Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 120 - Avril 2019

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Transports

Le parfait partenaire des exportateurs

Air Algérie Cargo

Par Yahia MAOUCHI



Créée, en novembre 2016, la filiale cargo (fret) à 100% d’Air Algérie a pour objectif de dynamiser l’activité de transport fret en lui donnant les moyens nécessaires aux plans organisationnel, matériel, ressource humaine et méthodologique. « C’est une filiale qui vient répondre aux attentes de nos clients et accompagner les exportateurs dans leur quête du marché international, dans la mesure où nous mettons à leur disposition les capacités dont nous disposons pour exporter leurs produits. La filiale cargo organise le transport fret sur les avions du groupe Air Algérie qu’elle commercialise en réseaux de marchés fret déjà identifiés. Mais elle reste très attentive à l’expression de nouveaux besoins de transport, tant à l’import qu’à l’export des opérateurs algériens pour apporter les adaptations nécessaires aux programmes de vol », nous explique Yahia Hassenaoui, directeur général d’Air Algérie Cargo. Pour être à la hauteur des attentes de ses clients, cette filiale d’Air Algérie a adapté une stratégie commerciale volontariste sur les marchés en modernisant les méthodes pour plus de coordination et d’ouverture à la clientèle, et cela grâce à des partenaires commerciaux GSA (General Sales Agent), et des systèmes d’information destinés aux clients. Cette stratégie permettra à Air Algérie Cargo d’accompagner par tous les moyens les exportateurs algériens qui contribueront ainsi à l’équilibre économique de ses lignes fret. Pour ce faire, les responsables de cette filiale ont, d’une part, engagé un programme de vols cargo, ouvert aux opportunités, offrant des capacités aux opérateurs, et, d’autre part, renforcer les capacités dédiées au fret, notamment par l’acquisition d’un B-737-800 tout cargo avec 22 tonnes à l’emport qui s’ajoute aux deux B 737-700, à l’Hercule LC 130 et aux 02 ATR 500.

 

Un réseau complémentaire en interligne 

En termes d’infrastructures, Air Algérie Cargo dispose de 7 centres cargo agréés SCC3, en l’occurrence, Alger, Annaba, Constantine, Oran, Hassi Messaoud, El Oued et Biskra en attendant l’agrément de deux nouveaux sites à Bejaia et à Tlemcen. Ces sites réalisent des opérations d’export vers l’Europe. Air Algérie Cargo dessert plusieurs destinations en Europe dont la France qui reste la destination principale avec un pourcentage de 50%, le Moyen-Orient, le Canada et le réseau Afrique qui se développe avec l’ouverture de deux lignes, l’une pour Dakar l’autre pour Nouakchott. « La grande partie des importations et exportations est destinée vers l’Europe. Elle est pratiquement de 4000 à 5000 tonnes, vers le réseau Europe. Et l’autre part qui est de 3500 tonnes est répartie sur le Moyen-Orient, l’Asie, le Canada et l’Afrique », précise Yahia Hassenaoui. Pour étoffer son réseau, Air Algérie Cargo a établi un plan dans sa stratégie commerciale, en renforçant son réseau mixte, par un programme des vols tout cargo. Il faut savoir que le fret aérien présente deux volets logistiques, à savoir le transport des marchandises, soit en avion-cargo, soit en avion mixte qui offrent des capacités résiduelles allant jusqu’à 15 t, et le magasinage sous douane des marchandises en instance de départ ou de livraison qui est nécessaire au transport aérien. « Nous avons pratiquement deux vols par semaine sur Paris, trois vols sur Lyon, un vol sur Marseille, un vol sur Bruxelles et deux vols sur Madrid. Tous ces vols sont assurés par des avions tout cargo. Aussi nos capacités offertes par les avions mixtes sont renforcées aujourd’hui par les avions tout cargo», se félicite-t-il. A noter que la ligne Alger-Montréal demeure l’une des plus rentables de la filiale. «Il y a trois à quatre vols sur cette destination. Nous exportons pratiquement quatre palettes avion soit l’équivalant de12 tonnes de marchandise par vol. La marchandise est composée essentiellement des fruits et légumes ainsi que d’effets personnels des Cubains », a tenu à préciser M. Hassenaoui. En outre, la stratégie commerciale de cette filiale de fret est basée également sur des accords interlignes avec des grandes compagnies aériennes, notamment les destinations qu’Air Algérie ne dessert pas. «Demain si un client me demande une destination que notre compagnie ne dessert pas, nous pouvons le prendre en compte via notre réseau commercial mais également à travers un réseau complémentaire en interligne. Nous avons ratifié des accords avec des grandes compagnies internationales pour répondre aux attentes de nos clients », affirme-t-il.

