Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 124 - Nov 2019

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Industrie

Une entente pour promouvoir la production locale

Partenariat public Sonelgaz-Imetal

Par Yahia MAOUCHI



Face à la crise économique qui plane sur le pays, le gouvernement a décidé de revoir ses prérogatives et promeut le partenariat national à travers la révision du code de l’investissement afin de booster la production locale et créer une synergie multisectorielle, à haute valeur ajoutée. C’est ce qui explique les nombreuses collaborations et signatures de partenariats entre les différentes entreprises nationales, publiques ou privées. La signature de la convention-cadre entre les deux groupes publics Sonelgaz et Imetal, portant prestations d’études, de fournitures et de construction dans les domaines de la sidérurgie, métallurgie, construction métallique, récupération et traitement des déchets ferreux et non ferreux, est un engagement proportionnel, mais également un défi pour valoriser la production locale et réduire la dépendance du pays à l’importation. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du développement de l’économie de proximité et du capital social, et surtout la promotion de la capacité de compétitivité des entreprises nationales. Par cette convention, le gouvernement veut encourager la concurrence entre les entreprises locales. Investir mutuellement permettrait aux deux sociétés de promouvoir un secteur qui demeure stabilisé et qui recourt à chaque fois à l’expertise étrangère, coûteuse et peu rentable. Ainsi, conformément à cette convention, l’entreprise nationale s’engage à répondre aux besoins des filiales de Sonelgaz en leur évitant, à chaque fois que cela est possible, de recourir à l’importation. Objectif : asseoir une véritable production locale en donnant la priorité absolue au produit national et en réduisant les lourdes factures d’importation. Rappelons que la cérémonie de signature s’est tenue en présence de Djamila Tamazirt, ministre de l’Industrie et des Mines, de Mohamed Arkab, ministre de l’Energie, de Chahar Boulakhras, P-DG de Sonelgaz, et de Tarek Bouslama, P-DG de Imetal. A cette occasion, le ministre de l’Energie, qui a réitéré la nécessité de développer le tissu industriel national, par la promotion du produit local à travers lequel l’Algérie peut aller vers d’autres marchés, dont celui de l’Afrique, a précisé que la convention avait pour but de soutenir et de promouvoir la fabrication des équipements, dont a besoin l’Algérie dans les secteurs électrique et gazier. Selon M. Arkab, ce partenariat devrait promouvoir la fabrication et l’assemblage local et participer au développement du tissu industriel du pays, tout en garantissant la qualité de produit. De plus, la convention permettra de répondre à la demande nationale, mais aussi d’exporter une partie de cette production à l’étranger, notamment sur le marché africain, a expliqué le ministre. C’est un projet qui devrait « entrer en vigueur dès la signature de la convention afin d’accélérer le processus de production et d’enregistrer des résultats probants sur le marché », a soutenu le ministre, qui a exhorté les deux signataires de la convention à tenir compte de la situation actuelle du pays et à contribuer à l’émancipation du secteur industriel qui fonctionne au ralenti depuis des années.

 

Hausse annuelle de 14% de la consommation d’électricité

Par ailleurs, Mohamed Arkab a plaidé pour un changement du mode de consommation de l’énergie en Algérie, qui a atteint, d’après lui, des records. La consommation énergétique est en effet en hausse annuelle de 7% pour le gaz et de 14% pour l’électricité. Devant cette situation inquiétante, M. Arkab appelle à la rationalisation de cette consommation, qui, dans le cas contraire, risque de peser lourd et de réduire les capacités nationales à l’exportation. Il a plaidé ainsi pour la préservation de cette ressource et de se diriger vers l’énergie alternative, le renouvelable. Et de réitérer la disposition de son département à soutenir toute initiative de partenariat et toute synergie à même d’enregistre de résultats probants pour l’économie du pays. Interrogé sur une éventuelle hausse des prix de l’énergie, M. Arkab appelle à la révision de notre modèle de consommation énergétique, tout en relevant l’importance de chercher des opportunités de projets porteurs.

Par ailleurs, Mohamed Arkab a signalé que nos réserves en pétrole et en gaz sont exploitées à 60%. « Il faudrait réfléchir aux moyens à mettre en place pour que nos réserves retrouvent leurs capacités initiales. Nos richesses en énergie sont très importantes et jusqu’à présent, nous n’avons exploité que 35% de nos capacités. Seulement, l’exploitation maximale de notre énergie exige des moyens et du temps », a-t-il précisé.

