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N° 104 - Avril 2017

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Transports

Boudjemaâ Talaï appelle à la mobilisation collective

Prévention routière

Par Yahia MAOUCHI



L’arsenal juridique et toutes les mesures prises par les pouvoirs publics en vue de protéger les voyageurs et les usagers de la route en général contre ce fléau ne peuvent être suffisants s’ils ne sont pas accompagnés de la conscience collective des voyageurs qui devraientalerter les conducteurs en cas d’excès de vitesse. Pour le ministre du Transport, le voyageur a une part de responsabilité et devrait faire valoir son opinion.
« La responsabilité de prévenir les accidents de la circulation n’incombe pas uniquement aux autorités publiques, mais c’est une affaire de conscience collective qui concerne aussi les citoyens » a affirmé Boudjemaâ Talaï, ministre du Transport et des Travaux publics,  lors de sa visite dans la wilaya de M’sila. Accompagné de son homologue de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, les deux représentants du gouvernement ont présenté leurs condoléances aux proches des victimes de l’accident tragique de la circulation survenu, tôt le matin du 7 janvier, dans la commune d’Oultam, située à 93 km du chef-lieu de la wilaya de M’sila, faisant dix morts dont cinq femmes et deux enfants, ainsi que douze blessés dont quatre en état jugé «critique». Ils se sont rendus également, durant la même visite, à l’hôpital Bachir-Rezig de Bou Saâda pour s’enquérir de l’état de santé des blessés déplorés dans ce même accident. Ainsi, en marge d’un point de presse tenu à l’occasion de cette visite, M. Talaï a appelé les voyageurs à faire valoir leurs droits et à alerter les conducteurs en cas d’excès de vitesse. « Le voyageur a une part de responsabilité et devrait faire valoir son opinion. Et pour cause, l’arsenal juridique et toutes les mesures prises par les pouvoirs publics en vue de protéger les voyageurs et les usagers de la route en général contre ce fléau ne peuvent être suffisants s’ils ne sont pas accompagnés de la conscience collective des voyageurs», prône-t-il. Abondant dans le même sillage, le ministre de la Santé a rappelé que les accidents de circulation sont devenus un danger pour la société. « La société doit jouer son rôle dans l’information et surtout dans la lutte contre ce phénomène qui touche tout le monde », dira le ministre qui invite les passagers à demander aux chauffeurs de respecter le code de la route.

Des mesures coercitives contre les transporteurs
Déplorant l’ampleur prise par ce phénomène, qui ne cesse de prendre des proportions alarmantes, Boudjemaâ Talaï a rappelé à l’occasion que son département a fait état d’une série de mesures «coercitives» contre les transporteurs et conducteurs qui ne respectent pas les dispositions de ce code. Des mesures contenues dans la loi sur la sécurité routière qui vient d’être amendée et qui entrera en vigueur dès son adoption par le conseil de la nation, pour limiter la mortalité sur les routes algériennes, qui est l’une des plus élevées au monde.Il s’agit notamment de la mise en pratique du permis à points en Algérie. Ce système déjà adopté dans plusieurs pays, notamment en Europe, aurait fait ses preuves. Par ailleurs, pour réduire les accidents de la route qui tuent en moyenne douze personnes par jour, le ministre annonce la mise en place du chrono tachygraphe pour le transport des voyageurs et de marchandises. Un dispositif qui permet d’enregistrer les données sur le parcours du véhicule (vitesse, distance, temps de repos appliqué par le conducteur pour les longs trajets…). Mieux encore, les chauffeurs de bus et de poids lourds devront obligatoirement réduire leurs temps de conduite, déterminé à 9 heures, et devront marquer une pause de 30 minutes après chaque 3 heures de conduite et ce, dans le but de minimiser le nombre d’accidents de la route. Environ 300.000 véhicules de transport de marchandise de plus de 3,5 tonnes et 50.000 véhicules de transports de voyageurs devraient en être équipés. « Un texte de loi pour imposer à tous les poids lourds de se doter d’un chrono tachygraphe sera promulgué prochainement », a assuré le ministre. Il a fait également savoir que d’autres mesures ont été prises pour réduire les accidents de la route, en prévoyant deux conducteurs pour les bus qui effectuent de longs trajets, «une mesure transitoire en attendant la mise en vigueur du chronotachygraphe (mouchard) » précise-t-il. M. Talaï a relevé également que le facteur humain est le principal et le premier facteur contributif dans 95 % des accidents. « Le nouveau permis de conduire à points permettra de contrôler les conducteurs et d’assurer le contrôle technique des véhicules », a soutenu M. Talaï. Il a également souligné que les efforts déployés sur le terrain durant 2016 ont permis de réduire à 3.900 le nombre des morts et à 44 000 le nombre des blessés, contre 4.700 décès et 55 000 blessés en 2015.

La réfonte de la formation
Boudjemaâ Talaï a cité également la révision des programmes de formation de la conduite automobile dans les auto-écoles.Sur la cause des accidents de la route, les auto-écoles sont souvent accusées de complaisance. Il est d’ailleurs enregistré en Algérie près de 250.000 chauffeurs de bus sans aucune qualification particulière. Afin de pallier cela les conducteurs de véhicules de transport de personnes (bus et car) et de marchandises devront passer un brevet professionnel en plus de leur permis de conduire, selon un arrêté publié, le 22 septembre, dans le dernier Journal officiel. Ce brevet sera obligatoire pour tout conducteur de véhicule de transport de personnes ou de marchandise 36 mois après la date de publication de l’arrêté dans le Journal officiel, précise le texte. En tout état de cause, les transporteurs des bus et des camions sont tenus de se rapprocher des centres de formation spécialisée pour obtenir le certificat professionnel délivré par le ministère du Transport, et ce avant l’expiration du délai fixé à trois ans, valable jusqu’au mois d’avril 2019 conformément à l’arrêté ministériel de 2016. Par ailleurs, les conducteurs de véhicules, titulaires d’un permis de conduire de type C, D ou E, subiront six mois de formation, comprenant deux phases, l’une théorique et l’autre pratique. Les formations seront manifestement assurées par trois entreprises sélectionnées par le ministère des Transports. Il s’agit de la SNTR Formation, spécialisée dans la formation et le perfectionnement de la ressource humaine dans le domaine des transports, de la manutention et de la logistique principalement, l’Etusa et Naftal.  La formation sera sanctionnée par l’obtention d’un brevet professionnel avant d’exercer le métier de transporteur.
 Y. M.



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