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N° 117 - Nov 2018

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Transports

Le feu vert des pouvoirs publics

Ouverture du fret aérien au privé

Par Yahia MAOUCHI



Après plusieurs années d’attente, les exportateurs algériens sont désormais autorisés à créer leur propre entreprise en vue de l’acquisition et/ou la location d’avions en vue d’assurer le transport de produits nationaux destinés à l’export. A ce sujet, Abdelghani Zaâlane, ministre des Travaux publics et des Transports a affirmé que « les Algériens peuvent désormais créer leurs propres entreprises pour acheter ou louer des avions destinés à transporter les produits nationaux destinés à être exportés ». Selon le ministre, cette mesure a été prise dans le cadre des encouragements à l’exportation et placement des produits algériens sur le marché international, la flotte nationale n’étant pas en mesure de répondre à ce besoin. A cet effet, deux commissions d’experts chargées de l’étude des dossiers des opérateurs privés nationaux désirant assurer le transport aérien et maritime de marchandises ont été installées. Les deux commissions sont composées d’experts et de cadres expérimentés dans le domaine des transports d’une manière générale et des marchandises, en particulier, qui sont aussi chargés d’étudier les dossiers des opérateurs privés nationaux ayant déposé des demandes pour exercer dans le domaine du fret maritime et aérien. La qualité de la performance des entreprises privées qui désirent assurer le fret aérien et maritime étant plus importante que leur nombre d’où l’impérative nécessité de veiller à ce que les demandeurs répondent aux normes et critères recommandés pour cette activité si importante et sensible. Rappelons qu’en janvier, le ministre avait annoncé l’ouverture du fret maritime et aérien aux opérateurs privés algériens en vue de satisfaire les demandes d’exportation. Récemment, il a fait état de la réception de neuf dossiers d’opérateurs privés pour l’ouverture de l’activité du transport aérien et maritime de marchandises dont cinq dossiers pour le transport maritime et quatre pour le transport aérien. L’ouverture du transport de marchandises par voie maritime ou aérienne au secteur privé permettra de relever le quota de l’Algérie sur le marché mondial et d’encourager l’investissement public et privé pour l’édification d’une économie nationale productive et la création de nouveaux emplois. Comme elle contribuerait également à la création de postes d’emploi, à l’amélioration de la commercialisation des produits agricoles et industriels des différentes régions du pays, notamment celles du sud, ainsi que la hausse du taux national du transport maritime qui reste en deçà des attentes escomptées. Dans un environnement de plus en plus compétitif, l’Algérie a plus que jamais besoin d’un secteur de transport concurrentiel et dynamique en phase avec les chantiers structurants engagés et les grandes réformes entamées, dans la perspective d’améliorer la compétitivité et la productivité de son tissu économique. De même, le rôle du secteur du transport est capital dans l’intégration de l’économie nationale dans l’économie mondiale. Rappelant que le cadre législatif relatif à l’ouverture du fret aérien existe depuis 1998, mais est resté gelé, la levée du gel de cette loi concernera en premier lieu le transport de marchandises. La levée du gel sur cette loi intervient dans le cadre de la nouvelle orientation de l’économie nationale vers l’exportation. Concernant le fret maritime, un décret exécutif publié en 2010 a, certes, autorisé des promoteurs autres que la Cnan à acquérir des bateaux destinés au transport de marchandises, mais faute de textes d’application et de conditions favorables à cet investissement lourd et risqué, les hommes d’affaires, pourtant nombreux à s’y intéresser, hésitent aujourd’hui encore à s’y engager. Pourtant, le premier responsable du secteur a relevé que la hausse du volume des échanges commerciaux maritimes de l’Algérie à 25% figurait parmi les objectifs tracés par son secteur pour la période 2025-2030. Abdelghani Zaâlane a en outre indiqué que le gouvernement avait pris plusieurs mesures pour renforcer le transport maritime à travers un programme d’acquisition de 24 navires, précisant que 7 à 10 navires ont été achetés jusque-là. En somme, l’ouverture du fret maritime et aérien au privé ne peut être que bénéfique pour le secteur des exportations, qui peine à décoller. Les opérateurs privés peuvent désormais acquérir ou affréter des avions, acheter des bateaux pour les opérations d’exportation. Rappelons enfin que le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait invité en décembre passé à l’occasion de l’inauguration de la Foire de la production algérienne (FPA), les opérateurs privés à investir dans le domaine du Fret aérien et maritime pour satisfaire les demandes d’exportation vers les marchés extérieurs.

