Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 110 - Dec 2017

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Transports

Au service de la mobilité

Entreprise du Métro d’Alger (EMA)

Par Leďla BOUKLI



Aomar Hadbi , l’actuel P-DG du Métro d’Alger, un ingénieur en génie civil, diplômé de l’Ecole polytechnique d’Alger, post-gradué de Univesity of Washington de Seattle aux USA, revient sur l’histoire de cette aventure créative au service de l’espace public. Il faut dire, qu’il rejoint dès le démarrage, en janvier 1983, le métro d’Alger où il participe à l’élaboration des premières études de conception du réseau, soit 3 lignes, confiées à l’époque à la Sofretu, une filiale de la RATP. Et c’est ainsi, nous rappelle-t-il, que le 5 juillet 1983, le défunt Président Chadli inaugure le lancement de la galerie de reconnaissance, autrement dit, les essais géotechniques qui vont permettre d’établir les cahiers de charges et de préparer les dossiers d’appels d’offres internationaux, pour les 12 km de la ligne prioritaire - Oued Koriche - Hai El Badr. En 1985, pour des problèmes d’enveloppe budgétaire, le projet est gelé.
Ce ne sera qu’en 1989 que deux entreprises nationales – Cosider et Génisider – chacun avec une assistance technique, attaquent les travaux, qui iront de la Place Emir Abdelkader jusqu’à El Hamma, soit 4,5 km. En 2003, à la faveur d’une visite du Président Abdelaziz Bouteflika, les travaux sont relancés, les fonds mobilisés (1 milliard de dollars, les 10 km, génie civil et équipement compris). Le contrat de génie civil pour les 4.5 km, restants est pris en charge par Cosider et le groupe allemand Dywidag . En 2006, le contrat de « système intégral » est alors signé et confié à Siemens France, Vinci et à l’espagnol CAF. La mise en service s’est faite le 1 er novembre 2011. L’inauguration de la première phase Hai El Badr (Bachdjarah) - Grande Poste, sur une longueur de 9.5 km, desservant au total 10 stations, a été elle, inaugurée, le 31 octobre de la même année, par le chef de l’Etat. A noter, qu’à cette phase, le Métro d’Alger dispose essentiellement de 14 rames de 6 voitures chacune dont 11 rames rallient quotidiennement les 10 stations de 5 heures à 23 heures, 7j/7 au rythme d’une rame toutes les 3 minutes en période de pointe et d’une rames toutes les 5 minutes aux heures creuses. Deux rames sont gardées pour l’entretien et une rame en réserve. Le Métro d’Alger dispose aussi d’un complexe de maintenance de 18 ha, d’un PCC, plus un poste de haute tension avec deux transformateurs. Le système de pilotage est automatique. Il faut dire que le personnel, 850 emplois directs et indirects confondus, sont pour beaucoup confrontés à des métiers nouveaux. Modernité oblige !
 En 20 mois d’exploitation, la ligne 1 du Métro d’Alger enregistre une fréquentation plus que satisfaisante et la quasi-totalité des objectifs contractuels établis ont été atteints. Pour illustrer ses propos, Aomar Hadbi souligne l’enregistrement pour le seul mois de décembre de plus de 1 326 000 voyageurs et un pic de trafic de 63 000 voyageurs enregistrés, le 30 décembre 2012. Il note avoir vu certains usagers lire durant le trajet. C’est dire que les conditions de voyage sont agréables. La tarification est accessible : 50 DA le ticket, 1820 DA le mensuel, 540 l’hebdomadaire .Pour fidéliser l’usager, des tarifs attractifs sont à l’étude. Des extensions sont aussi prévues par le Métro d’Alger vers d’autres communes telles qu’El Harrach, Place des Martyrs et Aïn Naâdja. Le tronçon Hai El Badr vers El Harrach sera équipé d’ascenseurs permettant aux usagers à mobilité réduite de profiter pleinement des services du Métro dans leurs déplacements, en 2014. Les travaux de génie civil étant achevés, la mise en place du système intégral et l’aménagement des stations ont été lancés en 2012. Quant à l’extension Grande poste vers la Place des Martyrs, lancée en 2010. Inscrite totalement en souterrain, elle sera aussi équipée d’ascenseurs et fin prête aussi en 2016. A noter que l’originalité de ces deux stations de la Place des Martyrs sera que le voyageur ne se déplacera pas seulement d’un point à un autre mais aura aussi l’opportunité de plonger dans l’histoire de la cité en découvrant des sites archéologiques turcs et byzantins entre autres. L’extension Hai El Badr-Aïn Naâdja-Gué de Constantine sera aussi mise en service en 2016. Ainsi, à décembre 2016, 18 km seront en exploitation. Ajoutons à cela une extension importante celle reliant El Harrach-Bab Ezzouar-Aéroport sur 9 km. C’est ainsi que 9 stations desserviront les pôles universitaires, les zones urbaines, le Centre d’affaires et l’aéroport d’Alger. A signaler que l’extension qui a la priorité des priorités est celle de Aïn Nadja-Baraki sur 6 km et qui sera mise en service en 2020. Quant à celle allant de la Place des Martyrs-Chevalley jusqu’à Dely Ibrahim-Cheraga-Ouled Fayet-El Achour jusqu’à Draïra, sera de 8 km et comptera 7 stations.

