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N° 109 - Nov 2017

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Quand l’expérience rime avec rigueur

Direction des œuvres universitaires de Tindouf

Par Farid HOUALI



Depuis 1962 l’effort considérable consenti par les pouvoirs publics en matière d’aide aux étudiants a revêtu principalement deux formes: une aide directe sous forme de bourses (et présalaires), et une aide indirecte sous forme de subventions à de multiples services offerts aux étudiants. En effet, l’étudiant algérien bénéficie d’une aide indirecte consistante sous forme de prestations multiples assurées par les établissements gestionnaires des œuvres universitaires. Ces prestations concernent le transport, l’hébergement, la restauration, les activités culturelles et sportives, dont certaines sont offertes à tous les étudiants sans conditions particulières, comme par exemple le transport ou la restauration. En revanche, d’autres sont fournies sous conditions, comme par exemple l’hébergement pour cause d’éloignement. Les œuvres universitaires ont pour finalité de contribuer matériellement pour que le maximum de jeunes issus de l’enseignement secondaire puisse poursuivre des études supérieures. « Il s’agit d’aider matériellement les étudiants issus de familles aux ressources limitées par une contribution directe dispensée sous forme de bourses d’études ou de subventions aux structures de restauration, d’hébergement, de transport, de culture, de loisirs et de santé (infirmerie, assurance maladie... ) », a rappelé à ce propos Amar Larari, directeur des œuvres universitaires de la wilaya de Tindouf, en janvier dernier, dans le cadre des reportages consacrés par El Djazaïr.com au secteur de l’enseignement supérieur et les œuvres universitaires. Au lendemain de l’indépendance, l’Etat algérien a, en effet, lancé ce qui allait devenir au fil du temps un solide cadre réglementaire régissant l’aide directe financière (bourse) versée aux étudiants et stagiaires nationaux en Algérie et à l’étranger. « Les résidences universitaires constituent les structures de base de l’office. Elles sont composées chacune, selon l’importance des effectifs d’étudiants à couvrir, d’une ou de plusieurs unités d’hébergement et de restauration. Elles sont chargées d’assurer directement aux étudiants, les prestations en matière de paiement des bourses, d’hébergement, de restauration, de transport, d’activités culturelles et sportives et autres prestations sociales », a encore noté notre interlocuteur. Et comme souvent noté, la prise en charge sociale des étudiants (es) n’est pas spécifique aux régions Nord. « En aucun cas. Je suis dans les œuvres universitaires depuis 1982. De ce fait j’ai vécu toutes les mutations qu’aura connues l’actuel Office national des œuvres universitaire, anciennement Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS), créé en 1967, pour dire que l’étudiant algérien bénéficie, où qu’il soit, de l’aide de l’Etat en la matière », a souligné à ce propos Amar Larari. En effet, l’office a en charge, selon son premier responsable, le transport quotidien de quelque 783 803 étudiants. 5640 bus sont mobilisés à cet effet. En ce qui concerne les résidences universitaires (où sont servis plus d’un  million de repas/ jour à travers les 433 restos) des grands pas ont été franchis dans la réalisation de ce qui est appelé le chez-soi de l’étudiant (e) résident(e). Leur nombre est estimé aujourd’hui à quelque 426 dont 26 nouvelles résidences réceptionnées l’année universitaire en cours totalisant une capacité d’accueil de 520.000 lits. Pour cette année universitaire 2016-2017, le programme faisait état de 55.000 nouveaux lits portant, ainsi, les capacités des œuvres universitaires à plus de 700.000 lits.