Un objectif de 17 millions de tonnes de marchandises

Sur un autre volet le rail semble prendre une sérieuse option en Algérie et la volonté plus que jamais affichée par le secteur en est le gage. Ainsi, le schéma national du ministère des Transports, fort d’un volume d’investissement couvrant la réalisation ou la modernisation de plus de 2.300 km de voies ferrées, est plus que jamais appelé à servir l’économie nationale à travers des interconnexions vers les ports, sachant que l’intelligence économique passe aussi par le développement du transport par rail. Aussi, Abdelghani Zaâlane, a rappelé que notre pays est en train d’effectuer une opération de modernisation des grands ports dont 11 commerciaux destinés à l’import-export qui seront reliés à des voies ferrées. Dans le même ordre d’idées, le ministre a indiqué que les lignes ferroviaires à réaliser dans les différentes wilayas du pays, devaient être « impérativement interconnectées aux ports et aux zones industrielles ». En effet, la nouvelle feuille de route du secteur des transports mise sur la relance de ce mode de transport qui constitue aujourd’hui, le leitmotiv de développement notamment au Sud du pays et les hauts plateaux où le rail est susceptible de constituer un facteur de relance économique et de développement durable au niveau local. L’importance requise par ce mode de transport de masse est désormais confirmée par la mise en œuvre d’une politique qui s’articule autour de la consolidation, réhabilitation et extension de la voie ferrée qui reste l’un des modes de transport les plus efficaces pour les déplacements des voyageurs et l’acheminement des marchandises. Cet effort de remise sur rail de ce secteur stratégique, délaissé durant plusieurs années, se poursuit pour permettre au transport ferroviaire de jouer son rôle de nerf de l’économie nationale. La réhabilitation du rail s’est caractérisée également par la relance du transport de marchandises par voie ferrée à travers plusieurs ports du pays. Le programme présidentiel accorde une place de choix à la modernisation du chemin de fer. Par ailleurs, en marge de sa visite à la wilaya de Ain Temouchent, Abdelghani Zaâlane a affirmé que le gouvernement a fourni tous les moyens pour atteindre une capacité de transport par rail de 17 millions de tonnes de marchandises et 16 millions de passagers par an à l’horizon 2021. Le ministre a fait savoir, au passage, que la voie ferrée en Algérie est passée de 1.800 kilomètres de réseau ferroviaire en 2000 à 4.200 km réceptionnés et mis en service, ajoutant qu’il est prévu la réception de 2.300 km inscrits au titre du programme du président de la République au niveau de la ligne des Hauts plateaux reliant l’extrême-est du pays, de la wilaya de Tébessa à Moulay Slissene dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, ce qui portera le réseau ferroviaire total à 6.300 km. En inspectant la gare ferroviaire de la commune de Béni Saf, M. Zaâlane a souligné « nos objectifs nous imposent de relier à la voie ferrée les zones industrielles et d’activités où des entreprises produisent du fer, des produits agroalimentaires, pour que chaque kilomètre du réseau de chemins de fer ait une rentabilité ». En plus du confort devant être assuré aux citoyens à travers le transport par train, et le gain de temps qu’il induit, le rail est appelé à assurer des échanges économiques des plus fructueux entre les régions. En somme, le transport ferroviaire se redéploie à une cadence très appréciable, à la faveur des différents programmes lancés par le gouvernement pour la réhabilitation du  rail devenu, aujourd’hui, incontournable, voire une exigence économique mais aussi sociale.  
Y. M.



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