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N° 117 - Nov 2018

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Transports

Doucement mais sûrement

Entreprise portuaire de Mostaganem

Par Yahia MAOUCHI



Grâce à sa position géographique stratégique, le port de Mostaganem est appelé à jouer un rôle prépondérant dans la région, malgré quelques contraintes physiques qui le caractérisent. Le port de Mostaganem est situé à proximité du port pétrolier et gazier d’Arzew. Ce qui lui permet d’être la voie la plus courte pour l’acheminement des marchandises à destination des régions pétrolières de Hassi Messaoud, Hassi R’Mel, Hassi Berkine et Haoudh El Hamra. Avec son hinterland composé de 12 wilayas dont la majorité est à vocation agricole, il est aussi à l’avant-garde pour leur approvisionnement en semences et en produits phytosanitaires, tout comme il pourrait se tourner vers l’exportation des produits agricoles, selon les orientations des pouvoirs publics pour promouvoir ce créneau hors-hydrocarbures. Desservi par un réseau ferroviaire et routier important, il est relié aux plus grands centres urbains du pays (centre, ouest et sud). En outre, de par sa position, ses capacités et ses infrastructures, le port de Mostaganem dispose d’atouts majeurs pour attirer les clients qui sont assurés d’y trouver des dessertes, des postes spécialisés pour navires dédiés au transport de véhicules (cars-carriers) assurés par des lignes régulières, et des installations spécialisées pour les céréaliers, les sucriers, les pinardiers et les bitumiers. Les autres atouts du port sont représentés par des capacités de stockage couvertes et non couvertes assez importantes, une bonne préservation des marchandises, une évacuation rapide des produits par route, par réseau ferroviaire et par cabotage national. Une liaison directe à l’hinterland via l’autoroute Est-ouest, des infrastructures et des équipements répondant à toutes les demandes des opérateurs économiques, des cadres confirmés et un personnel qualifié et rodé aux opérations de manutention ainsi que des horaires de travail adaptés aux exigences de chaque opérateur (24h/24 et 7j/7) plaident aussi pour faire du port de Mostaganem un port aux compétences avérées. Ainsi, pour prendre en charge les navires qui y accostent pour le déchargement ou le chargement des marchandises, le port de Mostaganem dispose de capacités d’accueil assez importantes, avec des tirants d’eau variant de 6,62 à 8,32 m. Actuellement, deux bassins totalisant un plan d’eau de 30 ha sont mis à la disposition des navires, avec 1830 m de jetée et un accès par le biais de la passe nord-ouest d’une largeur de 100 m pour une profondeur de 12 m. Dix postes à quai commerciaux, dont quatre sont spécialisés (céréales, bitume,) accueillent les navires pour le déchargement et le chargement de la marchandise, en plus de deux postes de servitudes d’une longueur de 80 m chacun. Le port de Mostaganem dispose aussi d’une gare maritime et d’un port de pêche mitoyen au port de commerce, d’une longueur de 130 m, avec deux appontements de 90 m chacun.

602 navires reçus et traités en 2017

 Le port du Mostaganem, selon son directeur général Ryad Bouledjouidja, a reçu et traité 602 navires, soit 42 navires de plus par rapport à l’année passée. Pour l’export durant le premier trimestre 2017, le port a réalisé 8347 tonnes, contre 21 920 tonnes pour la même période 2018, soit plus que le triple par rapport à l’année passée. « Pratiquement, il y a deux exportateurs. Metidji qui fait dans l’exportation des pattes, et Benzaza, qui est dans l’export de la pomme de terre. Pour les bitumes, nous avons traité 69091 tonnes, contre 81166 tonnes l’année passée. Mais dans l’ensemble cette année, nous allons faire plus que l’année précédente. Car il y a une installation qui vient d’être remise en service, à savoir celle du bitume Ouest d’une capacité de 50000 t. Nous avons des prévisions très importantes par rapport à 2017.Pour les céréales, aucun navire n’a été traité au niveau de notre port, contre 45611tonnes en 2017, soit deux navires. L’argument de l’OAIC a toujours trait au tirant d’eau. Pour essayer de réduire un peu le coût de blé ou de l’orge importé, il essaye d’affréter des navires qui dépassent les 30 000 tonnes, qui ne peuvent accoster au port de Mostaganem. Il arrive même à affréter des navires qui dépassent les 60 000 tonnes et qui sont traités à un autre port, explique M. Bouledjouidja. D’autre part, concernant le trafic par mode de conditionnement, qui contient le trafic en vrac liquide, vrac solide, et marchandises diverses, l’Entreprise portuaire de Mostaganem a enregistré une augmentation au niveau des trois modes de trafic. « Le trafic vrac liquide a atteint 73728 tonnes en 2017 et nous sommes actuellement à 66035t. Pour les marchandises diverses, nous étions à 791713 tonnes, et nous sommes actuellement à 945.994 tonnes, soit plus de 103%. Donc globalement, c’est plus de 20% par rapport à l’année passée tous types de cargaisons confondues », se félicite le jeune PDG.

