Le magazine promotionnel de l'Algérie

N° 118 - Dec 2018

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Agriculture

L’Algérie un modèle à suivre

Économie bleue en Méditerranée Occidentale

Par Yahia MAOUCHI



Consciente de l’importance des enjeux de l’économie bleue, l’Algérie a pris les mesures nécessaires pour engager des réformes à même de protéger sa façade maritime contre toutes formes de détérioration, de pollution et d’exploitation inconsidérée des ressources. L’Algérie s’est, en outre, dotée, dès 2015, d’une stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières, axée sur le développement durable de ces zones. De ce fait, l’émergence d’un consensus autour des enjeux du développement durable est aujourd’hui une réalité palpable notamment au sein de la communauté nationale concernée par l’économie maritime. «La réussite des politiques maritimes exige la mobilisation et la mise en synergie de l’ensemble des acteurs institutionnels ou privés, les experts et la communauté scientifique ainsi que la société civile, concernés tous par la sauvegarde de nos écosystèmes, la protection et la gestion rationnelle de nos ressources, le bien-être économique et social. Ces enjeux cruciaux impliquent, cependant et avant tout, l’adhésion active de nos populations respectives, notamment celles qui tirent leurs moyens de subsistance de l’économie maritime », a déclaré Abdelkader Bouazghi, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, à l’occasion de l’ouverture des travaux de la conférence des parties prenantes, organisée sous le thème «Pour des actions concrètes en faveur du développement de l’économie bleue en Méditerranée occidentale – Ouest MED » (Algérie, Maroc, Espagne, Portugal, France, Italie, Malte, Tunisie et Mauritanie). Abdelkader Bouazghi a insisté sur l’importance de rechercher la synergie requise pour mieux exploiter les richesses marines et se prémunir contre les fléaux qui empêchent l’apport optimal de ces richesses au développement du pays. Le ministre a en outre estimé que la feuille de route, adoptée à l’issue de ladite conférence, propose des actions et des projets concrets et réalisables à mettre en œuvre pour le développement durable de l’économie bleue dans notre région et contribuera ainsi au renforcement du partenariat entre les pays de la région OuestMED. Il a souligné en outre la nécessité de l’établissement d’une coopération active et effective entre les pays des deux rives de la Méditerranée, à même de mieux exploiter le potentiel qu’offre l’économie bleue. Pour le ministre, cette dernière est devenue aujourd’hui une priorité politique dans l’agenda de la Méditerranée, ce qui constitue l’expression d’une meilleure prise de conscience de l’importance de la question et de ses impacts sur la paix et la stabilité de la région.

Une  priorité politique
Dans le même sillage, M. Bouazghi a rappelé que les pays de la Méditerranée occidentale sont appelés à élaborer une stratégie claire, en prenant en considération le différentiel de développement entre les deux rives de la Méditerranée, tout en mettant en place des initiatives et des mécanismes qui tiennent compte des données, des besoins et des priorités qui varient d’un Etat à un autre. Le ministre a estimé également que les défis que les pays de la région doivent relever exigent de passer à des actions concrètes, dans un esprit de solidarité, par l’établissement d’une stratégie capable de prendre en charge nos multiples préoccupations et mettre en valeur nos complémentarités et nos avantages comparatifs. Il s’agit de se mobiliser fortement en faveur d’un véritable partenariat mutuellement bénéfique entre les deux rives de la Méditerranée. Pour sa part, Taha Hammouche, directeur général de la pêche et de l’aquaculture, a indiqué que pour mener les nombreux projets de coopération dans le cadre de cette initiative, 300 millions d’euros seront alloués à travers plusieurs bailleurs de fonds internationaux, pour soutenir l’économie maritime durable en Méditerranée occidentale à l’horizon 2030. Ce même responsable a aussi précisé que l’Union européenne a annoncé sa contribution à hauteur de 18,7 millions d’euros pour plusieurs programmes allant jusqu’à 2027, dans le cadre de cette initiative de développement de projets communs dans la pêche et l’aquaculture, le renforcement des compétences, la recherche scientifique, la lutte contre la pollution marine et la pêche illicite, le développement du transport et du tourisme maritimes, et la gestion globale des ressources. Il a indiqué également que 31 projets ont été formulés dans ce cadre, avant de préciser que l’Algérie est concernée par l’ensemble de ces projets qui concernent six axes prioritaires. Dans ce cadre, un mécanisme d’évaluation trimestrielle de la mise en œuvre de ces projets sera mis en place. Intervenant lors de cette réunion, Vincent Bouvier, secrétaire général de la mer auprès du Premier ministère français, a pour sa part insisté sur les défis qui attendent les parties prenantes de cette initiative notamment face à plus de 250 milliards de déchets micro-plastiques contenus en mer Méditerranée et la surexploitation de plus des deux tiers de ses stocks halieutiques. Le représentant français a également plaidé pour des actions cohérentes et complémentaires entre les pays participants afin de dégager les bonnes synergies. Abondant dans le même sillage, Ali Mokrani, directeur de la division Europe au ministère des Affaires étrangères, a indiqué que son souhait est de voir cette réalité de l’économie bleue transposée et avoir un impact sur la rive sud de la Méditerranée, en notant que l’économie bleue ne peut être menée sans partenariat substantiel dans le cadre régional et sous-régional. Pour sa part, John O’Rourke, chef de la délégation européenne en Algérie, a indiqué que « si nous voulons relancer l’économie maritime de manière durable, nous devons assurer la sécurité de toutes les activités en mer», avant de plaider pour un cadre institutionnel et juridique solide. «Nous nous sommes fixé comme objectif d’étendre la planification de l’espace maritime et la vision intégrée des côtes à toutes les eaux nationales des pays de la région d’ici 2021 », a-t-il souligné.

