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N° 110 - Dec 2017

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Transports

Boudjemaâ Talaï dévoile la stratégie de son secteur pour 2017

Permis à points, nouveau code de la route, péage…

Par Yahia MAOUCHI



Dans le but de diminuer les accidents de la route et d’assurer la régulation du trafic routier entre les usagers de la route, les véhicules et les piétons, Boudjemâa Talaï, ministre des Transports et des Travaux publics, a annoncé, lors de son passage au forum du quotidien El Moudjahid, la mise en œuvre concomitante d’une batterie de mesures de durcissement des peines contre les usagers qui ne respectent pas le code de la route. Ainsi, en plus de l’entrée en vigueur du permis à point en 2017, M. Talaï a expliqué à cet effet que le projet de loi relatif à la réglementation et à la sécurité routière, qui a été présenté à l’APN, prévoit également, l’introduction de la notion de la période probatoire à la place du permis probatoire, la modification des procédures de rétention, de suspension ou d’annulation du permis et une révision du montant des amendes forfaitaires. Ainsi, les contraventions du 1er degré passent de 2 000-2 500 DA à 2 000 DA. Les contraventions du 2e degré dont celles relatives aux plaques d’immatriculation et aux équipements passent de 2 000-3 000 DA à 2 500 DA. Les contraventions du 3e degré passent de 2 000-4 000 DA à 3 000 DA. Celles du quatrième degré passent à 5 000 DA (au lieu de 4 000 à 6 000 DA). Il est à rappeler que la Commission des transports et des télécommunications de l’APN a proposé l’introduction de nouvelles mesures telles que l’obligation de la ceinture de sécurité pour les passagers transportés dans les sièges arrière, ainsi que l’obligation d’un siège enfant en cas de transport de bébé, sans quoi les contrevenants sont passibles d’une amende de 5000 dinars, selon le ministre. Il a également précisé que les piétons qui ne respecteront pas le code de la route notamment les feux tricolores et les passages piétons s’exposeront à des amendes du même montant, suivant le code de la route ficelé par son département et déposé au niveau du Parlement. Selon M. Talaï, cette nouvelle loi pourrait réduire tangiblement les accidents et impacter le comportement des usagers de la route, conducteurs et piétons à la fois.

Les accidents de la route coûtent 120 milliards de dinars par an 
S’agissant du contrôle technique des véhicules, le ministre a estimé que les tarifs actuels, 1000 DA, étaient « trop bas » pour couvrir le coût d’une opération de contrôle strict et minutieux. « Le contrôleur ne va peut-être pas contrôler le véhicule avec soin compte tenu de toutes les charges qu’il a à payer », soulignant que le coût de ces prestations devrait être révisé pour renforcer la sécurité des véhicules. Pour étayer ses propos, le ministre rappelle que  55.000 blessés et 4.400 morts sont enregistrés annuellement dans des accidents de la route. La plupart des accidents, poursuit-il, sont les faits « de jeunes ayant de nouveaux permis ». Cela conclut aux énormes coûts déboursés par le Trésor public qui avoisinent les 120 milliards de dinars. Interrogé sur une éventuelle augmentation des prix de transport, suite aux augmentations des taxes sur les prix du carburant prévues dans le texte de loi de finances 2017, et leur impact sur les tarifs des transports en commun, le ministre a considéré qu’il est prématuré d’aborder cette question, rappelant que le texte est encore un projet de loi qui n’est pas encore passé au Conseil de la Nation. « Il faudrait d’abord attendre que la loi de finances soit signée par le président de la République, pour pouvoir dire qu’est ce qu’il y a comme augmentation. Mais pour le moment, je vous assure qu’aucune augmentation n’est prévue dans les tarifs des transports » affirme-t-il. Et d’ajouter : « Une fois la loi adoptée, nous nous réunirons avec le syndicat des transports pour traiter cette question. » M. Talaï a promis de sévir avec tous les cas de dépassement de la part des transporteurs privés, notamment en termes de tarification et du respect des itinéraires des différentes lignes routières. D’un autre côté, le ministre a affirmé que le péage sur l’autoroute Est-ouest ne pourrait débuter avant la fin des travaux des tronçons actuellement en chantier, ainsi que l’installation des commodités nécessaires pour ce genre d’opération. Selon lui, les prix oscilleront entre un et deux dinars le kilomètre. Mais l’Etat, ajoute-t-il, s’assurera que les conducteurs aient d’autres alternatives, telles les routes et autoroutes inter-wilayas, qui resteront gratuites, avant la mise en application de cette mesure. « Il faudrait que la route nationale soit aussi de qualité et ouverte en parallèle en dehors de l’autoroute, sinon, vous ne pouvez pas obliger les gens à payer si vous n’assurez pas une alternative», assure-t-il.         

