Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 114 - Juin 2018

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Protection Civile

Les « pompiers » assurent

Bouira a abrité pendant cinq jours une simulation d’un séisme dévastateur

Par Farid HOUALI



Au Sud, ce sont des inondations «régulières», au Nord, quand ce ne sont pas les feux de forêt qui ravagent des centaines, parfois des milliers d’hectares par an, ce sont les secousses telluriques qui prennent le relais cycliquement.
Seule institution « chargée » du sauvetage et de secours (aux côtés de l’ANP), la Protection civile algérienne est ainsi dire tout le temps sur le qui-vive. Elle doit répondre « présent » à la moindre alerte. Même si cela avait été confirmé à maintes reprises, les troupes du colonel El Habiri ne se contentant pas du peu. Elles veulent rassurer davantage. L’on se prépare au pire. Á cet effet, la wilaya de Bouira a abrité du 14 au 18 mars dernier, EU-AL Seisomeex 2018: un exercice de simulation d’un fort séisme. Un séisme dévastateur, destructeur mais imaginaire et les victimes… fictives. En effet, dans le scénario imaginé, apocalyptique, un tremblement de terre d’une magnitude de 7.0 sur l’échelle de Richter a frappé le samedi 14 avril 2018 à 08 h 30 Bouira. L’épicentre est situé à 10 km au sud du chef-lieu de la wilaya. La secousse est forte à tel point qu’elle a été ressentie à travers les wilayas de Tizi-Ouzou, Boumerdes et Alger. Un barrage menace de rompre, un pont s’est effondré et un camion transportant des matières dangereuses s’est renversé.
« Le séisme a dévasté également une zone urbaine à haute densité de population et occasionné des pertes humaines ainsi que des matériels et des infrastructures », selon les premières estimations des unités de reconnaissance de la protection civile dépêchées sur place.
El Asnam, Bechloul et Sour El Ghozlane sont les communes les plus touchées.
Un bilan provisoire établi par les services de la protection civile arrêté ce jour a 17 h 00, fait  ressortir 1349 personnes décédées et 1895 blessées ainsi que 6343 familles sans abris.
Aussitôt, un dispositif d’intervention est mis en place par la Protection civile de la wilaya. Tous les moyens humains et matériels sont mobilisés pour secourir notamment les blessés et les victimes sous les décombres.
Á la direction générale de la Protection civile (DGPC), une cellule de crise est installée pour le suivi et la coordination des secours au niveau du Centre national de coordination (CENAC).
Mustapha Limani, wali de Bouira, accompagné du directeur de la PC de Bouira ainsi que de ses collaborateurs se sont déplacés sur les lieux du sinistre. « Vu l’ampleur des dégâts, et en tant que wali de Bouira, j’active le plan Orsec et j’installe le PCF (le poste de commandement fixe) ici même au niveau de la Protection civile, et un poste de commandement opérationnel au niveau de la commune de Bouira. Je délègue la direction du PCF à Monsieur le SG et je vous fixe deux rendez-vous : le premier à 11h30 et le deuxième à 16h30 pour un point de situation et, éventuellement, un communiqué de presse», affirme le wali. Deux heures après, le DGPC, le colonel Mustapha El Habiri, arrive pour superviser les secours et les interventions. La priorité est au sauvetage des vies humaines.

