Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 107 - Août 2017

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Une institution phare de la wilaya

Université Amar-Telidji de Laghouat

Par Ahmed BOUDRAA



Elle est déjà très lointaine l’époque où l’actuelle université de Laghouat, baptisée au nom de Amar-Telidji, parée de l’allure et des attributs de modernité et suscitant présentement la fierté des Laghouatis, n’était qu’une Ecole supérieure de l’enseignement technique, créée en 1986 pour les besoins didactiques et pédagogiques de la wilaya. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et, l’université dont les sites constituant les différentes facultés quadrillent la ville. De « la ville garnison » dont elle est affublée, Laghouat se mue, subrepticement en ville du savoir. L’université Amar-Telidji qui en est l’émanation a pris progressivement mais inexorablement l’essor du progrès et du développement en jouant parfois, pour ne pas dire souvent, le rôle de la mouche du coche, en éveillant les consciences des jeunes et en tirant vaille que vaille les esprits vers le haut, autrement dit, vers le meilleur. En un mot, la stratégie de développement de la région ne peut se concevoir désormais sans l’apport conceptuel déterminant de l’université Amar-Telidji dont le recteur et son staff constituent le brain trust et la boîte à idées des méthodes à imprimer aux projets dont bénéficie une wilaya totalisant pas moins de 24 communes et 10 daïras. En tout cas, c’est la philosophie du professeur Djamel Benbertal, lequel a une haute idée de sa mission et celle de l’institution qu’il dirige dans la marche vers le progrès de Laghouat, sa ville natale et par extension, celle de la wilaya. Son crédo? Une stratégie de développement globale dont la clé de voute serait l’investissement tous azimuts, sous-tendu par la mobilité des cadres et des opérateurs du nord au sud du pays et vice-versa, seul paramètre à même d’enrayer le marasme et la stagnation.

Amar Telidji, un moudjahid au parcours atypique
Né le 26 décembre 1923, il quitte tôt les bancs du lycée Bencheneb de Médéa, en dépit d’une intelligence remarquable pour rejoindre les rangs de l’armée française à une époque où les Algériens, d’une manière générale, allèguent maints prétextes pour la fuir. Doté d’un bagage intellectuel lui permettant d’assimiler les techniques des transmissions, il part combattre en Indochine où il affine et perfectionne ses connaissance dans cette arme, puis, à son retour, il s’installe au Maroc comme conseiller des forces armées marocaines en matière de transmissions. En juin 1956, il rejoint les rangs de l’ALN, sous la houlette de Abdelhafid Boussouf, alors patron du MALG (contre-espionnage) au service de la Révolution armée. Ce dernier le choisit comme instructeur de la première promotion des techniciens en transmissions algériens, baptisée « Zabana », du nom du premier guillotiné, exécuté dans la tristement célèbre prison Barberousse. A l’indépendance, il occupe un poste éminent au ministère des PTT qui était en pleine restructuration. Il est décédé à la suite d’un accident de la circulation en 1965.

Un organigramme de haut niveau
A l’instar des autres universités du pays, celle de Laghouat est soucieuse de la bonne marche de ses différents services, tant pédagogiques qu’administratifs voire de l’intendance. Le recteur, le Pr Djamel Benbertal, sous des dehors pondérés mais fermes, veille à ce que l’équilibre entre ces volets interdépendants les uns des autres soit maintenu, même si l’aspect pédagogique devrait prévaloir, étant entendu que la mission première d’une université est, par excellence, l’enseignement. Néanmoins, la gestion administrative et les œuvres universitaires doivent impérativement jouer le jeu et suivre le tempo. Aussi, pour faire fonctionner ses rouages sans encombre, l’université fonctionne-elle avec un effectif substantiel de 950 enseignants permanents, 11 enseignants invités, 26 enseignants associés et 397 enseignants vacataires. Quant au personnel administratif, technique et de service, son nombre s’élève à 692 éléments, entre cadres, agents de maitrise et subalternes. Ils sont aidés dans leurs tâches par 329 agents contractuels officiant dans les différents services de l’administration universitaire. Tout ce beau monde est mis à contribution pour offrir les meilleures conditions d’études et de recherches aux 26 424 étudiants en graduation et 1010 autres en post-graduation qui y sont inscrits.

