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N° 117 - Nov 2018

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Industrie

« Plusieurs pays veulent installer des usines de véhicules en Algérie »

Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie et des Mines

Par Salim HOURA



Les demandes d’investissements en Algérie dans le secteur automobile ne cessent d’augmenter. L’affirmation émane de Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie et des Mines. Sans avancer le nombre de demandes d’investissements dans le secteur de l’automobile, Youcef Yousfi a néanmoins affirmé qu’ils sont une dizaine d’investisseur, de « différentes nationalités » tout en affirmant que « la décision finale d’accorder ou de refuser revient au Conseil national de l’investissement (CNI). » C’est dire l’attractivité de l’Algérie dans ce secteur. S’exprimant au Forum du quotidien El-Moudjahid, le ministre a révélé que « son département est en train d’étudier les nouvelles demandes pour l’activité automobile. Cette étape est obligatoire, car il s’agit d’étudier si elles répondent à tous les critères pour pouvoir passer devant le CNI. C’est l’instance habilitée à donner le feu vert ou à rejeter la demande ». Le marché algérien, selon lui, est des plus attractifs dans la région. Il est surtout l’un des plus importants en Afrique. Ce vif intérêt revient aux opportunités qu’offre le marché algérien dans l’investissement en plus de sa situation géostratégique, de ses ressources naturelles et humaines qui permettent aux grands constructeurs de faire de l’Algérie leur plateforme pour aller conquérir ou reconquérir le marché africain mais aussi celui du Moyen-Orient. Le marché algérien qui reste le plus dynamique de la région et qui détient le parc le plus important dans le Maghreb a motivé le gouvernement à investir dans l’installation des usines de montages et surtout à développer celui de la sous-traitance pour atteindre à terme une intégration conséquente des composants locaux. L’option de l’industrie automobile est, selon lui, irréversible. Elle pourrait même être le moteur de la relance industrielle.

Actuellement, le gouvernement a autorisé une quarantaine de projets dans le secteur automobile, entre le montage de véhicules, la sous-traitance et la fabrication de pièces de rechange. Le marché algérien peut absorber jusqu’à 400 000 véhicules par an, ce qui fait de lui l’un des plus grands en Afrique. Cette hausse de la production locale est le résultat des mesures mises en place par le gouvernement pour attirer davantage d’investisseurs privés locaux et internationaux dans la production nationale, avec l’objectif de réduire la facture d’importation et de diversifier l’économie. L’Algérie vise ainsi une production automobile locale de 500 000 unités dès 2019 pour assurer les besoins du marché local et probablement l’export. Aussi, l’option SKD doit céder la place à des produits « made in Algeria » avec des taux d’intégration à 45% en locale pour prétendre à la compétitivité. Et pour qu’il le soit il faudra intégrer localement avec des standards internationaux, d’où l’option de développer un tissu de sous-traitance basé sur des partenariats. Pour Youcef Yousfi, il n’est pas question de rester éternellement tributaire des importations de voitures. Et c’est dans ce sens que la sous-traitance constitue un axe stratégique et prioritaire. Mais pour cela, il faudrait des entreprises, des sous-traitants en mesure de fabriquer les 3.000 à 50.000 composants indispensables à la fabrication automobile reposant le triptyque résolu du volume, prix et délais. Actuellement, l’Algérie est dans la phase de développement de la sous-traitance. Mais il n’en demeure pas moins que dans ce secteur, elle affiche de grandes ambitions. Mettant à profit la tribune offerte, le ministre a appelé les fabricants à augmenter progressivement le taux d’intégration nationale. Car, dit-il, quand ce dernier progresse, ça se traduira par une baisse graduelle des prix des véhicules. Concernant les véhicules industriels fabriqués par la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), notre invité a fait savoir que le taux d’intégration nationale dépasse les 80%.

La relance du secteur minier

Dans sa stratégie de diversification économique, le gouvernement algérien accorde au secteur de l’industrie une place majeure, notamment en qui concerne la filière des mines. L’optimisation de l’exploitation des minerais représente une des opportunités permettant à l’Algérie de libéraliser davantage les investissements et d’augmenter le volume de la production nationale et les exportations hors hydrocarbures. L’Algérie dispose de richesses minières dont une grande partie n’est pas encore exploitée. Fer, phosphate, plomb, or, zinc et engrais, des matières premières nécessaires aux activités industrielles et à la décoration figurent désormais dans les différents projets retenus par le gouvernement pour redynamiser les activités industrielles. Rendre effectives l’exploitation et la valorisation des richesses minières est le nouveau défi de Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie et des Mines, qui a souligné que le secteur des mines, avec 1.400 exploitations minières actuellement en activité, 2.000 permis en vigueur et 56 millions de dollars d’exportations, reste sous-exploité et beaucoup reste à faire dans ce secteur au regard des potentialités dont dispose notre pays. A ce sujet, un vaste programme de 10 milliards de dinars est lancé. Concernant la relance de la production de l’or, Youcef Yousfi dira que « cette fois-ci nous choisirons des entreprises mondialement connues, vu nos réserves d’or importantes. » Quant au projet de transformation du phosphate à l’Est du pays, qui fera de l’Algérie l’un des pays pionniers en industrie des engrais, il s’agit d’exploiter en partenariat à Garat El Hadba un gisement de 500 millions de tonnes, en plus des gisements de Bir El Ater. Selon les perspectives du ministre, la production passera de 1,2 million de tonnes à 10 millions de tonnes. Le phosphate extrait sera transféré vers une usine qui sera réalisée à Souk-Ahras pour la production de l’acide phosphorique, l’une des matières premières entrant dans la fabrication des engrais.

S. H.

 



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