Alger, futur hub aérien et maritime 
Par ailleurs, vu les moyens et les infrastructures, dont elle dispose, l’Algérie pourra devenir facilement un hub aérien et maritime, sachant que six nouvelles lignes aériennes vers des pays africains seront lancées en 2018, a indiqué le ministre des Transports. Ces nouvelles lignes s’ajoutent aux sept déjà existantes en vue d’accompagner le déploiement économique de l’Algérie vers l’Afrique mais aussi de répondre à une demande africaine de rejoindre l’Europe par l’Algérie. « Ce sont ces lignes à l’international qui confortent les sept lignes classiques existantes », dira Boudjemaâ Talaï, qui a mis en exergue à cette occasion l’Open sky africain « qui est d’un intérêt économique grandissant pour l’Algérie ». Plusieurs pays africains selon le ministre « ont émis le souhait d’ouvrir des lignes aériennes ». Evoquant la ligne maritime devant relier l’Algérie à la Tunisie, le ministre affirme avoir défendu cette option assurant qu’elle est à l’étude et qu’elle sera lancée « une fois que la partie tunisienne donne son aval ». Abondant dans le même sillage, M. Talaï a fait savoir que l’Algérie est, à présent, prête pour la réalisation de la ligne ferroviaire reliant Alger à Tunis, ajoutant que le voisin tunisien n’a encore rien décidé à ce propos. Pour ce qui est du rail, le ministre rappelle qu’en 1997 on avait 1700km en exploitation, contre 4000 km en exploitation aujourd’hui, outre les 2380 km en réalisation en grande vitesse. A terme, les projets lancés et en études devraient porter notre réseau ferroviaire à 12 500 km. « Nous serons, ainsi, deuxième en Afrique après l’Afrique du Sud », se félicite-t-il. Pour ce qui est du transport de marchandises, M. Talaï a annoncé qu’un plan national de la logistique sera présenté au gouvernement. Ce plan prend en charge les faiblesses, mais aussi la question relative aux coûts de la logistique. Evoquant le transport maritime, il a fait savoir que 95% du transport est assuré par des armateurs étrangers. « Le transport de marchandises nous coûte beaucoup d’argent. En 2015, cela s’est chiffré à 3,5 milliards de dollars », déplore- t-il. Face à cette situation peu reluisante, le ministre a indiqué que le pavillon national sera renforcé avec de nouvelles acquisitions. Dans ce même souci des accords de partenariat viennent d’être signés, annonce le ministre,  aux fins de créer des compagnies maritimes de droit algérien, avec la règle 51/49.  En réponse à une question relative à Air Algérie, le ministre, et tout en relevant qu’il y a pléthore au niveau de cette compagnie nationale aérienne (9 000 employés pour une flotte de 59 appareils, NDLR), précise que la politique sociale de l’Algérie est connue. «Nous ne réduisons pas les effectifs de cette compagnie. Mais par la formation nous ferons des redéploiements », affirme-t-il.

Réception finale et totale de l’autoroute Est-ouest en 2018
Interrogé par El Djazair.com, sur la réception finale et totale de l’autoroute Est-ouest, M. Talaï précise que «la date de sa livraison définitive ne sera plus un sujet de discussion à compter de 2018». Il a également précisé que «16 entreprises nationales ont été désignées pour effectuer les travaux de réparation pressants, notamment les pénétrantes et le tronçon sensible au niveau de Djebel Ouahch dans la wilaya de Constantine ». Le premier responsable du secteur fait également savoir qu’il ne reste qu’un tronçon de 84 km pour finaliser tout le projet. « Le problème de Djebel Ouahch et le tronçon de Lakhdaria sont en voie d’être réglés. Un nouveau système de consolidation est mis en route afin d’éviter les glissements », dira-t-il. Sur ce chapitre, Boudjemaâ Talaï a également précisé que « l’extension du métro d’Alger sera achevée en 2020 ». Il s’agit essentiellement de l’extension de la ligne El Harrach-Dar El Beida qui devra être livrée en 2020, soit deux ans après l’ouverture du nouvel aéroport prévue vers la fin 2018, ainsi que la ligne de la Grande Poste-Place des Martyrs qui sera livrée, pour sa part, fin 2017. Le ministre a également cité le projet de métro devant relier l’aéroport d’Alger à la localité de Dar El Beïda, et El Harrach vers la place des Martyrs. Ce projet devant être livré en 2020 alors que la livraison de la nouvelle gare ferroviaire de Tafourah (Alger) sera prête en 2018. Ainsi, grâce à ces extensions, l’aéroport international, Houari Boumediène, sera lié à toutes les lignes routières et ferroviaires. De même qu’il a rappelé le projet de l’extension de l’aéroport d’Alger et le nouvel aéroport de Tamanrasset. Evoquant le lancement d’une station maritime de transports de voyageurs, le ministre a indiqué qu’«une ligne entre Tafourah et l’aéroport en passant par le lieudit Les Sablettes sera réalisée ».

Un Parc national de véhicules de 8,3 millions d’unités
Le parc national du véhicules compte, révèle le ministre, 8,3 millions d’unités, dont 62% de véhicules touristiques, soit une moyenne d’un véhicule pour 7 citoyens. « 53% de ce parc ont une moyenne d’âge de moins de 10 ans, alors que 37% ont plus de 20 ans », a fait également savoir le ministre. En termes de chiffres, il a indiqué aussi que le secteur du transport urbain regroupe 70.000 opérateurs et 110.000 moyens de transport, des cars et bus, dont la majorité est dans une situation lamentable, a-t-il déploré. Là aussi, il y aura une nouvelle réglementation sur les gares routières et les itinéraires précis que doivent emprunter ces moyens de transport. Pour ce qui est des taxis, il faut dire que « le secteur sera réorganisé en termes de respect de loi et de sensibilisation à cette catégorie de transporteurs ». Le premier responsable du secteur a fait part également d’une nouvelle organisation du transport des passagers, soulignant que là où le métro et le tramway sont implantés, le transport urbain par autobus sera supprimé. Pour atténuer le problème des embouteillages, Talaï ajoutera qu’un plan de circulation est établi pour Alger, et qu’il est fin prêt. « Il s’agit d’abord de construire plusieurs parkings à étages dans les grandes villes et limiter les entrées de véhicules en agglomération urbaine » explique-t-il.
Y. M.



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