Une université « aérée »
La superficie globale de l’université Amar-Telidji est estimée à quelque 46 hectares, néanmoins, elle n’est pas conçue comme un bloc monolithique car les entités composant l’institution sont regroupées sur quatre sites, éloignés les uns des autres. 40% de la superficie qui lui est dévolue sont dédiés aux espaces didactiques et pédagogiques tandis que le reste est réservé aux espaces verts. Le premier site totalisant une superficie de 13.68 hectares est en fait l’ancien siège de l’Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique (ENSET), récupéré pour regrouper quatre facultés:
la faculté de technologie (départements: génie civil, architecture, génie mécanique, science et techniques) ;
la faculté des sciences (département: sciences de la matière) ;
la faculté de Droit et des sciences politiques ;
la faculté des Lettres et des Langues
Le second site, situé au premier pôle universitaire, comprend:
la faculté de technologie (département: génie des procédés, électrotechnique, électronique) ;
la faculté des sciences (département: agronomie, biologie, mathématiques, et informatique) ;
la faculté des sciences sociales et humaines
la faculté de médecine
classe préparatoire en science et technologies
bloc de laboratoires et de recherches
Le troisième site est également une infrastructure reconvertie puisqu’il s’agit de l’ancien ITE. Il abrite :
la faculté des sciences économiques, commerciales et de gestion ;
l’Institut des sciences et techniques des activités physiques et sportives
Le quatrième site se situe à Aflou et englobe :
la faculté des sciences sociales et humaines
la faculté de droit et des sciences politiques
la faculté des Lettres et des langues
la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion
Après l’ENSET, créé en 1986 et dont l’objectif assigné était de former des enseignants en génie mécanique, génie civil et génie électronique, des efforts considérables ont été déployés depuis pour que cet organisme accède au rang de centre universitaire. Et cela fut concrétisé en vertu du décret exécutif 157-97 du 10 mai 1997 portant création du centre universitaire de Laghouat. A ce stade déjà, les choses sérieuses commencent et la wilaya pouvait s’enorgueillir, sans prétention aucune, d’avoir un socle solide pour les études supérieures à l’intention des étudiants de la région. Les cursus en vue de l’obtention de diplômes ont été élevés d’un cran puisqu’il fut introduit les diplômes d’ingéniorat d’Etat, de licence et le diplôme des études universitaires appliquées dans les disciplines suivantes: les sciences exactes, l’informatique, le génie mécanique, le génie électronique, le génie civil, la chimie industrielle, la biologie, les sciences économiques et les sciences de gestion, langue et littérature arabe, les sciences juridiques (droit), psychologie et l’orthophonie.

L’an 2001, le Graal: l’université Amar-Telidji est officiellement créée
Une telle persévérance ne pouvait déboucher que sur la création de l’université de Laghouat en 2001, abritant en son sein trois facultés, aidée en cela, évidemment, par le développement de la ville et de la wilaya et la poussée démographique de la communauté estudiantine, devenue plus importante. Il fallait donc parer au plus pressé et mettre en œuvres les facultés où affluent le plus grand nombre d’étudiants à savoir, la faculté des sciences et de l’ingénierie, la faculté des sciences économiques et de gestion, la faculté de droit et des sciences sociales. Parallèlement à la restructuration qu’a connue l’université, d’autres spécialités furent introduites dans la nomenclature pédagogique de l’université de Laghouat telles que la maintenance dans le domaine du génie électronique, les ressources hydriques, l’agronomie, l’urbanisme, les sciences sociales et démographie ainsi que l’anglais.

Le système LMD charrie de nouvelles spécialités
L’année universitaire 2006-2007 a vu l’adoption et la généralisation du système LMD dans l’enseignement supérieur algérien avec davantage d’offres en termes de disciplines pédagogiques telles les sciences de la matière, sciences et technologie, mathématiques et informatique, sciences et techniques du sport, langue française. Cela étant, d’autres spécialités annexes ont été adoptées dans la phase master à l’orée de l’année universitaire 2009-2010. En effet, ce pôle de savoir et de technologie a été restructuré en six facultés :
la faculté des sciences
la faculté de technologie
la faculté de droit et des sciences politiques
la faculté des lettres et langues
la faculté des sciences humaines et sociales
la faculté des sciences économiques, gestion et sciences commerciales
l’Institut des sciences et techniques physiques et sportives (STAPS).
En septembre 2012, une annexe de l’université de Laghouat ouvre ses portes dans la ville d’Aflou au profit des étudiants de la région nord de la wilaya, leur faisant l’économie d’un déplacement de 100 kilomètres. Moins d’une année après, le 14 mars, précisément, une faculté de médecine est créée à l’université de Laghouat. Les cours qui y sont prodigués commencent lors de la rentrée universitaire 2014-2015. Cependant, ce formidable élan programmatique ne va pas s’arrêter en si bon chemin car en perspective, l’université Amar-Telidji a présenté un projet de restructuration auquel les pouvoirs publics ont donné leur aval. Il consiste substantiellement à scinder la faculté de la technologie en deux entités: la faculté de la technologie et la faculté de génie civil et architecture. Le même processus a été élargi pour faire éclater la faculté des sciences humaines en deux divisions: la faculté des sciences sociales et la faculté des sciences humaines, islamiques et de la civilisation.
   
