Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 105 - Mai 2017

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Près de 50 ans au service de l’étudiant

Office national des œuvres universitaires

Par Farid HOUALI



Le nombre d’étudiants et en constante évolution. Actuellement, l’Algérie compte 1,6 million d’étudiants. « D’une manière ou d’une autre, tous ces étudiants sont soutenus par les œuvres universitaires », a affirmé à El Djazair.com, Abdelhak Boudraâ, directeur général de l’office. En effet, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, sa situation économique, sociale et politique, rappellent les spécialistes, était relativement difficile. Il n’était possible qu’exceptionnellement pour une famille algérienne moyenne de prendre en charge les dépenses pour des études supérieures. La prise en charge « immédiate de la formation universitaire par l’Etat est d’emblée exigée par le déficit en cadres dont la continuité du fonctionnement des institutions avait besoin », a-t-on noté dans une étude consacrée au développement des œuvres universitaires dans notre pays.Autrement dit : sans l’implication directe de l’Etat dans la prise en charge financier de ce volet, rares étaient les familles qui pouvaient prendre en charge le coût de formation de leurs enfants. La politique de l’aide aux étudiants est de ce fait née dans un contexte particulier avec la mise en place du système des œuvres universitaires. « Cette politique visait deux objectifs : alléger la charge financière des familles les plus démunies par l’octroi de bourses d’études et offrir à des prix très réduits des services tels que la restauration, l’hébergement, le transport », a soutenu notre interlocuteur que nous avons rencontré en décembre dernier. Ainsi, tout en assurant la gratuité de l’enseignement supérieur, l’Etat a mis en place un système d’aides aux étudiants basé sur deux types : l’aide directe et l’aide indirecte. La gestion a été confiée aux établissements des œuvres universitaires. Ces structures, qui assurent un ensemble de services et de prestations en direction des étudiants tout en profitant aux travailleurs du secteur de l’enseignement supérieur, ont joué un rôle primordial dans la massification de l’enseignement supérieur. Le développement d’un enseignement de masse implique non seulement la gratuité des cours, mais également l’adoption de mesures permettant aux étudiants de plus en plus nombreux de disposer de revenus qu’ils ne peuvent produire eux-mêmes. Nul ne peut le nier. Un effort considérable est consenti par les pouvoirs publics en matière d’aide aux étudiants. En effet, en plus de l’aide directe exprimée sous forme de bourses et de présalaires, l’étudiant algérien bénéficie d’une aide indirecte consistante sous forme de prestations multiples assurées par les établissements gestionnaires des œuvres universitaires. Ces prestations concernent le transport, l’hébergement, la restauration, les activités culturelles et sportives, dont certaines sont offertes à tous les étudiants sans conditions particulières, comme par exemple le transport ou la restauration. En revanche, d’autres sont fournies sous conditions, notamment l’hébergement pour cause d’éloignement. La nature du modèle de développement économique préconisé par l’Algérie à la fin des années 1960 s’est fixé comme priorité d’intégrer l’université dans l’ensemble du processus et lui confier des missions importantes. Ce nouveau rôle est clairement défini dans les textes de la refonte de l’enseignement supérieur de 1971.