Pour sa part, la ministre de l’Industrie a affirmé que « la préférence nationale constitue un axe majeur dans notre démarche de substitution aux importations ». Dans sa communication, Mme Djamila Tamazirt a précisé que la commande publique est « désormais privilégiée afin de permettre aux entreprises d’élever la productivité de l’outil installé ». Elle a qualifié la diversification de l’économie nationale et l’encouragement des investissements productifs de « leviers que le gouvernement a décidé de renforcer, pour améliorer le niveau de création d’emploi économique durable ».

Mme Tamazirt a relevé, dans le même registre, que le gouvernement tendait à mettre en place une dynamique d’ensemble pour une croissance durable, diversifiée, favorable à la création de richesse, ainsi qu’à la promotion de la production nationale et la création d’emplois.

D’autre part, elle a précisé, quant aux mesures relatives aux importations de l’électroménager en CKD/SKD, en particulier l’aspect portant sur le recours au différé de paiement de 9 mois, que cette formule, retenue par le gouvernement, ciblait la préservation des réserves de changes. Interrogée sur le cas de Renault Algérie, la ministre a tenu à clarifier que le cas de cette entreprise de montage automobile ne présentait aucun problème particulier lié aux modalités de quotas des kits CKD/SKD, et que son dossier était conforme. Pour étayer ses propos, Mme Tamazirt a rappelé que l’État est actionnaire à hauteur de 51% de cette entreprise. À propos du montage automobile CKD-SKD, la ministre a noté que son département a procédé à des assainissements des projets en activité, précisant que l’étape prochaine serait d’atteindre 15%, puis 40% d’intégration nationale pour les 3e et 5e années. Des négociations, a-t-elle annoncé, sont engagées avec Volkswagen, Renault, Kia et Peugeot. Abordant les nombreux avantages accordés par l’Etat en matière d’exonérations fiscales et de droits de douanes, Djamila Tamazirt a affirmé que ces avantages devaient se traduire par « une plus grande intégration nationale, générant de la croissance et de la création d’emplois, ainsi qu’un développement du tissu de sous-traitants locaux ».

 

La dépendance à l’étranger n’est pas une fatalité

Pour sa part, Chahar Boulakhras, P-DG de Sonelgaz, a estimé que la dépendance à l’étranger n’était pas une fatalité et que le choix pour une intégration nationale, même difficile, demeurait possible, et ce, grâce à la mise en valeur des potentialités et des ressources. Sonelgaz a toujours servi, selon M. Boulakhras, d’incubateur, notamment à travers ses filiales, pour développer et promouvoir davantage l’outil de production national, par la mise en place d’une marge préférentielle en direction des opérateurs nationaux, dans son dispositif de passation des marchés. « Sonelgaz s’inscrit dans la vision, sinon la démarche d’algérianiser les processus, en partie ou en intégralité, même quand il s’agit des marchés attribués à des entreprises étrangères », a rappelé le P-DG. Et d’affirmer que le développement et la diversification des activités de son groupe en partenariat avec Imetal permettraient de gagner une marge de manœuvre et d’augmenter le capital humain et financier des deux partenaires qui assumeront à eux seuls la tâche de répondre aux besoins locaux en la matière, de prévoir exporter le surplus vers les pays voisins et même de franchir les frontières africaines, corroborant ainsi les propos du ministre de la tutelle qui a demandé à surmonter les difficultés à travers le travail et éviter les préjugés. Par la même occasion, Chahar Boulakhras a annoncé la signature prochaine d’une autre convention du genre avec le groupe mécanique public AGM pour les prestations liées aux équipements industriels, le machinisme et la sous-traitance, entre autres. Pour rappel, Sonelgaz avait signé en janvier dernier une convention avec le groupe mécanique public AGM, portant sur les prestations liées aux équipements industriels, le machinisme, le matériel de travaux publics, les moteurs et la sous-traitance. De son côté, Tarik Bouslama, P-DG d’Imetal, a mis l’accent sur l’intégration nationale, notant avec satisfaction que son groupe avait une ressource humaine qualifiée capable de satisfaire la demande du marché en proposant des produits de qualité. Avec son partenaire, Sonelgaz a mis en place un groupe de travail qui veille à réaliser les projets d’investissement mixtes dans plusieurs domaines liés, entre autres à la métallurgie et à la construction métallique. « La signature de la convention-cadre entre Sonelgaz et Imetal répond à la volonté de favoriser le recours, en priorité, à l’outil national de production, lorsque celui-ci est en mesure de répondre aux besoins de leurs filiales respectives », a indiqué le P-DG d’Imetal. Ce partenariat représente selon lui, une opportunité afin d’encourager l’investissement, la production et l’industrie du montage en Algérie tout en alliant quantité et qualité.

 Y. M.

 



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