Jusqu’au fin fond du désert
Le réseau universitaire algérien compte cent cinq établissements d’enseignement supérieur répartis sur les quarante-huit wilayas, couvrant tout le territoire national. Ce réseau est constitué de cinquante universités, treize centres universitaires, vingt écoles nationales supérieures et douze écoles supérieures, onze écoles normales supérieures, deux annexes. Avec la mise en service du centre universitaire de Tindouf, en 2012, à 1 460 km au sud-ouest d’Alger, la prise en charge des étudiants était de ce fait une nécessité. C’est le 14 octobre 2012 précisément que la DOU de Tindouf voit le jour. Contrairement à beaucoup d’autres directions des œuvres universitaires à travers le pays, celle de Tindouf n’a à charge qu’une seule résidence universitaire mixte, la Résidence Nour-El-Bachir, ou siège d’ailleurs ladite DOU en « attendant sa délocalisation ». D’une capacité théorique de 500 lits, la RU Nour-El-Bachir dispose de trois blocs dont deux pour filles. Chaque bloc est doté de 84 chambres, soit 252 chambres universitaires, selon les explications du DOU de Tindouf. Ainsi aux dires de Amar Larari, les 250 chambres de la RU sont occupées par 233 résidents dont 196 résidents nationaux et 37 étrangers, tous du Sahara occidental. Ces chiffres, bien entendu, attestent qu’il n’existe aucun problème de surcharge dans la RU en question puisque le taux d’occupation est estimé à 60%. En matière de restauration, la RU Nour-El-Bachir dispose de deux restaurants universitaires, composé de deux salles (250 places chacune) une pour les étudiants, l’autre pour les étudiantes. « Quelque 453 plats y sont servis quotidiennement », selon notre interlocuteur. Comme dans tous les restaurants des résidences, l’hygiène fait l’objet d’une vigilance à toute épreuve, en amont et en aval, c’est-à-dire de l’approvisionnement jusqu’au plat servi. Médecin, directeur de résidence et chef de restauration y veillent particulièrement durant tout le processus. Les provisions sont stockées dans des magasins salubres répondant aux normes d’hygiène requises par la direction de la santé publique. De même que des chambres froides sont disponibles pour les produits frais tels la viande, le poulet, ou encore les fromages, les laitages et les produits dérivés, lesquels ne sont sortis de leur endroit de conditionnement que pour la cuisson afin d’éviter la rupture de la chaine de froid susceptible de provoquer des avaries dans la nourriture et donc des intoxications alimentaires, voire des pathologies aux conséquences graves. « Les menus sont préparés au début de l’année universitaire par une commission qui regroupe le directeur de la résidence, le chef cuisinier et éventuellement des diététiciens ainsi que les représentants des résidents(es) », a assuré à ce propos, Amar Larari précisant d’autre part, que comme ce fut le cas dans toutes les résidences universitaires, le volet santé et prévention est pris en compte dans l’unique résidence universitaire relevant de la DOU de Tindouf par l’unité de la médecine préventive. Elle est encadrée par deux médecins généralistes. Il convient de noter par ailleurs, que diverses activités culturelles et sportives sont menées au sein de la cité universitaire et « permettent aux résidents de s’affirmer et d’améliorer leurs capacités personnelles et de groupes », et ce selon un programme établi bien entendu en concertation avec l’ensemble des étudiant (es) résidents(es). Ainsi, le théâtre, la poésie, la chanson et diverses autres activités culturelles sont présents et font l’objet d’un engouement certain de la part des étudiants qui trouvent là matière à occupation et à amélioration des compétences de chacun. Le sport, aussi est pratiqué par de nombreux résidents et résidentes et nombreux sont ceux qui ont émergé et qui font la fierté de leurs camarades et de leurs parents. Une petite balade dans les allées de la RU Nour-El-Bachir (qui n’est qu’à une centaine de mètres du Centre universitaire de Tindouf) nous a permis de constater également la mise à la disposition des résidents (es) d’une salle d’Internet équipée de 11 postes. « La salle est pratiquement vide tout le temps puisque nos résidents (es) disposent chacun (e) de son propre PC portable connecté en illimité au réseau local wifi », a explicité le DOU de Tindouf. Toujours en chiffres, le nombre de boursiers pris en charge par la DOU de Tindouf est de 473 boursiers pour l’année universitaire en cours. S’agissant du transport, 04 bus sont mis à la disposition du transport de 270 étudiants.

A tout problème, sa solution
C’est connu de tous : les régions du Sud du pays manquent cruellement de l’eau potable. La wilaya de Tindouf ne fait pas exception. Pour combler un grand déficit en points d’eau, un financement conséquent a été consenti pour mener une étude hydrogéologique englobant tout le territoire de la wilaya, afin d’avoir une identification exhaustive des sources d’eau, sur la base de laquelle seront déterminées les démarches futures des pouvoirs publics en matière de développement local. Aussi, les projets portant sur la réalisation d’une station de déminéralisation de l’eau potable dans la wilaya de Tindouf constitue un véritable acquis pour les populations locales. Ce projet a été retenu en faveur de différentes wilayas du Sud, à l’instar de Ouargla, Illizi, Tamanrasset dans le cadre d’un programme d’envergure visant à améliorer la qualité de l’eau distribuée à la population, selon les normes internationales. Une fois opérationnelle, cette station d’une capacité extensible de 10 500 litres/ jour d’eau potable à 15 000 m3/l/j, fleuron de l’AEP de la région, lancée en juillet 2013 pour un coût de 178 millions dinars, sans compter les charges de suivi, permettra, après traitement, de passer d’une salinité de l’eau de quatre grammes par litre à 0,6 g/l, ce qui est «très appréciable» ont estimé les cadres techniques présents sur les lieux. Cette infrastructure devra aussi grandement contribuer à résoudre et à améliorer les performances du réseau. Mais une résidence universitaire fait partie des « services » qui ne peuvent pas attendre. Pour la direction des œuvres universitaire de Tindouf, une solution « palliative » est déjà mise en application. Il s’agit d’alimenter « pour le moment » l’administration locale des œuvres universitaires ainsi que la RU Nour-El-Bachir grâce à un système de citernage. D’ailleurs, des citernes sont visibles pratiquement dans toute la résidence. « L’eau, c’est la vie. On ne peut pas priver autant de résidents (es) d’eau potable, d’où la réflexion à une solution de rechange en attendant que le problème soit définitivement résolu », a soutenu Amar Larari. Qu’en est-il de la sécurité ? Sur ce point précis, notre directeur s’est montré rassurant affirmant que la question est prise en compte comme partout ailleurs dans les résidences universitaires. Pour ce faire, aux dires de Amar Larari, un plan de sécurité (dont il ne dévoile pas les contours) est mis en application en association avec tous les intervenants dans le domaine. Le plan en question est mis à exécution par une équipe de trois groupes d’agents de sécurité. A ceux-là viennent s’ajouter les caméras de surveillance installées dans « les coins les plus sensibles de la résidence ». « Une autre opération d’installation de nouvelles caméras interviendra prochainement », a assuré le DOU de Tindouf. La machine semble bien au point, grâce notamment à l’expérience de l’équipe dirigeante.

 F. H.



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