Un port multiservices

Concernant l’évolution des principaux trafics de l’EP Mostaganem, durant le premier trimestre 2018, M. Bouledjouidja a tenu à préciser que le trafic global était de 444 652 tonnes, contre 242 241tonnes en 2017, soit une hausse de 84%. « Les produits agroalimentaires représentent 72 134 tonnes, les mineries et produits métallurgiques, qui sont principalement la billette en acier 19 465 tonnes lors du premier trimestre 2017, contre 205 381 tonnes au premier trimestre 2018. (+ 955%). Concernant les minéraux et matériaux de construction, l’EP de Mostaganem a traité 3634 tonnes en 2017, contre 9455 tonnes durant la même période 2018, soit une variation de 160%, durant la même période de 2018, soit 75% de régression. Pour les engrais, nous avons traité 4065 tonnes le premier trimestre 2017, cotre 12 225 tonnes lors de la même période 2018, soit 200% d’augmentation. Les produits pétroliers et le bitume représentent 18 672 tonnes au premier trimestre 2018, contre 12772 tonnes durant la même période de l’année précédente, soit une évolution de 46%. Il y a également les transactions spéciales, l’année passée nous étions à 235.624 tonnes, cette année nous sommes à 213.668 tonnes, soit 28% d’augmentation. En somme, je pense que nous allons faire mieux cette année, notamment avec la remise en production de deux installations spécialisées qui étaient à l’arrêt », confirme le premier responsable de l’EPMostaganem. Il convient de savoir que le port de Mostaganem reçoit et traite toutes sortes de marchandises, mais il est spécialisé dans les colis lourds, comme les ciments, les tubes, les céréales et surtout la pomme de terre de semence dont 90 % des quantités importées au niveau national sont déchargées à Mostaganem qui est à proximité d’une région agricole où très grandes quantités de pomme de terre sont produites. Dans le même ordre d’idées, M. Bouledjouidja a tenu à préciser également que son entreprise portuaire a traité durant le premier trimestre 2017, plus de 88 841 tonnes de produits agricoles, contre 69 782 tonnes au premier trimestre 2018, soit moins de 32%. Pour les denrées alimentaires, l’EPMostaganem a traité 5410 tonnes au premier trimestre 2017, contre 2185 tonnes en 2018, soit 57% de régression.

178 199 passagers transportés

Le port de Mostaganem a fait un saut qualitatif en matière de transport maritime de voyageurs. « Nous avons largement dépassé nos prévisions. Traiter 178 000 passagers en une année avec une petite expérience, et avec une seule ligne, Mostaganem Valence, c’est vraiment une réussite. Nous étions classés deuxième, en matière du transport de voyageurs, se réjoui M. Bouledjouidja. Pour les prévisions de 2018en matière de transport maritime de voyageurs, l’EPMostaganem prévoit le transit de 165 000 passagers, et 70 000 véhicules. « Mais je pense qu’en principe nous allons largement dépasser ces prévisions », affirme notre interlocuteur qui précise que l’entreprise portuaire prévoit le traitement de 580 navires, pour un volume global du trafic de 1,5 million de tonnes en 2018, répartis comme suit : produits agroalimentaires : 190 000 tonnes, minerais et produits métallurgiques 851 000 tonnes, minéraux et matériaux de constructions 29 000 tonnes, engrais et produits chimiques 55000 tonnes, produits pétroliers 75 000 tonnes, transactions spéciales 300 000 tonnes. « Pour les containeurs, nous avons prévu 30 000 EVP pour 2018, et je pense que nous allons largement dépasser nos prévisions, étant donné que nous sommes déjà à 16 000 conteneurs premier trimestre », précise-t-il. Interrogé sur le chiffre d’affaires prévu à réaliser durant cette année, notre interlocuteur avance le chiffre de 1. 613 700 000 dinars, soit une augmentation de 15% par rapport à l’année passée. « Autrement dit, nous prévoyons une augmentation de 15% de chiffre d’affaires de l’entreprise. Concernant le résultat de l’exercice, nous avons prévu à réaliser260 840 000 dinars avec une évolution de 47, 6% par rapport à l’année précédente », se félicite-t-il. D’autre part, devant les besoins croissants exprimés par les opérateurs économiques pour le port de Mostaganem et la nécessité de leur offrir les meilleures conditions possibles de traitement des navires, l’équipe dirigeante, avec à sa tête le directeur général Ryad Bouledjouidja, a initié plusieurs opérations tendant à développer le port et à lui permettre de répondre à ses nouvelles exigences de manière efficiente.

