Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 103 - Fev 2017

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Un établissement atypique

Université de la formation continue (UFC)

Par Farid HOUALI

Durant un demi-siècle, l’Algérie, qui devait relever le défi de la formation de ses enfants, a consenti un effort considérable pour répondre à ces nouvelles exigences : construire et développer un système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique d’une densité suffisante pour couvrir l’ensemble du territoire national et l’ensemble des disciplines scientifiques. Cet effort gigantesque, s’est en outre traduit par la création en 1990, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Université de la formation continue, par abréviation UFC. Une disposition transitoire régit cette institution comme une entreprise publique à caractère administrative. L’UFC a pour missions, selon son vice-recteur, chargé de la communication et des relations intersectorielles, Abdelkader Mechdal que nous avons rencontré dans son bureau en novembre dernier, de permettre à tout citoyen remplissant les conditions requises d’accéder à une formation supérieure, de développer, en liaison avec les établissements et les secteurs utilisateurs, la formation continue, d’organiser des cycles de perfectionnement et de recyclage pour et à la demande des secteurs utilisateurs et enfin de mettre en œuvre toutes méthodes et formes jugées adéquates notamment l’enseignement à distance et la communication audiovisuelle. « Au départ, cette université de la seconde chance permettait à de nombreux fonctionnaires (notamment non bacheliers) d’accéder en cours du soir à des formations diplômantes favorisant leur promotion interne qui n’était que le prolongement des ex-IPST, CPES (pour la promotion sociale des travailleurs) », a relevé à ce propos le même responsable. Selon lui, l’UFC constitue à maints égards un établissement atypique dans le paysage de l’enseignement  supérieur.  Ses  étudiants  sont  essentiellement des apprenants jeunes et adultes (environ 110000), dont 73% sont salariés et 51% de sexe féminin, qui viennent apprendre, se perfectionner et se reconvertir. Dans le détail ces derniers sont répartis comme suit (année universitaire 2016/2017) :
- Pré-graduation : 60.000 étudiants
- Graduation en présentiel : 15.000 étudiants
- Graduation à distance : 35.000 étudiants.
Sa structure délocalisée, a permis, toujours selon les explications de son vice-recteur, chargé de la communication et des relations intersectorielles, de créer 20 centres de formation continue par décret, 20 autres par décision ministérielle et 13 par décision rectorale. Ainsi, aujourd’hui, l’UFC renferme 53 CFC implantés au sein des universités du jour. Il convient de noter par ailleurs que l’UFC assure deux modes d’enseignement : un enseignement résidentiel et un enseignement à distance. Pour les filières en cycle court, il s’agit de l’informatique de gestion, de l’économétrie et statistiques, du commerce international, de la comptabilité et fiscalité, de l’électronique, de la chimie industrielle, de la bibliothéconomie, de l’informatique, de la gestion de la production des stocks et en fin de l’architecture. Quant aux filières cycle long, il s’agit des sciences juridiques, des langues étrangères, des lettres arabes, des sciences islamiques et des sciences exactes. « Dès 1994, le cycle long a été supprimé et de nouvelles filières en cycle court et de formations diverses adaptées aux besoins du marché du travail ont été ouvertes au nombre de 20 filières et qui devaient répondre aux besoins du secteur socio-économique dans les différents domaines : langues, droit et gestion et comptabilité », a rappelé Abdelkader Mechdal, selon qui l’UFC assure également une formation à distance. En effet, conformément à ses missions, l’UFC a mis en place, dès 1998, un mode d’enseignement à distance sur deux filières : droit des affaires et droit des relations internationales d’abord par correspondance sous forme papier, disquette puis CD ROM et en 2001 le lancement du e-learning en utilisant les plateformes de formation ouverte et à distance. Actuellement, l’UFC utilise 5 plates-formes technologiques de formation à distance :

  • Saatar, une plateforme acquise dans le cadre de la coopération et l’UFC a participé à rendre cet outil bilingue (arabe-français)
  • EFAD, plateforme développée par un groupe d’enseignants et de chercheur exerçant à l’UFC.
  • Dokeos, plateforme open source issus du projet FSP…
  • Moodle, plateforme open source.
  • E-Charlemagne, une plateforme acquise dans le cadre du projet télé-enseignement initié par le MESRS.
  • Plateforme Avicenne, dont l’UFC était le partenaire du projet de l’Unesco.

