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N° 113 - Mai 2018

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Industrie

Une aubaine pour la diversification des exportations

Algerac obtient sa reconnaissance internationale

Par Yahia MAOUCHI



Afin de soutenir la politique  des pouvoirs publics de favoriser et d’encourager l’exportation des produits hors hydrocarbures qui a créé une demande d’accréditation importante, l’Organisme algérien d’accréditation (Algerac) s’est engagé, depuis quatre ans, dans le processus d’obtention d’accréditation internationale. Objectif atteint. Algerac est, désormais, reconnu à l’international en tant qu’organisme national d’accréditation. Cette reconnaissance lui a été attribuée par ses pairs européens de l’EA (European cooperation for Accreditation) ainsi que par l’ILAC (International Laboratory Accreditation Cooperation). Une reconnaissance internationale, qui permettra désormais, à Algerac, de garantir la compétitivité des produits algériens, d’élargir leurs exportations et de préserver l’économie des produits contrefaits. Sachant que la promotion des exportations hors hydrocarbures exige, entre autres actions, la mise en conformité des produits aux normes de qualité afin de pouvoir gagner des parts de marché à l’étranger. A cet égard, Nourredine Boudissa, directeur général d’Algerac, a indiqué, lors d’une cérémonie marquant la reconnaissance internationale de son organisme d’accréditation, que cette consécration est « le fruit d’un labeur d’une formidable équipe  à qui j’adresse mes remerciements, mes félicitations et mes encouragements afin de continuer à œuvrer pour le bien de notre communauté et de notre économie, en étant à l’écoute de nos clients en leur offrant les meilleurs services, selon les référentiels nationaux et internationaux que nous sommes tenus de mettre en exergue et en valeur ». Et d’ajouter que cette concrétisation est la « démonstration d’une compétence avérée à être aux standards internationaux dans le domaine de l’évaluation de la conformité. C’est un acquis essentiel, important et capital, qu’il faut préserver. Il va servir à notre adhésion à l’OMC, à l’OMS, ainsi qu’à la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’UE ». A rappeler que le principal objectif d’Algerac, créée fin 2005, est de mettre en place un système cohérent et fiable. « Cette cohérence et fiabilité ne pouvaient se concrétiser que si également, nous nous engagions dans une démarche de reconnaissance internationale avec notamment nos pairs européens afin de conforter notre système et position tant sur le plan national qu’international. C’est ce que nous avons fait en nous engageant dans un processus de pré-évaluation et d’évaluation par nos pairs, qui aujourd’hui, se matérialise par cette reconnaissance obtenue après des efforts fastidieux et une longue démarche », affirme Nourredine  Boudissa, précisant que « l’accréditation est un important outil de régulation destiné à la puissance publique et un moyen efficace de la compétitivité industrielle tant nécessaire pour parfaire ses besoins et services afin de garantir la santé des consommateurs et la protection de l’environnement ».

Un acquis loin d’être une fin en soi
 Cependant, l’accréditation est un long processus, un acquis qui ne doit pas être une fin en soi. « Notre objectif étant atteint à travers un système connaissant une certaine maturité, et je peux vous assurer que ceci n’est pas une fin en soi car le chemin de compétence reste long et parsemé davantage d’efforts à déployer et à mettre en œuvre afin de parvenir à des niveaux  internationaux en adéquation avec les standards mondiaux ainsi que les grands défis que les pouvoirs publics se sont fixés et pour lesquels nous estimons pouvoir apporter notre contribution afin que l’accréditation soit reconnue et prenne sa place en tant qu’activité d’autorité publique », rassure-t-il. Par ailleurs, il est utile de rappeler que l’accréditation est le dernier stade de l’infrastructure qualité et de l’autorité publique de contrôle. « C’est dans cette optique que nous œuvrons pour aider la puissance publique à déclarer son autorité de compétence des Organismes d’évaluation de la conformité (OEC) pour prester des activités d’évaluation de la conformité », ajoute-t-il. A cet effet, le premier responsable d’Algerac réitère l’engagement de son organisme à développer ses activités pour renforcer les capacités nationales en allant davantage vers une reconnaissance de ses activités liées à la certification des systèmes de management et des laboratoires de biologie médicale et en se déployant vers de nouveaux référentiels tels que la certification des produits et services et la certification des personnes.

Un allié de  la puissance publique
 « Etant à la croisée des chemins avec une nouvelle approche économique des pouvoirs publics tendant à diversifier l’économie nationale, Algerac s’engage avec la puissance publique à rendre plus effectifs les objectifs assignés pour permettre à nos opérateurs économiques de disposer d’un important réseau de laboratoires et d’organismes d’inspection et de certification afin de promouvoir leur savoir et leurs biens, pour répondre aux attentes des consommateurs et se diriger vers de nouvelles ressources à l’exportation », estime-t-il. Les défis sont grands ainsi que les enjeux, une forte régulation est attendue en consacrant l’infrastructure qualité comme un outil de développement économique et social avec une meilleure maîtrise de la compétitivité et de l’innovation ainsi qu’une économie forte et diversifiée. De son côté, le secrétaire général du ministère de l’Industrie a salué cette reconnaissance, tout en précisant que c’est un jalon qui peut œuvrer à une meilleure intégration de l’Algérie à la scène internationale. Pour sa part, M. Mokrani, représentant du ministère des Affaires étrangères, indique que l’accréditation est un long processus, un acquis qui «ne doit pas être une fin en soi ». Saluant l’engagement de l’Union européenne pour apporter son concours et permettre à Algerac de jouer pleinement son rôle, le même responsable indique que cette consécration est un gage des bonnes règles sur lesquelles l’Algérie a toujours veillé. Aujourd’hui, ajoute-t-il, il est question de « familiariser cet outil, pour permettre aux produits algériens d’être compétitifs ». Toutefois, M. Mokrani trouve qu’il reste beaucoup à faire, précisant que les chaînes de valeur doivent être au rendez-vous, pour réussir la diversification. Les autres intervenants étrangers, à leur tête Thomas Facklam, président de l’EA, ont été unanimes à demander au gouvernement algérien de tirer profit de cette certification. Il y a lieu de souligner que l’accréditation est une condition nécessaire pour accéder au commerce international, profite au gouvernement et aux organismes de réglementation et favorise une bonne pratique de réglementation, offre la possibilité de profiter d’un grand choix d’activités d’évaluation de la conformité et élargit la base d’exportation du pays. Enfin, disposer d’un système d’accréditation national et international ne saurait à lui seul transformer notre économie ni éliminer tous les obstacles commerciaux, mais peut constituer pour l’Algérie un précieux instrument pour notre développement à l’international de façon durable.
Y. M.



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