Un millier de secouristes à pied d’œuvre.
Dimanche 15 avril : deuxième jour de la « catastrophe ». Le nombre des morts et des décès ne fait qu’augmenter. L’on dénombre déjà, selon un communiqué émanant des services de la protection civile, le décès de 4047 personnes, 24536 blessées et 130281 familles sans abris. L’on recense également 7109 batisses et édifices publics endommagés et 5496 autres fissurés au niveau des façades et murs de séparation, des centaines de foyers sont privés d’électricité, le réseau téléphonique est également perturbé à travers les différentes localités de la wilaya de Bouira.
Les secours se sont intensifiés et les efforts sur le terrain pour la recherche des victimes coincées sous les décombres, avec notamment l’utilisation des brigades cynotechniques et les équipes spécialisées en sauvetage et déblaiement, se multiplient. Pas de répit.
Des sites de recasement provisoires ont été ouverts pour la prise en charge des sans-abri et des sinistrés par l’installation de tentes sur des sites aménagés en collaboration avec les différents organes en relation avec l’aide et assistance, des denrées alimentaires, couvertures et lits de camps ont été distribués au profit des sinistrés.
Les éléments de la wilaya de Boumerdes (limitrophe) sont envoyés en renfort.
Cela ne semble pas suffisant. L’on fait appel aux détachements de première intervention (DRPI), spécialisés dans les grandes catastrophes qui arrivent de plusieurs wilayas.
Ces unités ont été créées suite au séisme de Boumerdes du 21 mai 2003. Ce jour-là, un violent séisme secouait la wilaya et ses environs. Près de 3000 morts, pas moins de 10 000 blessés et plus de 15 000 sans-abri seront enregistrés.
Malgré la grande mobilisation, une aide « internationale », est vraisemblablement inévitable.
Dans l’après-midi du 15 avril « un appel officiel est lancé, à travers le site OSOC qui regroupe les protections civiles certifiées Usar (Urban Search and Rescue) pour la recherche et le sauvetage en zones urbaines », a expliqué le chef du bureau de l’information à la DGPC, le capitaine Nassim Bernaoui.

L’appel fait écho. Et comment ne pas l’être, alors que la Protection civile algérienne a toujours été au devant s’agissant de la solidarité avec des pays sinistrés comme en témoigne sa présence, depuis 1985, dans des interventions à l’étranger pour des opérations de secours, lors de séismes au Mexique, au Salvador, en Arménie, en Égypte, en Turquie, en Inde, en Iran, au Maroc, de feux de forêt en France (août 2003), d’inondations au Soudan (septembre 1987) et au Yémen (novembre 2008) ou d’explosions, comme au Nigeria en 2002 et au Népal en 2015. Des pays s’inscrivent ainsi pour proposer leur assistance.
La sélection est soumise aux protocoles d’intervention et des critères, notamment la durée du temps d’arrivée. Les équipes doivent également être dotées de matériel qui réponde aux besoins. Cela permettra d’identifier les unités d’intervention et le matériel.
Cinq pays européens (Espagne, France, Italie, Pologne et Portugal) ainsi que la voisine Tunisie répondent « présents».
Des équipes spécialisées sont ainsi envoyées sur le lieu de la catastrophe dans les heures qui suivent afin de prêter main-forte aux équipes algériennes.
Il faut agir vite. Pour ce faire, les différents détachements et modules ayant pris part à ces manœuvres de simulation dans une situation de séisme étaient répartis sur sept sites différents à El-Asnam, où se trouvait la base de vie et le principal campement des différentes unités, à Bechloul près du barrage de Tilesdit, ainsi qu’à Sour El Ghozlane, selon les détails fournis par la Direction générale de la Protection civile dans son rapport remis à la presse.
En continuation aux efforts fournis par les équipes de sauvetage et de secours de la Protection civile appuyée par des équipes étrangères spécialisées en matière de gestion des catastrophes dans le cadre du mécanisme européen, un centre de coordination entre les équipes internationales dénommé (OSOCC, On Site Opération Center) a été implanté à la sortie Est de la commune d’El Asnam.
Un poste de commandement au niveau du chef-lieu de la wilaya de Bouira, ainsi que deux autres sectoriels et 2 bases logistiques au niveau des communes d’Oued El Bardi et d’El Djabahia sont mis en place. Les manouvres continuent…

