Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 109 - Nov 2017

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Protection Civile

Un corps en perptuel dynamisme

Protection civile

Par Farid HOUALI



Les compétences dont jouit ce corps constitué donnent un aperçu des efforts déployés par les responsables de ce secteur pour élever son niveau opérationnel et le préparer à affronter des situations de crise.  En effet, le  niveau du professionnalisme de la Protection civile algérienne n’est plus à démonter.  Il est même « rassurant » quant à son aptitude à gérer convenablement des situations de catastrophes naturelles, de l’aveu-même des observateurs étrangers. En termes de moyens techniques et matériels, la Protection civile algérienne n’a rien à envier aux autres corps similaires à travers le monde. « Ils font partie des meilleurs en Méditerranée, voire dans le monde» a souligné, au début du mois de mars, Bruno le Roux, ministre français de l’Intérieur en visite de travail à Alger, qui a tenu à féliciter le colonel Mustapha El-Habiri pour la dimension internationale à laquelle il a réussi à hisser cette institution stratégique. Au fil des ans et des missions, la Protection civile a su, en effet, s’affirmer et se mettre aux standards internationaux à travers la modernisation de ses moyens d’intervention au point que sa notoriété a depuis longtemps dépassé nos frontières et le savoir-faire de ses éléments est reconnu au niveau international à travers les nombreuses marques de reconnaissance et d’admiration adressées à l’issue des opérations d’assistance et de secours effectuées dans plusieurs pays touchés par diverses catastrophes naturelles (séismes, inondations…). Aujourd’hui, entièrement composée de professionnels maitrisant leur travail, la Protection civile est de loin l’une des plus performantes au monde à la faveur du lancement de différents programmes de développement initiés par le président de la République Abdelaziz Bouteflika. Sous la direction du colonel Mustapha El-Habiri, la Protection civile a pris son envol. Profitant du capital expérience acquis par des années de pratique, le colonel El-Habiri y a mis du sien, son empreinte en quelque sorte. Il s’agit d’un nouveau souffle, celui de la modernité et de l’exigence. Les efforts accomplis en matière de formation de personnel de ce corps pour étoffer ses différentes structures d’intervention se trouvant dans les différentes wilayas du pays n’ont pas été vains. Outre les autres « pompiers » qu’on est habitués à croiser sur nos routes, nos plages et forêts, le Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux est à la Protection civile ce que les forces spéciales sont à l’ANP, c’est-à-dire un groupe d’élite. A l’œuvre dans la wilaya de Bouira (où a été mis en place le noyau en 2006) en ce 18 mars, coïncidant avec la Journée maghrébine de la Protection civile, les « alpinistes » du GRIMP ont épaté plus d’un. Le coup d’envoi des festivités a été donné au niveau de l’enceinte du stade semi-olympique Rabah-Bitat de la ville de Bouira où des portes ouvertes sur la protection civile, ont été organisées. Après avoir fait le tour des « chapiteaux », accompagné de Mouloud Chérifi, wali de Bouira, des autorités locales civiles et militaires de la wilaya, le colonel  El-Habiri, directeur général de la Protection civile, (DGPC) a supervisé, pas trop loin de l’Unité principale de la Protection civile de Bouira un exercice de  simulation à l’aide de cordes en utilisant des techniques précises pour sauver des vies humaines menacées par une explosion survenue dans un bâtiment habité et ce toujours par les éléments du GRIMP.   L’exercice d’intervention (venir à bout d’un d’incendie) a été effectué sur une bâtisse de 8 étages, et a vu la mobilisation de plusieurs unités de la Protection civile avec chacune sa propre tâche. A commencer par « le bouclage du périmètre, la sécurisation des étages de l’immeuble et finalement l’escalade et l’évacuation des victimes ». Plusieurs techniques d’intervention ont été, ainsi, appliquées lors de cette manœuvre à l’image de l’ascension sur col et l’escalade en corde. Au terme de cet exercice qui a drainé un bon nombre de curieux, le DGPC a salué « les progrès notables » réalisés par ses services notamment dans le domaine de l’intervention en milieux urbains et montagneux pour sauver des personnes en cas  d’accidents ou d’incendies. «Je constate beaucoup de progrès dans vos exercices, c’est encourageant», a-t-il  à un des chefs des exercices et manœuvres de simulation de sauvetage annonçant dans la foulée, la « prochaine généralisation des unités spéciales GRIMP à travers les 48 wilayas du pays ».