L’ONOU en chiffres
Le 18 septembre dernier, date du coup d’envoi de l’année universitaire 2016-2017, le Pr Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avait lancé à Biskra les travaux d’une résidence universitaire de 1000 lits et inspecté les chantiers de 6.000 places pédagogiques, un réfectoire central et 544 logements d’astreinte pour les enseignants. Quelques mois plus tôt, en visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait inauguré une résidence universitaire de 500 lits, située à Ain Beida. Une résidence universitaire qui vient renforcer les acquis du secteur de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Elle englobe un réfectoire, un pavillon administratif, un club étudiants et des logements d’astreinte. Dans le détail, le réseau actuel des œuvres universitaires, selon les explications fournies par Abdelhak Boudraâ, directeur général de l’ONOU, est composé de 66 directions (locales) des œuvres universitaires. Il s’agit dans le détail de 20 Directions des œuvres universitaires (DOU) pour la région Centre englobant 14 wilayas, de 27 DOU pour la région Est englobant 19 wilayas ainsi que 19 DOU pour la région Ouest englobant 15 wilayas. Les wilayas du Sud sont également prises en compte contrairement à une idée reçue. Le nombre de résidences à prendre en charge fait que bon nombre de directions des œuvres universitaires soient découpées en d’autres directions en une seule wilaya. C’est le cas notamment à Alger, Sétif, Oran et Constantine. Cette séparation est parfois géographique. A Bejaia, par exemple, un pôle universitaire avait été créé dans la daïra d’El Kseur. A cet effet, il fallait une direction des œuvres universitaires en charge de la gestion de ce pôle. Il en est de même à Oran, où une direction des œuvres universitaires a été créée à Belgaid.
Sur le plan national, l’Office a en charge, selon son premier responsable, le transport quotidien de quelque 783 803 étudiants. Pour ce faire, 5640 bus sont mobilisés. En ce qui concerne les résidences universitaires (où sont servis 1.041.133 repas/ jour à travers les 433 restaurants), des grands pas ont été franchis dans la réalisation de ce qui est appelé « le chez-soi » de l’étudiant (e) résident(e).  Leur nombre est estimé aujourd’hui à quelque  426 dont 26 nouvelles résidences réceptionnées durant l’année universitaire en cours totalisant une capacité d’accueil de 520.000 lits. Pour cette année universitaire 2016-2017, le programme fait état de 55.000 nouveaux lits portant, ainsi, les capacités des œuvres universitaires à plus de 700.000 lits. Pour pallier le problème de saturation dans certaines résidences, l’ONOU a eu recours au transport suburbain pour le déplacement des étudiants vers l’université. Ce problème sera résolu, selon les premiers responsables du secteur, dans les quelques années à venir d’autant que l’université n’accueillera plus ce grand nombre d’étudiants comme c’est le cas exceptionnellement cette année, et verra la sortie d’un grand nombre de diplômés en master à partir de juin 2017. Au sujet de la restauration, l’ONOU œuvre à améliorer les repas en veillant à l’aspect sanitaire et alimentaire, a fait savoir Abdelhak Boudraâ, soulignant que cette mission s’avère «très difficile faute de main d’œuvre qualifiée et spécialisée.» Pour combler ce déficit, l’ONOU a signé des contrats avec des centres de formation spécialisés en art culinaire pour former des cuisiniers spécialisés en restauration de groupe. Il sera fait appel à d’anciens cuisiniers retraités ayant exercé dans des cités universitaires en vue de profiter de leur savoir-faire et d’animer des ateliers de formation au profit de nouveaux à partir des prochaines vacances.

Rééquipement et réhabilitation des anciennes résidences universitaires 
Veillant au grain, l’Office national des œuvres universitaires, a assuré son directeur général, a établi un diagnostic national pour le rééquipement des anciennes résidences universitaires appuyées de demandes de renouvellement des équipements des utilisateurs tous lots confondus. L’opération a concerné, rien que pour l’année universitaire en cours, 27 résidences universitaires d’une capacité globale de 42 500 lits ainsi que 21 restaurants de résidences d’une capacité de 500 places/resto ainsi que 5 restos centraux d’une capacité de 800 place/resto. A ce propos, une opération similaire avait concerné (jusqu’en 2014) 230 résidences universitaires, 270 restos universitaires dont 37 restos centraux. Cette demande avait été retenue lors de la réunion du gouvernement du 4 avril 2013 consacrée à la préparation matérielle de la rentrée 2013/2014. L’enveloppe globale de l’opération est de l’ordre de 16,4 milliards de dinars. Outre, le rééquipement des anciennes résidences, les pouvoirs publics, dans le cadre du programme quinquennal 2014/2019, ont consacré 25 milliards de dinars au « Plan de réhabilitation des anciennes résidences universitaires ».

