Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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Transports

Le second souffle du rail algrien

Acquisition de nouvelles locomotives et mise en exploitation de nouvelles lignes

Par Yahia MAOUCHI



Le rail national doit relever de nombreux défis s’il veut contribuer à l’essor du pays qui connaît depuis une décennie une croissance soutenue et dans laquelle le rail a plus que jamais sa place. Moins cher que le transport routier et plus sûr, il présente aussi une plus grande longévité. Indispensable à l’acheminement des richesses du sous-sol et des produits agricoles, il l’est également pour le désenclavement des régions. Un chemin de fer performant et compétitif peut jouer un rôle clé dans le développement du pays. Mettre les transports au service du développement est l’un des grands challenges de l’actuel ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaâ Talaï. Convaincu que « pour bâtir haut, il faut creuser profond » et qu’il  ne peut y avoir d’économie forte sans un transport développé, le ministre s’est engagé à réorganiser le secteur du transport ferroviaire. A cet effet, des lourds investissements  ont été consentis  par l’Etat au développement des chemins de fer. Des engagements dont les retombées socioéconomique ne devraient pas tarder à voir le jour.. Pour prouve, en plus de renouvellement de la flottille ferroviaire à travers l’acquisition de nouveaux trains plus moderne, il est question  de la réception de grands projets. C’est le cas pour la ligne ferroviaire Tizi Ouzou-Thénia, qui sera réceptionnée le 15 avril prochain, et celle reliant Arzew-Oran qui devrait être réceptionnée incessamment, à raison de deux navettes par jour. Une bonne nouvelle pour les Oranais en général, et les usagers des transports par rail en particulier. Ainsi, après un silence de plus de 25 ans, le train sifflera, enfin, de nouveau à travers la ligne ferroviaire reliant Arzew à Oran. C’est ce qu’a révélé M. Boudjemâa Talaï, ministre des Travaux publics et des Transports, en visite officielle à la capitale de l’Ouest du pays, Oran. Le ministre a indiqué en effet que la première navette, sur une quarantaine de kilomètres, sera effectuée dès la semaine prochaine (15 février prochain). D’ailleurs, Boudjemaâ Talaï a fait du projet de la voie ferrée l’une de ses priorités lors de son déplacement, notamment pour inspecter l’état d’avancement du projet à la gare ferroviaire. Sur place, le ministre a exhorté les entreprises en charge de ce grand projet de respecter les délais. Ce projet phare sera raccordé, plus tard, à Béthioua et à Ayayda, sur un tronçon de 5 km, a indiqué le directeur général de l’Agence nationale des études et de suivi de réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), Azzeddine Fridi, lors de la présentation au ministre des projets ferroviaires en cours dans la wilaya. Dans une première phase, cette ligne sera utilisée pour le transport de voyageurs, avec, à la clef, une nouvelle gare ferroviaire, inaugurée par le ministre. Lors de l’inauguration de la gare ferroviaire d’Arzew, le ministre a instruit yacine Bendjaballah, directeur général de la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) à valoriser cette infrastructure et à céder  les locaux commerciaux en concession pour dégager des recettes supplémentaires à l’effet de réduire les subventions accordées par l’Etat et trouver d’autres solutions telles que la publicité pour augmenter les rentrées.

La nouvelle aérogare d’Es Sénia sera réception fin 2017
La nouvelle aérogare d’Es Sénia a été également au menu de la visite de la délégation ministérielle, un projet qui connaît un retard considérable, ce qui a provoqué l’ire du ministre. Ce chantier, de par le rythme mou et son déphasage avec le planning d’exécution, et donc l’échéancier de livraison, a été mal coché par signe négatif par le ministre. Mais également par le wali. Alors que la date de réception du projet figurant sur le planning de Cosider, l’entreprise de réalisation, est mars 2018, le ministre a sommé celle-ci de livrer l’ouvrage tout entier avant fin 2017, sous peine de lourdes sanctions. Dédiée à l’international, la nouvelle structure sera dotée d’un ensemble d’équipements annexes qui la rendra plus performante et plus accueillante. Lancé en janvier 2013, le projet oscille aujourd’hui autour de 55%, taux d’évolution.

