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N° 123 - Oct 2019

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Levée du gel sur les projets de la santé

Développement du Sud et des Hauts-Plateaux

Par Yahia MAOUCHI



Dans une conjoncture marquée par de nombreux défis, le gouvernement affiche plus que jamais sa détermination à faire du développement des régions du Sud du pays un axe prioritaire de son action. « Il faut savoir que ces régions avaient bénéficié de la décision portant dégel de toute opération impactant directement la vie de la population, et ce, en dépit des difficultés financières que traverse le pays notamment les secteurs de l’Éducation, de l’Habitat, de la Santé et de l’Énergie eu égard à leurs retombées directes sur la vie quotidienne des citoyens », avait affirmé, en août 2018, Noureddine Bedoui, alors ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire. Ainsi, chose promise, chose due, puisque le gouvernement qui place le  Grand Sud et les Hauts-Plateaux  au cœur des stratégies de l’État visant à assurer un développement équitable et équilibré soucieux de respecter les spécificités humaines et géographiques de ces régions, vient d’annoncer la levée du gel sur tous les projets enregistrés dans le secteur de la santé au niveau des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, y compris les opérations d’acquisition d’équipements médicaux en faveur des établissements hospitaliers réalisés. En effet, dans un message lu en son nom par Salah Eddine Dahmoune, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, lors de la Conférence nationale sur « le renforcement de la santé dans les wilayas du Sud et des Hauts plateaux » qui a eu lieu, à Alger, le Premier ministre Noureddine Bedoui a fait état de « la levée du gel sur 25 projets relevant du secteur de la Santé dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, avec une autorisation de programme de 20 milliards de dinars, bénéficiant aux wilayas de Tindouf, Illizi, Biskra, Ouargla, Laghouat, Tiaret, Djelfa, Bordj Bou-Arréridj, Saïda, Khenchela, Tissemsilt, Souk-Ahras, Mila, M’Sila, Tébessa et El-Bayadh ». Évoquant l’inscription de nouveaux projets, le Premier ministre a précisé qu’il s’agit de « 30 opérations de réalisation de nouvelles structures sanitaires avec une autorisation de programme globale s’élevant à 19 milliards de dinars au profit des wilayas d’Adrar, Illizi, Tindouf, Tamanrasset, Béchar, El Oued, Ouargla, Ghardaïa, Biskra, Djelfa, Tébessa, Mila et M’Sila ». Dans le même contexte, M. Bedoui a indiqué qu’un travail est en cours pour doter les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux de différentes structures spécialisées, qui leur faisaient défaut dans un passé pas très lointain, citant à ce propos l’ouverture d’annexes de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) à Tamanrasset, Adrar, Ouargla et Laghouat, en plus de celles existant à Béchar et Biskra. Il a rappelé, dans ce sens, l’ouverture de pharmacies annexes dans les régions enclavées à Tindouf, Adrar, Illizi et Tamanrasset, la création dans la wilaya de Tamanrasset d’un Observatoire régional de la santé spécialisé dans les maladies tropicales, l’ouverture d’annexes de l’Institut Pasteur-Algérie à Tamanrasset, Ouargla et Adrar la mise en place, à Ouargla, d’un Institut de recherche dans la lutte contre les piqûres scorpioniques et l’ouverture de Centres d’extraction de venin scorpionique à Naâma, Laghouat, Djelfa, Biskra et M’Sila.

Un nouveau socle de réformes

Affichant la détermination du gouvernement à promouvoir les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux pour réduire les disparités en termes de développement, Noureddine Bedoui a prôné, à cet égard, l’adaptation de la réglementation aux réalités du terrain afin d’élargir et d’approfondir l’effort de développement, notamment dans le domaine de la santé publique, en focalisant sur le rapprochement des services médicaux des citoyens. « Aujourd’hui, nous devons reconnaître, à travers un état des lieux, que le système de santé dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux n’est pas à la hauteur de nos aspirations, en tant que pouvoirs publics, ni à celles des citoyens qui ont droit à des prestations sanitaires globales, accessibles et de qualité, à l’instar de toutes les régions du pays », a-t-il déclaré. A cet effet, M. Bedoui rappelle qu’il n’est plus possible de continuer avec une situation enregistrant autant d’insuffisances et d’entraves. « Il faut engager une transition rapide et méthodique pour promouvoir le secteur de la Santé dans ces wilayas, loin des promesses et slogans vains », prône-t-il. Pour ce faire, M. Bedoui a exhorté les cadres de la Santé à travailler ensemble pour un nouveau socle de réformes afin de définir les grands contours d’une feuille de route réalisable et réaliste, scientifiquement et pragmatiquement. Pour sa part, le directeur général de la prévention au ministère de la Santé, Djamal Fourar, a expliqué que parmi les mesures prises par son département celle de « l’activité de jumelage entre les établissements hospitaliers du Nord et les régions du Sud et des Hauts-Plateaux afin d’améliorer la prise en charge des malades ». Cette pratique est consacrée à la faveur du décret exécutif n° 16-197 du 4/6/2016 consistant en l’envoi de missions médicales et paramédicales des CHU du Nord pour assister celles du Sud et des Hauts-Plateaux. D’autres mesures ont été également prises telles que « le renforcement des unités sanitaires mobiles à travers l’augmentation du nombre des clinomobiles (cliniques mobiles) dotées de moyens matériels et humains pour une prise en charge efficace de la population de ces régions », a-t-il noté. Parmi les moyens mis pour la couverture sanitaire de ces régions figure aussi le déploiement de la télémédecine dans 7 wilayas du Sud et 6 wilayas du Nord connectées aux CHU du Nord tels que les hôpitaux Mustapha, Bab El Oued et Beni Messous d’Alger. « Certains de ces établissements maintiennent ce contact permanent entre eux à travers la plateforme télémédecine du ministère de la Santé mais d’autres très rarement», a-t-il relevé.