Amélioration et encadrement des activités au sein des résidences universitaires
Pas trop loin des résidences universitaires, « un espace à trois dimensions », le DG de l’ONOU, tout en rappelant que c’est dans cette résidence que l’étudiant résident récupère sa force de travail, se concentre sur ses études et s’épanouit à travers toutes les activités scientifiques et culturelles qui s’y déroulent, a assuré qu’il est impératif que l’étudiant (e) bénéficie d’un environnement sain dans ces résidences. Afin d’éviter certains dysfonctionnements au sein des résidences universitaires, la direction générale de l’Office national des œuvres universitaires fait de la formation de son personnel une priorité.  « Et c’est notre objectif principal », soutient Abdelhak Boudraâ. « Au fur et à mesure du développement des œuvres universitaires, on s’est rendu compte que c’est devenu un métier. Ce n’est plus une fonction banale comme dans une administration qui ouvre à 8 heures et ferme à 16 heures. C’est aussi une mission complexe et délicate. Cela exige un profil bien précis de responsables. La vie chez nous s’organise dés que le premier étudiant franchit le seuil de la résidence », souligne à ce propos Abdelhak Boudraâ qui a, dans le même contexte, insisté sur le fait que ce soit à travers le développement des activités en général que s’épanouissent les étudiants (es). A ce titre, l’ONOU a ouvert plusieurs chantiers et espaces à la disposition des résidents (es) à travers le réseau des œuvres universitaires dont les missions sont assurées par un personnel jeune et dévoué ouvert à la communication et de véritables animateurs notamment des espaces que sont les structures de bases ou les résidences universitaires. Les exemples sont édifiants. « Les étudiants du Grand Sud, dans le cadre d’un projet qui en est à ses débuts, ont bénéficié particulièrement du tourisme. Nous avons jumelé des établissements universitaires du Sud avec d’autres établissements universitaires du Nord du pays », affirme notre interlocuteur. « Nous prenons, enchaîne-t-il, en charge durant les vacances du printemps et d’été les majors de promotion à travers les wilayas du littoral particulièrement. D’une pierre, deux coups : permettre à ces étudiants de passer leurs vacances dans de meilleures conditions, d’une part, et, d’autre part, leur faire connaitre notre vaste pays. Durant les vacances d’hiver, c’est le contraire. Ce sont nos étudiants du nord qui partent admirer la beauté de notre Grand Sud ». Le directeur général de l’Office nationale des œuvres universitaire, qui, tout au long de notre entretien, insistr sur les bonnes conditions offertes aux résident (es), fait part à El Djazair.com, de la généralisation de la connexion wifi à travers toutes les résidences universitaires ainsi que l’ouverture des bureaux de postes dans ces résidences qui suit son cours et atteint une « couverture appréciable».

En finir avec les résidences-dortoirs
L’administration des œuvres universitaires est chapeautée par un effectif global de 80.000 fonctionnaires. La politique du rajeunissement adoptée par les pouvoirs publics dans ce sens, est visible sur le terrain. Ainsi, s’inscrivant dans la « dynamique » de rajeunissement de l’encadrement, un mouvement de cadres a été procédé récemment, explique Abdelhak Boudraâ.  La présence de la femme dans la nouvelle équipe fait partie aussi de ce changement dont les soubassements sont totalement objectifs et reposent sur la compétence, l’assiduité, les titres, diplômes et âge. Pour ce faire, l’ONOU a esquissé un plan de formation en faveur de toutes les catégories de personnels (encadrement, technique et services). L’objectif étant la « maîtrise des règles modernes de gestion, l’amélioration des diverses prestations et la création d’un cadre de travail basé sur la synergie et la concertation ». Depuis fort longtemps, les responsables du secteur de l’enseignement supérieur tentent de « redonner » une nouvelle perception aux résidences universitaires et les faire sortir de leur « hibernation » pour en finir avec les résidences…dortoirs servant juste d’« hôtel ». Pour ce faire, ces mêmes responsables affirment avoir mis à la disposition des étudiants (es) résidents (es) tous les moyens nécessaires leur permettant un « meilleur épanouissement », chacun dans son lieu de résidence.  Des sommes colossales ont été déboursées dans la réalisation des bibliothèques ou salles de lectures, et l’aménagement des terrains polyvalents. Dans certaines RU, particulièrement celles des filles, des salles de gym ont vu le jour. Les résidences universitaires sont dotées aussi d’infrastructures, de moyens nécessaires à la création de clubs et d’associations afin de pratiquer les activités scientifiques, culturelles et sportives.« Notre souci majeur à l’ONOU est de redynamiser, particulièrement, les services culturels et ainsi leur donner, disons, une nouvelle vie. Les choses ne doivent plus rester en l’état actuel. Nous avons toujours été à cheval s’agissant de ce volet. A chaque rencontre avec les DOU, l’on insistait à ce que les services des activités scientifiques et culturelles soient réactivés. Rien ne nous empêche de forger des sportifs de haut niveau à partir des résidences universitaires, comme cela se fait de par les universités du monde » assure Abdelhak Boudraâ. « Ce n’est pas sorcier. Il suffit juste de s’y mettre », insiste-t-il. Pour la santé, il convient une fois de plus de rappeler que les résidences universitaires disposent de structures et moyens sanitaires nécessaires afin de préserver les étudiants résidents de tous les risques. Il existe une unité de médecine au niveau de chaque pôle et une dans chaque résidence. L’unité est constituée de médecins, dentistes et d’infirmiers. Les résidences universitaires sont également dotées de psychologues qui veillent au maintien d’une bonne ambiance à l’intérieur de l’établissement en accompagnant les étudiants le long de leur cursus grâce à des conseils pratiques.

