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N° 105 - Mai 2017

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Protection Civile

« Sauver la vie humaine, mon plus grand souhait »

Malika Douar, pilote d’hélicoptère

Par Tahar MANSOUR



Femmes courage, femmes au cœur d’or, femmes à la volonté de fer, femmes sensibles au malheur des autres pour qui sauver une vie humaine est le summum de leurs objectifs. Elles sont tout cela à la fois, en plus de leurs rôles, jamais oublié, de mère et d’épouse, qu’elles mènent avec abnégation et grand amour. Leur combat quotidien est fait de sourires dans toutes les circonstances, même les plus dures, leur joie est celle de voir la joie des autres, guettés par un grave danger et qu’elles ont sauvés au péril de leur vie, grâce à des gestes appris au terme de grandes souffrances. Ces femmes, on les trouve dans tous les postes et les grades de la Protection civile, elles font le travail censé être pour les hommes seulement, on les trouve sur tous les fronts, à lutter contre les incendies ou à se rendre dans des lieux très dangereux pour sauver des vies humaines. Le choix s’est porté sur une femme pilote d’hélicoptère, pour dresser son tableau qui nous demanderait des dizaines de pages pour tout raconter d’elle.

Femme pilote d’hélicoptère
Malika est encore célibataire, elle est âgée de 36 ans et est pilote d’hélicoptère depuis 2012, mais elle a intégré la Protection civile depuis 2007. Comme tous ses collègues, Malika Douar a reçu une formation de base à l’Ecole nationale de la Protection civile de Bordj El Bahri. Ce choix, elle l’assume entièrement et en est très fière : « J’ai eu la chance de passer le test pour accéder à cette fonction et je l’ai réussi. J’ai commencé mon stage qui s’est déroulé en deux étapes, l’une en Angleterre et l’autre en Italie, où nous avons appris tout ce qui concerne le pilotage d’un hélicoptère », déclare-t-elle. Après son stage au niveau de l’ENPC de Bordj El Bahri et avant de passer le concours pour le poste de pilote, elle a travaillé au niveau de l’administration de la Direction de la Protection civile de la wilaya de Tizi Ouzou pendant presque une année. Après avoir réussi à décrocher une place pour une formation de pilote d’hélicoptère, elle a, avec ses collègues, suivi des cours d’anglais en Alger puis ils se sont envolés vers l’Angleterre pour suivre une formation poussée pendant deux années. Par la suite, ils se sont rendus en Italie où ils ont continué leur stage pendant six mois. Malika, ainsi que ses trois collègues femmes, en plus des hommes, sont toujours en formation pour acquérir les réflexes dont ils ont besoin pour conduire leurs machines dans les conditions extrêmes qui caractérisent les opérations de sauvetage dans des lieux d’accès difficiles ou impossibles, lors de catastrophes naturelles ou industrielles. « Les missions de la Protection civile sont délicates, il faut donc posséder les capacités et les réflexes nécessaires pour les mener à bien », nous confie-t-elle.

Le sauvetage en montagne, du doigté, du courage et une formation solide
Même si, à ce jour, Malika n’a pas effectué de sauvetages en montagne, elle a néanmoins participé à des opérations sur le terrain, dans des conditions très difficiles, en Italie lors de son stage ainsi qu’en Algérie, à Tikjda, plus précisément. En Italie, elle a totalisé 10 heures de vol en hélicoptère dans des régions montagneuses : « Nous avons effectué ces vols en montagne durant l’hiver, avec de la neige sur les montagnes, dans des conditions très difficiles, avec une visibilité très réduite et des vents de directions variables, ce qui rendait le pilotage très délicat », affirme-t-elle. Elle continue en rappelant qu’il faut « être conscient de tous les paramètres de vol qui peuvent changer à tout moment, comme le changement de direction des vents, de l’apparition du brouillard, la montagne est très dangereuse ».

Altruisme
Malika annonce qu’elle a toujours aimé l’aéronautique et tout ce qui touche à cette discipline, mais : « J’ai choisi la Protection civile car c’est un corps très noble qui me permet d’aider les gens, c’est ce que j’ai toujours souhaité faire, je veux aider les gens », confie-elle. En utilisant l’hélicoptère, elle peut aider mieux encore les gens qui se trouvent en difficulté, qui n’ont presque plus d’espoir d’être sauvés.

Les pionnières
La Protection civile est le seule corps à avoir formé et à employer des femmes en qualité de pilotes d’hélicoptère, elles sont quatre : Malika, Fatima, Sara et la dernière n’était pas avec elles. Elles forment un groupe soudé qui peut faire face à toutes les situations difficiles, dangereuses, elles sont capables de se diriger avec leurs hélicoptères en tous temps, qu’il vente, qu’il neige ou que le vent atteigne des vitesses assez élevées, leur joie est de sauver des vies humaines, de les arracher à leur sort et de leur permettre de vivre encore plus.
 
A tous les postes de travail
Conduire un hélicoptère ou un avion n’est pas le seul métier difficile choisi et investi par les femmes, elles sont ailleurs aussi au sein du groupement aérien de la Protection civile. Elles sont aussi responsables de la sécurité des appareils et des personnes, elles sont ingénieurs aéronautiques et elles ont récemment effectué la révision complète d’un hélicoptère qui a réalisé son vol de contrôle lorsque nous nous trouvions à l’aéroport Houari-Boumediene. Les organismes de contrôle ont donné le OK pour son utilisation et les deux ingénieurs femmes qui y ont participé avec leurs collègues hommes étaient toutes fières. Un autre hélicoptère se trouve à l’intérieur de l’atelier où il subit une révision de ses moteurs, de ses pales et de tout ce qui le compose et qui pourrait donner lieu à un remplacement. Pour rappel, le groupement aérien de la Protection civile dispose de 6 hélicoptères AW139 (les plus vendus, affirme le commandant du groupement) et 4 avions de reconnaissance ZLIN 43 dont deux seulement sont maintenus en état de vol car leur entretien revient trop cher par rapport à leur utilisation.
  T. M.



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