Les « experts » de l’INCC/GN
Une catastrophe naturelle est souvent synonyme d’un nombre élevé de corps déchiquetés et souvent méconnaissables. Une identification s’impose. C’est pourquoi il est fait appel dans pareils cas à des techniciens dont la tâche principale est de « faire parler l’ADN ». En Algérie, cette « mission » complexe et qui demande du temps incombe aux gendarmes de l’Unité de la Gendarmerie nationale d’identification des victimes des catastrophes (UGNIVC), relevant de l’Institut national de criminalistique et de criminologie de la Gendarmerie nationale (INCC/GN). Leur présence ne passe pas inaperçue. Afin d’avoir une idée bien précise de leur participation à l’exercice EU-AL Seisomeex 2018, nous sommes orientés vers le commandant Brahim Djedouani. « Lors d’une catastrophe de grande envergure, l’identification des victimes est une opération délicate, pluridisciplinaire, qui doit être effectuée avec soin et méthode », nous dit d’emblée l’officier expert à l’UGNIVC et chef du laboratoire entomologie à l’INCC/GN. Rappelant que l’Unité opère tout le temps et peut intervenir à travers l’ensemble du territoire national, le commandant Brahim Djedouani affirme en outre que l’UGNIVC travaille en pareille circonstance en étroite collaboration avec les services de secours (Protection civile et ANP) ainsi qu’avec toutes les autres unités de la GN et les autorités sanitaires civiles. Composée de spécialistes en médecine légale, en biologie et en empreintes digitales et dotée de moyens scientifiques et techniques modernes d’investigation et d’identification, l’UGNIVC est une référence dans son domaine. Cette unité a procédé à l’identification, dans les délais très courts, de l’ensemble des victimes du crash d’avion à Djbel Fertas (Oum El Bouaghi) en avril 2014 mais et aussi lors de l’attaque terroriste de Tiguentourine. « Ses expertises sont certifiées mondialement », se félicite le commandant Brahim Djedouani.

Une très bonne organisation
Pour l’exercice EU-AL Seisomeex rien n’a été laissé au hasard par la Protection civile algérienne en passe d’acquérir avec le temps une expérience y compris s’agissant de l’organisation, de l’orientation et surtout de la communication. En effet, sur le site de la base de vie d’El Asnam à titre illustratif, l’accès « est formellement interdit à toute personne étrangère à l’exercice ». D’ailleurs, des confrères de la presse nationale ayant pris part aux premiers instants des manœuvres et l’installation des campements assurent avoir « été contraints » à porter des badges dés que le portail principal est franchi. L’on relève également une présence renforcée des services de sécurité. En effet, des policiers et autres gendarmes sont postés tout au long du chemin menant à la base ainsi qu’à l’intérieur. « Au niveau de l’hôpital français de la sécurité civile, l’équipe médicale demande aux représentants des médias le port de tenues spéciales pour la sécurité du lieu et des victimes», témoigne-t-on. Sur place, « la prise en charge médicale est menée par des chirurgiens et des médecins urgentistes. Tout le personnel médical est mobilisé ». Autre point positif : au niveau de la base de vie d’El Asnam, les amateurs du café, des boissons chaudes et fraiches, notamment les fumeurs n’ont pas besoin d’aller en chercher ailleurs. Un chapiteau a été spécialement aménagé en la circonstance. Un peu plus loin de là, et afin de « faciliter » le travail des journalistes venus couvrir la catastrophe, une cellule de communication a été aménagée. Des micro-ordinateurs connectés à internet sont mis à la disposition des journalistes. « La priorité majeure est à l’information en temps réel. Une information crédible, fiable et ciblée pour informer la population mais également la rassurer et l’orienter et la préparer à faire face à un séisme majeur. C’est également un exercice pour préparer les médias au traitement des informations liées à une catastrophe », souligne le sous-directeur des statistiques et de l’information de la DGPC, le colonel Farouk Achour. Pour ce faire, les chargés de communication de plusieurs wilayas ont été mobilisés. Une opportunité pour les « mettre également à l’épreuve ». Et là, faudrait-il le souligner encore une fois, les « adjoints » du très disponible capitaine Nassim Islam Bernaoui, chargé de la communication à la DGPC, ont fait un travail remarquable. Ils veillaient au petit grain.