Pour Alger, le réseau Métro totalisera à l’horizon 2020, 40 km de lignes et 37 stations.
L’EMA, maître d’ouvrage délégué de tous les travaux de transports guidés et de travaux par câbles, a aussi à sa charge le tramway, 2000 emplois pour 17 km et 32 stations et 4 téléphériques qui permettent de relier certains sites, monuments et quartiers sur les hauteurs.
Plus accessible et s’insérant dans la ville, le tramway a été mis en service en trois phases pour un total de 23 km et 28 stations.
1- Bordj El Kiffan-Tamaris - 7 km a été mise en service le 8 mai 2011
2 -Tamaris – Les fusillés - 9 km a été mise en service le 15 juin 2012
Cette ligne est importante, puisqu’elle a permis la création d’un pôle multimodal à la station des Fusillés, devenue le point de jonction des deux nouveaux moyens de transport en commun, la ligne 1 du Métro et la ligne A du tramway Les Fusillés-Bordj El Kiffan via les Bananiers et Bab Ezzouar.
3 –Enfin, Bordj El Kiffan-Dergana - 7 km, 6 stations.
Sur les 23.2 km de la ligne de tramway, les stations ont été placées afin d’assurer une desserte satisfaisante des zones traversées tout en conservant une vitesse commerciale raisonnable. On compte ainsi 38 stations et 8 pôles d’échanges répartis sur l’ensemble du tracé. La ligne dispose d’un parc de 41 rames avec un tableau de marche qui varie selon les jours ouvrables, vendredi et fériés et aussi selon les saisons, les mois et les manifestations culturelles, sportives, économiques ou religieuses. Son inauguration commerciale a eu lieu le 8 mai 2011 et son exploitation confiée à la Setram en octobre 2012. Cette société de droit algérien compte un effectif de 657 personnes à 95 % national.
Les autres grandes villes du pays ne sont pas en reste, des études sont en cours aussi bien pour le Métro, le tramway ou le transport par câble à Oran, Constantine, Sétif, Annaba, Tlemcen, Sidi Bel Abbés, Mostaganem, Ouargla, Tizi Ouzou… et dans plusieurs villes ; certains de ces transports sont d’ores et déjà en partie opérationnels.
L’EMA, qui développe des relations externes avec le ministère des Transports qui est le maître d’ouvrage, les autorités locales ainsi que des relations contractuelles avec les partenaires locaux et étrangers, ne manque pas de perspectives d’avenir. Inscrites au programme d’investissement, ces perspectives peuvent être réparties en trois horizons.
Le court terme, couvrant la période 2012 à 2013, le moyen terme 2014 à 2017 et le long terme, soit après 2017.Tous ces programmes une fois achevés permettront à la capitale de disposer d’un réseau métro et d’un réseau tramway couvrant efficacement son territoire, rendant plus fluide la circulation automobile et permettant à de nombreuses autres grandes agglomérations du pays d’avoir leur transport, par tramway ou téléphériques ou les trois à la fois. Un ensemble pour une autre dynamique, offrant fluidité, technicité, mobilité, modernité, échange et renouveau urbain. En somme, un projet politique par excellence ou l’histoire d’une aventure créative au service de l’espace public, totalement accessible par tous, créatrice de paysages, en dialogue permanent avec la ville et donnant la meilleure part de son identité en faisant parler, dans certains cas, la culture et l’art que l’usager aura plaisir à découvrir en toute sécurité et sérénité.
 
L. B.



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