Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 105 - Mai 2017

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Industrie

Un moteur économique

Sous-traitance automobile

Par Yahia MAOUCHI



L’Etat a accordé des avantages fiscaux au profit des sociétés de production de véhicules industriels et utilitaires ainsi qu’à l’ensemble des sociétés de production activant dans le domaine de l’assemblage et du montage agréées par le ministère de l’Industrie et des Mines, et cela dans le seul but d’encourager la nouvelle filière. C’est ce que confirme l’extrême attention accordée par le gouvernement au développement de toute la filière automobile, du partenariat industriel et technologique avec des acteurs internationaux. Ainsi, l’engagement des pouvoirs publics à accompagner les véritables investisseurs traduit la volonté de bâtir une industrie automobile forte, homogène et intégrée. Cependant, il ne peut pas y avoir d’industrie automobile en Algérie, sans la mise en place d’une filière de sous-traitance locale performante. « Avec les projets automobiles réalisés, lancés ou en cours de maturation avec d’autres constructeurs et le lancement des grands projets structurants, l’enjeu premier pour nous reste l’accélération de la mise en place d’une filière de sous-traitance locale performante. C’est une nécessité et un impératif exigé dans les engagements pris par les partenaires. Nous voulons développer aussi bien l’offre de première monte que des pièces de rechange. Les sous-traitants étant homologués par les partenaires de rang mondial en Algérie, pourront l’être à l’exportation à terme. C’est aussi la stimulation de cet écosystème industriel au sein et autour de l’Oranie (Oran-Relizane-Ain Témouchent-Mostaganem) que nous poursuivons» a affirmé Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines,  à l’issue des travaux de la rencontre sur la Convention de sous-traitance, à Oran. Et d’ajouter : « L’objectif de cette Convention est de mettre en relation les partenaires internes et externes, pour qu’ils se mettent en B2B, discuter afin de trouver des espaces pouvant développer un partenariat ». Pour étayer ses propos, le  ministre a énuméré les avantages accordés aux  investisseurs en sous-traitance dans l’industrie automobile et mécanique. Choisir l’Algérie, dira M. Bouchouareb, c’est faire le choix de deux facteurs clefs de prospérité pour une entreprise : la stabilité au sens large du terme et la compétitivité. L’Algérie est aussi, poursuit-il, « le pays qui agrège le plus de facteurs de compétitivité dans la région : main d’œuvre et formation, énergie, accès aux matières premières, un pays dynamique avec un cadre législatif de l’investissement stabilisé, transparent et incitatif ». Ainsi, la construction de la filière mécanique, plus particulièrement la branche naissante de l’automobile, revêt un caractère à la fois stratégique et prioritaire dans la politique des filières en Algérie. « Estimé à 1,64 milliard de dollars, le marché de la sous-traitance en Algérie, est réellement une opportunité inédite pour les équipementiers qui souhaitent rejoindre ce marché. Il est important de souligner, qu’avec les nouvelles mesures d’incitation à l’investissement, et l’émergence des  différents projets issus des partenariats, le besoin en sous-traitance a énormément augmenté, après c’est à eux d’acquérir la crédibilité qui déterminera leurs essor », confiait Nabil Boumezrag, commissaire de la 11e édition  du salon équipe auto Alegria 2017, organisé à la Safex.