La sécurité, une priorité
Autre sujet abordé par le DG de l’ONOU : la sécurité dans les résidences universitaire qui constitue un véritable casse-tête.A ce sujet, Abdelhak Boudraâ, qui s’avère tout au long de notre entretien un « professionnel de la communication », assure que les agents de sécurité au niveau de l’ensemble des résidences universitaires ont entamé une formation spécifique, avec le concours des centres de formation professionnels, sur les nouvelles méthodes de protection, de sécurité et de premiers secours. Dans les faits, la sécurité dans les RU est assurée d’une manière mixte. Autrement dit : par des agents de sécurité relevant de l’administration des œuvres universitaires comme par des sociétés privées de gardiennage. A cela s’ajoute l’installation de la vidéosurveillance à travers bon nombre de RU. Ce que nous avons constaté de visu à travers nos reportages consacrés aux résidences universitaires dans nos éditions précédentes. Il convient de noter également que depuis la rentrée universitaire 2010-2011 il avait été question de l’introduction de la carte magnétique au niveau des œuvres universitaires. L’opération, qui commence à se généraliser au niveau des résidences universitaires, permettra de mettre fin à l’anarchie, et surtout d’en contrôler l’accès. Désormais, la vérification de l’entrée des résidents s’effectue en introduisant l’empreinte digitale de la personne concernée.Cette carte à usage unique facilitera l’accès aux diverses prestations offertes au niveau des RU notamment au niveau de la restauration où un lecteur de cartes magnétiques est installé pour effectuer un deuxième contrôle afin de s’assurer définitivement de l’identité de la personne qui bénéficiera du repas.

Un bref historique
En matière d’aides sociales universitaires, le premier dispositif réglementaire a fait l’objet de l’ordonnance n° 67-44 du 17 mars 1967 portant création du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous). Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, « il était placé sous la tutelle du ministre de l’Education nationale », a souligné à ce propos le premier responsable de l’actuel ONOU ayant connu depuis, de grandes mutations. L’office avait pour mission : améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants et des élèves des établissements de l’enseignement supérieur, aider et orienter l’action des centres régionaux, effectuer ou faire effectuer toute étude ou enquête sur les besoins des étudiants, et provoquer la création de services propres à satisfaire ces besoins, participer à l’action des organismes qui poursuivent les mêmes buts ou des buts complémentaires. Le CNOUS a été dissous par l’ordonnance n° 71-5 du 4 février 1971, qui transfère l’ensemble de ses attributions à trois nouvelles structures. En effet, deux décrets successifs (71/52 et 71/53 du 4 février 1971) créent trois centres des œuvres universitaires, situés à Alger, Oran et Constantine. Les missions dévolues à l’ancien CNOUS ont été revues et enrichies par les ajouts de : la promotion et le développement des activités culturelles et sportives des étudiants et la gestion des biens meubles et immeubles affectés à l’hébergement et à la restauration des étudiants. Pour une raison d’adaptation réglementaire et de généralisation d’une structure des œuvres universitaires, le décret n° 86-314 du 23 décembre 1986 a pour objet de définir la réglementation et les prérogatives liées à l’organisation et à la gestion des centres des œuvres sociales universitaires (COSU). Ces COSU ont connu des transformations successives pour devenir des centres des œuvres universitaires sociales (COUS). Puis des centres des œuvres universitaires (COU). En 1995, dans le cadre des réformes lancées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, un office national des œuvres universitaires (ONOU) a été créé par le décret n° 84-95 du 22 mars 1995. Après cette création de l’office, les COSU ont été dissous en 1996. L’organisation de l’ONOU demeure uniforme jusqu’à la publication du décret exécutif n° 03- 312 du 14 septembre 2003. A partir de ce texte, sont érigées des structures centrales et locales dénommées « Directions des œuvres universitaires « (DOU) et « Résidences universitaires » (RU).L’objectif de cette réadaptation est d’assurer une meilleure gestion des moyens matériels, humains et financiers.
 F. H.


* Ce reportage a été réalisé avant que Abdelhak Boudraâ ne soit appelé à autres fonctions.



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