 

Les vols charters cargos

Pour rentabiliser ses vols et diversifier ses services, Air Algérie Cargo a développé un nouveau produit :  les vols charters cargos assurant les demandes particulières sur les destinations non programmées et les frets spéciaux (volumineux matériels pétroliers, animaux, DGR spéciaux, hors gabarit, frets sensibles, périssables etc.). « Nous avons effectué 10 à 20 vols charters par an au profit de la Banque d’Algérie, pour le transport des fonds et des papiers sensibles. Nous avons également comme client la Safex et le ministère du Commerce, qui nous commandent aussi des charters dans le cadre des foires à l’étranger. Nous accompagnons ainsi les opérateurs économiques à l’étranger.  Air Algérie Cargo transporte pratiquement tous les produits exposés lors des foires internationales. On fait partie du comité intersectoriel installé par le ministère du Commerce dans le but d’accompagner les opérateurs économiques, entre autres, les exportateurs » affirme M. Hassenaoui.

 

Cap sur l’Afrique

Dans le but de concrétiser la politique commerciale du gouvernement sur le marché africain, une destination stratégique pour les opérateurs économiques algériens, Air Algérie Cargo envisage d’accompagner les exportateurs algériens vers l’Afrique en mettant plus de moyens. « L’Afrique est une zone qui n’est pas très bien desservie. Nous œuvrons aujourd’hui à rattraper ce retard. La preuve, notre dernière participation à la foire de Nouakchott s’est soldée par l’ouverture d’une ligne de transport des marchandises Alger-Nouakchott avec un vol cargo hebdomadaire. Nous avons déjà effectué deux expéditions sur Nouakchott avec 8 tonnes de dattes. Certes ça reste minime, mais il faut encourager nos opérateurs afin de fidéliser cette ligne, et la rentabiliser dans les deux sens. Pour promouvoir aussi l’Afrique, nous avons mis à la disposition des exportateurs algériens une liaison cargo Alger-Dakar-Alger », affirme le DG de la filiale fret. Ainsi, en complément des autres modes de transport maritimes, ferroviaires ou routiers, le fret aérien se veut un  acteur important dans les échanges commerciaux de l’Algérie au vu de la rapidité des transports qu’il offre, de la diversité et même du choix des destinations, ainsi que de l’adaptation aux spécificités des expéditions..

 

Plus d’un milliard de dinars de chiffre d’affaires

Air Algérie Cargo a réalisé à travers la mise en place de sa stratégie commerciale une évolution au niveau de l’export de 20%. Elle est passée ainsi de 5000 tonnes en 2016 à 7500 tonnes en 2017, avant d’atteindre les 9000 tonnes en 2018 à l’export. «En 2015, 80% de tonnages était destiné pour l’import, mais depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle politique d’orientation vers l’export, le déséquilibre entre les importations et les exportations est en train de s’inverser. Aujourd’hui, nous avons 45% à l’export et 55% à l’import », explique M. Hassnaoui. Rappelons que la filiale fret commercialise deux produits, le Handling et le transport. « Aujourd’hui, le produit Handling est en concours de 70 à 80%, par rapport au transport. Le magasinage est plus rentable que le transport. En 2018, nous avons enregistré une petite baisse de chiffre d’affaires au niveau du Handling en raison de la restriction à l’importation. Toutefois, nous avons enregistré une hausse au niveau du transport, essentiellement au niveau de l’export. Nous avons ainsi réalisé un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dinars en 2018 », se félicite le responsable. Interrogé sur les capacités de fret de sa filiale, notre interlocuteur se veut rassurant. « Notre capacité oscille entre 18 000 à 20 000 tonnes au niveau d’Alger. Nous pouvons ainsi répondre à toutes les demandes de nos clients. Toutefois, notre seul souci aujourd’hui reste la rentabilité des vols cargo. Le tarif à l’export est pratiquement six fois moins cher que le tarif à l’import. Pour rentabiliser nos vols, il faut un meilleur équilibre entre l’import et l’export. Ce que n’est pas facile pour toutes les lignes que nous desservons. À cet effet, nous avons créé trois hubs, qui vont travailler en parallèle. Le plus dynamique reste celui de Lyon, et pour le rentabiliser davantage, nous utilisons les vols camionnés, qui consistent au développement de la politique du réseau », explique notre interlocuteur, en ajoutant que dans le futur sa filiale va investir sur un avion gros porteur avec une capacité de 40 à 50 tonnes.