2006- 2016, une décennie féconde
Certes depuis 2001 l’université de Laghouat a connu un parcours un tant soit peu laborieux, empruntant cahin-caha son cheminement vers l’évolution qu’on lui connaît actuellement. Cependant, la décennie 2006-2016 a été particulièrement entreprenante et fertile dans la mesure où les infrastructures qui font aujourd’hui sa fierté et son orgueil y ont été érigées. Il est vrai que la « cagnotte » pétrolière engrangée durant ces années y a été pour beaucoup, mais il est indéniable que l’audace et le volontarisme des cadres universitaires faisant chorus avec ceux de la wilaya ont, à leur tour, su canaliser les bonnes volontés, planifié et rationalisé les investissements dans le domaine de l’enseignement supérieur. En effet, il y a de quoi être sidéré du nombre des acquis que compte ce secteur, tous construits durant cette période : 24 laboratoires équipés sont mis à la disposition des chercheurs dans les divers paliers de l’enseignement supérieur ; la réalisation d’une bibliothèque centrale recélant plusieurs centaines d’ouvrage et 8600 places pédagogiques ; la réalisation, la consolidation et le développement d’un réseau intranet ainsi que la construction d’un centre médico-social, d’une salle polyvalente et de quatre terrains de sport ; l’acquisition des équipements scientifiques pour le renforcement des travaux pratiques ; l’équipement de 8 000 places pédagogiques, reconversion d’un bloc de l’ex-ITE en salle de conférences ; l’étude et la réalisation d’un auditorium de 600 places, la réalisation d’un bloc de recherche pour dix laboratoires, l’équipement d’un bloc de recherches ; l’étude et la réalisation d’un centre de recherche en sciences islamiques et d’un plateau technologique ; l’équipement scientifique de recherche d’un plateau technologique ; l’étude et la réalisation d’une unité de recherche en plantes médicinales, la reconversion et l’aménagement de locaux pédagogiques et administratifs pour abriter l’ENS de Laghouat, la rénovation des machines de l’atelier de génie mécanique et, enfin l’étude et la réalisation d’un nouveau pôle de 8 000 places pédagogiques. Ceci étant, l’on est encore loin du bilan définitif car d’autres réalisations vont certainement voir le jour et s’inscrire au solde positif de l’université de Laghouat mais concédons tout de même que depuis l’appropriation de l’ENSET en 1986, qui fut un noyau embryonnaire assurant les études de 314 futurs enseignants, à ce qui est devenu l’université Amar-Telidji, qui abrite actuellement 26 424 étudiants(es) en graduation et en post-graduation, que de chemin parcouru !

Confronter les connaissances théoriques aux besoins économiques
L’une des préoccupations majeures du recteur de l’université Laghouat, Djamel Benbertal est de permettre aux cycles de formation de l’université dont il a la charge et notamment à celles arrivées à leurs aboutissements, de confronter les connaissances théoriques aux différents domaines d’expérimentation. Aussi, l’ambition de l’université Amar Telidji de Laghouat se résume-t-elle à soutenir et à réunir les conditions favorables pour une recherche scientifique de qualité, capable de contribuer significativement au développement économique, social et culturel du pays. Elle offre aux chercheurs et aux doctorants un environnement professionnel technique approprié à travers des infrastructures modernes et des équipements performants garantissant des conditions de travail agréables. Ces atouts permettent, effectivement, la mise en place de projets de recherche dans le cadre des formations doctorales ou des collaborations externes via la prise en charge des problèmes et des doléances des secteurs socio-économiques tels Sonatrach, Sonelgaz, la Poste… La chute drastique du prix du baril de pétrole et la crise économique qui pourrait en être induite sont également de nature à orienter la recherche vers un mode économique alternatif et pérenne telles l’agriculture et les énergies renouvelables que les vastes étendues du pays sont largement en capacité de produire et de développer. A ce titre, l’université Amar-Telidji de Laghouat pourrait être pionnière dans ces créneaux étant donné sa situation géographique idéale se trouvant à mi-chemin entre le Nord du pays et le Grand Sud, une sorte de relais en somme. Cela aussi est l’une des ambitions affichées du recteur et de son staff.

