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N° 110 - Dec 2017

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Protection Civile

Apprendre à sauver la vie humaine

Ecole nationale de la Protection civile – Bordj El Bahri

Par Tahar MANSOUR



Créée en 1964, l’Ecole nationale de la Protection civile, sise à Bordj El Bahri, veille justement à la formation de ces femmes et de ces hommes courageux, engagés, volontaires, humains et humanistes, qui consacrent leurs vies à sauver celles des autres. L’ENPC a pour mission de prendre en charge la formation des agents et officiers de la Protection civile qui sont recrutés selon les besoins exprimés pour chaque région du pays. Rattachée au début à la DGPC sous tutelle du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, l’Ecole est devenue un Etablissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière à partir du 5 février 1983 par le décret n° 86/108, qui définit aussi les missions qui lui sont assignées.

Missions de l’ENPC
Les principales missions dévolues à l’Ecole nationale de la Protection civile de Bordj El Bahri sont : assurer les formations spécialisées donnant accès aux corps d’officiers et de sapeurs d’intervention ; organiser des cycles de recyclage et de perfectionnement pour les cadres et les gradés de la Protection civile exerçant au niveau des différentes structures ; préparer les examens professionnels ; organiser les concours de recrutement externes des différents grades selon les besoins arrêtés par la tutelle ; contribuer à la formation des cadres relevant des institutions et entreprises publiques exerçant dans le volet « Prévention et Sécurité ». De par ces missions, l’école forme des cadres et sapeurs d’intervention possédant toutes les qualités et qualifications requises pour intervenir dans toutes les situations où il y a un danger pour l’être humain ou pour ses biens. Ils sont formés pour intervenir lors des accidents de la circulation, même dans des conditions difficiles, avec pour mission première de sauver la vie humaine avec le plus de célérité et d’efficacité possibles. C’est aussi le cas pour les autres accidents, qu’ils soient particuliers ou de grande envergure, comme les catastrophes naturelles (séisme, inondation, risques industriels, etc.), lors d’accidents domestiques, de foules (stades par exemple) et dans tous les cas où la vie humaine est menacée. Outre cette formation physique, le futur intervenant de la protection civile, tous grades confondus, doit apprendre à utiliser des machines et un outillage spécifiques pour chaque situation (désincarcération, noyade, intoxications diverses, avalanches, feux divers, etc.). Cette formation est aussi dispensée par l’ENPC qui dispose des ressources humaines de haut niveau et d’un outil de travail moderne et performant qui lui permet de former des hommes et des femmes opérationnels dès leur sortie de stage.
 
Conditions d’accès
Afin d’offrir à l’institution de la Protection civile des cadres et agents de haut niveau, possédant une aptitude à gérer toutes les situations de crise et de danger, à être à l’écoute des victimes pour leur apporter l’aide et l’assistance nécessaires et disponible à tout moment, l’ENPC exige des nouvelles recrues un niveau de scolarité assez élevé et des qualités morales très fortes. Dans ce cadre, l’école assure quatre niveaux de formation selon les spécialités et le niveau d’instruction pour former des cadres et des agents d’intervention.
Grade de médecin-lieutenant : cette formation est ouverte pour les candidats titulaires d’un doctorat en médecine générale par le biais d’un concours sur titre. Outre la formation de base pour leur apprendre toutes les tâches qu’ils doivent assurer au sein de la Protection civile, les médecins se spécialisent en secourisme médical, ce qui leur permet d’assurer eux-mêmes tous les gestes pour lesquels ils disposent, dans d’autres secteurs, d’infirmiers et d’aides-soignants. La formation de médecins-lieutenant dure 10 mois et est assurée au niveau de l’ENPC.
Grade de lieutenant : c’est un concours ouvert pour les candidats titulaires d’un diplôme d’architecture et d’ingénieur d’Etat dans les diverses spécialités. Comme pour le médecin-lieutenant, les candidats retenus reçoivent une formation de base dans le secourisme et les missions dévolues à la Protection civile de manière générale. Ils se spécialisent aussi chacun selon ses capacités propres et la discipline qu’il maitrise le mieux.
Grade de sous-lieutenant : ce grade est proposé aux candidats titulaires d’une licence, d’un DEUA (diplôme d’études universitaires appliquées) ou d’un diplôme reconnu équivalent.
Grade d’agent : c’est aussi un concours qui donne accès à une formation d’agent d’intervention de la protection et qui est ouvert pour les candidats ayant un niveau de 2e AS et plus.
Nous voyons là que la Protection civile, sous l’égide de son directeur général, vise à avoir en son sein un personnel hautement qualifié, instruit et rompu aux manœuvres les plus délicates pour le sauvetage de vies humaines ou de biens, mission dont s’acquitte l’Ecole nationale de la Protection civile avec brio.
Un programme de qualité
Pour arriver à ces résultats de haut niveau qui font sa réputation, l’Ecole nationale de la Protection civile de Bordj El Bahri, offre à ses stagiaires des programmes complets et de qualité supérieure consistant en :
des cours et des conférences en secourisme, extinction d’incendies, sauvetages divers, préventions, élaboration de plans d’intervention, de prévention contre les produits chimiques dangereux, extinction des feux de forêts, gestion opérationnelle et commandement, etc. ;
réalisation de travaux pratiques et travaux dirigés ;
des stages pratiques et des visites sur sites ;
une éducation physique et sportive, les éléments de la protection civile devant être toujours en bonne forme physique pour s’acquitter de leurs missions de sauvetage ;
une instruction militaire.