S’affirmer davantage
Le thème principal de ces exercices internationaux est «le Séisme et les accidents secondaires comme les risques de rupture d’un barrage, de glissements de terrain, et autres accidents nés de cette catastrophe naturelle», explique le directeur de l’organisation et de la coordination des opérations d’urgence à la direction générale de la Protection civile, le colonel Fouad Lalaoui.  «L’objectif principal de ces manœuvres est de tester l’interopérabilité des cellules de soutien logistique ainsi que la procédure assistance internationale CENAC-ERCC», ajoute le colonel Lalaoui, lors d’un point de presse tenu au niveau de la base de vie d’El-Asnam (est de Bouira).  « L’exercice EU-AL Seisomeex 2018 a aussi pour objectif de tester le fonctionnement des différents niveaux de la chaîne de commandement et de vérifier la couverture et l’organisation des transmissions, ainsi que d’évaluer la coordination au niveau du PCF (Poste de commandement fixe) de wilaya », nous explique le commandant Mrizek Keffous, sous-directeur de la planification à la DGSPC et directeur de l’exercice EU-AL Seisomeex 2018. Pour la partie européenne, les manœuvres lui permettront d’évaluer la coopération entre les Etats membres de l’Union européenne et ceux de la région méditerranéenne. Et en tant que directeur de la manœuvre, le même officier est appelé à mettre en place et d’exécuter les objectifs tracés au préalable et de coordonner l’exercice dans les meilleures conditions.
« L’objectif escompté de cette importante action est de poursuivre les progrès réalisés par la Protection civile pour le développement et l’amélioration du savoir faire du potentiel humain et la préparation des capacités de réponses pour faire face aux effets liés aux situations de catastrophes et à l’instar des autres corps paramilitaires, d’évaluer sa préparation et les capacités de réponses à des situations d’urgence et de catastrophes », nous explique sur place le colonel Farouk Achour.
 «L’exercice international de simulation d’un fort séisme à Bouira reste une manœuvre virtuelle, mais il permet non pas uniquement à l’Algérie de tester son dispositif et de demander le soutien étranger, mais aussi aux Etats membres de l’Union européenne de tester leur dispositif et leur capacité d’intervention et demander l’aide de l’Algérie en cas de catastrophe dans le cadre de l’assistance internationale», précise le responsable des relations internationales à la Direction générale de la sécurité civile française, le général Philippe Nardin, également président du comité européen de pilotage de l’exercice international de la protection civile EU-AL Seismeex 2018.
«L’Algérie est l’un des pays qui se trouve confrontée aux risques de séismes et ces exercices vont l’aider à renforcer sa compétence en matière de coordination et d’assistance internationale, et à tester le fonctionnement de son dispositif», explique le président du comité européen de pilotage de l’exercice international de la protection civile EU-AL Seismeex 2018, considérant l’organisation des troupes algériennes «parfaite» et les unités algériennes «ont les compétences et les capacités nécessaires pour faire face à ce genre de risques majeurs».

Á travers ses déplacements sur les différents sites à Sour El-Ghouzlane, Bechloul et à El-Asnam, le même responsable relève également «le haut niveau de coordination» entre les différentes unités et services engagés sur le terrain pour les opérations de recherche et de sauvetage.
Soulignant que l’exercice permet aussi aux États membres de l’UE de tester leurs dispositifs d’intervention, le président du comité de pilotage de l’opération a également insisté, à ce propos, sur la valeur du soutien et la force de cohésion entre équipes de sauvetage dans ce genre de catastrophe, considérant que ces exercices peuvent permettre aux différentes équipes, dont celles de l’Algérie «d’échanger les expériences visant à sauver des dizaines de milliers de victimes et de blessés». «Ce soutien réside dans le déploiement des moyens matériels, mais aussi des renforts venus des différents pays européens pour aider l’Algérie à faire face aux dégâts causés par le séisme, dont des bâtiments effondrés ou fissurés et des risques de ruptures du barrage de Tilesdit», ajoute-t-il en marge de cet exercice de simulation.