La faculté de médecine, le nec plus ultra…
En trente années d’existence, depuis la création de l’Ecole normale supérieure pour l’enseignement technique dont il a été fait mention plus haut, l’université de Laghouat a connu une évolution crescendo pour créer en son sein sept facultés, notamment celle de médecine, mise en œuvre en 2013, inaugurée officiellement fin janvier passée par le Premier ministre Abdemalek Sellal, et dont les premières fournées, prendront en charge, à terme, le volet médical et thérapeutique de la wilaya de Laghouat et des wilayas environnantes dont les habitants sont astreints à chaque fois d’effectuer de lointains périples vers le nord du pays pour se soigner en cas de pathologies sérieuses. La décision d’ouvrir une faculté de médecine que tout un chacun dans cette région du pays appelait de ses vœux, pour des raisons on ne peut plus évidentes, a été prise lors de la visite du Président Abdelaziz Bouteflika, qui a coïncidé avec la rentrée universitaire 2011-2012.  A cet effet, le nouveau CHU de Laghouat, lequel aura, en son sein, la double mission de soigner et d’enseigner, est sur le point d’être finalisé et sera donc le futur réceptacle des étudiants(es) actuellement en filière de médecine. En effet, la décision de création de la faculté de médecine de Laghouat vient accompagner le projet de création du CHU qui comptera plusieurs structures, dont un hôpital de 240 lits et un centre anti cancer, ce qui fait d’elle un soutien important pour la concrétisation de ce projet sanitaire d’envergure afin de répondre aux attentes des habitants de la région en matière de santé, avec un encadrement adéquat. D’une capacité de 2.000 places, la faculté a reçu, lors de sa première année, 69 étudiants et accueille actuellement 195 étudiants, encadrés par 58 enseignants dont 12 professeurs. Cet établissement universitaire compte un groupement pédagogique et quatre salles de cours, trois salles de soutenances, une salle de langue, en plus de 24 laboratoires et 16 salles de travaux dirigés, selon la fiche technique de la faculté. La faculté, qui devra assurer l’encadrement de la santé publique et d’augmenter les capacités pédagogiques, dispose aussi de quatre amphithéâtres totalisant 1.000 places et une bibliothèque dotées de toutes les commodités pour la recherche scientifique. Ainsi, le rêve de création d’une faculté de médecine à Laghouat, longtemps caressé par les habitants de la wilaya est devenu une réalité et une fierté pour eux.

Le Centre national de recherches en sciences islamiques, un joyau
L’idée de sa création, dit-on, a germé à la suite des événements du match Algérie-Egypte et du traitement à la limite de l’indécence subi par les étudiants algériens en théologie dans les universités égyptiennes. Décision fut donc prise pour édifier un centre national de recherches en sciences islamiques à Laghouat en 2011. Cet édifice de forme octogonale tout en voutes et en colonnes est conçu selon un pur style arabo-mauresque-andalou, une architecture de tradition algérienne, revisitée, avec un zeste de modernité. Il a pour mission première de promouvoir la culture nationale, de faire rayonner la science et la civilisation islamique loin des excès de tous bords, de rassembler autant que possible les anciens manuscrits des auteurs algériens, de faire connaître au grand public ceux parmi eux dont le parcours a été occulté ou négligé et d’assurer la formation continue, le recyclage et le perfectionnement de haut niveau des personnels de recherche dans le domaine de la théologie. Relevant de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, l’établissement compte quatre sections de recherches réparties sur les études doctrinales et coraniques, la pensée, la doctrine et le dialogue avec les autres, ainsi que l’histoire culturelle de l’Algérie et une section de civilisation islamique. Il dispose également d’un groupement pédagogique et administratif, d’un auditorium pour les séminaires, en plus d’une résidence pour les manifestations internationales et nationales, d’un cercle et d’une imprimerie numérisée.
A. B.



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Par Ahmed BOUDRAA

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