Près de 40 000 stagiaires formés en 15 ans
Pour la seule période comprise entre 2001 et 2015, l’école a formé un effectif global de 38307 stagiaires entre médecins-lieutenants, lieutenants, sous-lieutenants, sergents et agents. Il y a lieu de noter que le grade de sergent n’existe plus depuis 2012. L’année 2001 a vu le plus grand nombre de médecins-lieutenant formés par l’école (46), suivie de l’année 2009 avec 31 médecins-lieutenant formés, le nombre total de médecins-lieutenants formés durant ces quinze années ayant atteint 269, la plupart étant des femmes. Quant aux lieutenants, leur nombre a été de 616, ce qui démontre le niveau atteint par l’encadrement au sein de la Protection civile algérienne. Pour les sous-lieutenants ils sont 1080 à avoir été formés durant la même période alors que pour les sergents, dont la formation s’est arrêtée en 2012, ils ont été 1118 à avoir suivi des cours au sein de l’école. Enfin, les agents, dont c’est naturellement le plus grand nombre, ils sont 35234 à être passés par l’ENPC  à Bordj El Bahri ou par l’une de ses six annexes situées à Sidi Bel Abbes, Mostaganem, Aflou (Laghouat), Alger, Oum El Bouaghi et Annaba.

Les étrangers aussi
Pas moins de 17 pays arabes et africains ont sollicité les services de l’ENPC pour la formation d’un grand nombre d’éléments de leurs institutions respectives. Au total, l’école a formé 357 cadres et agents de la Protection civile au profit de ces pays dont le plus grand nombre a bénéficié au Mali pour les médecins-lieutenants (14), à la Mauritanie pour les lieutenants (14), au Mali, à la République du Congo et à la Tunisie pour les sous-lieutenants (respectivement 50, 48 et 39), à la Mauritanie pour les sergents (12) et, enfin, pour les agents, au Mali (81), à la République du Congo (57), au Niger (50), à la Mauritanie (42), à la Guinée (41) et à la Tunisie (39).

Et les entreprises publiques et privées
L’Ecole nationale de la Protection civile dispense aussi des formations pour les agents de sécurité des entreprises publiques et privées d’une durée de 45 jours au terme de laquelle ces agents acquièrent les compétences nécessaires pour faire face à des dangers mineurs et à prodiguer les premiers secours aux victimes. Ces agents pourront aussi prendre les diverses mesures préventives en cas d’incendies, de séisme ou d’autres catastrophes. L’institution militaire envoie aussi ses éléments pour une formation leur permettant d’assurer la protection contre les incendies et les autres risques au sein même des casernes.
 T. M.



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