Destination Tikjda…
La station climatique de Tikjda, située à une trentaine de kilomètres à l’est de Bouira, a renoué ces derniers jours avec une ambiance particulière à l’occasion des vacances scolaires. Sous les regards curieux de ces « vacanciers » venus en cette journée ensoleillée, admirer la beauté de Tikjda, le colonel El-Habiri a assisté  à une autre manœuvre de simulation de sauvetage en milieu  montagneux dont le site périlleux. L’exercice a eu lieu au niveau de Tighzert, près du chalet du Kef à Tikjda, où l’activité touristique est très répandue, notamment pour les randonneurs. Sur ce site, les équipes de grimpeurs de la protection civile ont secouru et évacué avec succès les  personnes en péril à l’aide de cordes et techniques nécessitant une véritable qualification physique et mentale. Au niveau du chalet du Kef, le premier responsable de la protection civile a suivi avec  beaucoup d’attention à un exercice similaire exécuté sur l’ancienne ligne de télésiège de Tikjda  pour le sauvetage et le transport guidé des personnes exposées aux dangers en milieux montagneux. Sur place, le DGPC n’a pas manqué d’exprimer sa grande « satisfaction quant à l’exécution de ces exercices organisés avec beaucoup de professionnalisme ». Ces manœuvres s’inscrivent dans le cadre d’un chalenge national des équipes de grimpeurs venus de quelques wilayas du pays à savoir Alger, Khenchela et Bouira, dont cette dernière a remporté la  première place. Le même responsable s’est rendu ensuite à l’héliport de la protection civil réalisé au niveau du Centre national de sport et de loisir de Tikjda (CNSLT). Sur place, il a honoré et remis des  trophées et cadeaux aux lauréats du challenge national des équipes de grimpeurs ainsi qu’aux retraités de la protection civile et à des participants à une formation en secourisme de masse des  citoyens qui s’est déroulée auparavant au stade Rabah-Bitat. Dans un point de presse tenu en marge de cette visite, le colonel Farouk Achour, sous directeur des statistiques à la DGPC, a  loué les progrès qu’a connus Bouira dans le domaine de l’intervention en milieux périlleux et qui a connu la création de la première unité d’intervention qui a nécessite un effectif de haute qualification physique et mentale pour assurer  la prévention et la sécurité des personnes.

C’est quoi le Grimp ?
Créé au mois d’août de l’année 2006 et composé de six officiers (dont un médecin) et de 17 agents, ce groupe intervient en milieu périlleux. Sa mission première est d’intervenir en cas d’accidents dans des milieux naturels périlleux, à l’accès difficile et qui nécessitent un matériel spécial et adapté. On pense notamment aux falaises, aux montagnes et autres cavités souterraines et grottes profondes. Le Grimp est sollicité pour intervenir également dans des milieux artificiels tels que les bâtiments d’habitations, les immeubles de grande hauteur, les ponts, les structures industrielles ainsi que pour l’assistance dans toutes les difficultés liées au cheminement. Après la première école qui a vu le jour à Bouira, le corps que dirige le colonel El-Habiri  a entrepris un programme de formation d’autres équipes du Grimp dans une dizaine de wilayas (Blida, Constantine, Jijel, Tindouf…) et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin d’autant que le genre d’accidents qui nécessitent l’intervention du Grimp peut intervenir à longueur d’année, en raison des caractéristiques et de la topographie de notre pays (falaises, grottes, montagnes…). Après une formation et plusieurs exercices de simulation dans des régions escarpées ou montagneuses, comme les monts de Tikjda, les falaises de Constantine ou le Hoggar, le Grimp compte à son actif plusieurs interventions aussi périlleuses que variées. Parmi ses faits d’armes, on citera le repêchage d’un corps sans vie du fond de l’oued Rhummel à Constantine en 2007, l’intervention de première ordre effectué lors du très grave accident ferroviaire provoqué par la collision entre une locomotive et un train de marchandises dans un tunnel aux gorges de Lakhdaria en mars 2008 et le sauvetage d’une mort certaine de cinq membres d’une même famille bloqués dans une montagne à Tikjda en décembre 2008.