Les efforts de l’Algérie en matière d’organisation et de coordination salués
Les cinq pays européens (France, Espagne, Portugal, Italie et la Pologne) ayant participé aux manœuvres internationales de simulation d’un fort séisme à Bouira (à quelque 120 km à l’est de la capitale Alger) EU AL Seimeex 2018, ont salué les efforts considérables de l’Algérie pour l’organisation et la coordination assurées avec succès dans ces exercices clôturés en fin d’après-midi du 18 avril dernier. Au cours d’une rencontre de débriefing, tenue à la fin des deux exercices organisés à El-Asnam (est de Bouira) ainsi qu’à Sour El-Ghouzlane (sud), le président du comité européen de pilotage de l’exercice, le général Philippe Nardin, chef des relations internationales à la direction générale de la sécurité civile française, s’est félicité des « gros efforts consentis par l’Etat et la protection civile algériens pour abriter ces manœuvres grandeur nature ». « Je saisis cette occasion pour saluer l’État algérien pour toutes les facilitations et les efforts fournis pour l’accueil et l’organisation de ces importants exercices virtuels qui se sont bien déroulés. Grâce à ces efforts considérables, l’Algérie a pu s’approprier cet exercice d’envergure internationale », a souligné le général Nardin.
Pour sa part, le chef du bureau de la commission européenne, chargée du soutien (support), Anne Simone, a exprimé sa satisfaction face au succès qu’a connu cet exercice virtuel qui a duré une semaine, et, qui, a-t-elle souligné, « nous a permis de tester cette coopération et assistance internationales ». « Je tiens à remercier les autorités algériennes pour leurs efforts d’organisation, de coordination et de sécurité fournis pour le bon déroulement de ces manœuvres de simulation », a-t-elle dit lors du débriefing. Intervenant lors de cette rencontre, l’experte italienne Erica Conté, membre de la commission européenne, a, elle aussi, mis l’accent sur « le sérieux et le courage, ainsi que l’engagement de la Protection civile algérienne dans ces exercices couronnés de succès ». Cette dernière s’est également félicitée de l’hospitalité et de l’accueil chaleureux réservés par les autorités algériennes aux hôtes européens, tout en mettant en avant la qualité et l’expérience des unités de la Protection civile algérienne, qui, a-t-elle dit, « pourra, dorénavant, faire face à toute éventuelle catastrophe naturelle, et elle pourra aussi s’adapter à la coopération et assistance internationales ».

Un haut niveau de contact et de coordination
Issus de 26 pays européens, les observateurs, ayant assisté aux exercices internationaux de simulation d’un séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter à Bouira, ont eux aussi exprimé leur « admiration » face au succès qu’a connu l’exercice virtuel « grâce au haut niveau de contact et de coordination entre les différentes unités et services impliqués sur le terrain, dont celle d’Algérie ». « Les unités algériennes ont fait preuve d’une disponibilité exemplaire et d’un sérieux engagement sur le terrain », a témoigné un des observateurs européens, ayant pris la parole lors de cette réunion, qui a duré plusieurs heures.
La majorité des intervenants n’a pas omis de souligner « le franc succès des manœuvres », et ce « malgré l’ampleur de la catastrophe simulée », ont-ils reconnu, tout en félicitant la partie algérienne pour tous les moyens humains et matériels déployés pour organiser l’exercice dans de bonnes conditions.
Les observateurs, et chefs de modules et autres unités européennes ont saisi l’occasion pour applaudir les efforts consentis par le commandant de la protection civile algérienne, Mrizek Keffous, surnommé par le général Nardin « l’artisan de l’exercice ».
« Le commandant Keffous a veillé au grain pour la réussite des opérations de la coordination entres les unités, modules sur le terrain et la direction de l’exercice (Direx)», ont-ils souligné. «La Protection civile algérienne vient d’être certifiée par Insarag. Elle a les performances et les capacités d’intervention. C’est une opportunité pour les sapeurs-pompiers tunisiens qui travaillent actuellement pour l’obtention de ce certificat », a assuré de son côté, le colonel Tarik Bouslati, chef du détachement de la protection civile tunisienne prenant part à cet exercice. L’équipe tunisienne est composée de 49 éléments, chacun dans sa spécialité.