« Aujourd’hui, l’UFC a pu développer dans le cadre de ses projets de formation à distance plus de 500 cours en ligne », assure son vice-recteur non sans fierté. Aussi, aux dires de notre interlocuteur, l’UFC a su développer une offre de formation originale couvrant grâce à sa structure délocalisée et au développement d’outils d’enseignement à distance l’ensemble du territoire. L’UFC assure un enseignement au bénéfice du ministère de l’Education nationale (78 000 enseignants dans le cadre du plan 2005-2015) et 64.000 enseignants dans le cadre de la promotion, 3000 magistrats du ministère de la Justice, ainsi qu’une formation qualifiante et professionnalisante comme ce fut le cas pour les 1571 présidents des APC. « La fonction publique et l’Université de la formation continue ont mis en place un protocole d’accord sur la prise en charge de la formation des agents administratifs de la Fonction publique dans un dispositif de la formation ouverte et à distance. Plus de 2100 fonctionnaires ont ainsi été formés », a encore soutenu Abdelkader Mechdal. A cela s’ajoutent les formations de post-graduation spécialisées qu’a pu assurer l’UFC au secteur économique dans le domaine du management et intelligence économique. « La formation à la carte a pour objectif l’amélioration du savoir-faire des cadres en activité et l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences. L’UFC a pu ainsi former plus de 1951 apprenants », a-t-il ajouté. Ce travail titanesque est encadré par 4282 personnels dont des administratifs permanents, des enseignants permanents et enseignants associés.

L’UFC adopte la numérisation pédagogique et administrative
L’université de la formation continue (UFC) a lancé cette année la numérisation pédagogique et administrative de l’ensemble de ses 53 centres et 11 annexes à l’échelle nationale.
Limitée jusque-là aux inscriptions et transferts, la numérisation inclura désormais les programmes pédagogiques, la formation et la gestion administrative de l’UFC. « Cette opération constitue un bond qualitatif qui fait de l’UFC un pôle d’excellence en matière d’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour développer les méthodes d’enseignement et de formation », affirmait son recteur, Djamel Houd Mouissa en marge de l’ouverture de la nouvelle année de formation universitaire à Batna. L’UFC, qui a vu ses effectifs estudiantins passer de 20.000 à 120.000 actuellement, s’affirme ainsi, en partenaire incontournable au regard de l’importance de l’investissement dans les ressources humaines pour le développement, y compris des entreprises. L’UFC n’a cessé, depuis sa création (en 1990) d’être une université proche du « terrain ». Elle a formé près de 100 000 adultes dans le cycle d’études supérieures – licences, DEUA. « L’UFC par la qualité et la spécificité des ses formations en tant qu’outil de recherche et de formation pour le monde de travail, offre la possibilité d’acquérir une formation adaptée aux besoins des nouvelles données économiques, dans le but de s’adapter pleinement aux perpétuels changements des éléments de la mondialisation », a noté à ce propos Abdelkader Mechdal, vice-recteur de l’UFC, chargé de la communication et des relations intersectorielles. Autrement dit, l’UFC s’implique pleinement dans l’usage de la généralisation de l’utilisation des nouvelles technologies, en mettant les technologies de l’information et de la communication au service d’un nouveau mobile de la formation qu’est l’enseignement à distance qui conviendrait parfaitement aux travailleurs, et à une frange de la population qui ne peut se déplacer facilement.