Une ligne maritime Oran-Aïn El Turck
Poursuivant sa visite, M. Talaï, a confirmé l’ouverture, en juin, de la ligne de transport maritime des voyageurs Oran-Aïn El Turck. Au niveau du site « Les Dunes » à Aïn El Turck, le ministre s’est enquis de l’état d’avancement de l’appontement, une plateforme devant accueillir des navires assurant cette desserte maritime. Un appontement fondé sur des caissons dont les travaux entamés en mai 2016 ont atteint un taux d’avancement de plus de 52 % avec un léger retard dû au problème de dragage, selon les explications fournies sur place. La navette sur cette ligne sera assurée toutes les deux heures à bord d’un navire de transport maritime de 35 mètres, a fait savoir le chargé de communication au ministère des Transports et des Travaux publics. Cette liaison désengorgera à coup sûr la route de la Corniche, un enfer autant pour les automobilistes que pour la population durant toute la saison estivale. A Arzew, le ministre a eu droit à des explications sur le quai minéralier de Bethioua, en cours de construction sur fonds propres par le groupement (Entreprise portuaire d’Arzew et Cosider travaux publics). Ce quai est doté d’une capacité de déchargement de 6 millions de tonnes de minerais de fer à l’importation pour les besoins du complexe sidérurgique de Bethioua en première phase et autres quantités en provenance du gisement de Ghar Djebilet en perspective. Cette infrastructure peut suffire jusqu’à 10 millions de tonnes de minerais de fer et recevoir des navires d’une capacité de 30.000 à 150.000 tonnes, a indiqué une source  de l’Entreprise portuaire d’Arzew (EPA).

Un réseau ferroviaire à 12.500 km à travers le pays
Le ministre, qui effectuait une visite de travail dans la capitale des Hauts plateaux, a considéré que la wilaya de Sétif est sur « la bonne voie du développement » avec les grands projets, à savoir l’extension de l’aérodrome de Sétif, la ligne ferroviaire reliant sur 118 km Sétif à El Gourzi (Constantine) et le tramway de la ville de Sétif. Par ailleurs, le ministre a mis, à cette occasion, l’accent sur l’importance du projet de la pénétrante autoroutière devant relier sur 110 km (dont 55 km à Sétif) le port de Djendjen (Jijel) à Sétif jusqu’à l’autoroute Est-ouest, notant que ce projet, réalisé à 25 %, apportera « un nouveau souffle » pour la wilaya de Sétif. Il a également exprimé sa satisfaction quant au rythme d’exécution des divers projets qu’il a inspectés, tout en indiquant avoir donné des instructions pour adopter le système d’assistance à l’atterrissage des avions et l’élargissement de la bande latérale de l’aérodrome de l’aéroport « 08-Mai-1945 »de Sétif de 210 à 300 mètres. En outre, l’hôte de Sétif a rappelé que les lignes ferroviaires à réaliser dans les différentes wilayas du pays, doivent être « impérativement interconnectées aux ports et aux zones industrielles », appelant les responsables concernés à « adapter les études aux besoins locaux en matière de développement économique ». Dans ce contexte, les deux nouvelles lignes ferroviaires devant relier Jijel à Sétif, sur 130 km, et Batna à Sétif (130 km également) « doivent être connectées à la cimenterie d’Ain El Kebira (Sétif), au port Djendjen (Jijel) et à la cimenterie d’Ain Touta (Batna) » a insisté M. Talaï, mettant l’accent sur l’importance de s’inscrire dans une optique de développement économique « durable». Le ministre, rappelant enfin que tous les projets inscrits et lancés en travaux dans la wilaya de Séti, comme l’extension de l’aéroport, entre autres, font partie d’une « logique de réalisation » et « non pas de prévisions ». En outre, le ministre a affirmé que l’objectif tracé pour le secteur du transport ferroviaire est d’élargir son réseau national à 12.500 km. Dans une déclaration à la presse au terme de sa visite, le ministre a souligné que l’Algérie dispose aujourd’hui de 4.000 km de réseau ferroviaire exploité et 2.380 autres kilomètres en voie de construction, alors que le reste est à l’étude pour atteindre l’objectif de 12.500 km. En atteignant cet objectif, soit 12.500 km, le pays occupera la seconde position à l’échelle du continent africain après l’Afrique du Sud et se dotera d’un important réseau pour son développement multidimensionnel conformément au programme du président de la République Abdelaziz Bouteflika.
 Y. M.



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