Une fierté
La protection civile algérienne aura tiré beaucoup d’enseignements de l’exercice EU AL Seismeex 2018 concernant les aspects d’organisation et de coordination dans un cadre d’assistance internationale. « Pour nous, ces manœuvres ont constitué un double défi, du point de vue théorique et pratique », souligne le colonel Fouad Lâlaoui, directeur des opérations d’urgence à la direction générale de la Protection civile algérienne (DGPC), lors de cette réunion de clôture. « Cet exercice a permis à nos unités de renforcer leurs capacités d’organisation, de coordination et d’intervention sur le terrain en cas de catastrophes naturelles. Cela nous a permis également de tester notre système de réponse aux risques majeures », indique le colonel Lâlaoui, avant de se féliciter lui aussi de la réussite des manœuvres qui, dit-il, « se sont déroulées dans de bonnes conditions grâce aussi aux efforts des services de la gendarmerie nationale et de la police qui ont veillé à la sécurisation des exercices ». Les manœuvres EU AL Seismeex 2018 ont duré cinq jours après une longue série d’exercices d’intervention, de recherche et de sauvetages dans des sites sérieusement endommagés par un séisme simulé pour tester l’interopérabilité avec les équipes internationales, et pour aussi évaluer la capacité d’intervention et de projection sur le théâtre des opérations lors d’une catastrophe naturelle.
Tout au long des cinq jours qu’aura duré l’exercice EU-AL Seismeex 2018, la Protection civile algérienne épaulée par ses similaires venues des cinq pays européens et la voisine Tunisie aura ainsi démontré ses aptitudes ainsi que ses moyens lui permettant d’intervenir au moment voulu. « La protection civile algérienne a franchi un saut qualificatif dans les services et les interventions au profit des citoyens, grâce au soutien du ministère de l’Intérieur », assure à ce propos le colonel Mustapha El Habiri, DGPC. S’exprimant à l’occasion de la présentation de l’exercice EU-AL Seismeex 2018 (Europe-Algérie Séisme Exercices) de simulation d’un séisme à Bouira, le colonel El Habiri a en effet relevé que face à la récurrence des catastrophes « les pouvoirs publics ont décidé un vaste plan de développement et de modernisation de l’institution de la protection civile ». Au jour d’aujourd’hui, le niveau de professionnalisme de la Protection civile algérienne n’est plus à démontrer. Il est même rassurant quant à son aptitude à gérer convenablement des situations de catastrophes naturelles, de l’aveu même des observateurs étrangers. Un professionnalisme salué par le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui présidait le 1er mars dernier, la sortie de la 45e promotion de « grade agent » de la Protection civile organisée à l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de Dar El Beïda à l’occasion de la Journée internationale de la Protection civile. « Les Algériens doivent être fiers du corps de la Protection civile qui constitue une force qui dispose d’énormes potentialités », a assuré à ce propos le Premier ministre rappelant qu’il « a fait ses preuves dans de nombreuses occasions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ». Le transfert du savoir-faire et les multiples expériences et expertises dans le cadre de la coopération internationale ont permis incontestablement, à la protection civile de se hisser au niveau des standards européens et internationaux. C’est dire que la Protection civile avec ses 60.000 éléments, appuyés par 190.000 secouristes bénévoles et de moyens d’intervention adaptés, a une puissance de frappe assez importante. « En cas de catastrophe majeure on fait appel à notre Armée nationale populaire, qui a toujours répondu à l’appel», a soutenu le colonel Mustapha El Habiri.

 F. H.



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Entretien réalisé par Saida AZZOUZ .

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