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N° 114 - Juin 2018

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60e Anniversaire du dclenchement de la Rvolution

Si Amar Mellah, le moudjahid

Par El-Yazid DIB



Le commandant Amar Mellah est né le 15 février 1938. Son père Baaziz ben Amar ben Messaoud et sa mère Mellah Fatima sont de la tribu des H’rakta, originaire de Tahamamet- El Madher. Encouragé par son père, il sera, dès l’âge de six ans, inscrit pour à terme apprendre par cœur le quart du saint Coran. Ainsi élevé dans une éthique fortement religieuse, le jeune Amar, ne pouvant voir ce que lui dissimule l’avenir, apprenait déjà les lois coraniques du « mektoub » et du « kadha ouel kadder ». A peine qu’il commence à arborer virilement ses huit piges que sa famille s’installe à El Madher. L’enfant qu’il était, du rural à l’urbain, de la campagne au village, y verra ainsi sa curiosité s’aiguiser davantage. Après la Seconde Guerre mondiale, son père l’envoie à l’école « l’éducation et l’enseignement » de l’association des oulémas musulmans… puis au lycée Franco musulman (1955/1956) où il se met à suivre toutes les informations sur la Révolution qui visait à libérer l’Algérie du joug de l’occupant. Le jeune n’a plus une conscience d’enfant. Il sait qu’il ne peut se dérober à un devoir qu’il savait déchiffrer déjà. Lycéen, il s’investit à bras-le-corps dans l’action de vouloir faire de l’appel aux étudiants de prendre le maquis ; un appel plus aigu et dans toute la solennité que recommandait l’événement. La Révolution a besoin de tous ses enfants. Il quittera ses classes pour un autre espace plus rugueux et contraignant. Le maquis. Là, il fera la guerre tout imbu d’honneur sous l’égide de l’illustre sigle ALN, qui en ce temps faisait trembler, sans puissance de feu, mais avec l’abnégation et le courage, la puissance de feu de l’empire français et celle des forces de l’OTAN. En gravissant les échelons et les grades, Mellah, terminera arme au poing, une étape de vaillant moudjahid, sous des galons de commandant. L’indépendance acquise, le chemin du commandant Amar Mellah continue altier dans cette euphorie portée à l’amour de l’Algérie et à sa lutte armée. Au sortir de la guerre de libération nationale, il aura à exercer de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire. Commandant de région successivement à la 5e région (Batna à l’époque) et à la 4e (Ouargla), il entame par la suite des études militaires entre 1965-1967 en Union soviétique, lesquelles lui seront d’un capital savoir inouï en plus de la valeur ajoutée reçue en termes de capitalisation d’expérience. En conséquence de quoi, Si Mellah rejoindra ses nouvelles fonctions en tant que responsable à la direction des blindés au sein de l’état-major de l’ANP, alors sous le commandement du colonel Tahar Z’biri. Les circonstances de l’époque auraient été un facteur finissant par créer un certain climat incommodant au sein de la corporation et arrive la réunion d’avril 1967. La tournure des évènements connaît un désagréable développement, synonyme d’enfer pour ce moudjahid, commandant en poste au sein de l’ANP. La modestie de cet homme fait de lui un être à part qui s’attelle à coucher noir sur blanc ses mémoires consignées conséquemment dans son ouvrage intitulé Mouvement du 14 décembre 1967 des officiers de l’ANP dans lequel il effectue un flash-back objectif loin de toutes pressions. Il y narre les rudes péripéties qu’il a endurées durant cette période. Il tente toutefois de rendre à cette étape cruciale de sa vie une dimension telle que seule l’histoire nationale aura un temps à rendre son jugement pour ou contre les uns ou les autres.
L’homme vaut par sa modestie. Il est sollicité par l’administration en 1997 pour présider la commission de surveillance des élections. Dans un repli activement efficace pour la postérité, il préfère, dans un cadre de vie intensément familial, se retirer. Président de l’Association du 1er Novembre, il active éloquemment dans l’écriture de l’histoire. A vrai dire, l’homme ne parle pas trop. Il réveille l’interrogation. Il vous suggère la réponse par une mimique, un geste, un soupir ou un regard courtois. Il ne s’empêche point de reconnaître le mérite des uns et des autres.
Si Amar Mellah est sénateur du tiers présidentiel. Il a été le directeur de campagne à Batna du candidat Abdelaziz Bouteflika lors des dernières élections présidentielles de 2014. Il est de tous les regroupements historiques, animant des conférences ayant trait à l’épopée de la grande révolution de novembre. Il refuse de parler de sa personne, préférant le faire pour les autres, ceux et celles qui ont donné leur vie pour que l’Algérie soit libre et indépendante.
 

E. Y. D.



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