 

Un pionnier dans l’export

Les pouvoirs publics algériens accordent une grande importance au transport aérien en raison de son rôle primordial dans le développement socio-économique du pays. Aussi, l’Algérie a développé son secteur du transport aérien de manière à en faire un véritable moyen de développement et de rentabilité. Néanmoins, la plus grosse contrainte rencontrée par la filiale fret d’Air-Algérie demeure la rentabilité des vols du fait que le rythme de croisière n’est pas stable, selon son directeur général. Et pour cause, la grande majorité des agriculteurs nationaux ne dispose pas de carnets d’adresses. Ce qui complique, selon notre interlocuteur, l’acte d’export. « Les agriculteurs sont en train de découvrir le métier du fret. Nous sommes en avance par rapport à l’acte d’exporter. Air Algérie Cargo s’est lancé dans l’export en inaugurant deux nouveaux sites au Sud du pays, et nous sommes toujours à l’écoute pour une éventuelle ouverture d’autres sites. Aujourd’hui nous pouvons accompagner les opérateurs pour peu qu’il y ait un dynamisme de leur part. D’ailleurs, nous nous sommes réunis avec les opérateurs économiques et fabricants pour nous adapter à leur programme d’importation », explique notre interlocuteur ajoutant que « notre objectif est de consolider nos parts de marché online, c’est-à-dire les lignes déjà existantes et, récupérer les marchés off line à travers des GSA chargés de commercialiser pour nous les capacités cargo de ses avions. Nous avons deux GSA pour capter le marché de l’Asie, à travers le hub de Dubaï comme point de transit pour les marchés de l’Asie. Pour les marchés off line, nous avons deux destinations qui sont l’Inde et la Corée. Nous avons également deux projets en GSA pour Bruxelles et la Turquie. Nous avons ainsi sept GSA sur le territoire international », affirme Yahia Hassenaoui.

 

Tout miser sur les hubs

Parmi les choix stratégiques, notre interlocuteur citera le développement du hub de Lyon créée en 2017. Cela permet de drainer tout le flux qui vient de Paris, de Genève et de Rome. Ce développement se fera à travers la mise en place de vols tout cargo sur la plate-forme de Lyon. Ce développement s’appuie sur la volonté de la compagnie algérienne de faire de l’aéroport Lyon-Saint Exupéry son hub fret en desservant directement Alger et Oran, mais également en offrant aux exportateurs et importateurs régionaux de nouvelles capacités plus loin en Afrique, grâce aux connexions performantes via Alger sur le Sénégal et la Mauritanie. « L’idée d’aller vers un hub à Lyon est venue à la suite des restrictions imposées à l’avion Hercule d’opérer sur la plateforme de Paris », rappelle Yahia Hassenaoui soulignant que « cela nous permettra de développer le trucking, c’est-à-dire le transport de marchandises par routes vers les villes européennes. En plus des hubs, nous sommes en train de chercher des partenaires européens depuis l’Afrique vers l’Europe, le site d’Alger deviendra ainsi un hub, qui va relier l’Afrique à l’Europe même plus loin à travers le réseau Air Algérie ». En somme, en plus d’être un transporteur, Air Algérie Cargo est devenu accompagnateur, un partenaire et un éclaireur pour les exportateurs sur le plan international.

 