L’aménagement de la zone d’extension

Ainsi, pour répondre aux attentes de ses client l’EPMostaganem prévoit l’aménagement de la zone d’extension. « C’est un projet qui me tient beaucoup à cœur. Il nous permettra d’augmenter nos capacités de stockages d’attirer aussi d’autres réceptionnaires. Car aujourd’hui nous n’avons pas assez d’espace au niveau des abords des quais. Cet aménagement nous permettra également d’entreprendre des négociations avec le groupe CMA CGM, pour que le containeur vide de Tahkout passe par notre port. Sachant que ce groupe a loué déjà deux parcs à vide ici à Mostaganem, et nous lui avons proposé d’entreposer ses conteneurs ici au niveau de notre zone d’extension afin de diminuer les coûts au réceptionnaire, et au même temps faciliter l’évacuation de la marchandise », précise le jeune DG. En outre, devant les besoins croissants exprimés par les opérateurs économiques l’EP Mostaganem a prévu, cette année, un budget important pour la mise à niveau de terre-pleins des quais du port. Evoquant les entraves auxquelles fait face l’entreprise portuaire de Mostaganem, M. Bouledjouidja dira qu’ils sont obligés de faire avec. « Il y a le problème de tirant d’eau, c’est un problème que nous ne pouvons pas régler. Pour cela, nous essayons d’opérer des navires qui sont adaptés aux capacités de notre port », tranche-t-il. Abondant dans le même sillage, Chérifa Boukbir attachée de direction chargée du marketing au sein de l’EP Mostaganem, souligne qu’en termes de sécurité, son entreprise travaille sur un projet de conception pour mieux maitriser le mouvement des biens et des personnes dans l’enceinte portuaire , cette conception permettra de mieux gérer et maitriser les flux des usagers notamment l’activité pêche qui perturbe la bonne marche de la navigation des bateaux de commerce,  l’EPM vise à dégager des postes à quai par un nombre limite de bateaux de pêche pour rejoindre le port de pêche de la Salamandre et le petit port de Sidi Lakhder, ces postes a quai retenus par ce type de flottille ne doivent en aucun cas perturber l’accostage et le départ des navires de commerce dont souffre essentiellement les services de la navigation du port de Mostaganem. Aussi, l’EPM envisage de réajuster ses tarifs afin d’être plus compétitif sur le plan national. Le transport des passagers n’est pas en reste puisque des contacts avec des compagnies maritimes des passagers entre Mostaganem et le Sud de la France. L’ouverture prochaine de la pénétrante qui reliera Mostaganem a l’autoroute Est-ouest soulagera certainement le flux de transport de marchandises entre Mostaganem et le reste du pays. Toutes ces perspectives rendront au port de Mostaganem la place qui lui revient et le rôle qu’il doit jouer pour asseoir sa place en tant que poumon de l’économie locale. Rappelons enfin que l’activité commerciale de l’Entreprise portuaire de Mostaganem (EPM) a enregistré jusqu’au 30 septembre dernier une baisse des importations et une hausse des exportations, selon la direction commerciale de cette entreprise. Les importations ont atteint, durant la période précitée, 654.020 tonnes soit une baisse de 18 % par rapport à la même période de l’année dernière, alors que les exportations sont passées de 14.375 tonnes en 2016 à 32.635 t cette année, soit un taux de 127 %. Les chiffres avancés par le service statistiques de l’EPM montrent une baisse de l’importation de céréales de 37 % (31.334 t), des produits pétroliers de 17 % (54.072 t), de matériaux de construction de 91 % (20526 t). D’autre part, ils enregistrent une hausse des importations de semences de pomme de terre de 158 % (50173 t) et du bois de 56 % (34636 t). Il a été procédé durant la même période à l’exportation de 633 tonnes de produits agricoles dont la pomme de terre, les dattes et le poivron, ainsi que 166 t de couscous, 5.777 tonnes de matériel roulant dont les élévateurs, 5.090 t d’argile entrant dans la fabrication de batteries et 3169 t d’hélium exportés vers des pays européens et africains. L’activité des containeurs a connu une relance durant cette même période, que ce soit pour les opérations d’importation ou d’exportation, où 11.106 ont été déchargés et 7027 chargés pour l’étranger. Le volume global de l’activité de l’Entreprise portuaire de Mostaganem a atteint l’année dernière 1.005.894 tonnes avec une courbe ascendante des exportations de 20.192 tonnes de différentes marchandises et produits vers différentes destinations.
Y. M.



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