Un partenariat gagnant-gagnant
L’UFC émet depuis 1998, une émission télévisuelle hebdomadaire et une émission radiophonique journalière. Dans le cadre du programme du président de la République, l’UFC s’est en effet dotée d’une chaîne universitaire et du savoir, construite au sein du rectorat de l’UFC. Pour la formation des étudiants de l’UFC dans le domaine, une convention avait été signée entre Algérie Presse Service (APS) et l’Université de la formation continue (UFC) en mai dernier. La convention a été signée par le directeur général de l’APS, Abdelhamid Kacha, et le recteur de l’UFC, Djamel Houd Mouissa, en présence de Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et de Hamid Grine, ministre de la Communication. La convention porte sur le droit de l’APS d’utiliser le siège aménagé de la chaîne de l’UFC contre la mobilisation de ses ressources humaines en matière de production audiovisuelle au profit de l’UFC pour la formation des étudiants dans ce domaine. Ainsi, l’APS pourra utiliser les studios audiovisuels de l’UFC situés dans l’enceinte de cette université pour la production et la diffusion de contenus audiovisuels. Intervenant à cette occasion, M. Hadjar a souligné que la signature de cette convention «s’inscrit dans le cadre de la stratégie générale adoptée par le ministère de l’Enseignement supérieur depuis des années, à travers l’encouragement des universités algériennes à contribuer au développement national tout en assurant le soutien et l’accompagnement à tous les secteurs dans les domaines de la recherche scientifique, de la formation et du partenariat». Estimant que la convention intervient «au moment opportun», M. Hadjar a annoncé que le ministère adoptera à partir de l’année prochaine un nouveau mode d’enseignement, en l’occurrence l’enseignement à distance ou l’enseignement interactif. Il a souligné également que l’expérience de l’APS «profitera» à l’UFC en matière de préparation des cours et des conférences dont bénéficieront les étudiants à travers le territoire national, rappelant que le ministère avait commencé à dispenser des cours aux étudiants en médecine des régions du sud à partir du nord du pays.
De son côté, le ministre de la Communication a salué la signature de la convention entre «deux institutions anciennes», soulignant que le secteur de l’information «requiert des valeurs positives et le citoyen a besoin d’une information sûre et crédible». Pour sa part, M. Kacha a souligné que cette convention constitue «un exemple, par excellence, du partenariat gagnant-gagnant qui mérite d’être salué et encouragé dans cette conjoncture financière difficile qui exige de tous, en particulier les institutions publiques, le recours à ce genre de partenariats à l’effet d’optimiser les ressources financières et de créer des actions communes pour accomplir des réalisations qui servent la société à moindre coût». Il a exprimé le souhait que ce partenariat serve «d’exemple pour concevoir des partenariats avec nos confrères du secteur public de la communication, lancer de nouveaux projets ou créer de nouveaux médias modernes, sans surcoûts notables», appelant «la presse publique audiovisuelle et écrite à adhérer à ce projet pour concevoir de nouveaux concepts et des medias modernes susceptibles de renforcer l’offre et la qualité du secteur, en préservant nos spécificités et les missions de tout un chacun». Le directeur général de l’APS a appelé à «engager une réflexion commune à travers une journée d’étude sur «les médias modernes et les enjeux des flux incontrôlés et incontrôlables d’informations qu’ils véhiculent et les meilleures attitudes que le service public se doit et peut apporter», soulignant que « le secteur de la communication a besoin, aujourd’hui plus que jamais, de l’apport de l’université en matière d’évaluation scientifique». «Les champs d’échange entre le monde académique et les praticiens de l’information ne peut être que fructueux au double plan de l’enrichissement mutuel dans la pratique et l’approche de la scène médiatique, en particulier les médias modernes ainsi qu’au profit des divers métiers du secteur de l’information», a encore souligné M. Kacha, indiquant que l’apport des académiciens est également «nécessaire, voire indispensable dans les contenus multiples des productions des médias». M. Mouissa a, de son côté, souligné que cette convention s’inscrit dans le cadre des réformes initiées par le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et contribuera au développement de la chaîne universitaire au service de tout le système universitaire.

F. H.



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