Renforcement des capacités de la Protection civile
C’est l’axe principal du jumelage institutionnel Algérie-France-Espagne lancé le mardi 7 mars, à Alger en présence de Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, et de son homologue français Bruno le Roux. La cérémonie de jumelage portant «Appui au renforcement des capacités des services de la Protection civile algérienne» s’est déroulée à l’Unité nationale d’instruction et d’intervention de la Protection civile à Dar El Beida en présence aussi du secrétaire d’Etat du ministère de l’Intérieur espagnol Luis Aguilera Ruiz et du chef de la délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke. Ce jumelage s’inscrit dans le cadre du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (P3A). Financé par l’UE à hauteur de 1,5 million d’euros et géré par le ministère du Commerce à travers l’Unité de gestion du programme P3A (UGP3A), ce jumelage participe au processus de renforcement et de modernisation de la Protection civile, service essentiel engagé par le ministère de l’Intérieur, a-t-on expliqué lors de la présentation de ce jumelage. Il est mis en œuvre par la DG de la Protection civile algérienne et un consortium européen, constitué de la Direction générale de la Sécurité civile et de la Gestion des crises française, en qualité de leader et pour la partie espagnole, de la direction générale de la Protection civile et des urgences. Lancé pour une durée de 24 mois, il devra permettre de favoriser, d’une part, la réalisation d’un objectif spécifique portant sur le renforcement des capacités de la Protection civile dans sa mission de sauvegarde des personnes, des biens et de l’environnement et, d’autre part, la réalisation d’un objectif général portant sur le renforcement de la sécurité des populations par l’amélioration qualitative des prestations de la Protection civile. La mise en œuvre de ce jumelage permettra d’améliorer la prévention des risques et de développer la culture du retour d’expérience dans le cycle de gestion des crises, de renforcer les capacités opérationnelles des équipes de la Protection civile et d’améliorer par une formation adaptée la compétence et la cohésion des équipes de la Protection civile, a-t-on encore expliqué. Ce jumelage permettra aussi de renforcer les compétences logistiques dans tous les domaines en tenant compte des aspects environnementaux. Dans le cadre de ce jumelage, il est prévu outre des audits et expertises guidées, des cycles de formation de haut niveau au profit des cadres supérieurs, l’acquisition de savoir-faire de techniques spécifiques. Intervenant à l’occasion de la cérémonie de présentation de ce jumelage, Noureddine Bedoui a indiqué que ce projet s’inscrit dans le sillage de la dynamique visant le renforcement des capacités de la Protection civile et l’amélioration de ses interventions par rapport aux normes et standards internationaux. «Grâce à ce haut niveau de coopération, la Protection civile algérienne a confirmé, par son professionnalisme et son savoir-faire, toute sa notoriété tant au plan national qu’international», a-t-il souligné, réaffirmant «l’engagement» de l’Algérie de poursuivre le développement de sa coopération bilatérale et multilatérale dans le domaine de la Protection civile avec ses partenaires de l’UE. De son côté, M. le Roux a mis l’accent sur «l’excellence» du partenariat entre l’Algérie et la France. «Depuis cinq ans, sous l’impulsion de nos deux chefs d’Etat, nous avons hissé nos relations à un niveau jamais atteint précédemment», a-t-il dans son allocution, soulignant que l’Algérie demeure une «priorité pour l’Europe». Il a ainsi rappelé la solidarité de la France lors des inondations de Bab El Oued en 2001 et du séisme de Boumerdes en 2003, de même que l’intervention des sapeurs pompiers algériens pendant le mois d’août 2003 lors des opérations d’extinction des feux de forêt dans le Sud de la France. M. Le Roux a également indiqué que l’Algérie est le premier pays du Maghreb à être associé au mécanisme européen de Protection civile, ce qui permettra, a-t-il dit, de «développer les échanges d’experts et de bonnes pratiques». Il a estimé que, «compte tenu de ses efforts, la Protection civile algérienne peut être reconnue aujourd’hui comme l’une des plus performantes dans la Méditerranée et dans le monde». Pour sa part, Mustapha El-Habiri, directeur général de la Protection civile, a estimé que ce jumelage permettra un accès au mécanisme européen de la Protection civile et exprimé aussi la «volonté commune d’une coopération pérenne».