Six axes prioritaires
Il convient de souligner, par ailleurs, que les ministres de l’Agriculture et de la Pêche des dix pays des deux rives de la région de la Méditerranée occidentale, qui ont pris part à cette réunion ministérielle ont adopté, la Feuille de route identifiant les six axes prioritaires d’actions communes des pays de la région. Il s’agit des pôles d’activité maritimes, la biodiversité et la conservation et la restauration de l’habitat marin, la consommation et la production durables, le développement de la pêche et de l’aquaculture durables et des communautés côtières, le développement et la mobilité des compétences, la sécurité maritime et la lutte contre la pollution marine.  En sus, les représentants des pays participants se sont engagés à mener une prospection active sur les potentialités offertes dans la région de la Méditerranée occidentale, pour le développement d’une économie bleue durable, génératrice de croissance, créatrice d’emplois et favorisant un meilleur cadre de vie pour les populations méditerranéennes, tout en préservant les services rendus par l’écosystème méditerranéen. En outre, les participants ont convenu également de travailler assidûment à l’atteinte des objectifs fixés afin d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant dans la région OuestMED, d’assurer la mise en œuvre des actions prioritaires communes de la feuille de route, d’identifier des projets concrets et réalisables en adéquation avec les actions prioritaires arrêtées par la feuille de route, et enfin, de fédérer les moyens humains et matériels nécessaires à la réalisation des actions définies et des projets identifiés. Ils ont souligné à ce propos la nécessité de renforcer la synergie et la coordination entre l’Initiative OuestMED et les autres initiatives régionales pertinentes, plus particulièrement celles en relation avec l’économie bleue, telles que BlueMed, tout en appelant le comité directeur OuestMED à poursuivre ses efforts, notamment en ce qui concerne l’identification de projets pilotes, l’exploration de nouvelles opportunités et la mobilisation des financements pour la réalisation de nouveaux projets OuestMED. Il est à souligner que cette rencontre a été couronnée enfin par l’établissement d’une plateforme d’engagement à travers laquelle les pays, les partenaires économiques, la communauté scientifique, la société civile et le monde universitaire pourront débattre des priorités du développement de l’économie bleue dans le cadre d’un monde en perpétuelle mutation. Rappelons que l’Algérie a mobilisé beaucoup de moyens pour les infrastructures et les équipements de préservation de la qualité de la Mer et ce à travers le raccordement des populations côtières au réseau d’assainissement constitué de 37 stations de traitement des eaux usées sur 21000 km ; l’acquisition d’ouvrage de protection et de lutte contre l’érosion côtière ; et la lutte contre les pollutions accidentelles en mer, notamment celle des hydrocarbures. Aussi et afin d’asseoir durablement le développement d’une économie bleue et pour assurer la viabilité et la pérennité de ses investissements, l’Algérie a mobilisé des moyens importants pour valoriser et renforcer les capacités scientifiques, techniques et managériales de tous les secteurs concernés par les activités maritimes et côtières. Mieux encore, pour faire face aux défis climatiques, l’Algérie a inscrit dans son plan national climat-2030, adopté en 2008, des actions prioritaires, notamment en ce qui concerne la réduction de la vulnérabilité du littoral, l’adaptation des infrastructures et des activités marines et côtières. Enfin, l’initiative pour le développement durable de l’économie bleue en Méditerranée occidentale, lancée en avril 2017, a vocation à œuvrer conjointement pour la sûreté et la sécurité maritime, promouvoir une croissance bleue durable et la création d’emplois et préserver les écosystèmes et la biodiversité. Un rapport de l’UE, révélé en 2018, a conclu que la bonne exploitation des potentialités économiques en mer Méditerranée pouvait générer 566 milliards d’euros et 3,5 millions d’emplois. C’est dire l’importance de l’ouverture sur la mer pour l’économie des pays. A noter que le ministère de l’Agriculture est le point focal de cette initiative, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères.
Y. M.



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