Un régime fiscal préférentiel
L’Etat a d’abord commencé par tracer le cadre pour cette filière en promulguant un décret suivi d’un cahier des charges organisant et assainissant la profession pour un développement durable de la branche automobile. Assainir et organiser le marché étaient un préalable pour professionnaliser l’activité et rassurer les constructeurs sérieux qui aspiraient à investir. C’est désormais chose faite, rassure le ministre. « Nous avons décidé d’une série de mesures incitatives dont les dernières sont en vigueur depuis janvier 2017. A cet effet, les entreprises de production activant dans les domaines de l’assemblage et du montage bénéficient, désormais, d’un régime fiscal préférentiel. De même, les sous-traitants qui interviennent dans la production d’ensembles et sous-ensembles destinés aux produits et équipements mécaniques, électroniques et électriques, seront exempts des droits de douane et de la TVA, pour une période de cinq ans, sur les composants et matières premières importés ou acquis localement. Pour promouvoir un écosystème favorable à ces industries, le bénéfice de cette mesure est exclusivement accordé aux sous-traitants agréés par les producteurs », souligne  le ministre ajoutant que « l’Algérie représente un marché interne dynamique (un parc roulant de 5,8 millions de véhicules) et une plate-forme au cœur de la Méditerranée à moins de deux heures de vol des usines des pays du sud de l’Europe et une porte d’entrée terrestre de l’Afrique. » Priorité du gouvernement, le ministère de l’Industrie et des Mines a mis en place un plan de développement du secteur de la mécanique avec l’ambition de générer des recettes d’un milliard d’euros dans les prochaines années et de créer environ 15 000 à 20 000 postes d’emploi directs et indirects. En somme, l’industrie automobile en Algérie prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur et gagne du terrain, surtout après la mise en application, en 2016, de la décision des pouvoirs publics d’instaurer les quotas d’importation des véhicules.

Renault Algérie vise l’exportation
L’Algérie qui a importé en 2012 plus de 605 000 véhicules pour une facture salée de plus de 8 milliards de dollars, s’apprête à devenir, aujourd’hui, un pays exportateur. Ainsi, l’exportation des véhicules Renault Algérie Production constitue l’un des objectifs tracés par le ministère de l’Industrie et des Mines. « L’exportation des véhicules Renault produits à Oran est envisageable. Nous sommes appelés à produire pour le marché national, mais nous tablons également à destiner une partie de cette production à l’exportation. Et c’est là notre objectif », a souligné le ministre à ce propos. Un objectif devant être programmé, une fois la capacité de production serait égale ou supérieure à 100.000 véhicules, a-t-on expliqué. En outre, le taux d’intégration dans l’usine Renault Algérie Production, serait entre 42% et 46% d’ici 2019, selon le ministre qui a mis l’accent sur l’importance du développement du tissu de sous-traitance pour dépasser les objectifs escomptés en la matière. À ce titre, l’Algérie projette de réussir une capacité de production oscillant entre 400.000 et 500.000 véhicules par an à l’horizon 2022. Ce n’est pas tout. Le ministre n’omettra pas au passage de souligner l’importance des dossiers lancés, et ceux au stade de la maturation. Par ailleurs, pour réduire l’importation de véhicules neufs qui pèsent lourdement sur le Trésor public, l’Algérie a pris des mesures pour contraindre les représentants de marques automobiles en Algérie de lancer une activité industrielle ou semi-industrielle. Ainsi, après Renault, c’est Hyundai et Volkswagen qui se sont lancés dans la construction d’usine de montage automobile en Algérie, en attendant un probable accord avec Peugeot. Par ailleurs, la décision de Renault prise voici 3 ans (novembre 2014) semble avoir ouvert une brèche dans l’attitude des constructeurs vis-à-vis du marché algérien. Parallèlement, on devrait assister assez rapidement à la montée en puissance d’une production locale censée se substituer progressivement aux importations et même dégager des excédents à l’exportation vers les marchés régionaux.

La Clio 4 entre en scène
Concernant le plan de charge du constructeur automobile français en Algérie, ce dernier a indiqué, dans un communiqué de presse, qu’il s’engage à contribuer davantage au développement économique de l’Algérie, en réaffirmant son objectif de produire 100.000 véhicules par an, d’ici à 2022, avec un taux d’intégration de 45% en 2023. Depuis l’inauguration de l’usine de Renault-Algérie Production, en novembre 2014, le groupe est passé d’une production annuelle de 25.000 véhicules en 2015 à 42.000 véhicules en 2016. Le même document ajoute qu’à ce jour, le projet industriel du groupe Renault à Oran a permis à l’industrie algérienne de fabriquer près de 80.000 véhicules, de recruter et de former plus de 800 professionnels, d’intégrer 5 fournisseurs locaux de pièces et 150 fournisseurs de services et biens d’équipements, de créer plus de 2.000 emplois directs et indirects, et d’atteindre un taux d’intégration de 28%. Les participants à cette première convention de la sous-traitance ont pu découvrir en exclusivité la Renault Clio 4, troisième modèle qui sera fabriqué à Oued Tlélat avant la fin de l’année, a révélé le directeur des opérations du groupe chargé de la région Moyen-Afrique-Orient et Inde, Bernard Cambier. Interrogé par El Djazair.com, sur son prix de commercialisation, notre interlocuteur, s’est contenté de nous dire que « son tarif sera compétitif ». Ce 3e véhicule « made in Bladi », permettra, selon le Groupe Renault, d’élever la production annuelle de l’usine d’Oran à 60.000 véhicules, dès cette année. Selon toujours, Bernard Cambier, l’usine Renault Algérie se lancera prochainement dans la deuxième phase de son investissement. En ce sens, il dira que « l’usine subira une transformation majeure, notamment avec l’intégration du département tôlerie et peinture ». Et d’ajouter que cette opération permettra à l’usine d’occuper un espace plus important et de se doter de moyens plus performants ». Bernard Cambier soutient que « ces efforts se refléteront positivement sur la qualité des voitures fabriquées en Algérie ».