Une reconnaissance mondiale
Depuis son adhésion à l’OIPC le 20 février 1976, l’Algérie est considérée comme l’un des pays les plus actifs au sein de l’Organisation internationale de la Protection civile et assure actuellement la vice-présidence du Conseil exécutif de l’OIPC. Le thème dédié cette année est  « Ensemble avec la protection civile face aux catastrophes ». A cet effet, et à l’instar des autres pays membres, l’Algérie a célébré comme chaque année  la Journée mondiale de la protection civile coïncidant avec le 1er mars, en organisant diverses manifestations au niveau national en vue d’informer et de sensibiliser les populations à travers la projection de films, documentaires et l’animation d’expositions, de conférences, des portes ouvertes et des simulations de manœuvres pratiques ainsi que des activités culturelles et sportives sur les risques courants et les risques majeurs. A l’occasion, l’Ecole nationale de la Protection civile de Bordj El Bahri, une des écoles les plus prestigieuses dans son domaine, a abrité la cérémonie de la sortie de la 47e promotion de la Protection civile ayant obtenu le grade de sous-lieutenant, présidée par le directeur général de la Protection civile, le colonel Mustapha El-Habiri, en présence du directeur général de l’Office national de la protection civile de Côte d’Ivoire, Kili Fiacre Fagnidi. La promotion sortante a été baptisée au nom de l’agent Trabcha Zakaria, décédé le 18 juillet 2016 alors qu’il portait secours à une victime en détresse au niveau d’une plage sur la côte d’Annaba. Dans une allocution prononcée à cette occasion, le directeur de l’école de la Protection civile, le colonel Ezired Abdelhamid, a exhorté les éléments de la promotion sortante à «faire preuve de professionnalisme et de sens de sacrifice dans l’exercice de leur mission». De son côté, le DGPC a mis en avant le niveau très performant atteint par la Protection civile et les progrès réalisés dans les différents domaines, notamment en ce qui concerne la formation. « La Protection civile algérienne est aujourd’hui reconnue à l’échelle internationale et constitue également un corps très performant au niveau africain », a indiqué dans ce sens, le colonel Mustapha El-Habiri. Pour sa part, le directeur général de l’Office national de la protection civile de Côte d’Ivoire, Kili Fiacre Fagnidi ayant effectué une visite de travail de trois jours en Algérie, a exprimé son souhait de voir l’Algérie «servir d’exemple» à son pays en matière de protection civile. «Nous voulons saisir cette occasion pour booster cette relation bilatérale, afin que la Protection civile algérienne soit un modèle pour nous», a-t-il dit. La cérémonie a vu la présentation de manœuvres d’extinction du feu, de sauvetage et de secours à des personnes en détresse, ainsi que des mouvements d’ensembles exécutés par les agents de la Protection civile. Auparavant, les deux responsables ont procédé au dépôt d’une gerbe de fleurs et se sont recueillis à la mémoire des victimes du devoir, avant de passer en revue la promotion sortante, composée de 30 sous-lieutenants dont six Maliens et cinq Ivoiriens. Les célébrations de la Journée mondiale de la Protection civile contribuent à unir davantage la communauté des États membres de l’OIPC. En outre, elles soutiennent l’objectif commun de renforcer les structures nationales de protection civile dans le monde entier. Elles servent également à promouvoir les partenariats public-privé dans le domaine de la gestion des catastrophes et à encourager la participation du public aux activités de promotion et de diffusion des connaissances en matière de protection civile. « Je suis convaincu que la célébration de la Journée mondiale de la Protection civile contribue de manière significative à nos efforts communs pour protéger les personnes, les biens et l’environnement contre les effets des catastrophes naturelles ou celles dues à l’Homme », a souligné dans son message à l’occasion, adressé à Vladimir Kuvshinov, secrétaire général de l’Organisation internationale de protection civile (OICP). « Le droit de vivre en sécurité est l’un des droits humains universels de base. Le manque de sécurité est non seulement un risque pour la vie humaine et une diminution de la qualité de vie, mais crée également un obstacle au développement durable de la société civile », a-t-il rappelé.  « La protection civile doit donc devenir un élément essentiel de la sécurité nationale de chaque pays. Sans des structures de protection civile techniquement bien équipées et professionnellement formées, il est impossible d’assurer le fonctionnement normal d’un État ou de garantir des conditions de vie sûres à son peuple », a soutenu le même responsable.
F. H.



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