Le e-fret ou la dématérialisation des documents

La digitalisation est un volet que la filiale fret d’Air Algérie devait prendre en compte. «Aujourd’hui nous allons vers le e-fret, tout va se faire au niveau des sites digitalisés. Autrement dit, c’est la dématérialisation de la lettre de transport aérien (LTA) qui est un document de transport de marchandises constituant le contrat de transport. Celle-ci ne va plus exister. Ainsi, depuis son écran, le douanier peut vérifier en temps réel l’expéditeur et le destinataire de la marchandise. Pour arriver à ce stade, nous nous sommes dotés d’un logiciel. Aujourd’hui, nous suivons tous nos systèmes électroniquement. Les messages relatifs à la LTA entre l’international et l’Algérie sont expédiés électroniquement, c’est ce que nous appelons le FFM et le FWB. Nous avons ainsi la traçabilité de la marchandise », tient à nous expliquer le responsable. Avec un capital financier de 250 millions de dinars, les responsables de la filiale fret ne lésinent pas sur les moyens pour assurer une formation de qualité pour son capital humain composé de 220 personnes. « Nous avons un programme de formation permanent. C’est une exigence internationale. Il faut que tout le personnel soit formé, essentiellement pour le traitement des marchandises dangereuses. Nous avons des formations continues et tous les deux ans nous devons faire des rafraichissements. Pour cela, nous avons un instructeur qui est agréé IATA (Association internationale du transport aérien), et qui assure la formation de notre personnel. Nous avons un personnel formé et qualifié en termes du traitement de tout le fret aérien. Nous avons un programme de formation annuel, qui se fait continuellement, en DGR, base fret 1, base fret 2, et comment traiter les animaux vivants », précise le premier responsable d’Air Algérie Cargo.

 

Le village Cargo

« Mon souhait dans le cadre du développement est la réalisation d’un village Cargo. C’est un projet que nous devons prendre en compte dans les cinq ans à venir. Il faut qu’Air Algérie Cargo soit doté d’un village Cargo aux normes internationales », souhaite M. Hassenaoui. Un village Cargo qui permettra, selon notre interlocuteur, la redynamisation de l’activité fret, en termes de réactivité et d’amélioration des conditions de travail. « C’est un écosystème, c’est un site qui englobera tous les intervenants sur le fret : les compagnies aériennes que nous assistons, les transitaires qui travaillent avec nous, les phytosanitaires, les douaniers. C’est le guichet unique du fret aérien », souligne-t-il. Par ailleurs, l’amélioration des moyens et des conditions de travail de leur personnel demeure l’une des priorités principales des responsables de cette filiale fret. « C’est un travail que nous avons entamé en 2018, à la suite du renouvellement de notre parc, par l’achat de 13 Clark. Nous allons également nous renforcer par des palettes avions, et des chariots porte-palettes pour le transport de marchandise. En 2018, nous avons également mis en place trois chambres froides 15-25, au grand bonheur des exportateurs et importateurs, notamment ceux des produits pharmaceutiques. Aussi pour améliorer les conditions de travail nous avons prévu un abri à l’export. Pour cette année nous allons également continuer à améliorer les conditions de travail de notre personnel. Notre objectif est de réaliser également un site Cargo aux standards internationaux », dévoile le directeur général de la filiale fret.

 

Fret en souffrance, point noir de la filiale           

« Suite aux différente démarches entreprises, nous avons pu enlever des bonbonnes qui présentaient un haut risque pour le magasin. Pour le fret en souffrance, nous demandons à qui de droit de l’enlever afin que nous puissions récupérer cet espace et l’utiliser pour les marchandises. 16 000 m2 de stockage, c’est une importante capacité. Il est à noter que de nombreux abandons d’expéditions par les clients pour diverses raisons génèrent des souffrances de marchandises qui encombrent les magasins. Des démarches sont entreprises pour l’évacuation des marchandises en souffrance avec les services des douanes » souligne le directeur général. Par ailleurs, l’ouverture du fret aérien aux opérateurs nationaux ne peut en aucun cas, selon notre interlocuteur, gêner sa filiale. « En fait cette concurrence est plutôt positive et constitue pour nous un vrai défi à relever dans la mesure où nous serons obligés d’améliorer encore plus la qualité de nos services, et d’assurer un bon niveau de compétence aussi bien pour nos équipements que pour la ressource humaine », affirme M. Hassenaoui, qui rappelle que sa filiale déploie des efforts pour développer les réseaux déjà existants et avoir plus de parts de marché. «À cet effet, nous offrons toutes les facilités aux exportateurs à commencer par le quai qui permet de traiter jusqu’à soixante tonnes de marchandise par jour, sans oublier la superficie de 16000 m2 dédiée aussi au traitement de marchandises, un abri de 400m2 pour la protection des marchandises destinées à l’export, en cas de mauvaises conditions météorologiques lors de la palettisation. En plus d’un scanner dernière génération, gros gabarit double vue qui offre une meilleure sécurisation des marchandises et permet un gain de temps appréciable. La quantité des produits exportés est en nette augmentation et a atteint les 9000 tonnes en 2018, avec essentiellement des fruits et légumes» conclut Yahia Hassenaoui.

 

Y. M.



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