Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 104 - Avril 2017

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Transports

La nouvelle ère du rail

ANESRIF

Par Tahar MANSOUR



Depuis la nuit des temps, le rail a constitué le moyen le plus sûr et le plus rapide pour le transport des personnes et des biens sur de longues distances, en nombre et en quantités très importants. C’est aussi l’outil le plus performant pour le développement des régions reculées et l’émancipation de contrées entières. Le rail constitue aussi un ratio économique non négligeable et permet des gains de temps et d’argent considérables. L’Algérie, qui s’était tournée au lendemain de l’indépendance vers des priorités autrement plus urgentes, s’est engagée résolument, depuis plusieurs années, vers la refonte complète de sa politique de transport en misant sur le rail et en investissant des sommes colossales pour l’amener aux niveaux mondiaux. Afin de suivre, de gérer et d’animer la réalisation de milliers de kilomètres de rail, le dédoublement et la modernisation de centaines d’autres, le ministère des Travaux publics et des Transports a mis en place une agence avec une liberté d’action très grande et un personnel technique et administratif des plus performants : l’ANESRIF (Agence Nationale de Suivi et de Réalisation des Investissements Ferroviaires).
L’ANESRIF
C’est une agence qui constitue un outil de management des chantiers ferroviaires en veillant à la bonne réalisation des projets et à s’assurer de leur livraison dans les délais contractuels. Pour mener à bien cette mission capitale pour l’économie nationale, l’ANESRIF a bénéficié d’une enveloppe initiale de 900 milliards de dinars allouée par les pouvoirs publics. Elle a été mise en place en 2007 par décret présidentiel du 20 juillet 2005. Les principaux objectifs tracés pour l’agence sont :
    l’étude et le suivi des investissements ferroviaires,
    le lancement des études et l’aboutissement de tous les projets ferroviaires,
mener une politique efficace et harmonieuse en matière de suivi et de contrôle de tous les projets lancés,
    sélectionner les partenaires les plus aptes à réaliser le programme de modernisation des installations ferroviaires,
    étudier les projets à lancer selon les décisions des pouvoirs publics
    confectionner et lancer les avis d’appel d’offres,
    sélectionner les candidats,
    suivre et exécuter les programmes.
Dans le cadre de la réalisation de ces objectifs stratégiques, l’ANESRIF s’est dotée des moyens humains, techniques, scientifiques et organisationnels les plus performants et les plus aptes à mener à bien ces missions.

Un parcours édifiant
Avec un effectif de 623 employés dont la majorité sont des cadres avérés, l’ANESRIF a réussi à porter le linéaire ferroviaire en exploitation de 1500 km à 4000 km actuellement, en réalisant et en mettant en exploitation près de 1000 km de voies ferrées entre 2009 et 2012. « Outre cela, près de 2300 km de voies sont en cours de réalisation, dont la plupart seront réceptionnées dans les prochains mois et le même linéaire est encore au stade de l’étude pour être lancé à court terme », précise Azzedine Fridi, directeur général de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF). La modernisation et l’électrification des voies existantes ont été réalisées pour plus de 4200 km alors que 360 km sont en cours d’étude. Neuf grands ports ont aussi été raccordés au réseau ferroviaire national depuis la création de l’ANESRIF à ce jour. Ceci pour amener le linéaire du réseau ferroviaire national à 12500 km à la fin des travaux.
 
Les projets
La Rocade Nord :
 La rocade Nord relie la frontière agéro-tunisienne à la frontière algéro-marocaine sur un linéaire de 1220 km. Cette voie ferrée date de l’époque coloniale et doit subir une amélioration de ses performances par:
La réalisation, la modernisation et le doublement de la voie pour atteindre une vitesse moyenne comprise entre 160 et 220 km/h
La mise en double voie sur 250 km.
La modernisation de 314 km de voies
La réalisation des nouvelles lignes à double voie sur 717 km.
La réalisation des nouvelles lignes à voie unique sur 74 km.
Le RVB sur 53 km.
L’électrification de toute la rocade, dont 458 km sont en cours.
La modernisation de la Signalisation et des Télécommunications (ERTMS/GSM-R), sur 496 km.
Le lancement de l’étude d’une nouvelle ligne voyageurs à Grande Vitesse.
Le lancement des études d’augmentation de vitesse.
 La rocade ferroviaire des hauts-plateaux :
L’importance de cette rocade n’est pas à démontrer puisqu’elle permettra de relier 10 wilayas de l’intérieur du pays, de Tébessa jusqu’à Saida avec une population qui dépasse les 7 millions d’âmes. Toutes les wilayas desservies par la rocade des hauts-plateaux sont situées dans des zones difficiles d’accès au réseau routier insuffisant, la voie ferrée devenant de facto un palliatif pour le transport d’un tonnage très important de marchandises, dans les deux sens, en un temps relativement court. Cette rocade est longue de 1160 km dont 412 km sont en exploitation (Tébessa-M’Sila) et 748 en cours de réalisation (M’Sila-Moulay Slissen (Saida).
 
