université dispose d’un comité scientifique, d’un conseil scientifique de la faculté (ou de l’institut) et d’un conseil scientifique de l’université. Ces organes consultatifs complètent les instances administratives. En outre, l’Université met à la disposition des étudiants et des enseignants plusieurs infrastructures de base.

La Bibliothèque centrale
La Bibliothèque centrale, créée en 1978, c’est-à-dire avec l’ouverture de l’université, est dotée d’un riche fonds documentaire. Dès son inscription à l’université, une carte de lecteur est établie au profit de l’étudiant. Il ouvre droit à des consultations sur place et à un prêt de deux livres pour une période de 15 jours renouvelable. Une salle de recherche est réservée aux étudiants en fin de cycle de formation et aux post-gradués. La bibliothèque est ouverte de 8h à 18h. La recherche bibliographique est effectuée numériquement à partir de bases de données. L’université est connectée au système national de documentation en ligne (SNDL), permettant l’accès aux revues scientifiques. Néanmoins, chaque faculté possède aussi sa propre bibliothèque. Certains départements ont aménagé aussi d’autres espaces de lecture.

Le service des activités culturelles et sportives
Ce service des activités culturelles et sportives offre à l’étudiant la possibilité de pratiquer sa vocation. La pratique sportive (collective ou individuelle) ou culturelle (théâtre, musique,…) permet à l’étudiant de trouver son équilibre. Plusieurs trophées ont été gagnés dans les manifestations sportives en sports collectifs ou individuels. Aussi, ce service encadre les clubs scientifiques et organise des manifestations et sorties au profit des étudiants.

Le Centre médical
Il existe à l’université un centre permettant la prise en charge médicale de tout patient estudiantin. Ces prestations, entièrement, gratuites se résument aux consultations et aux différents soins de première nécessité. Tout document médical externe, pour justifier une absence à une activité pédagogique, doit être obligatoirement visé par le médecin chef en poste à l’université. Il existe aussi des médecins au niveau de chaque faculté et de chaque résidence universitaire. 

Le Centre audiovisuel
Le centre compte un auditorium comprenant une salle de conférence d’une capacité de 500 places et des ateliers. Il dispose des équipements audio-visuels des plus performants. Le centre contribue d’une façon significative à l’introduction et au développement des méthodes audio-visuelles dans l’enseignement. Il assure la formation pratique et le recyclage des étudiants dans le domaine de la communication audio-visuelle. Le centre est aussi chargé de promouvoir et de développer les activités culturelles à travers l’organisation régulière de manifestations nationales et internationales. Un auditorium de 600 places est situé sur le campus El Bez.

Le service de l’information et de la communication
Dédié à l’élaboration du périodique La lettre de l’université, l’organisation des points de presse avec les journalistes et correspondants de presse, la couverture médiatique de toutes les activités culturelles, scientifiques et sportives, ainsi que l’élaboration d’une revue de presse, ce centre demeure le point de jonction entre l’université et la société. En outre, l’Université dispose d’un centre des systèmes et réseaux d’information et de communication, assurant tous les services liés à l’internet (courrier électronique, diffusions d’informations en ligne, site Web de l’université, inscriptions des nouveaux bacheliers en ligne). Tandis que le service de téléenseignement et d’enseignement à distance se charge de la confection de cours en ligne, de l’organisation de visioconférences et des soutenances de thèse à distance. D’autres commodités ont été installées à l’université (agence postale, antenne de la Caisse nationale d’assurance sociale CNAS). Et l’on ne peut clore cet article sans mentionner l’éloge du recteur Abdelmadjid Djenane à l’égard de son staff : « Si un jour il m’arrive de quitter cette université, je ne partirai pas sans demander à mon staff pardon pour l’excès d’effort qu’il a consenti à déployer pour faire honneur à cette institution. » En guise d’hommage, rarement on a entendu d’équivalent.
A. B.



Du mĂŞme auteur

Par Ahmed BOUDRAA

Les plus lus

Télécharger version PDF

Version PDF

Special Wilaya D'Alger

Version PDF

Special Habitat version PDF

Version PDF

Special Habitat (english version)

Version PDF