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N° 105 - Mai 2017

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Protection Civile

« Notre rôle est de dispenser une formation de qualité »

Le colonel Abdelhamid Zighed, directeur de l’Ecole nationale de la Protection civile

Entretien réalisé par Tahar MANSOUR



El Djazair.com : colonel, parlez-nous un peu de cette institution que vous dirigez avec autant de passion.

Colonel Abdelhamid Zighed : notre école est un EPA (Etablissement public à caractère administratif), doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière depuis 1983. L’école est ramifiée en 6 établissements régionaux, des annexes, sise à Sidi Bel Abbes, Mostaganem, Alger, Aflou, Annaba et Oum El Bouaghi, spécialisées dans la formation des agents d’intervention et des sous-officiers. Quant à l’Ecole nationale, elle a pour mission principale la formation des officiers. Elle dispense aussi des formations hors budget, c’est-à-dire au profit d’autres institutions et entreprises publiques et privées, avec un programme assez riche. Nous avons aussi des conventions avec la faculté de médecine, l’université Saad-Dahleb de Blida, la Fac Centrale d’Alger, dans le cadre de la spécialisation dans le domaine du Master (Gestion des risques et gestion des crises). Il y a déjà eu deux promotions sur la gestion des risques et nous comptons développer d’autres spécialités pour les formations de haut niveau.

El Djazair.com : quel est l’organigramme appliqué pour l’ENPC ?

Colonel Abdelhamid Zighed : l’ENPC est constituée de deux directions, celle des études qui s’occupe de toute la partie pédagogique, comme l’élaboration des programmes, le suivi pédagogique, l’organisation des concours, et celle de l’instruction et des stages dont la mission principale est l’organisation des stages, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école. Il y a aussi un secrétariat général qui représente toute la partie administrative, composé de trois services : les ressources humaines, l’économat et les moyens. 

El Djazair.com : vous avez été chargé, dès votre désignation, de la modernisation de l’école, quelles sont les dispositions qui ont été prises dans ce cadre ?

Colonel Abdelhamid Zighed : depuis mon arrivée à l’école en 2013, nous avons pu mettre en œuvre deux simulateurs de dernière génération, l’un pour les feux de forêts de niveaux 3 et 4, destinés pour les officiers, et un autre simulateur très récent que j’ai moi-même mis en œuvre car j’ai eu l’occasion d’être formé en France sur cette application, ce qui m’a permis d’être diplômé en management stratégique de la crise et ce simulateur est un outil pour l’apprentissage de la gestion des crises. Il faut dire que cette gestion ne concerne pas uniquement la protection civile mais tous les secteurs car une crise peut arriver partout, sanitaire, industrielle, sécurité civile, les phénomènes naturels, etc. Ce simulateur permet à nos officiers de se réadapter par rapport au contexte de la crise car il ne faut pas oublier que le mode de gestion n’est pas le même lorsque nous sommes en temps de paix, en temps normal car, en temps de crise tout change, la gestion, la réflexion, les réflexes et tout ce qui a trait à la vie en général. C’est donc une nouvelle thématique que nous développons au niveau de l’école et qui sera mise à la disposition de tous les secteurs. 

El Djazair.com : pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un simulateur de feu de forêts ou de gestion de crise ? 

Colonel Abdelhamid Zighed : c’est un logiciel qui nous permet d’élaborer des scénarii dans des conditions réelles d’intervention en injectant des effets comme si c’était réel, cela commence du premier appel pour un départ courant jusqu’à l’arrivée des renforts nationaux et la gestion de l’opération au niveau le plus haut de la hiérarchie. Ce logiciel permet de mettre en situation réelle, et même plus complexe que celle de la réalité, les stagiaires afin de les familiariser à la prise de décision rapide et juste et leur faire acquérir des réflexes sur le plan intellectuel et sur le plan tactique. Avant, nous travaillions directement sur le terrain mais cela nous faisait perdre énormément de temps et ce que nous pouvons faire sur simulateur en quelques minutes nous prendrait trois heures sur le terrain. C’est aussi très économique sur le plan financier puisque nous n’aurons besoin ni de matériel ni de véhicules et nous gagnons en efficacité. D’ailleurs à travers le monde entier, la formation se fait beaucoup plus sur simulateur qu’en situation réelle. Cela n’empêche pas bien sur la formation sur le terrain qui est nécessaire pour acquérir les gestes nécessaires. Donc si les stagiaires subissent une formation de deux semaines sur simulateur, ils reçoivent aussi une formation sur le terrain de deux mois environ. Sur le terrain, le stagiaire peut transposer ce qu’il a appris en théorie et en simulateur sur le terrain pour gagner encore en efficacité. 

El Djazair.com : y a-t-il d’autres moyens que vous utilisez pour la formation, mis à part les simulateurs ?

Colonel Abdelhamid Zighed : oui, il y a les moyens roulants, les ambulances, les camions-incendies, divers véhicules et la direction générale compte acquérir des équipements pour les exercices au niveau des ports. 

El Djazair.com : un dernier mot ?

Colonel Abdelhamid Zighed : je dirais que nous avons eu la chance de travailler avec le directeur général de la Protection civile, le colonel Mustapha El Habiri, qui a donné une grande impulsion à l’action opérationnelle d’une manière générale mais, en particulier à la formation. Les années dernières nous avons pu avoir des études sur les actions de formation qui ont permis de passer, en un temps très court, de 20 000 à 30 000 agents en l’espace de quinze ans, avec le matériel nécessaire. D’ailleurs au niveau des unités de la Protection civile réparties à travers le territoire national, nous pouvons trouver un matériel de pointe. J’ai eu l’occasion de visiter des pays européens et j’ai vu le matériel qu’ils ont, nous n’avons pas à nous complexer devant eux. En outre, les diverses conventions que nous avons signées avec des pays européens et pour lesquelles le directeur général a veillé personnellement nous ont permis de mettre à niveau notre institution, surtout sur le plan pédagogique, programmes, contenu et conception. 
  T. M.



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