La pénétrante Est :
C’est une nouvelle ligne ferroviaire longue de 457 km qui relie la localité d’El Gourzi près de Batna à Hassi Messaoud en passant par Biskra et Touggourt. Elle permettra le transport de voyageurs entre ces villes et Hassi Messaoud ainsi que les produits agricoles qui accusent un manque certain dans la région du sud justement à cause du transport.
 
La pénétrante Ouest :
Longue de 580 km, cette voie est déjà réalisée et est en exploitation en remplacement de l’ancienne voie étroite qui ne répondait plus aux normes actuelles. Cette pénétrante relie Oran à Béchar avec une extension en étude pour relier la ville de Tindouf, à l’extrême sud-ouest de l’Algérie. L’importance de cette voie est aussi grande que ses semblables puisqu’elle permettra de désenclaver de grandes régions du Sud, restées jusque-là inexploitées car trop éloignées et sans liaisons terrestres adéquates.
 
La pénétrante Centre :
En parallèle avec l’autoroute Nord-Sud, cette voie ferrée, longue de 376 km traversera les massifs de l’Atlas Tellien entre Blida et Médéa et arrivera jusqu’à Laghouat, en passant par la ville nouvelle de Boughezoul et Djelfa. Elle remplacera, elle aussi, l’ancienne voie étroite abandonnée depuis de longues années, qui reliait Blida à Djelfa depuis l’époque coloniale. Les études sont en cours et la réalisation commencera bientôt afin de participer au développement de toute cette région steppique qui connait un déplacement incessant des personnes et des biens.
 
La ligne minière :
C’est une ligne hautement rentable puisqu’elle sert à transporter presqu’exclusivement le minerai de fer et le phosphate des mines de Djebel Onk vers le complexe sidérurgique d’El Hadjar ou vers le port d’Annaba. C’est une très ancienne voie ferrée construite par les Français au début du siècle écoulé pour le transport des minerais divers vers le port et, de là, vers les usines françaises. L’Algérie a ensuite utilisé la même voie ferrée pour le même objectif mais avec le développement du rail et de l’activité minière, il est devenu impératif de rénover et de moderniser cette voie longue de 588 km qui relie Annaba à Djebel Onk. La spécificité de cette rénovation est que les travaux sont effectués alors que la voie est toujours utilisée par les trains transportant le minerai de fer et le phosphate.

La boucle Sud-est :
Les études pour cette liaison sont bien avancées et, après sa réalisation, le voyageur pourra joindre Laghouat à Touggourt en passant par Ghardaïa, Ouargla et Hassi Messaoud. Elle servira surtout au transport des marchandises diverses en provenance des ports et de la région Nord du pays pour alimenter le Grand-Sud, victime des longues distances et du manque de moyens de transport.

La ligne ferroviaire Zeralda-Birtouta
Un plus pour les amoureux de la plage et habitant au sud de la capitale, de même que pour les futurs habitants et entrepreneurs qui s’installeront à la ville nouvelle Sidi Abdallah ainsi que pour les anciens qui souffraient le martyre pour rejoindre Zéralda ou Birtouta, Blida ou une autre ville : le train sifflera pour la première fois le 1er novembre prochain à Tessala El Merdja, à Sidi Abdallah et à Zéralda. En effet, lancée il y a quelque temps par l’ANESRIF dans le cadre du déploiement du transport par rail, la voie reliant Birtouta à Zéralda vient d’être terminée et sera inaugurée le 1er novembre 2016. Longue de 21 km, cette nouvelle voie ferrée traversera la ville nouvelle Sidi Abdallah d’est en ouest avec deux haltes, l’une dans une zone administrative et d’habitation et l’autre non loin de la future université qui est en train d’être construite. Deux autres gares sont prévues, l’une à Tessala El Merdja et l’autre à Zéralda. Les deux voies électrifiées permettront aux trains de circuler à une vitesse de 140 km/h. Avec la mise en service de ce nouveau moyen de transport, les pouvoirs publics visent à décongestionner les routes et à faciliter le déplacement des personnes et des marchandises au niveau de la région ouest de la capitale. Une extension est prévue par la suite jusqu’à Tipaza et Cherchell puis reliera le nouveau grand port d’Alger. C’est dire l’importance que revêt cette réalisation qui vient s’ajouter au palmarès déjà assez conséquent de l’ANESRIF.
T. M.



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