Un nouveau cahier des charges pour le marché de la pièce de rechange
D’autre part, le marché de la pièce de rechange va connaître une nouvelle forme d’organisation avec l’application d’un nouveau cahier des charges qui est en élaboration. Selon le ministre, cet avant-projet intervient dans le cadre de la promotion d’un écosystème favorable au développement de la filière. Un cahier des charges qui ne sera pas tout à fait en rupture avec celui en vigueur, a indiqué M. Bouchouareb depuis la wilaya de Chlef où il était en visite de travail. « Dans le nouveau cahier des charges, nous avons seulement clarifié certaines choses. Nous avons précisé que le taux d’intégration, que ce soit pour la sous-traitance ou l’assemblage, se fera en fonction des années. Le nouveau cahier des charges fixe le taux d’intégration dans chaque étape de l’investissement. Il fixe le taux durant les deux premières années de l’investissement, entre la 2e et la 3e années ainsi qu’entre la période de 3 à 5 ans », dira le ministre, soulignant que l’opérateur qui ne respecte pas ces conditions perdra son agrément. Il a expliqué ainsi que le premier décret vient à point nommé pour apporter des clarifications sur les taux d’intégration et les quantités de produits à exporter. La nouveauté dans ce décret consiste, d’après le ministre, à fixer un taux d’intégration de 05% au démarrage, pour atteindre 40% après 5 ans de production. Le décret définira annuellement l’évolution du taux d’intégration à chaque nouvelle étape de production et précisera dans quelle étape de production la phase exportation devra être mise en œuvre. « L’une des nouvelles mesures prévues par ce nouveau cahier des charges est de préciser pour les investisseurs dans ce créneau le taux de l’exportation », précise le ministre. En plus de la sous-traitance dans le secteur de l’industrie automobile, le ministre a dévoilé, depuis Oran, l’élaboration en cours d’un projet de cahier des charges portant organisation du marché de la pièce de rechange. « Dans quelques jours, je présenterai devant le gouvernement un projet de décret exécutif portant encouragement à l’intégration des produits issus des activités d’assemblage et de montage, communément appelé le dispositif SKD-CKD. C’est un décret datant de l’an 2000 qui, après 17 ans de pratique, nécessite réorientation pour l’inscrire dans la dynamique nouvelle. Comme nous sommes sur un projet de cahier des charges pour l’organisation du marché de la pièce de rechange », a précisé le ministre dans son allocution d’ouverture. L’organisation de ce marché intervient, dira le ministre, dans le cadre de la promotion d’un écosystème favorable au développement de la filière. L’Algérie est déjà engagée dans les industries structurantes comme la sidérurgie et la métallurgie et projette d’investir dans les aciers spéciaux dans le cadre de la politique nationale des filières. Idem pour la plasturgie pour laquelle le gouvernement, dira le ministre, vient d’initier un ambitieux plan en pétrochimie visant à assurer la disponibilité des intrants dérivés du pétrole. « Nous sommes convaincus que la compétitivité globale de la filière automobile est naturellement fonction de la compétitivité de chacun de ses maillons ; des grands donneurs d’ordres aux PME sous-traitantes. Elle est aussi fonction des inputs que lui fournissent les autres industries », soulignera le membre de l’Exécutif.
Y. M.



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