 

Mise en place d’un système incitatif

Par la même occasion, le Premier ministère a annoncé la mise en place d’un système incitatif, au titre du PLF 2020, au profit des médecins privés, des pharmaciens et des laborantins désirant exercer au Sud, en bénéficiant, a-t-il dit, de différents mécanismes de soutien public, d’exonération de taxes et d’impôts, ainsi que de bonification de taux d’intérêts et d’autres facilitations pour l’accès au foncier. Dans le même ordre d’idées, le chef de l’exécutif avait souligné qu’il est décidé la multiplication par deux et demi du salaire des spécialistes de la santé publique exerçant dans les wilayas du Sud, la généralisation de la prime du service civil avec l’attribution d’une allocation de 7% du salaire de base pour chaque jour de travail, à ajouter aux frais de mission, appliquée sur 15 jours environ/mois pour chaque fonctionnaire du secteur de la santé concerné par cette activité. Qualifiant ces mesures d’inédites, M. Bedoui a affirmé qu’elles «améliorent l’attractivité des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, pour les professionnels de la santé qui doivent comprendre que leur avenir se construit également dans le Sud et pas uniquement dans le Nord. Nous voulons ainsi à travers toutes ces mesures, assurer une couverture sanitaire globale en vue de combler le déficit dans les différentes spécialités, alléger les souffrances des citoyens et leur éviter de parcourir de longues distances pour bénéficier de soins», a-t-il ajouté. Concernant l’amélioration de la qualité des prestations de santé prodiguées, le Premier ministre fait part « de la signature de 117 conventions de jumelage englobant toutes les spécialités dont 97 dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux, outre « l’ouverture de 198 postes budgétaires pour l’accès à la formation spécialisée au profit des jeunes médecins généralistes en particulier, ceux âgés de moins de 40 ans, ayant assuré un service effectif pour une durée de 5 ans, au niveau de neuf wilayas du Sud, avec une moyenne de 22 postes pour chaque wilaya ». Il s’agit des wilayas d’Adrar, Biskra, Bechar, Tamanrasset, Illizi, Tindouf, El-Oued et Ghardaïa, à condition que cette mesure touche neuf spécialités prioritaires et très demandées par les citoyens, à savoir: génécologie-obstétrique, réanimation et anesthésie, médecine interne, chirurgie pédiatrique, chirurgie orthopédique et traumatologique, imagerie médicale et radiologie, pédiatrie et chirurgie générale. Enfin, ces dernières mesures incitatives annoncées par Noureddine Bedoui, ont été largement saluées par le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) et le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO), considérant qu’elles traduisent « une volonté politique », tout en plaidant pour leur application effective sur le terrain. « Pour peu qu’elles ne soient pas des effets d’annonce, ce sont des décisions très positives et nous les avons revendiquées depuis longtemps. Le gouvernement s’est finalement rendu compte du vide existant en matière de spécialistes de la santé dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux », a commenté, le docteur Mohamed Berkani Bekkat, président du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens. Tout en considérant que les mesures annoncées traduisent « une volonté politique » des autorités, ce dernier s’est notamment félicité de la revalorisation du salaire des praticiens, de la levée du gel sur les projets relevant du secteur de la santé et des dispositions inhérentes au service civil. Cela étant, il a suggéré, s’agissant de la revalorisation du salaire, d’y apporter plus de visibilité et de clarté, dans la mesure où, s’est-il interrogé, il s’agit de savoir si cette mesure concerne le salaire de base ou bien les indemnités, auquel cas elle serait moins intéressante.

 

Y. M.



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