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N° 126 - Jan 2020

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Transports

« Nous n’avons aucun projet à l’arrêt »

Azzedine Fridi, directeur général de l’Anesrif

Entretien réalisé par Tahar MANSOUR



El Djazair.com : Nous vous remercions, monsieur, d’avoir accepté de répondre à nos questions. Quelles sont au juste les missions de l’Anesrif ?

Azzedine Fridi : l’agence est chargée de mettre en œuvre et d’assurer le suivi et la conduite des programmes d’investissements ferroviaires engagés par l’Etat algérien. Elle veille au respect des règles techniques et normes de conception, de construction et d’aménagements des infrastructures ferroviaires. Elle se doit aussi de développer l’ingénierie du rail ainsi que ses moyens de conception et d’études afin d’en maitriser les techniques. L’agence est aussi chargée, entre autres, de concevoir, d’exploiter ou de déposer tout brevet, licence, modèle ou procédé se rapportant à son objet, dans le cadre de la règlementation en vigueur. Ce ne sont pas les seules mais les plus importantes.

 

El Djazair.com : Pouvez-vous nous dire, monsieur le directeur, où en est l’Anesrif par rapport à son plan de charge ?

 Azzedine Fridi : le programme ferroviaire est en train de se poursuivre dans deux volets : celui de la modernisation de certains tronçons de lignes (voies, ballast et signalisation) à travers l’ensemble du territoire national et celui de la densification pour laquelle nous sommes en train de terminer les projets. A titre d’exemple, le tronçon des Hauts-Plateaux de M’Sila jusqu’à Boughezoul et Tissemsilt réceptionné au premier trimestre de l’année prochaine, Tissemsilt-Tiaret dont les travaux sont en cours, Tiaret-Saida où les travaux sont très bien avancés. Pour les pénétrantes, il y a la ligne minière qui relie Annaba à Souk-Ahras et Oued Kebrit pout laquelle les travaux de modernisation sont terminés au niveau de certaines zones, un autre programme a été engagé pour sécuriser la circulation en remplaçant les traverses. Il y aussi une étude qui est lancée pour la réalisation d’une ligne entre Djebel Onk et Oued Souf. L’autre pénétrante Biskra-Touggourt est déjà en exploitation, Touggourt-Hassi Messaoud, les travaux sont bien avancés et la voie est en train d’être posée. Nous sommes aussi en dernière phase d’études pour le tronçon allant de Chiffa-Médéa-Bouguezoul, le terrain étant très accidenté ayant nécessité des travaux de topographie très poussés. L’autre tronçon reliant Boughezoul à Djelfa et Laghouat est très bien avancé, les terrassements étant déjà terminés et nous avons entamé la pose des voies. Quant aux autres tronçons de Laghouat à Ghardaïa et Ouargla, les études sont en phase finale, comme d’ailleurs la ligne Ouargla-Hassi Messaoud. Pour la boucle Ouest, de Ménéa-Ouled Abbès-Adrar, jusqu’à Abadla-Béchar, les études sont en phase d’identification. Nous allons aussi lancer prochainement une étude pour la ligne Béchar-Tindouf. Pour la région Centre, les projets sont déjà en exploitation et ont ajouté un plus au transport des citoyens et des marchandises. Outre les tronçons déjà mis en exploitation à travers la région algéroise, le dernier est celui reliant Alger-El Harrach-Bab Ezzouar-Aéroport Houari Boumediene. Nous avons aussi entamé un grand programme au niveau de la région algéroise pour améliorer la capacité et la fiabilité de la ligne, en plus des études que nous avons lancées pour l’électrification et la signalisation des réseaux. 

 

El Djazair.com : y a-t-il des projets à l’arrêt à cause de difficultés par rapport à la situation du pays ?

Azzedine Fridi : Non, il n’y a aucun projet à l’arrêt, nous n’avons eu aucune difficulté, nous sommes en train de travailler le plus normalement du monde, sans aucune entrave d’aucune sorte, ni financière ni autre.

 

El Djazair.com : la rocade des Hauts-Plateaux constitue un lien direct entre l’est et l’ouest du pays en passant par des régions dépourvues de chemins de fer. Qu’apportera cette nouvelle voie ferrée aux régions qu’elle traverse et au pays en général ?

Azzedine Fridi : le premier avantage est le désenclavement de ces régions qui ont souffert longtemps du manque d’infrastructures routières suffisantes pour leur permettre de se développer au même rythme que les régions côtières. Le déplacement des personnes et des biens et services est très important pour toute région dans tous les pays du monde et le train y répond de la manière la plus rapide et la plus efficiente. Pour ces régions des Hauts-Plateaux, il sera beaucoup plus facile, grâce à la nouvelle voie ferrée, de se déplacer dans les deux sens, sans être obligés d’utiliser les gros camions qui représentent de grands dangers sur les routes et qui nécessitent des infrastructures plus importantes. La circulation automobile sera aussi plus fluide, le temps de voyage moins long et moins contraignant et les biens transportés plus aisément. Les régions traversées par le chemin de fer connaitront un regain d’activité commerciale, industrielle et même intellectuelle très important au grand bénéfice des habitants qui ne seront plus obligés de se déplacer jusqu’aux villes côtières pour tout ce dont ils ont besoin.

 

El Djazair.com : quelles sont les perspectives de l’Anesrif dans le cadre justement de ses missions ?

Azzedine Fridi : bien sûr, nos perspectives sont de rester toujours dans le cadre du Plan directeur qui consiste en l’achèvement du programme actuel pour arriver à 6300 km de voies ferrées dans un proche avenir et à 12500 km à moyen terme. Nous sommes en train de suivre la feuille de route et le plan directeur tracé par les pouvoirs publics. 

T. M.

 



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